Gelsemium sempervirens  - Gelsmémie, Jasmin de Caroline
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    Siro Kurita ©
    Nom commun : Gelsémie toujours verte, Jasmin de Caroline, Jasmin de Virginie, nommé par les anglophones ' Evening Trumpetflower, Carolina jessamine, Yellow Jessamine, Poor Man's Rope', en espagnol 'Gelsemio, Jazmín de Carolina'.
    Nom latin : Gelsemium sempervirens  (L.) W.T. Ait.* (flore USA), synonymes Gelsemium sempervirens  (L.) J.St.-Hil.*, Gelsemium nitidum  Michx.*, Gelsemium nitidum var. inodorum  Nutt., Bignonia sempervirens  L., Lisianthius sempervirens  Mill. ex Steud., les autres ne sont pas reconnus par The Plant List en 2012.
    famille : Loganiaceae.
    catégorie : vivace, liane grimpante volubile à souche ligneuse, aux tiges rougeâtres.
    port : grimpant, étalée.
    feuillage : persistant, coriace, vert foncé brillant, en hiver, il vire au bronze, violet. Feuilles (4 à 8 × 2 à 3 cm) opposées, lancéolées à court pétiole.
    floraison : odorante assez brève au printemps ou au début de l'été, avec selon climat une remontée au début de l'automne ou courant décembre comme sur les photos 2 et 3 au Texas. Sur de courtes tiges, à l'aisselle des feuilles, grappes de fleurs tubulaires de 3 cm à 5 pétales soudés, 5 étamines et 1 style saillant. Nectarifère visitée par les colibris, les papillons et les abeilles bien que ce nectar leur soit toxique à forte dose, rendant ainsi leur miel toxique. Boutons floraux fusiformes voir bas de page.
    couleur : jaune vif brillant, gorge d'un jaune plus chaud.
    fruits : capsules elliptiques de 3,5 à 4 cm contenant de nombreuses graines brunâtres plates de 5 à 7 mm.
    croissance : rapide.
    hauteur : 3 à 6 m en tout sens.
    plantation : au printemps ou à l'automne sous climat doux. Une fois installé tolère la sécheresse.
    multiplication : par semis au printemps après avoir conserver les graines au froid ou par bouturage de tiges aoûtées.
    sol : tous, riche en humus, frais, bien drainé.
    emplacement : soleil ou mi-ombre à l'abri du vent. Il fleurira mieux évidemment au soleil.
    zone : 8 - 11. USDA zone 7/9, minima pas en dessous de - 5°.
    origine : en plaine et zone de piedmonts dans les broussailles, bosquets, forêts, pinèdes et friches du sud-est des États-Unis, de la Virginie, les Carolines, Tennessee, Arkansas, Louisiane, Mississippi, Alabama, Géorgie, jusqu'à l'est du Texas, présent au nord du Mexique et au sud du Guatemala.
    Au Tennessee, c'est une espèce protégée car elle est en voie de disparition, consulter la carte des États-Unis.
    entretien : tuteurer si nécessaire, la taille s'effectue après la floraison pour favoriser la suivante. Prévoir un paillis pour maintenir le sol frais, apport d'engrais organique tous les ans, mais si vous voulez le voir refleurir 1 à 2 fois, pensez à lui offrir 2 à 3 fois dans la saison un engrais riche en phosphore qui favorise entre autre la floraison.
    Pour une culture en pot, effectuer des apports d'engrais pour plantes à fleurs du printemps à l'automne.
    maladies et ravageurs : sans problème connu, peu de nuisibles même les cervidés le dédaignent.
    NB : son nom Gelsemium  lui a été donné par le botaniste français Joseph de Jussieu*, il vient de l'italien 'gelsomina' qui désigne le jasmin odorant et son nom spécifique sempervirens  signifie toujours vert, persistant.
    Ce genre ne comprend que 3 espèces, deux sont originaires du sud des États-Unis et d'Amérique centrale. Le dernier est originaire de l'Asie du sud-est qui attire également les colibris et une variété d'abeille Habropoda laboriosa (blueberry bee).
    Ce Jasmin de Caroline a largement trouvé sa place dans les jardins urbains, le long des clôtures, des murets, sur les pergolas, tonnelles ou simplement dans des potées pour les balcons, patios et terrasses, il peut également s'utiliser en couvre-sol.
    Propriétés et utilisations :
    Alexey Sergueev ©
    Gelsemium sempervirens  est toxique pour l'homme et les animaux, toutes les parties sont vénéneuses, car il contient des alcaloïdes aux effets sédatives proches de la digitale, à forte dose elle provoque des tremblements, une inflammation du système respiratoire et la paralysie.
    En homéopathie, ses racines sont utilisées pour lutter contre les insomnies, les céphalées, les douleurs musculaires, les névralgies, les tremblements, les troubles visuels et les affections du système nerveux, peur, phobie, nervosité, choc et anxiété.
    La phytothérapie l'utilisait pour traiter les fièvres, suite à cette découverte en 1840 par un fermier du Mississippi.
    Dans la pharmacopée mexicaine, prescrite pour traiter les palpitations cardiaques, les douleurs et inflammations liées aux diarrhées, coliques néphrétiques, colites et douleurs menstruelles.
    Les autres espèces :
    Gelsemium elegans  Benth, synonymes Gelsemium sumatranum  Blume, Leptopteris sumatrana  Blume, originaire d'Asie du sud-est, il est utilisé dans la pharmacopée asiatique au Laos et en Chine où il est nommé 'Gou wen'.
    Gelsemium rankinii  Small, Swamp jessamine, Rankin's trumpetflower, Rankin's jessamine, Jasmin des marais , originaire des zones marécageuses dans les comtés au nord de la Floride limitrophes avec la Géorgie et en Louisiane et Caroline du nord le long de la côte, feuillage persistant étroit lancéolé, floraison jaune non parfumée à la fin de l'hiver début du printemps.

    Consulter la liste des autres espèces de jasmin présents dans l'Encyclopédie, s'ouvrant dans un pop-up.

    Annotations :
    *Ait., abréviation botanique pour William Townsend Aiton (1731-1793), jardinier-botaniste écossais qui oeuvre au jardin de Chelsea avant d'être chargé en 1759 par la princesse de Galles (Augusta de Saxe-Gotha-Altenburg) (1719-1772) de gérer les collections, d'introduire de nouvelles espèces et développer le jardin exotique de Kew House, date qui correspond à la fondation des Jardins botaniques royaux de Kew.
    Il est l'auteur du célébrissime 'Hortus Kewensis a catalogue of the plants cultivated in the Royal botanic garden at Kew' en 3 volumes, impr. Georges Nicol - 1789 (le volume 3 est consultable en ligne sur books.google.fr).
    Joseph de Jussieu (1704 - 1779) il découvre et rédige un traité sur les propriétés transmises par les chamans et les sorciers, sur la quarantaine d'espèces du genre Cinchona  le quinquina arbre dont on extrait la quinine, qu'il parvint à faire parvenir à ses frères qui oeuvraient au Jardin du Roy, on lui doit aussi la découverte de la coca, de l'héliotrope du Pérou et participa à la découverte du caoutchouc que la Condamine rapporta dans ses bagages en s'appropriant un peu trop les découvertes des autres.
    Le récit de cette l'incroyable expédition au Pérou et son herbier que vous pouvez retrouver dans 'L'herbier du monde'. Cinq siècles d'aventures et de passions botaniques au Muséum national d'histoire naturelle' Ph. Morat, G Aymonin et J-C Jolinon aux Éditions du Muséum.
    *J.St.-Hil., abréviation botanique pour le naturaliste-illustrateur français Jean Henri Jaume Saint-Hilaire (1772--1845) a qui l'on doit, entre autre 'Exposition des Familles naturelles et de la germination des Plantes; contenant, la description de 337 genres de botanique, et d'environ 4000 espèces les plus utiles et les plus intéressantes; 112 planches dont les figures, dessinées par l'auteur et gravées par Sellier, représentent les caractères des familles naturelles et les différents modes de germination en 2 volumes, Paris & Strasbourg, Treuttel et Würtz 1805, toujours réédité.
    *Michx., abréviation botanique pour le botaniste-explorateur français André Michaux (1746-1802) qui débarque au Québec en 1792, son herbier historique (collecté par lui-même) de la flore de l'Amérique du Nord composé de 2.192 espèces, est conservé au Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris. Mais, hélas il ne contient qu'une partie de ses collectes de la Flora boreali-americana, car sur le chemin du retour en 1769, il fait naufrage sur la côte néerlandaise, en causant la perte d'une partie de sa collection. A savoir, la rénovation de l'Herbier sur l'ensemble des collections botaniques entreprise en 2008, s'est achevée fin 2012.
    L'édition en 1803 de la première flore américaine 'Flora boreali-américana Flora boreali-americana, sistens caracteres plantarum quas in America septentrionali collegit et detexit' d'Andreas Michaux, réédité en 1820, a été en réalité rédigée par le botaniste français Louis-Claude Richard à partir de ses collectes et de ses travaux, elle demeure l'ouvrage de référence sur la flore américaine.
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February 22, 2009 in Sam Houston National Forest. Richardson, Texas

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