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Crinum asiaticum - Crinole, Crinum géant sacré d'Asie
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    Nom commun : Crinum géant sacré d'Asie, Crinole asiatique, Crinole d'Asie, Lys du Bengale, Lis du Bengale, Lys empoisonné, en Polynnésie Poireau de Tahiti Riri, nommé par les anglophones 'Poison Lily, Poison Bulb, Beach Lily , Tree Crinum, Eighteen scholars', en chinois 'Wen shü làn, Wénzhü làn (qui se traduit par Manjushri*) , Wén làn shù, Zhülànyè, Luo Kun Dai', en indonésien 'Bak ung, kajang-kajang, en thaï 'Phlapphueng Lilua', .
    Nom latin : Crinum asiaticum L.*, synonymes retenus. Amaryllis carnosa Hook.f.*, Bulbine asiatica (L.) Gaertn.*, Crinum anomalum Herb.*, Crinum bancanum Kurz, Crinum sumatranum Roxb., Crinum umbellatum Carey ex Herb., Crinum toxicarium Roxb., Lilium pendulum Noronha et 19 autres synonymes consultables sur The Plantlist.
    Sont illégitimes Crinum albiflorum Noronha, Haemanthus pubescens Blanco, Crinum floridum Fraser ex Herb., Crinum angustifolium Herb. ex Steud.
    famille : Liliaceae selon les flores Amaryllidaceae, tribu Amaryllideae.
    catégorie : vivace bulbeuse toxique dans son ensemble, au bulbe cylindrique de 12 à 15 cm de diamètre pouvant peser plus de 5 kg à l'enracinement profond.
    port : rosette de feuilles spiralées dressées.
    feuillage : persistant, vert moyen à vert foncé, marge ondulée. De larges feuilles engainantes à la base, rubanées épaisses en forme de gouttière de 6 à 12 cm de large x 60cm à 1.50 m de long.
    floraison : courant décembre-janvier en Asie du sud-est, sous nos climats courant juin-août; elle est éphémère dès le lendemain les fleurs commencent à se faner, elles se referment la nuit lorsqu'il fait plus frais, et s'ouvrent en s'orientant vers le soleil, au suave parfum épicé et vanillé
    Involucre de 15 à 40 fleurs à corolle en coupe ouverte à 6 fins tépales récurvés et connés, 6 longues étamines filiformes aux anthères linéaires, oscillantes et 1 style à stigmate trilobé ; 1 ovaire fusiforme à 3 locules. Des bractées linéaires renferment l'involucre en bouton.
    couleur : blanc pur, sur le revers vers la base tirant sur le blanc verdâtre, à blanc jaunâtre, des étamines d'un rose soutenu aux anthères vieux rose foncé à rouge. Les fleurs peuvent être également d'un rose-violacée.
    fruits : des capsules munies d'une sorte de bec, déhiscentes subglobuleuses de 3 à 5 cm, elles sont composées d'une matière spongieuse qui leur permet de flotter, elles sont véhiculées par l'eau et sont dispersées le long des zones côtières sablonneuses.
    Elles contiennent quelques grosses graines orbiculaires vertes, que l'on peut semer de suite.
    croissance : moyenne.
    hauteur : 0.40 à 0.80 m pouvant atteindre 1.50m et plus.
    sol : fertile, humide à tendance sablonneuse; pour une culture en pot prévoir un mélange de terre et terreau horticole riche en humus sur lit de gravier au fond de la potée.
    multiplication : par semis de graines fraîches en les posant à fleur de substrat , à conserver entre 15 et 20 ° C durant la levée, patienter entre 3 et 4 ans pour apercevoir la première floraison.
    Pour les graines séchées, respecter une période de dormance au froid avant de semer toujours en surface à peine enfoncer de 1/3 dans le substrat en maintenant l'humidité après avoir fait tremper les graines dans de l'eau à température ambiante.
    emplacement : soleil léger, ombre lumineuse chaude.
    zone : 9 - 10 dans les régions chaudes et humides aux hivers secs, ailleurs conserver les potées à l'abri du froid entre 8° et 10°C pour respecter la période de dormance. Parfaitement adapté aux embruns et au sol chargé en sel.
    origine : en zone tropicale ou subtropicale dans les régions sablonneuses côtières et le long des rivières et des ruisseaux depuis l'Inde, le Bangladesh et les Maldives jusqu'au sud de la Chine (pour des questions religieuses surtout dans la province du Yunnan), en Birmanie, Thaïlande, Cambodge et au Vietnam, présente en Indonésie et à l'ouest sur l'île de Sumatra (selon certains auteurs, ce serait le lieu d'origine), en Malaisie et Philippines, également à Taïwan et Hong-Kong, au Japon dans l'archipel des Ryükyü et au sud de la Corée, .
    Introduit et naturalisé en Océanie dans les Îles Marshall (présent dans la pharmacopée), en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans l'archipel Bismarck, ainsi qu'en Australie et l'île Norfolk, consulter la carte.
    En Polynésie française il a été introduit en 1845 par un britannique passionné de botanique Francis Johnstone*.
    entretien : sous nos climats durant la période de croissance du printemps à l'été, maintenir le substrat humide, mais sans excès. Au fur et à mesure supprimer les fleurs fanées puis les hampes florales pour favoriser la floraison, le feuillage dépéri vers la fin de l'été ou au début de l'automne, le froisser et le replier sur le bulbe pour le protéger s'il reste en place.
    maladies et ravageurs : comme tous les autres il peut être sujet aux maladies cryptogamiques comme les taches foliaires, lorsque l'humidité est excessive sensible à l'anthracnose et au virus de la mosaïque du Crinum (CriMV); le feuillage peut subir les assauts des cochenilles farineuses (mealybugs).
    NB : son nom Crinum vient du grec 'krinon' mot qui désigne un lis et son nom spécifique asiaticum d'Asie pour nous préciser son origine asiatique.
    Pour The Plant List après la révision de 2012, il comprend 106 noms d'espèces ayant 239 autres noms comme synonymes et 35 autres noms demeurent en 2021 non résolus, composé d'espèces aux besoins très variés: sol plus drainé et sec pour certaines d'entre elles, plus humide pour Crinum bulbispermum et la plupart des hybrides cultivés, et pour d'autres comme Crinum campanulatum des emplacements semi-aquatiques.
    Concernant les Crinum d'Asie, consulter le volume 1 de Flora of Malesiana publiée en 1993 sur archive.org, page 132 à 139.
    Selon les flores, ce genre comprendrait (les avis sont très partagés et certaines sous-espèces seraient supprimées) entre 60 et 130 vivaces bulbeuses, originaires des zones tropicales, subtropicales et tempérées chaudes du globe dont la plupart d'entre elles de l'Afrique occidentale et de l'Afrique australe (22) , de Australie (6), de l'Asie du sud-est (2 en Chine* et 2 endémiques à la Malaisie) et des Amériques.
    Des études récentes font penser que ce genre initialement originaire du continent africain aurait été à travers les siècles dispersé (les capsules spongieuses flottent et dérivent) via les océans et les cours d'eau vers l'Asie, les archipels du Pacifique puis, ailleurs et c'est ainsi que certaines du genre prospèrent en zones semi-aquatiques dans les mangroves ou le long des berges et d'autres en zones arides.
    Trois sous espèces ont été retenus :
    - Crinum asiaticum var. japonicum Baker, présent au Japon et en Corée.
    - Crinum asiaticum var. pedunculatum (R.Br.) Fosberg & Sachet et 13 synonymes retenus dont Crinum australe Donn, consultables sur The Plantlist.
    - Crinum asiaticum var. sinicum (Roxb. ex Herb.) Boulanger, ayant autrefois pour synonyme Crinum maritimum Siebold, dans la flore de Chine synonyme de Crinum sinicum Roxburgh ex Herbert, la Crinole de Chine, nommée 'Wen shu làn' originaire du sud-est de la Chine dans les provinces côtières du Fujian et du Guangdong en bords de mer sablonneux et sur les berges des rivières et dans la région autonome du Guangxi et sur l'île de Taïwan, petit bulbe étroit, une trentaine de feuilles lancéolées, ombelle de 15 à 24 fleurs d'un blanc pur à blanc verdâtre vers la base, floraison estivale blanche et parfumée, c'est une plante ornementale aux propriétés médicinales utilisée aussi dans la pharmacopée locale, voir illustration dans Flora of China.
    Propriétés et utilisations :
    Attention, l'ensemble des espèces de ce genre ont une sève qui peut être allergisante, elles sont toutes toxiques en cas d'ingestion, elles contiennent des alcaloïdes critallins comme la lycorine, galanthamine et/ou la tazettine, des toxines qui à forte dose provoquent des nausées, des vomissements, des diarrhées, qui peuvent être suivies de crampes pouvant aller jusqu'à la paralysie et provoquer des troubles circulatoires ; il faut donc faire attention aux jeunes enfants et aux animaux domestiques.
    Dans les pharmacopées traditionnelles de l'Asie du sud-est, ses feuilles et racines sont réputées pour leur propriété cytotoxique*, diurétique, émétique et surtout antipaludéenne, pouvant être selon l'espèce analgésique, anti-inflammatoire, antiasthmatique, antimicrobien, antitumoral, diaphorétique, émétique, expectorante ou laxative.
    Dans la médecine traditionnelle de la Polynésie française, le bulbe grillé puis réduit en poudre est réputé pour traiter sous forme de cataplasmes les inflammations et les entorses ainsi que les douleurs rhumatismales ; les feuilles broyées entre dans la préparation d'un onguent pour traiter les hémorroïdes et sous forme de décoction , elles servent à laver et désinfecter les plaies.
    Des études biologiques et toxicologiques ont été menées pour confirmer celles-ci et découvrir qu'elles ont une forte teneur en alcaloïdes (180) notamment de la lycorine et crinine, lire l'article publié le 1 er octobre 2012 dans le Journal internationale des sciences et de la recherche pharmaceutiques, IJPSR, auteurs John Refaat*, Mohamed S. Kamel, Mahmoud A. Ramadan et Ahmed A. Ali du Département de pharmacognosie, Faculté de Pharmacie, Université de Minia - Égypte.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres espèces de Crinum présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Chine : la flore de la Chine ne comprend que 2 espèces :
    - Crinum sinicum Roxburgh ex Herbert, synonyme de Crinum asiaticum var. sinicum (Roxburgh ex Herbert) Baker, description ci-dessus dans les sous-espèces.
    - Crinum latifolium L. synonymes retenus Crinum esquirolii H. Léveillé, Crinum ornatum Herbert var. latifolium (L.) Herb, présent dans les lits sablonneux des rivières du sud-ouest de la Chine dans les provinces de Guangxi, Guizhou, Yunnan, où il est nommé 'Xi nan wen shu lan ' ainsi qu'en Inde, Laos, Birmanie, Sri Lanka, Thaïlande et Vietnam., feuilles linéaires et ligulées de 3 à 6 cm de large, floraison en été courant juin-août, ombelle en forme de couronne d'au moins 6 fleurs à larges tépales d'un blanc partiellement lavé de rose soutenu.
    *cytotoxique, c'est-à-dire des propriétés qui ont la faculté de détruire des cellules indésirables
    *Gaertn., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste allemand Joseph Gaertner (1732-1791), il débute comme professeur d'anatomie à Tübingen en 1760 avant de devenir durant 8 années professeur de botanique à Saint-Pétersbourg, à partir de 1770 il travaille sur son 'De Fructibus et Seminibus Plantarum' publié en 3 volumes à partir de 1788, le dernier est publié après sa mort en 1792.
    Il y relate son étude notamment au microscope sur les fruits et les graines, de plusieurs milliers de spécimens d'espèces et de genre du monde entier, sur la morphologie des organes de la fructification et sur son application à la botanique systématique, la classification qui en résulte est exceptionnelle pour son époque, consultable en ligne à la BHL library.
    Dans la famille des Rubiaceae, le genre Gaertnera lui a été dédié et des espèces sous la forme gaerteneri, gaertneriana, gaertneroides.
    *Herb., abréviation botanique pour le britannique William Herbert (1778 –1847) comte de Carnarvon, un juriste pasteur gallois passionné de botanique, spécialiste des iridacées et amaryllidacées, hybrideur de talent à qui l'on doit un ouvrage 'Amaryllidaceae; preceded by An attempt to arrange the monocotyledonous orders; and followed by a Treatise on cross-bred vegetables". Ed. J. Ridgway and sons (London 1837), à consulter en ligne à la BnF Gallica en réactualisant le lien (touche F5).
    Robert Sweet lui dédié un petit genre de quelques bulbeuses bleues ou violettes, Herbertia  (Iridaceae) originaire de l'Amérique du sud et sud-est des États-Unis.
    *Hook.f., abréviation botanique pour le botaniste-explorateur britannique Joseph Dalton Hooker (1817-1911), l'un des plus grands du 19ème siècle, nommé 1865 Directeur du Royal Botanical Garden de Kew. Auparavant, il effectue des séjours à Madère, en Afrique du Sud, dans l'Antarctique, dans l'Himalaya (Népal et nord de l'Inde) au cours desquels il collecte de nouvelles espèces pour Kew garden, à son retour il fait paraître l'ouvrage de référence sur les Rhododendrons du Sikkim-Himalaya en 3 volumes de 1849 à 1851 et des flores des autres pays.
    *Johnstone, chirurgien britannique Francis Johnstone (1802-1855), faisant partie des premiers colonisateurs anglais résidant à Tahiti, un passionné de botanique a qui l'on doit l'introduction et l'acclimatation de nombreuses espèces exotiques en provenance de l'Asie et des Amériques comme le cacaotier, le coton, le café et le coprah. Auteur d'un Traité sur les plantes médicinales de Polynésie.
    *L., abréviation botanique le médecin, botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné auparavant nommé Carl Linnæus (1707-1778), à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. À partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    *Manjushri, terme qui se traduit par Douce Majesté que l'on retrouve dans la religion bouddhiste où il désigne des êtres divins qui ont atteint l'état d'éveil du bouddha en suivant sa voie, ils sont nommés bodhisattva en sanskrit. Selon les écritures bouddhistes, le Manjushri fait partie des 5 arbres et 6 fleurs qui doivent être plantés près des lieux de cultes bouddhistes
    * Dans la province du Yunnan est pratiquée une forme du bouddhisme primitif, le theraväda (pratiqué sur l'île de Ceylan et la religion officielle du Cambodge) et ce Crinum Manjushri y est présent quasiment dans tous les villages et près des lieux de culte, dans les textes sacrés bouddhistes rédigé en pâli, il est était désigné comme l'un étant l'un des " cinq arbres et six fleurs " planté près des temples.
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