Viola odorata - Violette odorante
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    viola odorata
    Viola odorata
    Nom commun : Violette odorante, Violette commune, Violette à parfum, Violette de Mars, Fleur de Mars, nommée par les anglophones 'Sweet Violet' en Provence 'Viduleto', en allemand 'Märzveilchen März-Veilchen Duftveilchen, Wohlriechendes Veilchen', en arabe 'Banafsaj eatir', au Liban 'Banafsaj', en espagnol 'Violeta común, violeta de jardín', en finnois 'Tuoksu Violetti', en italien 'Viola mammola, Mammola, Violetta', en néerlandais 'Maartse viooltjes, Geurig viooltje', en portugais 'Víolas-roxas, violetas-de-cheiro', en suédois 'Doftande viol, Luktvioler', en russe 'Aromatnaya fialka'
    Nom latin : Viola odorata L.*, synonymes Viola consimilis Jord.*, Viola dumetorum Jord., Viola floribunda Jord., Viola gonzaloi Sennen, Viola jucunda Jord., Viola propinqua Jord., Viola sarmentosa M.Bieb., Viola stolonifera J.J.Rodr., Viola suavissima Jord., Viola subcarnea Jord., Viola sulphurea Cariot, Viola tenerrima Halácsy & Braun, Viola wiedemannii Boiss., Viola odorata L. var. sulfurea P.Fourn., Viola sulfurea Cariot
    famille : Violacea.
    catégorie : vivace à court et épais rhizome et racines fibreuses, marron clair, pourvu de radicelles, aux tiges rampantes et de nombreux stolons.
    port : touffe en rosette évasée.
    feuillage : semi-persistant, vert moyen, glauque, aux nervures marquées et poilues à marge crénelée. Petites feuilles convexes, ovales à cordiformes avec un long pétiole stipulé.
    floraison : parfumée, de la fin de l'hiver au début du printemps, courant février-mars, mais, il peut y avoir, une seconde floraison, plus courte en taille. Petites corolles de ± 15 mm.
    couleur : divers tons de bleu, blanc et pour les hybrides, jaune ou rose.
    fructification : petites capsules coniques, duveteuses et déhiscentes qui projettent de nombreuses graines aux alentours, qui, sont dispersées par les fourmis.
    croissance : assez rapide, une fois installée.
    hauteur : 0.15 à 0.20 m.
    plantation : au printemps ou à l'automne à ± 20 cm de distance, compter environ 10 pieds au m². Veiller à les planter, à l'abri des grands froids et gelées printanières, pour favoriser et préserver sa floraison.
    multiplication : si le milieu lui convient, elle va se débrouiller toute seule, se ressemant librement, tout au long de l'été, sans devenir envahissante, autrement, elle s'effectue par division de pieds, par semis, au printemps, de mars à mai sous serre avec un repiquage à l'automne, ou en place, semis de graines fraîches de juillet à septembre, la levée aura lieu au printemps suivant.
    sol : bien drainé, léger, humide et riche en matière organique.
    emplacement : soleil léger, mi-ombre, ombre de sous-bois.
    zone : 3/4-10, U-K hardiness H6, USDA zones 4a-9b.
    origine : spontanée, dans les champs, les prairies et les sous-bois de feuillus, le long des haies et des taillis buissonneux de l'Eurasie, en zone tempérée, présente en France jusqu'à ± 1700 m d'altitude.
    entretien : pas d'entretien particulier.
    maladies et ravageurs : une forte humidité favorise le développement des taches foliaires de la pensée (pansy leaf spot) (Ramularia, Mycocentrospora), à l'oïdium (powdery mildew) ou au mildiou (downy mildew) qui provoquent des taches chlorotiques.
    Les jeunes pousses sont convoitées par les limaces (slugs) et les escargots (snails), et elles peuvent subir, la cécidomyie violette Dasyneura affinis (violet gall midge) qui provoque l'apparition de galle. Cultivée à l'intérieur, elle peut être sujette aux araignées rouges (red spider mite).
    NB : son nom Viola désigne les pensées et les violettes en latin, venant du grec 'ion' qui signifie violet, faisant référence à leur couleur et son nom spécifique, odorata odoratus, odorant, issu du latin 'odor' qui désigne une odeur.
    Selon la mythologie grecque, Zeus, le roi des Dieux, amoureux et amant d'Io, une fort belle jeune fille qu'il changea en une blanche génisse pour la protéger du courroux d'Héra, son épouse, et c'est pour nourrir Io que la viola fut créée.
    Dans la civilisation grecque, la violette était l'emblème de l'innocence et de la virginité, ornant les dépouilles des jeunes vierges.
    Pline l'Ancien rapporte que lors des fêtes, les têtes étaient couronnées de violettes, car elles avaient la réputation de limiter ou éviter les maux de tête dus aux libations.
    Elle fut la fleur préférée de Napoléon qui, chaque année à la date anniversaire de leur mariage, offrait à Joséphine de Beauharnais, un bouquet de violette exactement comme au premier jour de leur rencontre ; jour où elle en arborait, un bouquet à sa ceinture et sur son lit de mort, il tenait entre les mains des violettes et une boucle de cheveux de Joséphine.
    La violette fut l'emblème et le signe de ralliement des partisans de Napoléon, ces derniers sur l'île d'Elbe se reconnaissaient entre eux en s'apostrophant ainsi :'Aimez-vous les violettes?'.
    Dans le langage des fleurs, elle est le symbole de l'amour secret, de l'humilité et de la modestie.
    Ce genre comprend environ 550 espèces d'annuelles, de bisannuelles, de vivaces tapissantes caduques ou persistantes ou de sous-arbrisseaux, originaires des zones tempérées de l'hémisphère nord dont une grande partie présentes, aux Amériques, dans la Cordillère des Andes, au Canada (26 espèces) et aux États-Unis (125 espèces), 4 espèces au Brésil, en France seulement 19 espèces, environ 91 espèces pour l'Europe, 91 espèces en Chine dont 35 endémiques connues sous le nom de 'Jin cai ya shu', au Japon nommées 'Miyama Sumire', 17 espèces et 8 sous-espèces, en Australie : 13 espèces dont 3 introduites, 1 espèce sur l'île de Norfolk (sud-est de l'Australie), en Nouvelle-Zélande, 3 espèces dont deux espèces endémiques. La rustique violette odorante, s'utilise au jardin pour confectionner des bordures, des massifs bas, en couvre-sol, dans les massifs arbustifs, dans les rocailles ou simplement dans des potées, jardinières & balconnières près des ouvertures pour profiter de son parfum ou encore à l'intérieur durant la floraison.
    La violette odorante des 4 saisons est remontante, perpétuelle, formant des touffes vraiment tapissantes, fleurissant plusieurs fois durant l'année, principalement tout au long de l'hiver, en situation abritée avec une remontée, au cours du printemps puis, à l'automne.

    Propriétés et utilisations :
    Depuis l'Antiquité, dans les pharmacopées traditionnelles et populaires, la violette était réputée soigner les maux de tête, comme l'a rapporté Pline l'Ancien*, les lendemains de fête, il était de mise, de tresser une couronne de violette pour soulager le mal de crâne. De longue date, elle servait à confectionner d'un sirop béchique.
    La plante dans son ensemble, feuilles, rhizome et fleurs contient entre autres de l'huile essentielle dépourvue d'odeur à l'état pur, ce n'est qu'après distillation que se développe son délicat et subtil parfum.
    Utilisée en parfumerie et dans l'industrie cosmétologique pour parfumer crèmes, lotions, savons, rouges à lèvres et poudres, etc.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres espèces de violettes, présentes dans l'Encyclopédie.

    Les sous-espèces :

    • Viola odorata 'Alba' qui est endémique à l'Europe, offre des violettes en principe toutes blanches.
    • Viola odorata L. var. sulfurea (Cariot) Rouy & Foucaud, donné par certains auteurs, pour synonyme, de l'espèce type qui peut se différencie par un éperon rosé.

    Parmi les nombreux cultivars, citons :

    • Viola odorata 'Baronne Alice de Rothschild', une ancienne obtention de 1894 aux violettes d'un profond bleu nuit.
    • Viola odorata 'Isabella' avec une corolle d'un bleu pâle irisé de mauve.
    • Viola odorata 'La Valade', une corolle blanche marbrée de rose foncé.

    • Viola odorata 'Saint-Hélène' (Helena), une ancienne obtention de l'époque de Napoléon*0 On raconte qu'avant son exil à Sainte-Hélène en octobre 1815, Napoléon aurait cueilli quelques violettes sur la tombe de Joséphine, en mai 1821, sur son lit de mort, il tenait des violettes. Une violette à corolle d'un bleu mauve très pâle à gorge blanche, le large pétale central est griffé de 6 traits violet foncé, il est pourvu de franges.

    • Viola odorata 'Vilmoriana' aussi commercialisée sous 'Sulfurea', c'est une ancienne obtention de 1896, qui hélas est inodore, aux violettes jaune beurre en coeur, teinté d'abricot, nommée par les anglophones, qui en réclament la paternité : English Violet, Garden Violet ou Sweet Violet.

    • Viola suavis 'Parme de Toulouse', une violette odorante double, couleur parme, floraison d'avril à août.

    Les espèces de violettes présentes en France :

    • Viola alba Besser., la Violette blanche qui figure sur la liste des espèces menacées en France.

    • Viola arborescens L., la Violette sous-arbustive, endémique à l'Aude, les Bouches-du-Rhône et le Var, une espèce figurant depuis 1995 sur la liste rouge des espèces en voie de disparition, au feuillage penné et aux fleurs, d'un mauve pâle.

    • Viola argenteria, la Violette d'Argentera.
    • Viola arvensis Murray, la Pensée des champs, présente au nord et au centre de la France, se rencontre dans le Vaucluse et en Corse, pensée jaune pâle en coeur jaune vif, figure sur la liste des espèces menacées en France.

    • Viola bertolinii Pio, la Violette de Bertoloni, elle n'existe plus sur le sol français, en Provence, mais elle l'est au nord-ouest de l'Italie, dans la dans la région piémontaise, où elle est nommée, Viola di Bertoloni, dédiée au médecin-botaniste-naturaliste italien Antonio Bertoloni (1775-1869), qui a enseigné la botanique à Bologne.

    • Viola canina, la Violette des chiens.
    • Viola collina, la Violette des collines.
    • Viola cryana, la Violette de Cry.
    • Viola elatior, la Violette élevée.

    • Viola hirta L., la Violette hérissée, largement présente sur le territoire français excepté dans le sud, le sud-est et la Corse, petite violette, d'un violet foncé.

    • Viola hispida Lam. , synonyme Viola rothomagensis, la Violette de Rouen, Pensée de Rouen, endémique à cette région de Haute-Normandie crayeuse, c'est une espèce protégée depuis 1982, qui figure, depuis 1995, sur la liste rouge des espèces en voie de disparition.
      Une annuelle ou vivace de 5 à 15 cm de haut, abondante floraison s'étalant d’avril à octobre, parfaitement adaptée à la sécheresse. Des fleurs violettes, pétale inférieur griffé de noir, maculé de blanc, les latéraux griffés de noir.

      Viola odorata
      Viola odorata
    • Viola hymettia Boissf & Heldr., la Violette du Mont Imetto, endémique aux Pyrénées orientales, figure sur la liste des espèces menacées en France.

    • Viola jordanii Hanry, Violette de Jordan, Violette de Provence, endémique à la région des Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Vaucluse et Var, figure sur la liste des espèces menacées en France. Une violette aux feuilles en fer de lance, aux fleurs blanches très barbues latéralement à reflets mauve très pâle.

    • Viola mirabilis L., la Violette admirable, Violette étonnante, une calcicole, aux fleurs odorantes bleu pâle lavée de blanc, présente dans le nord-est, est et sud-est dont Haute-Savoie, bassin parisien de la France.

    • Viola palustris L., la Violette des marais, à fleurs rosées griffées de pourpre, présente en France, excepté sur la côte atlantique, de la Loire-Atlantique aux Landes ainsi qu'en Provence-Côte d'Azur.

    • Viola parvula Schult., la Violette naine.
    • Viola persicifolia Schreb. dite la Violette à feuilles de pêcher, Petit muguet à deux feuilles, aux fleurs d'un bleu mauve pâle, présente dans les Ardennes, le Loir-et-Cher, l'Yonne et le Loiret, et elle se rencontre, encore, dans 3 ou 4 stations dans les zones alluvionnaires humides en Suisse occidentale, des tentatives de reintroduction y sont en cours.

    • Viola pinnata L, Violette à feuilles pennées, Violette pennée aux fleurs d'un bleu violet veiné de violet plus soutenu, gorge lavée de blanc, sur les deux pétales latéraux des barbes blanches, pédoncule pourpré, feuilles découpées comme celles des anémones ou des géraniums, présente dans les Alpes-Maritimes, au Parc national de la Vanoise (Savoie), figure sur la liste des espèces menacées en France.

    • Viola pseudomirabilis H.J.Coste., la Violette du Larzac, figure sur la liste des espèces menacées en France.

    • Viola pumila Chaix, la Violette naine, présente dans de rares stations, dans la vallée de l'Aube et dans le département des Ardennes, Charente-Maritime.

    • Viola pyrenaica Ramond ex DC. (1805), la Violette des Pyrénées, d'une dizaine de centimètres aux violettes d'un violet parme aux veinules plus foncée avec un fond de gorge blanc griffé de prune, en fleurs courant avril-mai, voir photo sur INPN* © Jean-Jacques Milan.

    • Viola reichenbachiana Jord. ex. Boreau. synonymes de Viola silvatica Fries et Viola sylvestris Lam., Violette des bois présente dans le nord et le centre de la France, au sud en Ariège et dans l'Aude, ainsi que dans le reste de l'Europe, une violette mauve pâle.

    • Viola riviniana Rchb., la Violette de Rivinius, Violette de rivin, de Saint-Orens au nord-est de la Haute-Garonne, c'est la plus tardive, qui est proche de Viola canina, elle est assez commune, dans les bois, présente des fleurs d'un violet mauve avec un éperon plus clair.

    Annotations :
    *INPN, c'est l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, est le portail de la biodiversité et de la géodiversité françaises, de métropole et d'outre-mer. Il diffuse la connaissance sur les espèces animales, végétales et de la fonge, les milieux naturels, les espaces protégés et le patrimoine géologique. L'ensemble de ces données de référence, validées par des réseaux d'experts, sont mises à la disposition de tous, professionnels, amateurs et citoyens.
    Ce portail s'inscrit dans le cadre du Système d'information de la biodiversité (SIB) et du Système d'information de l'inventaire du patrimoine naturel (SINP), et s'intègre dans l'écosystème Naturefrance.

    *Jord., abréviation botanique pour le nom du botaniste lyonnais Alexis Jordan (1814-1897), note biographique à la à la Société Linnéenne de Lyon, consultable chez Persée.

    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnaeus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'une Flora lapponica et son herbier, le plus riche de son époque contenant 7000 plantes, est conservé au Musée national d'histoire naturelle de Stockholm.
    Il enseigne à l'université d'Uppsala, la médecine, durant une année, à partir de 1741, puis la botanique jusqu'en 1772. Il est le fondateur de l'Académie des sciences de Suède.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et de 'Species plantarum', consultables en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto (patienter ! chargement long). Il y présente son système de classification des espèces qui sera la base de la taxinomie et de la nomenclature. Un ouvrage qu'il finançe avec le botaniste néerlandais Johann Frederik Gronovius (1686- 1762) à qui l'on doit la préparation et la publication de Flora virginica (2 tomes publiés de 1739 à 1743) à partir des notes et des spécimens envoyés par le collecteur britannique John Clayton (1694-1773) a qui l'on doit aussi un fabuleux herbier.
    Lire l'éloge de Linné et l'histoire de l'académie, faite par le philosophe, mathématicien et économiste français, Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, publiée par l'academie-sciences.fr, format pdf.

    *Napoléon, lire l'article "De Waterloo (18 juin 1815) à son exil et la vie sur l’île de Sainte-Hélène, le 15 octobre 1815", sur napoleon.org.
    natacha mauric©26/04/2000 ® Jardin ! L'Encyclopédie
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