Prunus mahaleb  - Bois de Sainte Lucie
Portail de Jardin! L'Encyclopédie


    Prunus mahaleb
    Jan Kops 1872
    Nom commun : Mahaleb, Cerisier Mahaleb, Cerisier de Sainte Lucie, Cerisier des Vosges, Cerisier odorant, Bois de Sainte Lucie, Arbre de Sainte Lucie, localement Amarel, Canout, Quénot, Malaguet, Putier, nommé par les anglophones 'Mahaleb Cherry, St. Lucie cherry , English cherry, Rock cherry' ou ' Perfumed Plum'.
    Nom latin : Prunus mahaleb  L., synonymes Cerasus corymbosa  St.-Lag., Cerasus mahaleb  (L.) Mill., Padus mahaleb  (L.) Borkh., Druparia mahaleb  Clairv., Padellus mahaleb  (L.) Vassilcz. - Illustration - Flora Batava of Afbeelding en Beschrijving van Nederlandsche Gewassen, Jan Kops et F. W. van Eeden - édit De Breuk en Smits Jaar - Leyde (1872)
    famille : Rosaceae.
    catégorie : arbuste ou petit arbre xérophyte très ramifié dès la base, écorce, feuillage odorant
    port : buissonnant dense, étalé. Écorce gris-brun, brillante et lisse, parsemée de lenticelles d'un gris clair presque blanc; écorce devenant plus foncée et fissurée avec l'âge, se détachant en lambeaux circulaires.
    feuillage : caduc, coriace, glabre d'un vert brillant dessus, vert plus pâle dessous. Feuilles (3 à 10cm) odorantes à glandes nectarifères, ovales, alternes, simples, finement dentées. Bourgeons foliaires pubescents d'un brun clair légèrement grisé par les poils.
    floraison : au printemps,abondante, très parfumée et mellifère. Petites fleurs (1.5cm) pédonculées, groupées en corymbes de 4 à 10.
    couleur : blanc.
    fruits : en été de petites drupes rouges à noyau lisse contenant une amande amère comestible (mahaleb) , devenant noires à maturité de saveur vraiment amère; drupes convoitées par les oiseaux. Illustration ci- contre 'Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France en pleine terre' M. Duhamel du Monceau (1700-1782) et Pierre Joseph Redouté (1759-1840).
    croissance : moyenne.
    hauteur :6m à 10m.
    plantation : automne, hiver.
    multiplication : par boutures, semis, prélévement de rejets ou de racines, il était fréquemment utilisé comme porte-greffe pour des variétés de cerisiers fruitiers.
    sol : sec, fertile, neutre ou alcalin, apprécie fortement le calcaire.
    emplacement : soleil, mi-ombre.
    zone : 6 - 9, adapté à la sécheresse.
    origine : forêts claires de feuillus du Proche-Orient, Moyen- Orient et de l'Europe méridionale sur les coteaux rocheux, dans les taillis jusqu'à environ 1600m d'altitude, on le trouve également dans les haies bocagères. Présent à l'est de la Fance notamment dans les Alpes et les Vosges.
    entretien : il redémarre de souche, il est donc au jardin utilisé dans les haies en cépée.
    maladies et parasites : comme d'autres prunus et rosaceae, son système racinaire vit en symbiose avec des champignons mycorhiziens*.
    NB : Son nom Prunus  désigne en latin où il désigne le prunus domestica  et son nom spécifique mahaleb  vient du Proche-Orient où il désigne cette poudre d'amande utilisée comme épice.
    Son nom commun de Bois de Sainte Lucie à une origine lorraine, c'est le nom d'une église et du couvent (pères Minimes) de Sainte Lucie du Mont (Minimes de Sainte Lucie - 1625), édifié sur une colline près de Sampigny (région de Commercy - Meuse), dédiée à une Sainte écossaise, fille d'un Roi qui serait venue s'y réfugier pour fuir les moeurs corrompues et le harcèlement des hommes, elle y vécut au service d'un homme (Thiébaut, comte de Bar) qui en fit son héritière, à l'emplacement d'une grotte où elle avait l'habitude de venir y prier la nuit et là se produisait semble-til un miracle de l'huile coulait de la roche pour lui permettre de s'éclairer, elle fit édifier une église dédiée à la Sainte Trinité, à sa mort sa tête fut ramenée en Ecosse, ce lieu devint un lieu de pélérinage et de miracles (cf Histoire de la Lorraine). Elle n'a rien à voir avec Sainte Lucile (Lucile de Syracuse) dont les reliques se trouvent à l'abbaye Saint-Vincent de Metz.
    Illustration de Pierre Joseph Redouté dans Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France en pleine terre par M. Duhamel du Monceau Duhamel (1801-1819). contributed by New York Public Library.
    Prunus mahaleb - New York Public Library
    Pierre J. Redouté*
    Propriétés et utilisations :
    Ses amères petites cerises entrent dans la préparation du kirsch et au Proche-Orient les amandes amères réduites en poudre sont souvent présentent dans la préparation de pains, brioches, desserts, crèmes et pâtisseries souvent préparées en périodes de fêtes religieuses notamment les fêtes orthodoxes.
    Son feuillage aromatique, était autrefois utilisé pour parfumer l'intérieur des volailles et du gibier avant cuisson ou fumure, aussi comme succédané de tabac et donné comme fourrage au bétail. De ce feuillage était obtenu une teinture verte.
    Son écorce et son bois contiennent de la coumarine (comme le foin), étaient utilisés pour parfumer le tabac, et dans ce bois dur, brun acajou veiné au grain très fin, les tourneurs vosgiens fabriquaient des pipes qui donnaient un arôme particulier au tabac, des tabatières aromatiques, des petits objets, des chapelets, des cannes et tête de parapluies et du mobilier de petite taille.Traditionnellement durant des siècles les sculpteurs utilisaient ce bois aromatiques pour réaliser, des croix, des statues, et des rétables.

    Consulter la liste des plantes plantes nectarifères visitées par les papillons ou celle des plantes mellifères.

    Annotations :
    *mycorhiziens, mycorhizes vient du grec 'mukés', qui signifie champignon et 'rhiza' qui désigne la racine. Les mycorhizes forment dans le système racinaire, un réseau de filaments qui stimule l’activité microbienne, améliore le sol et favorise le développement des végétaux.
    * P.J.Redouté : Pierre-Joseph Redouté (1759-1840, illustrateur botanique ardennais qui s'installe à Paris comme peintre-décorateur chez son frère ainé, il se rend régulièrement au Jardin du Roi pour y travailler la peinture florale et c'est là qu'il rencontre, un magistrat du roi passionné de botanique L'Héritier de Broutelle, qui en fait son assistant, illustrant des ouvrages de botanique, comme l'encyclopédie botanique de Lamarck, nommé en 1788 dessinateur de la Reine Marie-Antoinette, puis celui de l'Académie des Sciences et pour finir en 1804 le peintre officiel de l'Impératrice Joséphine.
    Le plus connu d'entre eux est son ouvrage sur les Roses en 3 volumes, Paris, Didot, 1817-1824, toujours réédité, des gravures et des lithographies sont à découvrir au Musée communal Pierre Joseph Redouté - 6870 Saint-Hubert.
    - catherine Baral & natacha mauric©14.03.2000 - ® par la Société des Gens de Lettres - Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l’exploitation commerciale sont expressément interdites.
un compteur pour votre site