Amorpha canescens - Faux Indigo, Barbe de Jupiter


    Amorpha fruticosa  © Florenligne - O. Gaubert
    Nom commun : Faux indigo, Barbe de Jupiter, nommé par les anglophones 'Leadplant, Lead-plant, Pursh lead-plant'.
    Nom latin : Amorpha canescens Pursh* (1813), 6 synonymes retenus, Amorpha canescens var. leptostachya  A.Gray* (1849), Amorpha canescens f. glabrata  (A. Gray) Fassett (1852), Amorpha canescens var. typica  C.K.Schneid. (1907), Amorpha brachycarpa  E.J.Palmer (1931), Amorpha canescens var. glabrata  A.Gray (1936)
    famille : Leguminosae.
    catégorie : arbuste dont les tiges duveteuses et blanchâtres meurent en hiver comme le Lespedeza.
    port : érigé puis étalé.
    feuillage : caduc, vert clair couvert de poils blanc qui donennt des reflets blanchâtres et argentés, revers plus poilues, feuilles très divisées, aromatiques. composées, imparipennées à folioles oblongues courtement pédicellées.
    floraison : abondante fin du printemps début de l'été, nectarifère, visitée par les abeilles, certaiines espèces de papillons. et des coléoptères.
    Inflorescence en épis composées de verticilles de petites fleurs n'ayant qu'un seul pétale (l'étendard) engainant 10 étamines saillantes soudées à la base autour du pistil, dans un calice couvert de poils blancs.
    couleur : bleu-violet (indigo foncé) pour le pétale, les veinules sont plus foncées, étamines rouge-violet colombin, anthères jaune-orangé, calice colombin
    fruits : des petites gousses ovales contenant de 1 à 2 graines.
    croissance : rapide.
    hauteur : 1 à 2 m.
    plantation : en hiver.
    multiplication : par semis l'automne après avoir scarifier les graines, par séparation des drageons ou , par bouturage.
    sol : préfère les sols pauvres, secs, bien drainés, acides ou neutres ou alcalins. Mais peu difficile en fait.
    emplacement : soleil ou mi-ombre
    entretien : aucun, sinon la suppression des tiges flétries et éventuellement des drageons en excès.
    zone : 4-9, U-K Hardiness H7 (< -20), USDA zones 3-9.
    origine : l'ouest et le centre-est des États-Unis, généralement sur des sols secs et sablonneux.
    NB : son nom Amorpha; signifie en grec sans forme, déformé faisant référence à ses fleurs irrégulières presque apétales et son nom spécifique canescens vient du latin 'canescens' qui signifie qui tire sur le blanc.
    Ce genre après révision ne comprend plus que 18 espèces . Les colons américains en extrayaient une teinture bleue, d'où son nom commun.
    Dans les siècles passés elle était réputée apéritive et ses racines écrasées étaient prescrites pour traiter les maux de dent.
    Grâce à ses profondes racines, il peut êre utilisé pour fixer les talus et supporte bien la sécheresse.

    illustration : planche de L. Descamps-Sabouret dans la Revue horticole, serié 4, vol. 68: (1896), contribution de la Société Nationale d’Horticulture de France à Paris.

    Autre espèce intéressante au jardin :
    • Amorpha fruticosa  L., synonyme Amorpha angustifolia  F.E.Boynton, Amorpha arizonica  Rydb., Amorpha caroliniana  Croom, Amorpha bushii  Rydb., Amorpha croceolanata  Watson, Amorpha curtissii  Rydb., Amorpha dewinkeleri  Small, Amorpha emarginata  Sweet, Amorpha en arbrisseau, Amorpha de Caroline, Barbe de Jupiter, une espèce très voisine, mais plus grande de 2 à 3 m, originaire de zones humides d'Amérique du Nord, notamment l'Arizona et la Caroline.
      Ses feuilles imparipennées sont composées de 15 à 19 folioles et ses fleurs réunies en long épis pourpre et violet sont également mellifères. Elle pousse cependant très bien en sol sec Illustration ci-contre

    Annotations :
    *Darwin, naturaliste britannique Charles Robert Darwin (1809-1882), en 1825, il étudie la médecine à l'Université d'Édimbourg, puis la théologie et les sciences naturelles. En 1831, il entame un tour du monde à bord du HMS Beagle, jusqu'en 1860.
    Avec Alfred Russel Wallace*, il est le premier à décrire le mécanisme par lequel de nouvelles espèces se développent, qu'il nomme 'la sélection naturelle' relatée dans son ouvrage : 'On the Origin of Species by Natural Selection', publié en 1859. Lire 'Charles Darwin de l'origine d'une théorie' dans le n° 227 de décembre 2008 du journal du CNRS.
    Darwin publie de nombreux articles et livres sur ses observations et ses déductions, lire 'Darwinisme et idéologie : Aspects historiques' chez Persée, par Dominique Lecourt, publié en 2009 dans la revue théologique de Louvain, pp. 480-489, d'autres articles à propos de Darwin y sont consultables.
    Le 27 décembre 1931, Darwin à bord du HMS Beagle, bateau de la Royal Navy transformé en bateau de recherche, qui prend le départ pour sa deuxième campagne, vers la Patagonie et la Terre de Feu. Un tour du monde de 5 ans, sous le commandement du vice-amiral, Robert Fitz Roy (1805-1865), également hydrographe en charge de la mission, de cartographier les côtes de l'Amérique du Sud. Le journal : The Voyage of the Beagle de 1839, traduction d'Ed. Barbier de 1875, est consultable à la Bnf.
    C'est à bord de ce trois-mâts britannique que Darwin entreprend ses recherches, sur la faune, la flore, la géologie et les fossiles, échafaudant les bases de sa théorie sur l'évolution perpétuelle des espèces vivantes, le phénomène de sélection naturelle, et que l'homme et toutes les espèces descendent d’un ou de plusieurs ancêtres communs et non des créations divines.
    Amorpha fruticosa L. Descamps-Sabouret
    Il effectue des relevés, en 1834, à travers les forêts pluviales tempérées et les tourbières de l'archipel de Chiloé*, puis, en 1835, sur les côtes de la Patagonie et, en septembre 1835, il séjourne aux îles Galápagos, y observant les ressemblances, les différences et les changements sur les pinsons des Galápagos, qui se sont transformés au cours du temps (évolution) et que ceux qu'il observe ne sont plus de la même espèce que ceux, observés sur la côte de l'Équateur située en face, à 600 milles (965 km), constatant des changements d'une population à l'autre dans la forme du bec et dans leur taille, donnant in fine 13 ou 14 espèces de pinsons*, nommés plus tard le pinson de Darwin.
    Après ce tour du monde de cinq ans, le 31 décembre 1838, il s'installe dans le quartier universitaire de Londres, à côté du British Museum et se plonge dans la rédaction de son imposant ouvrage, qu'il publie en novembre 1859, sa réponse aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque et qui sera source de polémiques et de controverses : 'L'origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la survie', traduction de 1873, par Jean-Jacques Moulinié, Bnf ou celle d'Edmond Barbier en 1876, à la Bnf.
    Lire : L’évolution darwinienne, la biodiversité et les humains, sur frb, Fondation pour la recherche sur la biodiversité, créée en 2008.

    Écouter sur France Culture, l'émission sur Darwin et sa théorie des espèces, du dimanche 26 août 2018, podcast, de 1 heure.
    Les trois voyages du HMS Beagle, carnet de voyage, publié dans le figaronautisme - août 2016.
    Pour certains biologistes, cette évolution et la sélection naturelle a un 'codécouvreur' en la personne d'un autre explorateur britannique, l'anthropologue, biologiste et naturaliste Alfred Russel Wallace (1823-1913), lire ens-lyon sur Planet-Terre par Cyril Langlois, publié le 22 octobre 2015 - Préparation à l'agrégation SV-STU.

    *A.Gray, abréviation botanique pour le botaniste taxonomiste américain Asa Gray (1810–1888), professeur de botanique de l’Université Harvard, considéré comme le plus grand botaniste de son époque. Le spécialiste de la flore nord-américaine.
    Auteur de nombreux ouvrages de botanique dont le plus célèbre ouvrage est le Gray's Manual édité en 1848, un manuel de la botanique du nord des États-Unis, de la Nouvelle-Angleterre au Wisconsin et du sud de l’Ohio et de Pennsylvanie.
    Il entretient une correspondance avec Charles Darwin, collabore avec les scientifiques européens qu'il rencontrera en Europe et il met en place un important réseau de collecteurs.

    *Pursh., abréviation botanique pour le botaniste germano-américain Friedrich Traugott Pursh (1774-1820), on lui doit 'Flora americae septentrionalis' (Londres 1813)
    Francesca Binet giannoni©22/10/2002® Jardin! L'Encyclopédie
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