Drimia maritima, Urginea maritima  - Drimie, Scille maritime
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    Urginea maritima
    Drimia maritima © Universita di Catania
    Nom commun : Urginée maritime, Drimie maritime, Scille maritime, Scille officinale, Jacinthe de mer, Squille, Grand scille, Scille mort-aux-rats, Charpentaire, Oignon marin localement en arabe 'Eunsul bahriin', en hébreu 'HaTsaV*', nommée par les anglophones 'European Squille, Sea Squille, Red squill', en allemand 'WeiBe Meerzwiebel'.
    Nom latin : Urginea maritima (L.) Baker* (1873), depuis la révision de 2012, elle devrait être nommée Drimia maritima (L.) Stearn.* (1978), ayant 11 autres synonymes retenus, Ornithogalum maritimum (L.) Lam.* (1779), Scilla maritima L.* (1753), Squilla maritimaSteinh. (1836), Urginea scilla Steinh. (1834), Urginea maritima var. purpurascens Cout(1913), Urginea maritima var. virescens Cout. (1913).
    famille : Asparagaceae, sous-famille des Scilloideae. Selon la flore, dans la famille des Asphodelaceae autrefois celle des Liliaceae, avec comme sous famille : Hyacinthoideae et tribu Hyacintheae.
    catégorie : éphémère, vivace bulbeuse, géophyte et toxique, à très gros bulbe tuniqué ovoïde et écailleux jusqu'à 20/30 cm, blanc ou rougeâtre pouvant atteindre 5 à 6 kg (pouvant avoir la taille d'une boule de bowling) à racines charnues et tubéreuses.
    Son enracinement profond fait qu'elle résiste au feu (pyrophyte).
    port : touffe érigée, pouvant former de larges coussins bombés de bulbes très serrés, voir dans Flickr.
    feuillage : 'caduc', vert émeraude, moucheté de vert acide, coriace, glabre. Rosette de feuilles basales en longues et étroites lanières, oblongues-lancéolées, pouvant être légèrement ondulées et carénées en pointe. Elles apparaissent bien après la floraison durant l'hiver.
    floraison : à la fin de l'été à début de l'automne, d'août à octobre, suivant le climat, parfumée, nectarifère et pollinifère, visitée par les abeilles et certaines espèces de les papillons dont l'Agreste des Balkans Hipparchia senthes (Balkan grayling).
    Sur une longue tige centrale pourprée, réunies en grappe terminale, compacte, allongée ; des petites fleurs s'ouvrant par anneaux successifs à partir de la base, alternes, pédicellées en étoiles, composées de 6 tépales, 6 étamines saillantes à anthères biloculaires soudés à la base.
    Par tige, il y aurait plus de 250 fleurs éphémères et ne durent qu’une journée, mais elles ont la particularité de s'épanouir à minuit, attirant de nombreux insectes affamés.
    couleur : blanc irisé, nacré, strié de vert extérieurement et de brun rosé intérieurement, étamines blanches aux anthères d'un vert très foncé. Les boutons floraux sont d'un vert pâle pourpré.
    fruits : capsules piriformes à trois loges, contenant chacune 3 à 4 graines noires, ailées et aplaties. Capsule d'un ocre-orangé à maturité.
    croissance : rapide.
    hauteur : 0.50 à 1.50 m et plus.
    plantation : à l'automne ou au printemps, la partie haute du bulbe ne doit pas être enterrée et soyez patient, certains, ont attendu plus de 3 ans pour découvrir la première floraison.
    multiplication : par semis de graines fraîches ou par division des caïeux à l'automne après la floraison, il est normal de trouver ceux qui sont à l'extérieur un peu plus sec.
    sol : ordinaire, bien drainé, avec une préférence pour les sols calciques. Effectuer un bon apport de sable.
    emplacement : soleil. Parfaitement adaptée à de longue période de sécheresse.
    zone : 8-10, U-K Hardiness H?, USDA zones 8-11. Tolère -5°C dans un sol sec, adaptée aux embruns.
    origine : Europe méridionale : France dans les Alpes maritimes et le Var, Grèce, Espagne, Italie, Malte, Sicile, Afrique du Nord, au Maroc, jusqu'au Moyen-Atlas, Algérie (Tell) et Asie Mineure : Israël (Néguev), Liban, Turquie - ouest de l'Anatolie, Syrie, le long du littoral et sur les coteaux secs.
    C'est une espèce protégée en France (Journal officiel du 13 mai 1982) et dans de nombreux pays, le genre fait partie de la liste des plantes protégées.
    entretien : sans, laisser jaunir en place le feuillage avant de le retirer.
    maladies et ravageurs : les feuilles sont convoitées par la chenille jaune vert maculée de traces noires de la Noctuelle anthracite Aporophyla nigra.
    NB : le genre Urginea serait dédié à la tribu berbère des Beni-Urgin, qui vivaient à l'est de l'Algérie, dans la région d'Annaba (Bône) où elle fut découverte, son nom en arabe est 'Feraoun'.
    En Israël, l'HaTsaV* qui est en voie de disparition durant des siècles était l'annonciateur de l'arrivée de l'automne, les anciens prétendaient que la hauteur et le volume de son inflorescence constituent le 'baromètre' idéal indiquant le futur taux de pluie de l’hiver à venir. Cette floraison ascendante est le symbole du retour progressif de l’homme vers l’Eternel, son nom est mentionné dans le Talmud.

    Bulbes au 11 septembre 2012
    Bulbes en septembre © Seán A. O'Hara Flickr
    Le genre des Urginea comprenait une centaine de noms d'espèces référencés depuis la révision en 2012, le genre ne comprend plus que 27 noms d'espèces dont 4 sont retenus et les autres sont, depuis cette date, non résolus et les autres restant font partie du genre Drimia, toutes des espèces bulbeuses, originaires pour un petit nombre des régions méditerranéennes et de l'Asie Mineure et la grande majorité de l'Afrique.
    Drimia vient du grec 'drimia, drimus' qui signifie âcre, piquant. Un genre décrit en 1799 qui comprend maintenant 130 espèces retenues, originaire du sud de l'Europe, de l'Afrique et de l'Indochine*

    Propriétés et utilisations :
    Dangereuse pour le bétail et les hommes. Le suc âcre des bulbes contient des cristaux d'oxalate, qui peuvent provoquer inflammations et irritations de la peau et des muqueuses. Il contient des alcaloïdes, des flavonoïdes, des glucosides, des hétérosides (dont scillarènes A et B, scilline, scillipicrine, scillitoxine, scilliroside) et du mucilage. Son ingestion peut provoquer troubles digestifs, neurosensoriels, cardiaques (bradycardie entre autre) et des troubles oculaires.
    Ceux à bulbes rouges, une sous-espèce qui se rencontrait initialement en Afrique du Nord, contiennent du scilliroside, un hétéroside recherché et encore utilisé dans la fabrication de raticides, non anticoagulant, qui ont un effet sur le système nerveux et provoque des troubles cardiaques.

    L'Urginée a des propriétés médicinales connues depuis la nuit des temps, Dioscoride et Pline la prescrivaient déjà et les pharmacopées traditionnelles l'utilisent toujours avec prudence sous forme de poudre ou teinture. Réputée être un excellent tonicardiaque et diurétique.
    Elle entrait dans la confection de vin ou vinaigre scillitique. En macération, elle était prescrite comme fluidifiant et expectorant dans les infections respiratoires dont la bronchite.
    Pharmacopée française de 1965, elle est inscrite au tableau C des substances vénéneuses.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres espèces de bulbeuses présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Baker, abréviation botanique pour le botaniste écossais Joseph Gilbert Baker (1834-1920), spécialiste des mousses, responsable de l'Herbier de Kew. Il y fut, l'assistant de William Jackson Hooker (1785-1865).

    *HaTsaV, ce nom HaTsaV, aurait une racine biblique, signifiant creuser, extraire faisant référence à son enracinement profond et à sa résistance au feu.

    *Indochine, la péninsule Indochinoise se compose de la Birmanie, le Cambodge, le Laos et le Vietnam, la Thaïlande ainsi qu'une partie de la Malaisie et plus au sud, Singapour. Elle n'a rien à voir avec l'ancienne colonie française du même nom qui jusqu'en 1956 désignait le Cambodge, le Laos et le Vietnam depuis 1946. Lire son histoire sur Chemins de mémoire gouv.fr.

    *Lam., abréviation botanique pour le naturaliste-biologiste-botaniste français Jean-Baptiste Antoine Pierre de Monnet de Lamarck (1744-1829), fondateur de la biologie, il en établi les principes théoriques, voir Philosophie zoologique (1809) où il met en place une nouvelle classification pour les animaux; il est considéré comme le plus grand botaniste de son temps, on lui doit un traité de botanique 'Encyclopédie méthodique' (1783-1793), il y énonce un principe fondamental sur l'évolution des animaux et végétaux qui sous l'influence de diverses conditions induisent des adaptations et modifications. Auteur 'Histoire des mollusques', ouvrage de référence dans la nomenclature des coquillages.

    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnaeus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Urginea maritima
    Drimia maritima
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'une Flora lapponica et son herbier, le plus riche de son époque contenant 7000 plantes, est conservé au Musée national d'histoire naturelle de Stockholm. Abréviation botanique officielle : L.
    Il enseigne à l'université d'Uppsala, la médecine, durant une année, à partir de 1741, puis la botanique jusqu'en 1772. Il est le fondateur de l'Académie des sciences de Suède.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et de 'Species plantarum', consultables en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto (patienter ! chargement long). Il y présente son système de classification des espèces qui sera la base de la taxinomie et de la nomenclature. Un ouvrage qu'il finançe avec le botaniste néerlandais Johann Frederik Gronovius (1686- 1762) à qui l'on doit la préparation et la publication de Flora virginica (2 tomes publiés de 1739 à 1743) à partir des notes et des spécimens envoyés par le collecteur britannique John Clayton (1694-1773) a qui l'on doit aussi un fabuleux herbier.
    Lire l'éloge de Linné et l'histoire de l'académie, faite par le philosophe, mathématicien et économiste français, Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, publiée par l'academie-sciences.fr, format pdf.

    *Stearn, abréviation botanique pour le botaniste, naturaliste britannique William Thomas Stearn (1911-2001), il a fait partie durant la seconde guerre mondiale du Royal Air Force Medical Corps affecté aux renseignements en Inde et en Birmanie, durant cette période, il rédige son dictionnaire étymologique des noms botaniques et il rapporte plein de notes botaniques qui ont servi à des publications sur les orchidées de l'Himalaya et les arbres des Indes.
    A son retour, il contribue à la rédaction du célèbre dictionnaire de jardinage de la Royal Horticultural Society (RHS).
    De 1953 à 1976, il travaille au British Museum, puis de 1979 à 1982 il préside la Société linnéenne de Londres, nommé membre de l'Académie royale des sciences de Suède; puis en 1997 il a été fait Commander of the Order of the British Empire,consulter sa shnh.org The Society for the History of natural History.
    natacha mauric©20/03/2005 ® Jardin ! L'Encyclopédie .
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