Iris pallida  - Iris pâle, Iris de Dalmatie
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    Nom commun : Iris pâle, Iris de Dalmatie, Iris blême, nommé par les anglophones 'Sweet Iris, Dalmatian Iris', en allemand 'Dalmatinische, Dalmatinische Schwertlilie', en arabe 'Sawsan shahib, en espagnol 'Lirio pálido, Lirio azul', en italien 'Giaggiolo pallido'.
    Nom latin : Iris pallida Lam.*, synonymes Iris pallida subsp. dalmatica Hort.*, Iris illyrica Tomm. ex Vis., Iris pallida f. dalmatica Pamp., Iris pallida f. illyricaIris pallida var. dalmatica Pamp., Iris pallida subsp. illyrica (Tom.) Dykes., Iris germanica L. subsp. pallida (Lam.) O. Bolòs & Vigo
    famille : Iridaceae.
    catégorie : vivace à rhizome odorant.
    port : touffe dressée en éventail.
    feuillage : caduc, vert pâle à vert jade-bleuté, pruineux. De longues et étroites feuilles ensiformes, de 50 x 3.5 cm, engainantes, effilées en pointe.
    floraison : longue, délicatement parfumée au printemps, d'avril jusqu'en juin, suivant la latitude, pollinifère, visitée goulûment par la grande abeille charpentière Xylocopa violacea (Violet carpenter bee) qui repart avec les brosses (scopae) de ses pattes postérieures, chargées de pollen et après avoir marqué, chaque fleur butinée avec une substance odorante, pour signaler aux autres insectes butineurs son passage pollinisateur, voir photos © Démons & Merveilles.
    Longue et fine tige florale pruineuse, pourvue de bractées alternes, écailleuses, blanches et parcheminées, 3 à 6 fleurs hermaphrodites, formées de pétales largement spatulés, pourvus de barbes, les supérieurs sont plus courts, 3 étamines et 1 long style trifide.
    couleur : bleu pâle à barbes blanches, étamines et anthères blanches, les boutons floraux vrillés sont d'un bleu foncé.
    fruits : des capsules, oblongues, renflées à 3 valves, contenant chacune, de nombreuses graines ovoïdes, d'un rouge écarlate à rouge orangé qui demeurent en place, une bonne partie de l'hiver.
    croissance : moyenne.
    hauteur : 0.80 m à 1 m, et plus, pour un étalement d'au moins 0.30 à 0.40 m.
    plantation : à la fin de l'été, compter 6 à 9 par m².
    multiplication : par semis de graines fraîches, autrement, faire tremper les graines durant 48 h avant de semer, puis, patienter au minimum une année, ou après la floraison, par division des rhizomes, en prélevant des morceaux munis d'un bourgeon terminal. Comme pour les autres iris, la division s'effectue tous les 4 ou 5 ans, ou lorsque le centre de la touffe est dépourvu de feuilles, ou lorsque la floraison diminue.
    sol : ordinaire, surtout bien drainé, aime le calcaire, mais il n'aime pas les sols trop lourds, argileux.
    emplacement : soleil, ombre partielle, a besoin d'au moins 6 h d'ensoleillement pour fleurir.
    zone : 4/5-9, U-K hardiness H7, USDA zones 4-10, tolère aisément - 30°C, et une fois installé, adapté à la sécheresse, indice* sécheresse 5 - jusqu'à 5 mois sans eau.
    origine : sud de l'Europe dont l'Adriatique (Bosnie, Croatie, Dalmatie et Slovénie), Afrique du Nord et Macaronésie, Asie Mineure où il est présent jusqu'en Syrie.
    entretien : pour ne pas avoir de fructification, supprimer au fur et à mesure les fleurs fanées, puis les hampes florales et les feuilles abîmées ou desséchées.
    maladies et ravageurs : comme tous les autres iris, il est visité par les escargots (snails), les limaces (slugs), certaines espèces de chenilles (caterpillars) et aux thrips (thunder flies), qui sont responsables des marbrures sur les feuilles et les sépales.
    Comme tous les autres Iris, il est sujet à la pourriture du rhizome Botrytis convoluta, et aux taches foliaires qui brunissent la pointe des feuilles et/ou le limbe, l'hétérosporiose (leaf spot), qui provoque le brunissement de, la pointe des feuilles et l'apparition de taches rondes ou ovales sur le limbe (leaf spot), qui sont provoquées par un champignon Didymellina macrospora, consulter sa fiche technique sur les symptômes et les dégâts, sur ephytia Inrae.
    Il est la plante hôte des pontes et des larves d'un beige rosé, d'un papillon de nuit, Macronoctua onusta (Iris borer), en été, les larves du perceur des Iris, percent des galeries dans les rhizomes et grignotent le feuillage, voir fiche technique sur Iriis phytoprotection.
    NB son nom Iris vient du grec où il indiquait le genre et désignait l'arc-en-ciel, il aurait été donné par le philosophe grec Théophraste*. Dans la mythologie grecque, Iris, déesse aux ailes irisées, était la messagère des dieux de l'Olympe, qui secondait Héra, et son nom spécifique pallida signifie pâle, blême.
    Ce genre comprenait 1246 noms d'espèces connus, après la révision de 2012, seulement 362 noms espèces ont été retenus et 820 autres considérés comme étant juste des synonymes.
    Des espèces de vivaces bulbeuses avec ou sans barbe et des vivaces rhizomateuses, originaires des zones tempérées de l'hémisphère nord.
    Ce pâle iris de Dalmatie, a sa place, dans les bordures et plates-bandes, le long des allées, des murs et des murets, dans les massifs et les rocailles, pas trop loin des allées, sous le vent, près des ouvertures, pour profiter de son parfum et même planter au pied d'un pin.
    Et de plus, on peut l'utiliser sans problème, dans la composition de bouquets frais, à cueillir le matin à peine ouvert.
    Propriétés et utilisation :
    Les rhizomes de l'Iris de Florence et de l'Iris pâle sont recherchés, car ils contiennent des substances aromatiques, les irones qui lui donnent un parfum de violette et des isoflavones, on en extrait des huiles essentielles utilisées en aromathérapie, des résinoïdes pour aboutir à de l'absolu ou de la concrète, bien que très onéreuses, elles étaient utilisées en parfumerie et cosmétologie, pour apporter en note de coeur conférant autrefois à nos parfums l'accord vert - floral - boisé raffiné et sensuel, hélas aujourd'hui remplacés par des substances chimiques dangereuses*.
    Ces huiles essentielles d'Iris sont depuis des siècles réputées pour leur activité antibactérienne, antifongique et antioxydante, utilisées autrefois dans la conservation des aliments, ayant une activité confirmée contre différentes bactéries gram-négatives, par exemple l'Escherichia coli et la Klebsiella pneumoniae qui est responsable d'infections nosocomiales, toutes deux devenues résistantes aux antibiotiques.
    Son rhizome séché est, lui aussi, utilisé dans les pharmacopées traditionnelles pour ses propriétés astringente, cicatrisante, diurétique, expectorante et sa poudre entre en cosmétologie dans la préparation de poudres et de talcs, il sert aussi à fixer les parfums, il suffit d'ajouter un peu de cette poudre dans vos pots pourris, ou encore comme jadis, l'utilisée comme condiment, pour relever la saveur des mets.
    Parmi les cultivars, citons :
    Ils sont recherchés pour leur feuillage en éventail panaché, toujours vert, dans la partie interne, connus des anglophones sous le nom de 'Zebra iris'.
    - Iris pallida ‘Albo Variegata’, une obtention de 2014, de 50 à 60 cm, au feuillage vert jade, panaché de blanc avec une floraison d'un bleu pâle légèrement violacé.
    - Iris pallida 'Argentea Variegata', commercialisé aussi sous Iris 'Argentea' et 'Dalmatian iris 'Argentea Variegata', se distingue par un feuillage vert jade panaché de blanc crème. Au début de l'été, des fleurs d'un bleu violet assez clair avec des veinules plus foncées. Il serait un peu plus fragile.
    - Iris pallida 'Variegata Aurea', 50 à 70 cm pour un étalement d'au moins 30 cm. Un feuillage vert jade, panaché d'un très pâle, jaune crème. Courant mai-juin, une floraison violet pâle lavé de blanc vers la base des sépales, barbe blanche et jaune.
    Iris pallida 'Variegata', aux feuilles panachées et des fleurs d'un bleu-violet pâle avec des barbes jaunes.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres espèces présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    B>*Hort., abréviation de la nomenclature botanique qui vient du latin 'hortulanorum' qui signifie des jardiniers, qui désigne un horticulteur inconnu.
    *Indice, indices de résistance à la sécheresse : indice : 1 - jusqu'à 1 mois sans eau, indice : 2 - jusqu'à 2 mois sans eau, indice : 3 - jusqu'à 3 mois sans eau, indice : 4 - jusqu'à 4 mois sans eau, indice : 5 - jusqu'à 5 mois sans eau, indice : 6 - jusqu'à 6 à 7 mois sans eau, correspond à des zones désertiques.
    *Lam., abréviation botanique pour le naturaliste, biologiste, botaniste français Jean-Baptiste Antoine Pierre de Monnet de Lamarck (1744-1829), fondateur de la biologie, il en a établi les principes théoriques, voir 'Philosophie zoologique', publiée en 1809, où il met en place, une nouvelle classification pour les animaux, qu'il transmet durant ses cours de zoologie. Le fondateur de la zoologie et de la paléontologie des Invertébrés, sur ce sujet lire, l'ouvrage de Raymond Enay, professeur à l'Université Claude-Bernard, Lyon I, consultable à la Bnf, publié en 1990 chez Dunod, toujours commercialisé.
    Il est considéré comme le plus grand botaniste de son temps, on lui doit un traité de botanique 'Encyclopédie méthodique' (1783-1793), il y énonce un principe fondamental sur l'évolution des animaux et des végétaux qui sous l'influence de diverses conditions et circonstances induisent des adaptations et des modifications de leur structure, qui seront alors transmises à leur descendance, des modifications morphologiques et psychologiques.
    L'auteur de 'Histoire des Mollusques', ouvrage de référence dans la nomenclature des coquillages et plusieurs volumes de l'Encyclopédie méthodique sont consultables en ligne à la BHLibrary.
    *substances chimiques dangereuses, prendre le temps de lire l'enquête de Greenpeace 2005, Parfum de scandale sur la composition chimique d'eaux de toilette et eaux de parfum de marques parfois prestigieuses, contenant des phtalates et des muscs de synthèse. Télécharger l'enquête en format Pdf.
    *Theophraste, philosophe, botaniste et naturaliste grec Theophraste d'Érèse (île de Lesbos), Theophrastus d'Eresus (371 -288 av. J.-C.), élève de Platon, condisciple du philosophe Aristote, il voyage avec celui-ci en Asie Mineure et en Macédoine. Lorsque Aristote enseigne au Lycée, il en devient le disciple et le collaborateur du penseur Aristote (384-322 av. J.-C. ), avant de mourir, il le choisit comme successeur à la tête du Lycée, qu'il dirige durant 35 ans ; connu par ses traités de botanique et les Caractères, le reste de son oeuvre a totalement disparu, elle est juste rapportée par d'autres.
    Lire Théophraste et la théorie aristotélicienne de l'intellect, article consultable chezPersée par le philosophe français Victor Goldschmidt (1914-1981), publié dans la Revue des Études Grecques en 1956, 69-324-325 pp. 195-198.
    natacha mauric © 15.04.2007 ® Jardin! L'Encyclopédie
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