Uvularia grandiflora - Uvulaire à grandes fleurs
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    Uvularia grandiflora in May 18, 2006 Minnesota
    Keir Morse 2016 © U. of California, Berkeley
    Nom commun : Uvulaire à grandes fleurs, Cloches de fée jaune, au Québec 'Uvulaire grandiflore', nommée par les anglophones 'Large-flowered bellwort, Fairybells, Bellwort, Merrybells (Merry Bells), Yellow Bellwort, en allemand 'Großblütige Trauerglocke (Cloche funéraire), Hänge-Goldglocke (Cloche dorée suspendue), Bellwort.
    Nom latin : Uvularia grandiflora Sm.*, synonymes retenus Uvularia grandiflora f. grandiflora, Uvularia grandiflora f. latifolia  Louis-Marie*, Uvularia grandiflora f. rotundifolia  Louis-Marie, Uvularia grandiflora f. variegata  Louis-Marie
    famille : Colchicaceae, dans certaines flores classées dans les Liliaceae, auparavant les Convallariaceae.
    illustration : Uvularia perfoliata, planche 144 dans North American wild flowers volume 2 , page 230 (1925-1927) par Mary Vaux Walcott, contributed by Smithsonian Institute, Washington, D.C., U.S.A, consultable en ligne.
    catégorie : vivace à rhizomes charnus blanchâtres, aux minces tiges d'un vert rougeâtre vers la base.
    port : touffe étroite dressée, arquée, lâche et retombante, avachie.
    feuilles : caduc, vert pâle, pubescent sur le revers, veinules longitudinales marquées.
    Feuilles perfoliées, alternes, ovales à lancéolées, enroulées comme une cigarette russe.
    floraison : une des plus précoce au printemps dès la fin du mois d'avril jusqu'en juin selon climat, nectarifère et pollinifère fort visitée par différentes espèces d'abeilles et les bourdons.
    Avant le développement du feuillage, fleurs axillaires tubulaires à peine entr'ouvertes en forme de cloche pendante de 4 à 5 cm à 6 pétales lancéolés, incurvés.
    couleur : brillant et vif jaune citron.
    fruits : capsules ailées (3) pendantes contenant de petites graines globuleuses marron en forme de noisette de 3 à 5 mm qui sont dispersées par les fourmis.
    croissance : assez lente pour former une touffe.
    hauteur : 0.30 à 0.70m, étalement avoisinant 0.30.
    plantation : selon climat au printemps ou à l'automne.
    multiplication : à l'automne semis de graines fraîches à conserver dans un coin frais, à maintenir humide tout au long du cycle et patienter longuement. La germination est très lente, la première année elle développe son rhizome sous terre, la deuxième année au printemps, les premières feuilles pointeront leur nez à protéger des voraces limaces et escargots.
    Autrement il faut avant de les semer effectuer une stratification froide durant 1 mois dans un mélange sablonneux et humide.
    Principalement par division juste après la floraison en veillant à l'arroser tout au long de la première année.
    sol : riche en humus, frais mais bien drainé, pH 5 à 6.
    emplacement : ombre, mi-ombre.
    zone de rusticité : 4 - 9, tolère sur de courtes périodes jusqu'à -20°C, mais déteste la moindre sécheresse. USDA zone 4-9.
    origine : dans les sous-bois de feuillus humifères du Missouri, de l'est et du centre de l'Amérique du Nord, du Canada au sud de la province du Québec, où c'est une espèce en péril présente notamment dans les érablières, voir carte des États-Unis.
    Une espèce menacée dans certains états.
    Introduite en Europe via la Grande-Bretagne après une adaptation à Chelsea où elle fut rapporter avec 42 autres nouvelles espèces nord-américaines par le botaniste collecteur écossais John Fraser*, présente au catalogue Vilmorin de 1808.
    entretien : marquer son emplacement pour ne pas la piétiner, voir lorsqu'elle pointe son nez.
    Prévoir un paillage pour maintenir une certaine fraîcheur et lui permettre aux rhizomes de se développer et prévoir ses réserves, apport d'une fumure organique après la floraison avec le paillage.
    maladies et ravageurs : une gourmandise pour les limaces et les escargots, qui sont également convoitées par les cervidés qui adorent grignoter les tendres pousses printanières.
    Uvularia perfoliata dans North American Wild Flowers
    Mary Vaux Walcott* (1860-1940)
    NB : son nom Uvularia  dérive de uvula, qui désigne la luette; qui appartient ou qui a rapport à la luette (uvule) humaine, l'appendice conique mobile au fond de la gorge qui est rattaché au voile du palais faisant allusion aux fleurs suspendues et son nom spécifique grandiflora  signifie à grandes fleurs.
    Cette uvulaire a sa place dans les jardins boisés, le long des façades ombragées en été, à l'ombre des massifs arbustifs, dans les mixed-borders, en lisière de sous-bois, ou encore tout simplement dans d'éphémères et larges potées pour les balcons, patios et terrasses ombragées.
    Parmi les cultivars, citons :
    - Uvularia grandiflora 'Pallida', environ 35 cm de haut pour un étalement similaire jaune soutenu à la base de la corolle plus pâle à l'extrémité des pétales.
    - Uvularia grandiflora 'Susie Lewis', une sélection de la pépinière galloise Crûg Farm Pants* dédie à un de ses clientes le cv 'Susie Lewis' qui aimait bien ce ton de jaune citron plus pâle que l'espèce type, 45-60cm de haut.
    Après révision en 2012 ce genre composé de 18 noms d'espèces ne comprend plus que 5 espèces de vivaces toutes originaires des forêts de feuillus du grand est de l'Amérique du Nord depuis le Canada jusqu'au Tennessee.
    Propriétés et utilisations :
    Depuis des siècles elle à comme toutes les autres espèces du genre, sa place dans les diverses pharmacopées des tribus amérindiennes, elle y est réputée traiter les morsures de serpents à sonnette, ses racines sont recommandées pour soulager les maux d'estomac, les douleurs musculaires et le mal de dos.
    Une pommade confectionnée à base de ses feuilles est utilisée pour réduire les gonflements.
    Quelques autres espèces :
    - Uvularia floridana  Chapm., synonymes Oakesia floridana  (Chapm.) J.F.Macbr., Oakesiella floridana  (Chapm.) Small, l'Uvulaire floridienne, originaire des forêts de feuillus de la Floride où elle est nommée Florida bellwort, présente également Mississipi, Alabama, Géorgie, Caroline du sud, à fleurs d'un blanc crémeux.
    - Uvularia perfoliata  L., synonymes Erythronium americanum f. carolinianum  (J.F.Gmel.) Voss, Erythronium carolinianum  J.F.Gmel., Uvularia caroliniana  (J.F.Gmel.) Wilbur, Uvularia flava  Sm., Uvularia perfoliata var. major  Michx., Uvularia perfoliata var. minor  Michx., est illégitime Uvularia pudica  Fernald, l'Uvulaire perfoliée de 15 à 30 cm de haut, floraison pendante courant avril-mai d'un jaune vif vers la base des pétales d'un jaune verdâtre avec la veine médiane légèrement verdâtre et des feuilles perfoliées d'un vert acide. Voir aquarelle.
    - Uvularia puberula  Michx., synonymes Oakesia puberula  (Michx.) S.Watson, Oakesia sessilifolia var. nitida  Britton, Oakesiella nitida  (Britton) A.Heller, Oakesiella puberula  (Michx.) Small, Uvularia nitida  (Britton) Mack., Uvularia puberula var. nitida  (Britton) Fernald, Uvularia pudica var. nitida  (Britton) Fernald, Uvularia sessilifolia var. nitida  (Britton) Morong, nommée selon région 'Mountain Bellwort, Appalachian Bellwort, Carolina Bellwort, Coastal Bellwort', l'Uvulaire pubérulente, originaire de l'est des États-Unis, de l'ouest de la Virginie et au sud de la Pennsylvanie, présente dans les Caroline du Nord et du Sud, notamment dans la chaîne des Appalaches, dans des zones limitrophes au nord de la Géorgie, à l'est du Tennessee et du Kentucky, 45 à 60cm, floraison courant avril en étroites fleurs pendantes d'un pâle jaune beurre, vers la base jaune verdâtre, larges feuilles engainantes obovales à elliptiques.
    Uvularia sessilifolia, April 28, 2010 - Minnesota
    Keir Morse ©2016 U. of California, Berkeley
    - Uvularia sessilifolia  L., synonymes Oakesia sessilifolia  (L.) S. Watson Oakesiella sessilifolia  (L.) Small, Uvulaire à feuilles sessiles, Uvulaire à petites fleurs, nommée par les anglophones 'Sessileleaf Bellwort, Sessile-leaf Bellwort, Sessile-leaved Bellwort, Straw-lily, Wild-oats, une vivace de petite taille entre 10 et 15 cm de haut guère plus, feuilles alternes ( 4 à 6 cm x 1,5 à 2,9 cm), acuminées, étroites elliptiques, sessiles, floraison au début du mois de mai, petites fleurs axillaires ( - de 3 cm) , étroites pendantes d'un jaune pâle jaune beurre aux veines très marquées formant des stries longitudinales au bout d'un long pédoncule. Originaire de l'est des États-Unis au Canada présente depuis la province du Nouveau-Brunswick jusqu'au Manitoba, dans les buissons et les sous-bois de feuillus.
    Elle a tendance à développer à l'extrémité de ses minces rhizomes des pousses aériennes charnues fibreuses qui dépérissent en hiver.
    Son feuillage cuit était autrefois consommé par les tribus indigènes, aujourd'hui ses racines servent à confectionner une boisson diététique et nutritive.
    Elle occupe un grande place dans la pharmacopée amérindienne, pour les Iroquois et les Cherokees, l' infusion des racines est réputée purifier le sang, elle est prescrite sous forme de cataplasme pour traiter les fractures et guérir les furoncles, traiter la diarrhée.
    En 1997 à l'ouest du Massachussetts, le pépiniériste américain Darrel Probst découvre l'hybride 'Cobblewood Gold'.

    Annotations :
    Audibon*, Jean-Jacques Audubon (1785 -1851) peintre, ornitologue naturaliste d'origine française, qui durant les guerres napoleoniennes fuit aux États-Unis en 1803, il sera naturalisé en 1812, en 1826 il se rend à Londres pour présenter ses dessins d'oiseaux de l'Amérique (Bird's of America), 435 aquarelles publiées en 1830 puis 1869 par les éditions Havell, à consulter en ligne sur audibon.org.
    *Crûg Farm Plants Griffith's Crossing, Caernarfon, Gwynedd, LL55 1TU, au nord-ouest du pays de Galles, pour 2019 ouvert du 4 avril au 28 septembre et sur RV.
    *John Fraser, botaniste collecteur écossais John Fraser (1750 -1811) qui recueille de l'Amérique du Nord et jusqu'en Russie, des milliers de spécimens de plantes, collectant celles-ci de 1780 à 1810 pour le compte de la grande Catherine II de Russie (1729-1796) à sa mort pour l'empereur Paul Ier de Russie (1754-1801) qui dans ce cas précis n'anéantira pas l'oeuvre entreprise par sa mère, Fraser publie les catalogues des espèces cultivées dans les pépinières, à sa mort son volumineux herbier est vendu à la Société linnéenne de Londres.
    *Louis-Marie, abréviation botanique pour le Père trappiste Louis-Marie (1896-1978), né Louis-Paul Lalonde, professeur québécois de génétique et de botanique, on lui doit la Flore-manuel de la Province de Québec publié en 1931, sur la rive du lac des Trente et Un Milles, une réserve écologique de résineux porte son nom.
    Son herbier est légué en 1962 à l'Université de Laval où il a fait ses études, un herbier riche de plus de 10 000 spécimens.
    Sm., abréviation botanique pour le médecin-botaniste britannique James Edward Smith (1759-1828), qui fut le co-fondateur et président de la société linnéenne de Londres en 1788 après avoir fait l'acquisition de la bibliothèque et des collections de Linné en 1784.
    W.W.Sm., abréviation botanique pour le botaniste écossais Sir William Wright Smith ( 1875 - 1956 ), élu président de la Botanical Society of Edinburgh en 1922 puis en 35.
    Il séjourne de 1907 à 1910 dans le dans le nord de l'Inde, collectant des spécimens au Bhoutan, Népal, Sikkim et au Tibet pour le compte du Royal Botanic Garden Edinburgh dont il sera le conservateur en chef.
    En 1932 il fut fait chevalier par le roi George V et en 1945 il est élu comme membre de la Royal Society.
    Walcott, Mary Vaux Walcott (1860-1940), célèbre aquarelliste et naturaliste américaine qui séjourne à plusieurs reprises dans les montagnes rocheuses du Canada où elle réalise des aquarelles de fleurs sauvages, s'intéressant également à la géologie, surnommée l'Audibon* de la botanique, la première femme à grimper au sommet du Mont Stephen.
    En 1925, le Smithsonian publia environ 400 de ses illustrations, accompagnées de brèves descriptions, dans un ouvrage en cinq volumes intitulé North American Wild Flowers, dont est extraite cette aquarelle.
    En 1933, elle est élue présidente de la Society of Woman Geographers. C'est l'épouse du paléontologue Charles Doolittle Walcott, secrétaire de la Smithsonian Institution.
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