Euphorbia milii - Couronne d'épines, Épine du Christ
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    Euphorbia milii
    Euphorbia milii
    Nom commun : Couronne d'épines de Madagascar, Épine du Christ, Couronne du Christ, nommé par les anglophones 'Crown of Thorns, Christ Plant'.
    Nom latin : Euphorbia milii Des Moul.* (1826), 10 synonymes retenus, dont Euphorbia bojeri Kook. (1936), Euphorbia breonii Reider (1830), Euphorbia splendens var. bojeri (Hook.) Costantin & Gallaud (1905), Euphorbia bojeri var. mucronulata Ram. Goyena (1909), Euphorbia splendens var. bojeri (Hook.) Costantin & Gallaud (1905), Euphorbia milii f. lutea Leandri (1952), Tumalis bojeri (Hook.) Raf. (1838)
    famille : Euphorbiaceae sous-genre Lacanthis.
    catégorie : arbuste ou sous-arbrisseau héliophile, succulent et épineux.
    port : buissonnant, évasé, rigide.
    feuillage : persistant à semi-persistant selon climat, vert franc, nervure plus claire, marge pouvant être rougeâtre. Au bout des rameaux feuilles ovales à obovales.
    floraison : dans son milieu d'origine tout au long de l'année ailleurs longue printemps à été à automne.
    Inflorescence appelée cyathe (cyathum), composée d'un involucre, des glandes au centre une fleur femelle cernée de fleurs mâles sur de longs pédoncules visqueux et rougeâtres.
    couleur : rouge pour l'involucre.
    fruits : à 3 loges déhiscentes.
    croissance : moyenne.
    hauteur : 1 à 2 m.
    plantation : au jardin au printemps ou sous climat doux en hiver au début de l'automne.
    multiplication : par semis ou par bouturage au printemps.
    sol : drainé, léger, plutôt sec, en pot mélange composé de terreau, de terre et d'un peu de sable.
    emplacement : soleil.
    zone : 10-11, U-K hardiness H=1B, USDA zones 9-11. Tolère 2°C en hiver, ailleurs, les conserver en hiver à une température entre 5 et 10°C.
    origine : endémique à l'île de Madagascar, bien souvent sur des rochers granitiques dans les zones désertiques et dans les broussailles sèches. Introduit en France en 1821 bien avant sa description et dans les îles des Caraïbes ainsi qu'en ASie.
    entretien : arroser du printemps à l'automne environ une par semaine en laissant sécher le substrat entre 2 arrosages, par temps très chaud exposition plein sud effectuer des arrosages plus régulièrement, apport d'engrais pauvre en azote une fois par mois durant la période de croissance, laisser quasiment au sec en hiver.
    maladies et parasites : comme pour toutes les autres euphorbes, un excès d'humidité peut provoquer son pourrissement, peut-être sujet à la moisissure grise Botrytis cinerea (grey moulds) une atmosphère trop sèche peu favoriser l'apparition d'acariens rouges (red spiders).
    NB : son nom Euphorbia désigne le genre en latin et en grec venant de 'Euphorbos' ou 'Euphorbus', nom d'un médecin-physicien grec qui selon Pline lui aurait été donné par Juba II, Roi de Numidie, (Ier siècle avant JC), après avoir découverte l'épineuse euphorbe cactiforme marocaine Euphorbia resinifera, dont Euphorbus découvre dans sa gomme résine des propriétés médicinales, et son nom spécifique milii, dédié au baron bordelais Pierre-Bernard Milius (1773-1829), maître des requêtes au Conseil d'État, nommé courant juillet 1814 capitaine de vaisseau puis contre-amiral, par la suite, en 1818 gouverneur administrateur de l'Ile Bourbon (La Réunion), en 1822 gouverneur de Guyane.
    Ce genre comprend selon les avis entre 1700 et 2000 espèces d'annuelles, bisannuelles, vivace herbacées, arbustes, arbres et plantes succulentes, originaires pour un certain nombre des zones tempérées dont une cinquantaine présentes en France, 40 endémiques aux îles Canaries, 77 espèces présentes en Chine dont 11 y sont endémiques et la plus grande majorité d'entre elles, des zones tropicales sèches et subtropicales du globe.

    Parmi les sous-espèces et cultivars, citons :

    • Euphorbia milii  'Dinni', un cyathum jaune claire marginée de rose.
    • Euphorbia milii  'Gudula' de larges feuilles avec un cyathum jaune crème.
    • Euphorbia milii  'Helena' un cyathum jaune crème.
    • Euphorbia milii x   'Kuentzii' commercialisée sous le nom de Euphorbia milii 'Madeleine Kuentz', une obtention horticole de Robert Kuentz*, aux grosses tiges fortement épineuses, des feuilles oblongues-lancéolées et cyathum rose pâle.
    • Euphorbia milii f. lutea, cyathum jaune.
    • Euphorbia milii x  'Syrya', cyathum rose indien avec le centre orange.
    • Euphorbia milii x  'Pink Cadillac', un feuillage lancéolé et un cyathum rose bonbon dans la partie centrale jaune et vert grany smith.
    • Euphorbia milii  'Poseidon', un très étroit feuillage avec un cyathum jaune crème.

    • Euphorbia x  'Gabriellea', commercialisée sous le nom de Euphorbia milii x lomi 'Gabriellea' et Euphorbia lophogona x milii 'Gabriellea', est issue de croisements entre Euphorbia milii et l'Euphorbia lophogona recherchée pour son abondante et longue floraison rose-rouge et ses larges et courtes feuilles. Photo ci-dessous.

      Euphorbia 'Gabriella'
    • Euphorbia miilli Des Moul. var. hisloppii (N.E.Br.) Ursch & Leandri, synonyme de Euphorbia hisloppii N.E.Br. ; de très grande taille, plus de 2 m avec de tiges fines à courtes épines, des feuilles lancéolées et des cyathes dans un dégradé de rose soutenu pouvant tiré sur l'orangé ou le saumoné.

    • Euphorbia milii  Des Moul. var. bosseri  Rauh, synonyme de Euphorbia neobosseri (Rauh) Rauh, du sud-ouest de Madagascar, endémique à la province de Tuléar ( Toliara), dans la forêt sclérophylle de Sakaraha, parc national Zombitse Vohibasia, consulter la carte.

    • Euphorbia milii  Des Moul. var. roseana  Marn.-Lap. ex J.-P. Demoly. D'étroites feuilles lancéolées avec des bractées (cyatophylles) acuminées dans un jaune maculé de rose saumoné à rose plus soutenu, au centre orangé et un pédoncule vert jaune.

    • Euphorbia milii  Des Moul. var. splendens  (Bojer ex Hook.) Ursch & Leandri, synonyme de Euphorbia melanacantha Drake, commercialisé sous Euphorbia milii  'Splendens' assez similaire de plus petite taille, port plus ou moins rampant, avoisiant 50 cm de haut.

    • Euphorbia milii  Des Moul. var. tananarivae  (Leandri) Ursch & Leandri, commercialisée sous Euphorbia milii 'Tananarive' aux cyathes jaune beurre, qui vers le centre tire sur le jaune soufre.

    • Euphorbia milii  Des Moul. var. tulearensis  Ursch & Leandri, Épine du Christ de Tuléar, des cyathes de couleur rose.

    • Euphorbia milii  Des Moul. var. tenuispina  Rauh* & Razaf*. Épine du Christ à petites épines, recherché pour son caudex grisâtre surmonté de tiges aux fines épines, feuilles vertes marginées de rouge, avec un revers rougeâtre. Des cyathes dans un ton de rose lavé de rose saumoné et de jaune pâle, des bractées acuminées.

    • Euphorbia milii Des Moul. var. vulcani  (Leandri) Ursch & Leandri, des feuilles lancéolées et des cyanthes rose-orangé à jaune pâle saumonné vers les marges, avec un centre orange.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres Euphorbia présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Des Moul., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste, collecteur français Charles Robert Alexandre Des Moulins (1798-1875) également malacologiste, c'est-à-dire spécialiste des mollusques. On lui doit la description de cette euphorbe et la création et la description d'une espèce de chrysanthème, Dendranthema et des descriptions de quelques mollusques terrestres et fluviatiles. Nommé président en 1826 de la Société linnéenne de Bordeaux. Tout au long de sa vie, il entretien une correspondance avec de nombreux scientifiques, qui, comme lui, sont membres, eux aussi, d'associations scientifiques ou d'académies des sciences et de diverses sociétés scientifiques.

    *J.-P.Demoly, abréviation botanique pour le botaniste français Jean-Pierre Demoly fl. 1985), président du Comité scientifique de l'Association des Parcs Botaniques de France (APBF), auteur avec Franklin Picard du Guide du patrimoine botanique en France; ed. Acte Sud, collection Thésaurus 2005.

    *Hislopii, d'Hislop dédié comme 12 autres espèces au botaniste australien Michael Clyde Hislop (1955-2002).

    *Hook.f., abréviation botanique pour le botaniste-explorateur britannique Joseph Dalton Hooker (1817-1911), l'un des plus grands botanistes du 19e siècle, l'ami de Charles Darwin qui, dès 1839, participe à des expéditions vers l'Antarctique, la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande, par la suite en 1847, il se rend dans l'Himalaya vers les confins de l'Inde et au Népal.
    Il effectue des séjours à Madère, en Afrique du Sud, dans l'Antarctique, au cours desquels il collecte de nouvelles espèces pour le Royal Botanical Garden de Kew.
    En 1847, il devient membre de la Royal Society et à partir de 1855, il est nommé assistant du directeur du jardin botanique de Kew, 10 ans plus tard, il en devient le directeur de 1865 à 1885.
    Au retour de ses expéditions, en 1852, il fait paraître : Botany of the Antarctic Voyage Flora Novae Zelandiae en 2 volumes et de 1849 à 1851, l'ouvrage de référence sur les Rhododendrons du Sikkim-Himalaya en trois volumes.
    On lui doit également de nombreuses flores des pays visités, la plus célèbre réside dans les 7 volumes de 'Flora of British India' (1872-1897).

    *Kuentz, Henri Kuentz, gérant des Ets. Kuentz (Fréjus - Var), la plus ancienne (1930) et célèbre pépinière française de cactées et plantes grasses, ouverte en 1907 à Belfort par Joseph-Emile Kuentz, qui se spécialisera dès 1930 dans la production de cactées et plantes grasses.

    *Leandri, abréviation botanique pour le botaniste-mycologue françai Jacques Désiré Leandri (1903-1982), spécialiste de la flore malgache. diplômé d'études supérieures de botanique à la Sorbonne, préparateur au laboratoire de phanérogamie de l'École pratique des Hautes Études (1929), titulaire d'un doctorat en Sciences naturelles à l’Université de Paris en 1930,
    Euphorbia x ? © Bo
    puis assistant de la chaire de phanérogamie du Jardin des Plantes (1932), sous-directeur de laboratoire au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, en 1950. Tout au long de sa carrière il effectue de nombreuses missions jusqu'en 1980 au Maroc, Liban, Tunisie, et Madagascar, source Bnf.

    *Marn.-Lap., abréviation botanique pour le botaniste Julien Marnier-Lapostolle (1902-1976), botaniste-explorateur, grand collectionneur français de palmiers, cactés et broméliacées qu'il entrepris d'installer en 1928 lorsqu'il fut à la tête du jardin botanique d'exception de la Villa des Cèdres (presqu'île de Saint-Jean-Cap-Ferrat, Var-Alpes Maritimes) que son père Alexandre Marnier-Lapostolle avait entrepris de reaménager en jardin d'expérimentation pour les agrumes lorsqu'il en fit l'acquisition en 1924, auprès du Roi Léopold II, qui avait entrepris de faire réaliser en 1905 un parterre en terrasses par le paysagiste français Jules Vacherot (1862-1925) et par l'architecte paysagiste britannique Harold Peto (1854-1933) la conception de la célèbre allée et de son miroir d'eau.
    Depuis 1978, le domaine est la propriété de la Société Marnier-Lapostolle, constitué d'un parc de 14 hectares où sur 10 d'entre eux, Julien Marnier-Lapostolle avec l'aide de collecteurs et de botanistes y introduisirent plus de 14 000 espèces tropicales et sub-tropicales en provenance de l'Afrique australe, l'Australie, de Madagascar et de l'Amérique du Sud, dont certaines, sont conservées dans des serres chauffées (25). La visite est réservée aux botanistes et aux groupes de passionnés.
    En 2008, il a été versé à l'Inventaire général du patrimoine culturel. Dans le guide du patrimoine botanique en France de J-P. Demoly & Fr. Picard (2005- Acte sud), y découvrir la description et les espèces rares de la page 280 à la page 286.

    *Ursch, abréviation botanique pour le botaniste Eugène Ursch (1882-1962).

    *Rauh, abréviation botanique pour Werner Rauh (1913-2000).

    *Razaf., abréviation botanique pour le fleuriste horticulteur malgache Alfred Razafindratsira (1941-1987) basé à Antananarivo, qui découvre un palmier Beccariophoenix  sur des photos prises par ses collecteurs à la recherche d'espèces Pachypodium, au centre de Madagascar dans la région des hauts plateaux volcaniques à l'ouest d'Antsirabé au fond d'une vallée le long de la rivière Manalazina une palmeraie, photos qu'il montrera un an plus tard au botaniste John Dransfield de l'herbarium du royal botanique garden de Kew, confirmera en 2004, que c'est une nouvelle espèce de palmier qu'il lui sera dédié Beccariophoenix alfredii  Rakotoarin. , Ranariv. & J.Dransf.; un genre découvert en 1915 par Perriet de la Bâthie que l'on croyait en voie d'exctinction, rechercher la parution en 2007 sur le site de l'international palm society (ref: 2007/v51n2p63-75.pdf). Une euphorbe lui a été dédié sous le nom d'Euphorbia alfredii Rauh., des photos à voir sur Flickr.
    natacha mauric © 08.08.2012 ® Jardin! L'Encyclopédie
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