Viscum album  - Gui, Glu, Bois de la Sainte Croix
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    Alexey V. Sergeev©
    Nom commun : Gui, Glu, Gillon, BouchonVert de pommier, Vert-bois, Bois de la Sainte Croix, Verquet, Nid de sorcière, Pain de biques, Herbe de chèvre), nommé par les anglophones Common Mistletoe'.
    Nom latin : Viscum album  L.*
    famille : Santalaceae (Viscaceae Batsch).
    catégorie : sous-arbrisseau parasite dioïquedes végétaux ligneux, feuillus ou résineux.
    port : touffe arrondie
    feuillage : persistant. Feuilles spatulées, charnues, coriaces, sessiles, opposées, vert jaunâtre. Oblongues (4 à 6 cm), elles sont striées de nervures longitudinales.
    floraison : au printemps courant mars-avril, fleurs (unisexuées) en cymes sessiles, groupées par 3 rarement 5 à l'aisselle des feuilles. Nectarifères visitées par des espèces d'abeilles, de bourdons et de mouches. Des fleurs* à 4 tépales charnus.
    couleur : jaune pour les fleurs et blanc verdâtre opalescent pour les baies.
    fruits : baies rondes de 5 à 10 mm de diamètre visqueuses à l'écrasement, apparaissent en automne et tiennent tout l'hiver s'ils ne sont pas dévorés par les oiseaux.
    hauteur : 0.40 à 1m maximum.
    plantation et multiplication :la multiplication du Gui se fait naturellement : Les oiseaux frugivores non migrateurs (Fauvette à tête noire, Grive...) consomment les baies en hiver et disséminent les graines. Celles-ci passent dans les fientes de l'oiseau qui les rejette plus loin. Si la fiente gluante qui contient une graine tombe sur une branche, celle-ci se fixe sur l'écorce de l'arbre par un suçoir. Elle enfonce dans le liber des racines qui absorberont la sève de la plante hôte.
    croissance : lente. Un an après être tombée sur une branche, la graine de gui donnera naissance à 2 feuilles. Par la suite chaque tige formera en général une seule bifurcation de 2 rameaux à 2 feuilles par an. Noter que le Gui est la seule plante à ne pas suivre la loi de géotropisme. La touffe se développe dans tous les sens, aussi régulièrement vers le haut que vers le bas.
    emplacement : le Gui parasite de nombreux feuillus caducs, principalement les peupliers et pommiers mais aussi poiriers, saules, tilleuls... plus rarement les chênes et les ormes et jamais sur les hêtres.
    zone : 6.
    histoire : dès l'antiquité le Gui, qui reste vert alors que l'arbre qui le porte semble mort, est symbole de la vie et de l'immortalité. Il accompagne Énée durant sa traversée du Styx. Plus tard il est objet de vénération pour les Gaulois et les Celtes. Les Druides le célèbrent au Solstice d'hiver, pendant la nuit la plus longue de l'année. Symbole de la résurrection de la nature, le gui d'un chêne d'au moins 30 ans est coupé par le pontife avec une serpe d'or puis ses rameaux sont distribués à chacun. À cette époque on lui attribue des pouvoirs magiques : c'est un présent du ciel, un talisman, un remède contre de nombreuses maladies.
    Malgré la disparition de toutes ces croyances, la plante continue à représenter "L'an neuf". Son commerce a connu de fortes périodes d'expansion et vers 1920 la Normandie, terre de pommiers, en exportait chaque fin d'année plusieurs centaines de tonnes vers l'Angleterre. Son graphisme dépouillé et élégant orne non seulement les cartes de nouvel an mais aussi de nombreuses verreries, porcelaines et linge de table.
    Propriétés et utilisations :
    Bien qu'une glu ait été confectionnée à partir de ses baies pour capturer les oiseaux ou protéger les fruitiers des chenilles, depuis toujours l'utilisation du Gui a surtout été médicale. Activateur du métabolisme, régulateur cardiaque, hypotenseur et diurétique, ses feuilles (toxiques en quantité) sont toujours utilisées dans le traitement de fond de l'hypertension artérielle.
    Autres espèces :
    Il existe trois sous-espèces de Gui qui parasiteent une quarante d'espèces de feuillus et de conifères.
    Viscum album subsp abietis  : présent principalement les sapins blancs (Abies alba ) et mélèzes (Larix ). Feuilles plus longues.
    Viscum a. subsp austriacum  : présent sur les pins (Pinus ) dont le pin sylvestre. Feuilles plus petites, baies jaunâtres.
    En 1800 Duhamel de Monceau site dans son "Traité des arbres et arbustes" que l'on cultive en France en pleine terre" une variété à baies rouges, observée en Espagne, qui semble avoir disparu.

    Annotations :
    * L., abréviation botanique pour le médecin, botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binomiale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l ’espèce, c'est la base de la taxinomie et de la nomenclature internationale. Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica' et le récit de son Voyage en Laponie édité en 1738 (la traduction en français a été reéditée en 2002, éditions de la Différence). En 1738, il exerce la médecine durant trois ans, puis il l'enseigne durant une année à l'Université d'Uppsala, et par la suite jusqu'en 1772, il y enseigne la botanique. En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède. Son herbier, le plus riche de son époque ne contenant que 7000 plantes.
    *fleurs et fruits du gui, pour plus d'infos, lire la publication 'Le Gui, une plante parasite dispersée par les oiseaux' par Régis Thomas et David Busti, décembre 2011, sur le site du département de Biologie de l'ENS Lyon.
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 rameaux de gui en hiver

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