Epimedium warleyense - Fleurs des Elfes Épimède
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    <I>Epimedium warleyense</I> - Garden West Sussex
    Epimedium warleyense ©Leonora Enking
    Nom commun : Épimone de Warley*, Épimède de Warley, Fleur des elfes de Warley, nommée par les anglophones 'Barrenwort* (Barren Wort), Warley Bishop's Hat, Warley Epimedium, Bishops Mitre', en allemand 'Elfenblume'.
    Nom latin : Epimedium warleyense Stearn* depuis 2012 ce nom n'est pas résolu, idem pour Epimedium x warleyense.
    famille : Berberidaceae.
    catégorie : vivace herbacée, rhizomateuse aux tiges hérissées de petits poils.
    port : touffe dressée, légèrement évasée, avec le temps, c'est un excellent couvre-sol.
    feuillage : selon climat persistant ou semi-persistant, vert franc lavé de rouge au printemps et lavé de bronze à l'automne, au revers couvert de poils soyeux et brillants.
    Feuilles opposées cordiformes à marge hérissée de petits crochets rosâtres sur un très fin pétiole également rosâtre.
    floraison : du milieu à la fin du printemps, nectarifère, visitée entre autres par des abeilles et par certaines espèces de papillons.
    Petites fleurs en forme de clochettes pendantes à quatre pétales en forme de coupe ouverte, quatre étamines et un style au bout d'un long pédoncule hérissé de poils. Voir quatre photos sur Powo.
    couleur : dégradé d'orange cuivré et jaune, étamines jaunes d'or, appareil vert acide. Boutons floraux dans un rose vert pourpré.
    fruits : de petites capsules contenant plusieurs graines.
    croissance : lente.
    hauteur : 0.15-0.30 m, avoisine 0.40 m en fleurs.
    plantation : au printemps ou à l'automne.
    multiplication : par division de la touffe au printemps ou par prélèvement de portions de rhizomes.
    sol : tous surtout bien drainé.
    emplacement : ensoleillé ou ombragé.
    entretien : diviser à tous les 3 ou 4 ans pour obtenir des rejets.
    zone : 4-9, U-K hardiness H6, USDA zones 5b-9b. Une fois implantée tolère bien la sécheresse.
    origine : une obtention du talentueux frison Ernst Pagels* issue de croisement entre deux géophytes l'Epimedium alpinum avec l'Epimedium. pinnatum subsp. colchicum, qui a été décrite en 1938 par Stearn.
    NB : son nom Epimedium Epimède vient du grec 'epimêdion' qui vient de épi et de 'media' moitié, serait ainsi nommé parce que la panicule de fleurs naît au milieu de la tige, mais Média c'est aussi Médie dont elle serait originaire et son nom spécifique warleyense dédié à Warley Place*, qui est le nom de la demeure de l'horticultrice Ellen Ann Willott (1858-1934) situé près de Brentwood, dans l'Essex, un membre influent de la Royal Horticultural Society (RHS)* et une récipiendaire de la première médaille d’honneur Victoria* en 1897.
    Elle parraine des expéditions en Chine et au Moyen-Orient pour y collecter de nouvelles espèces, qu'elle plante dans son jardin dans lequel se trouveront réunies plus de 100 000 espèces et par la suite leurs cultivars. Ce nom n'est donné qu'à deux autres espèces, un Lilium, une brassicacée Aethionema et six autres sous la forme warleyensis dont Iris, Juno, Lysionotus, Rosa x.
    Au jardin, cette fleur des Elfes est un excellent couvre-sol qui a sa place dans les zones sèches ombragées pour les égayer, mais également au soleil, dans les massifs, dans les bordures ou simplement dans des potées pour animer balcons, patios et terrasses.

    Ce genre qui comprenait 131 noms d'espèces, après la révision de 2012, il ne comprend plus que 65 noms d'espèces retenus et 21 autres noms demeurent depuis non résolus. Originaires majoritairement de l'Asie dont 51 espèces présente en Chine dont 41 y sont endémiques, présente dans l'Extrême-Orient Russe, en Inde dans la partie ouest de l'Himalaya, en Corée ainsi qu'au Japon, l'Europe du Sud et Turquie et en Afrique du Nord. Cliquer sur la photo 3 pour découvrir une série de photos

    • Epimedium alpinum L.* (1753), une rhizomateuse, géophyte, endémique à l'ouest de la péninsule balkanique de l'Italie jusqu'en Albanie et l'ex-Yougoslavie, ainsi qu'à l'Autriche en zone alpine, connue sous le nom de chapeau d'évêque pour ces petites fleurs rouge foncé et jaune et des petites feuilles deltoïdes dans un vert vif avec sur le pourtour crochu, un fin liseré cuivré. Planche de l'herbier de Kew et photo sur Powo.
      Depuis 2019, il a été retenu une sous-espèce endémique au Kosovo et au nord-est de l'Albanie Epimedium alpinum subsp. albanicum Kit Tan, Shuka & Hallaçi, découverte dans des substrats à base de serpentine sur le territoire du Kosovo vers le col de Morina (Qafa Morinë) située à l'ouest du Kosovo ou au nord de l'Albanie. De larges feuilles cordiformes et de minuscules fleurs, voir photos © du biologiste Zeqir Hashani sur researchgate.
      Naturalisée en Tchéquie et en Slovaquie, introduite dans les pays nordiques, en France, en Suisse, en Allemagne, en Belgique ainsi qu'en Angleterre.

    • Epimedium pinnatum subsp. colchicum (Boiss.) N.Busch (1903), endémique à l'ouest du Caucase et au nord-ouest de la Turquie, 30 à 35 cm, de larges feuilles réniformes vert moyen qui vire au jaune vert marbré de rouge cuivré, offrant courant mars-avril, de nombreuses petites fleurs jaune vif, avec un centre rouge brique et des étamines jaunes.

      Epimedium leptorrhizum début mai U-K
      Epimedium leptorrhizum © Brigton Plants
    • Epimedium leptorrhizum Stearn (1933), un seul synonyme retenu, Epimedium brachyrrhizum Stearn (1997), la flore chinoise lui donne à la place cet autre synonyme Epimedium macranthum H. Léveillé (1887), présente dans les fourrés et les forêts du sud-ouest de la Chine, jusqu'à 1 500 m, dans la région de Chongqing et les provinces qui l'entourent du Séchouan, Guizhou, Guangxi, Hunan et l'Hubei, nommée en chinois Qiàn lïng yin yàng huô' qui se traduit par l'Epimedium de Qianling*, 15 à 30 cm, de longs rhizomes traçants, des feuilles coriaces, cordées, vert foncé, qui sont d'un bronze cuivré pour les nouvelles pousses, au pétiole pubescent ainsi que le long de la nervure médiane sur le revers. Floraison de mars à mai (dans son habitat mai), en longs racèmes de 10 à 25 cm, portant une douzaine de fleurs blanches de 3 à 4 cm, irrégulièrement teintées de rose pâle (avec des reflets parfois rose mauve) ou d'un rose plus soutenu. Aux boutons floraux d'un rose plus foncé.

    Parmi les cultivars, citons :
    Cliquer sur la photo ci-contre pour découvrir une collection de cultivars.

    • Epimedium 'Ellen Willmott', issue de Warleyense, présente une floraison dans les tons de jaune, orange et de rouge.

    • Epimedium x warleyense 'Orange Königin', souvent commercialisé sous le nom d'Ellen Willmott, floraison dans un orange soutenu parcouru de veinules rouges, feuillage rouge cuivré à l'automne, photo ci-dessous.

    Annotations :
    *Barrenwort, qui s'écrit aussi parfois Barren Wort, ce nom commun donné en Angleterre fait référence à cette ancienne croyance selon laquelle sa racine empêcherait les femmes de tomber enceinte.

    *Boiss., abréviation botanique pour le mathématicien, botaniste genevois Pierre Edmond Boissier (1810-1885), qui effectue des voyages dans le sud de l'Europe (du Portugal à l'Italie), en Afrique du Nord et au Proche-Orient, réalisant un herbier perpétué par sa fille.
    Aujourd'hui, l'herbier Boissier se trouve à Genève et une quinzaine de plantes qu'il collecte durant son séjour en Andalousie en 1837 sont présentes dans l'herbier du collège royal de San Lorenzo de l'Escorial (Madrid).
    Un genre de Poaceae, lui a été dédié sous le nom de Boissiera, tandis qu'il a dédié, trois espèces sous la forme luciliae à sa jeune épouse, Lucile Françoise Butini (1822-1849), décédée à Grenade à l'âge de 27 ans ; il donnera ce nom à trois autres espèces lumineuses Celsia (Verbascum), Dendrophyllanthus, Omphalodes, repris par la suite par d'autres botanistes pour trois espèces.

    *Chelsea, le jardin botanique de Chelsea de 3,8 hectares, a été fondé en 1673, par l'honorable société des Apothicaires de Londres, c'est le deuxième, plus ancien des jardins anglais, après, celui d'Oxford. Il abrite, le plus ancien jardin de rocaille, un olivier et un pamplemoussier. Il a été ouvert au public en 1983 et chaque année, s'y déroule, le RHS* Chelsea flower Kewshow, en 2026 du 19 au 23 mai.

    *L., abréviation botanique pour le médecin, botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné, auparavant Carl Linnaeus (1707-1778), à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'une flora lapponica. Il enseigne à l'Université d'Uppsala, durant une année, à partir de 1741, la médecine puis la botanique jusqu'en 1772. Il est le fondateur de l'Académie des sciences de Suède.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et de 'Species plantarum', consultables en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto (patienter ! chargement long). Il y présente son système de classification des espèces qui sera la base de la taxinomie et de la nomenclature. Un ouvrage qu'il finançe avec le botaniste néerlandais Johann Frederik Gronovius (1686- 1762) à qui l'on doit la préparation et la publication de Flora virginica (2 tomes publiés de 1739 à 1743) à partir des notes et des spécimens envoyés par le collecteur britannique John Clayton (1694-1773) a qui l'on doit aussi un fabuleux herbier.
    Lire l'éloge de Linné et l'histoire de l'académie, faite par le philosophe, mathématicien et économiste français, Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, publiée par l'academie-sciences.fr, format pdf.

    *Pagels, pépiniériste au béret noir, Ernst Pagels (1913-2007), spécialisé dans les graminées et les vivaces, à Leer (26789) en Frise orientale, mondialement connu pour ses robustes plantes auprès des professionnels et pour les mauvaises langues du gratin des jardiniers, mais méconnu du grand public.
    Depuis sa disparition, les habitants de Leer, ces anciens compagnons et des bénévoles ont tenté de préserver son jardin et son patrimoine génétique. En décembre 2018, ils ont fondé l'Association des amis d'Ernst-Pagels et ils ont loué le site à des institutions sociales pour le préserver. Lire l'article en allemand publié par gartenradio.fm, écouter le reportage en allemand mp3.

    Epimedium warleyense mi-mars Bruxelles
    Leonora Enking © Epimedium x warleyense 'Orange Königin'
    *Qianling, c'est le nom d'un mausolée impérial représentatif de la puissante dynastie Tang (618-907) qui installa la paix en réorganisant le pays. Un mausolée qui est partagé par le troisième empereur Gaozong (Li Zhi (650-683)) et la seule impératrice régnante, Wu Zetian (690-705). Lire l'article de géo. Découvrir le rayonnement artistique de cette dynastie cosmopolite au musée Guimet ainsi qu'au musée cernuschi de Paris.

    *RHS., abréviation pour the Royal Horticultural Society, la société royale d'horticulture, fondée à Londres le 7 mars 1804 qui décerne chaque année the Award of Garden Merit (AGM) à de nouvelles obtentions au cours du Chelsea flower Kewshow, qui se déroule 5 jours durant en mai, à l'hôpital royal de Chelsea, à Londres. C'est l'une des plus grandes expositions florales au monde.

    *Stearn, abréviation botanique pour le botaniste britannique William Thomas Stearn (1911-2001), apprenti libraire à Cambridge de 1929 à 1932, puis la libraire de la Royal Horticulural Society de 1933 à 1941 et de 1946-1952, avec la Royal Air Force en Angleterre, en Inde et en Birmanie, puis botaniste au British Museum dans la section histoire naturelle de 1952 à 1976. Un des membres fondateurs en 1960 de la Society of Natural History à Leiden.
    Auteur de nombreux ouvrages, dont Stearn's Dictionary of Plant Names for Gardeners toujours réédité, et en 1938, est publié 'The Genus Epimedium and Other Herbaceous Berberidaceae' Royal Botanic Gardens, en 2002, celle d'une édition augmentée.

    *Victoria Medal, Victoria Medal of Honor de la Royal Horticultural Society (VMH), de la RHS* est la plus haute distinction décernée aux horticulteurs britanniques, qui récompensent les réalisations et le travail acharné des professionnels de l'horticulture par l'attribution de huit distinctions spéciales. Tandis que l'Elizabeth Medal of Honor (EMH) est décernée aux non-horticulteurs ayant apporté une contribution exceptionnelle à l'horticulture et au jardinage.

    *Warley Place, c'est le nom donné à un manoir qui fut la propriété de 1649 à 1655 de Johne Evelyn (1620-1706), puis en 1875, celui de la famille de l'avocat Frederick Willmott, sa fille Ellen et son épouse décédée en 1889, qui est à l'origine du jardin qu'elle a également planté.
    natacha mauric© 22.01.2000 ® Jardin! L'Encyclopédie
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