Romneya coulteri - Pavot mexicain,
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    Romneya coulteri
    Romneya coulteri Charles Webber © California Academy of Sciences
    Nom commun : Pavot mexicain, Pavot de Matilija, Pavot arboricole, connu des mexicains sous le nom d'Amapola blanco (Pavot blanc), Amapola árbol de México, Amapola de arbusto (Pavot arboricole), en Californie, 'Coulter's Matilija Poppy, Matilija Poppy, Canyon poppy, Dream of the desert' et par les anglophones 'Matilija poppy'(Pavot Matilija), Bush poppy, Californian tree poppy,Tree poppy', dans certaines régions c'est la Queen of California' parce qu'elle a concurrencé durant quelques temps le pavot de Californie Eschscholzia californica qui est depuis mars 1903, la fleur emblématique de la Californie et d'autres la surnomme 'fried-egg plant', la plante aux oeufs frits.
    Nom latin : Romneya coulteri Harv* (1845), pas de synonyme.
    Photo : de Charles Webber - Copyright © 1998 California Academy of Sciences. Location : Buschart's Gardens, Victoria, Vancouver Island, British Columbia (California, US). Toutes les photos sur Calphotos.
    famille : Papaveraceae.
    catégorie : vivace herbacée à souche ligneuse et au vigoureux système racinaire drageonnant, se propageant par des rhizomes souterrains qui font qu'à long terme, elle peut devenir envahissante. Aux tiges pourvues d'épines au point d'attache des feuilles
    port : touffu, buissonnant, étalé et drageonnant.
    feuilles : caduc, gris-vert glauque. De grandes feuilles alternes, pennées composées de 3 à 5 profond lobes ovales à lancéolés, effilés en pointe avec sur le revers des larges pétioles des sortes de poils épineus, voir photo sur berkeley.edu.
    floraison : parfumée de l'été à l'automne, courant juillet-octobre, nectarifère, abondamment visitée par les colibris, les abeilles et certaines espèces de papillons et d'autres insectes.
    De grandes fleurs de pavot de 13 à 15 cm de diamètre aux 6 larges pétales obovales, plissés et ondulés à l'aspect froissé comme le papier créponde, d'un Ø équivalent, voire plus avec les ans.
    Les boutons floraux sont ovoïdes, calice à trois sépales.
    couleur : blanc pur, bouquet bombé d'étamines aux anthères bifides et arquées dans un éclatant jaune poussin, dont la base est pourprée formant en coeur un anneau pourpre visible en fin de floraison.
    fruits : des capsules hirsutes, oblongues et déhiscentes contenant de nombreuses graines pirophytes, ovoïdes de plus ou moins 1,2 à 1,5 mm, qui ont besoin d'une importante source de chaleur et de fumée chaude pour lever la dormance et enclancher la germination. Il commence a dépérit après maturation des graines.
    croissance : lente compter entre 5 et 10 ans pour atteindre sa forme adulte.
    hauteur : 1,50 à 2,40/2,70 m Ø identique de 1,50 à 2 m, pensez y au moment de la plantation. Il lui faut de la place.
    plantation : sous climat approprié de préférence à l'automne pour lui permettre selon les experts britanniques de s'acclimater aux pluies hivernales. Bien choisir son emplacement, car son système racinaire n'aime pas être perturbé.
    multiplication : le semis au printemps est peut évident, difficile et aléatoire. Il s'effectue après stratification, compter entre le semis et la première fleur, une bonne année. Soit par prélèvement de drageons en hiver, soit par bouturage à chaud. Faire attention aux racines au moment du repiquage.
    sol : tous les sols moyennement fertile, secs et/ou arides, donc très bien drainé, redoute l'argile, une préférence pour un sol graveleux. Les premières années, il peut se cultiver dans des potées que l'on rentre l'hiver en serre froide aux alentours de 10 °C.
    culture en pot : possible, dans un mélange de terreau et de sable, mais il est peut esthétique à la longue, trop élançé. Il faut faire attention au système racinaire lors du rempotage et bien laisser sécher le substrat entre deux arrosages, ne pas mettre de dessous de pot.
    emplacement : le plein soleil est requis mais il accepte la mi-ombre et toujours à l'abri des vents froids.
    zone de rusticité : 7-9, U-K Hardiness H5, USDA zones 8a-10b à l'abri des vents froids. Tolère aisément -15 à -10 °C, et une fois implanté parfaitement adapté à la sécheresse.
    origine : ère de répartition restreinte dans le chaparral et les broussailles côtières du sud de la Californie et au nord-ouest du Mexique, dans celles du nord de la Basse-Californie, consulter la carte.
    De nos jours, il est localement considéré comme une espèce envahissante.
    De longue date en Australie, les deux espèces ont été introduites comme plantes ornementales dans l'État de Nouvelle-Galles-du-Sud, signalée naturalisée aux alentours de 2004-2005 et qui figure maintenant sur la list des espèces introduites et envahissantes invasive.org.
    entretien : arrosé avec parcimonie jusqu'à l'implantation, puis limité, l'arrosage estivale et laissé vivre en paix puisque sa croissance est lente, prévoir un bon paillage avant l'hiver.
    La taille s'effectue après la floraison et lorsque le brunissement du feuillage est total, rabattre à 30 cm pour un renouvellement à venir.
    maladies et ravageurs : sensibles à l'oïdium (powdery mildew). C'est la plante hôte des larves de certaines espèces de chenilles, qui peuvent grignoter le feuillage, mais il est même boudé par les cervidés.
    NB : son nom Romneya lui a été donné par le botaniste irlandais Thomas Coulter (1793-1843) lorsqu'il en fait la première description en 1833 et le dédie à son grand ami, le révérend Thomas Romney Robinson (1792-1882), célèbre astronome irlandais et son nom spécifique coulteri de Coulter, botaniste et médecin spécialiste de la flore de Californie et de l'Arizona, qu'il découvre avec le désert du Colorado, la collectant durant 10 ans de 1824 à 1824, puis celle du Mexique, où, à partir de 1824, il exerce comme médecin dans une compagnie minière d'argent la Real del Monte Company. A son retour à Dublin, il lègue sa collection personnelle riche de 50 000 spécimens pour pouvoir ainsi fonder l'herbier du Trinity College, dont il fut nommé le premier conservateur en 1840 et ce durant ses trois derniers années.
    Ce ne sera qu'une quarante d'années plus tard, vers 1875, qu'il est introduit en Europe via l'Irlande, c'est à Dublin dans les jardins botaniques de Glasnevin, qu'il sera planté pour la première fois en 1876 et depuis, primé par la Royal Horticultural Society (RHS*) avec The Award of Garden Merit.
    Son nom fait référence à la région où il a été découvert, dans les comtés de Ventura et de Santa Barbara dans le Matilija Wilderness, le désert de Matilidja dans le district d'Ojai Ranger, zone qui est gérée par US Forest Service.
    Ce désert est dédié au chef des Chumash, un peuple amérindien insulaire qui vivait, dans le comté californien de Ventura et sur trois îles du nord des îles Anglo-Normandes (Channel Islands), notamment celle de Santa Cruz. Ce mot dériverait de 'Michumash' qui désigne un fabricants de monnaie en perles de coquillage.
    Lire en anglais l'article sur l'histoire et l'héritage du patrimoine marin des Chumashs sur noaa.gov.
    Dans les jardins méditerranéens il trouve sa place sur les talus ou en massif dans les jardins secs et ceux de graviers.

    Ce genre ne comprenant que deux espèces endémique aux mêmes régions. Grâce à son système racinaire étendu, ce pavot mexicain est utilisé dans les aménagements paysagers pour fixer les talus et sur les pentes, le long des axes routiers et pour limiter l'érosion.

    Propriétés et utilisations :
    Ce Pavot de Matilija, à sa place dans la pharmacopée Chumash, qui le prescrit pour soigner les affactions cutanées et bucco-dentaires ainsi que les maux d'estomac. Et son feuillage est un répulsif pour repousser le bétail.

    Romneya trichocalyx
    2013 Jean Pawek© California Academy of Sciences
    L'autre espèce et parmi les hybrides, citons :

    • Romneya trichocalyx Eastw. (1898), Hairy Matilija Poppy, originaire du nord de la Basse Californie, présent au sud de la Californie, il se différencie par des fleurs et une fructification plus petite et trois sépales velus. Introduit au sud-est de l'Australie dans l'État de la Nouvelle-Galles-du-Sud, il figure sur la liste de malherbologie australienne (Weed Science List). A suivre...
      Photo ci-contre © 2013 Jean Pawek © California Academy of Sciences

    • Romneya coulteri var. trichocalyx Jeps., (1922), figure dans la flore de Californie, considéré par certaines flores comme synonyme du Romneya trichocalyx, également introduit dans l'État de la Nouvelle-Galles-du-Sud.

    • Romneya 'White Cloud ', une obtention blanche issue du croisement entre les deux espèces types.


    Annotations :
    *Coulter., après ses études de médecine, en 1821, il travaille au Jardin des Plantes de Paris et l'année suivante à Genève sur l'herbier du plus grand botaniste d'Europe, celui d'Augustin-Pyramus de Candolle*.

    *de Candolle, Augustin Pyramus de Candolle (1778-1841), botaniste et docteur en médecin suisse, qui occupe en 1880 la chaire de botanique à la faculté de médecine de Montpellier. On lui doit une nouvelle classification des espèces expliquées dans 'La théorie élémentaire de la botanique' publiée en 1813, ainsi que les 7 volumes du 'Prodomus systematis naturalis regni vegetablilis' (1824-1841) où sont décrites 60 000 espèces doublant ainsi les familles.
    Des ouvrages achevés par son frère et son petit-fils avec 80 000 plantes décrites. Auteur de 'Plantarum Succulentarum' (1799) ou l'histoire des plantes grasses. Il s'intéresse aux propriétés médicinales des plantes.
    En 1884, à Genève, le botaniste-taxonomiste suisse Robert Buser est nommé conservateur de l'herbier De Candolle (Herbier du Prodrome de Candolle), initié par ce dernier en 1824.

    *Harv., abréviation botanique pour le médecin botaniste irlandais William Henry Harvey (1811-1866), le grand spécialiste des algues et des mousses (bryophytes) et l'ami de Sir William Jackson Hooker. Il séjourne durant plusieurs années en Afrique du Sud à partir de 1835, collectant de nombreuses espèces conservées à l'Ulste. Il est l'ami de Sir William Jackson Hooker. En 1844, il est nommé à Dublin, conservateur de l'herbier, puis en 1848, professeur de botanique à la Royal Dublin Society.
    En 1853, il voyage durant 3 années et visite successivement l'Australie, la Tasmanie, Ceylan, la Nouvelle-Zélande, les îles Fidji etTonga.
    Auteurs d'ouvrages sur les algues et sur les espèces sud-africaines, avec pour oeuvres de référence 'Phycologia Britannica', publiée entre 1846 et 1851 et 'Nereis Australis ou algues de l'océan Austral', publié de 1847 à 1849.
    En 1858, il publie 'The genera of South African plants' et en collaboration avec le botaniste allemand Otto Wilhelm Sonder, il participe à la rédaction des trois premiers volumes sur sept de 'Flora capensis' éditée de 1859 à 1933.

    *RHS., abréviation pour The Royal Horticultural Society, la société royale d'horticulture, fondée à Londres, le 7 mars 1804, elle décerne chaque année à de nouvelles obtentions, "The Award of Garden Merit" (AGM), au cours du Chelsea Flower Show, qui se déroule 5 jours durant au mois de mai à l'Hôpital Royal de Chelsea, à Londres. C'est l'une des plus grandes expositions florales au monde.
    Cette distinction, l'AGM, est la référence qui aide, chaque année, les jardiniers britanniques à choisir les meilleures plantes pour leur jardin.
    La RHS à partir de 1869, décerne chaque année la médaille commémorative Veitch 'en l'honneur de l'horticulteur-explorateur, écossais, James Veitch, qui est décernée à des jardiniers, des collecteurs, des botanistes ou des scientifiques de toute nationalité, qui ont contribué et marqué leur époque par leurs actions.
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