Viscum album  - Gui, Glu, Bois de la Sainte Croix
Portail de Jardin! L'Encyclopédie

    Alexey V. Sergeev ©
    Nom commun : Gui, Glu, Gillon, Bouchon vert de pommier, Vert-bois, Bois de la Sainte Croix, Verquet, Nid de sorcière, Pain de biques, Herbe de chèvre), nommé par les anglophones 'Common Mistletoe, European Mistletoe', en allemand 'Mistel, Weißbeerige Mistel, en arabe 'Alhidal', en espagnol 'Muérdago blanco, liga, Visco', en italien 'Vischio europeo', en russe 'Omela belaya, Dubovyye yagodki, ptichiy kley' (Blanc de gui, baies de chêne, colle pour oiseaux ),
    Nom latin : Viscum album  L.*, un seul synonyme retenu Viscum album var. album, non résolu en mars 2012 Stelin album  Bubani*
    3 taxons infraspécifiques Viscum album subsp. abietis  (Wiesb.) Abrom., Viscum album subsp. austriacum  (Wiesb.) Vollm., Viscum album subsp. meridianum  (Danser) D.G. Long
    famille : Santalaceae ( Viscaceae ).
    catégorie : sous-arbrisseau parasite dioïque des végétaux ligneux, feuillus ou résineux.
    port : touffe arrondie.
    feuillage : persistant. Feuilles opposées, charnues, coriaces, sessiles, oblongues, spatulées, (4 à 6 cm), d'un vert jaunâtre elles sont striées de nervures longitudinales.
    Attention les feuilles (brutes, telles que) sont particulièrement toxiques, et même mortelles à hautes doses.
    floraison : au printemps courant mars-avril, fleurs en cymes sessiles, groupées par 3 rarement 5 à l'aisselle des feuilles. Nectarifères visitées par des espèces d'abeilles, de bourdons et de mouches. Des fleurs* unisexuées à 4 tépales charnus.
    couleur : jaune pour les fleurs et blanc verdâtre opalescent pour les baies.
    fruits : baies rondes de 5 à 10 mm de diamètre visqueuses à l'écrasement, apparaissent en automne et tiennent tout l'hiver si ils ne sont pas dévorés par les oiseaux.
    Attention telles que les baies du gui sont particulièrement toxiques, et même mortelles à hautes doses.
    hauteur : 0.40 à 1m maximum.
    plantation et multiplication : la multiplication du gui se fait naturellement par les oiseaux frugivores non migrateurs (fauvette à tête noire, grive...) qui consomment les baies en hiver et disséminent les graines. Celles-ci passent dans les fientes de l'oiseau qui les rejette plus loin. Si la fiente gluante qui contient une graine tombe sur une branche, celle-ci se fixe sur l'écorce de l'arbre par un suçoir. Elle enfonce dans le liber des racines qui absorberont la sève de la plante hôte.
    croissance : lente. Un an après être tombée sur une branche, la graine de gui donnera naissance à 2 feuilles et par la suite chaque tige formera en général une seule bifurcation de 2 rameaux à 2 feuilles par an.
    Noter que le gui est la seule plante à ne pas suivre la loi de géotropisme. La touffe se développe dans tous les sens, aussi régulièrement vers le haut que vers le bas.
    emplacement : le gui parasite de nombreux feuillus caducs, principalement les peupliers et pommiers mais aussi poiriers, saules, tilleuls, plus rarement les chênes et les ormes et jamais sur les hêtres.
    zone : 6 - 9.
    histoire : dès l'Antiquité le gui, qui reste vert alors que l'arbre qui le porte semble mort, est le symbole de la vie et de l'immortalité, il accompagnait Énée durant sa traversée du Styx; il sera vénéré pour les Gaulois et les Celtes.
    Au solstice d'hiver durant la nuit la plus longue de l'année les Druides célèbrent le gui symbole de la résurrection de la nature, sur un chêne d'au moins 30 ans est coupé par le pontife avec une serpe d'or puis ses rameaux sont distribués au personnes présentes. À cette époque, on attribuait à ce présent du ciel des pouvoirs magiques, c'était un talisman, un remède pour lutter contre de nombreuses maladies.
    Malgré la disparition de toutes ces croyances, la plante continue à représenter "L'an neuf", son commerce a connu de fortes périodes d'expansion et vers 1920 la Normandie, terre de pommiers, en exportait chaque fin d'année plusieurs centaines de tonnes vers l'Angleterre.
    Son graphisme dépouillé et élégant orne non seulement les cartes de nouvel an mais aussi de nombreuses verreries, porcelaines et linge de table et de maison.
    Propriétés et utilisations :
    Bien qu'une glu ait été confectionnée à partir de ses baies pour capturer les oiseaux ou pour protéger les fruitiers des chenilles, depuis toujours l'utilisation du gui a surtout été médicale, c'est un activateur du métabolisme, régulateur cardiaque, hypotenseur et diurétique, ses feuilles (toxiques en quantité) sont toujours utilisées dans le traitement de fond de l'hypertension artérielle.
    Réputé aider les affections circulatoires, avoir des effets sur les varices et l'artériosclérose et d'autres troubles associés, apte à diminuer l’agrégation plaquettaire et inhiber la formation de thrombose; il aide à la gestion de la pression artérielle, améliore la circulation cérébrale, apportant de l’oxygène au cerveau et soulageant le système nerveux, diminuant les symptômes associés comme les maux de tête et les migraines.
    Les pousses de gui contiennent en grande quantité des flavonoïdes, des tanins, des protéines, des sels minéraux, du carotène et de la vitamine C, elles sont réputées dans les pharmacopées traditionnelles pour ses propriétés vasodilatatrices, astringentes, anti-inflammatoires et anti-sclérotiques. Les préparations à base de gui ont un effet diurétique, laxatif et hémostatique prononcé. Longtemps prescrites sous forme d''infusion, décoction ou teinture mère (pour un usage externe) dans le traitement de l'athérosclérose, de l'incontinence urinaire, de l'impuissance, des convulsions, de l'asthme bronchique, de la toux et plusieurs autres maladies.
    Attention les baies et feuilles de gui fraîches et telles que sont particulièrement toxiques, et même mortelles à hautes doses.
    Son utilisation est déconseillée aux femmes enceintes et à celles qui allaitent, d'autre part il semblerait que le gui absorbé par voie orale n'aurait aucune utilité en cas de cancer.
    Des études ont révélé que le gui stimule le système immunitaire et tue les cellules cancéreuses, mais son utilisation à longtemps était interdite en France alors qu'elle l'était en Allemagne et en Suisse où Rudolph Steiner* y avait remplacé la chimiothérapie par des préparations moins onéreuses ralentissant l'expansion des cellules cancéreuses, relançant la polémique sur le monopole de l'industrie pharmaceutique comme acteur principal des décisions en termes de santé public.
    Depuis le début du 20ème siècle, les extraits de gui toujours issus du gui européen, sont utilisés comme compléments aux traitements du cancer, ils permettraient de réduire les effets secondaires, la fatigue en renforçant la résistance des patients mais il faut savoir que pour certains d'entre eux, ces extraits peuvent entraîner des réactions allergiques et avoir des effets secondaires forts désagréables (diarrhée et vomissements, douleurs dans la poitrine, tremblements, maux de tête, fièvre et baisse de la tension artérielle) et ils peuvent avoir une interaction avec les médicaments prescrits pour traiter l’arythmie cardiaque et l’hypertension artérielle.
    Autres espèces et sous-espèces :
    En 1800 Duhamel de Monceau cite dans son "Traité des arbres et arbustes" que l'on cultive en France en pleine terre" une variété à baies rouges, observée en Espagne, qui semble avoir disparu.
    Il existe trois sous-espèces de gui qui parasitent une quarante d'espèces de feuillus et de conifères.
    - Viscum album subsp abietis , présent principalement les sapins blancs (Abies alba ) et mélèzes (Larix ) à des feuilles plus longues.
    - Viscum a. subsp austriacum  qui est présent sur les pins (Pinus ) dont le pin sylvestre, des feuilles plus petites, baies jaunâtres.

    Annotations :
    Bubani, abréviation botanique pour le médecin botaniste italien Pietro Bubani (1806 - 1888), auteur de Flora Pyrenaea per ordines naturales gradatim digesta., en 3 volumes, en collaboration avec Otto Penzig toujours réédité par Sagwan Press, United States, 2018, l'édition de 1897, volume 1 est consultable à la BHL, 'Flora Virgiliana: ovvero, sulle piante menzionate da Virgilio, Pareri Esposti, Considerati, Proposti Ancora'. édité en 1869.
    *fleurs et fruits du gui, pour plus d'infos, lire la publication 'Le Gui, une plante parasite dispersée par les oiseaux' par Régis Thomas et David Busti, décembre 2011, sur le site du département de Biologie de l'ENS Lyon.
    *L., abréviation botanique pour le médecin, botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l ’espèce, c'est la base de la taxinomie et de la nomenclature internationale. Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica' et le récit de son Voyage en Laponie édité en 1738 (la traduction en français a été rééditée en 2002, éditions de la Différence). En 1738, il exerce la médecine durant trois ans, puis il l'enseigne durant une année à l'Université d'Uppsala, et par la suite jusqu'en 1772, il y enseigne la botanique. En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède. Son herbier, le plus riche de son époque ne contenant que 7000 plantes.
    *Steiner, philosophe et pédagogue autrichien Rudolf Joseph Lorenz Steiner (1861-1925), fondateur inventeur d'un courant de pensée ésotérique baptisé l’anthroposophie, de l’agriculture biodynamique, des écoles alternatives Steiner-Waldorf, fondateur des laboratoires Weleda. Un rapport parlementaire sur "les sectes et l'argent" a mis en cause l'anthroposophie en 1999, les soupçons de dérive sectaire sont toujours d'actualité. Sa biographie source Encyclopédie de l'Agora - Québec.
    - cbaral©16.11.2003 - ® par la Société des Gens de Lettres - Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l’exploitation commerciale sont expressément interdites.

 rameaux de gui en hiver