Heliconia psittacorum  - Balisier bec de perroquet
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    Heliconia psittacorum
    Nom commun : Héliconia, Balisier bec de perroquet, autrefois Bihai des Perroquets, nommé en espagnol 'Flor de periquito', en brésilien 'Helicônia-papagaio, Helicônia-bico, Planta-papagaio, Caetezinho, Tracoá' et par les anglophones 'Parrot's Beak'.
    Nom latin : Heliconia psittacorum L.f.* (1782) , 20 synonymes retenus, dont Heliconia humilis (Aubl.) Jacq. (1797), Bihai psittacorum (L.f.) Kuntze.* (1891)
    famille : Heliconiaceae.
    catégorie : vivace géophyte aux rhizomes comestibles, traçants.
    port : desne touffe dressée, rectiligne.
    feuillage : persistant, coriace, vert foncé, brillant, plus clair sur le revers. De longs pétioles engainants et d'étroites feuilles acuminées, alternes, oblongues à lancéolées de 1 m x 20 cm, aux nervures marquées.
    floraison : tout au long de l'année dans des conditions favorables, nectarifère. La pollinisation est effectuée principalement par plusieurs espèces de colibris (hummingbird), comme l'Ariane saphirine, Amazilia lactea (sapphire-spangled emerald) ou le Colibri hirondelle Eupetomena macroura (Swallow-tailed Hummingbird), voir photo.
    Et les bractées servent des petites réserves d’eau, largement utilisées par les petits oiseaux et les amphibiens.
    Inflorescence en thyrse dressé de 7 à 18 cm, composé de quelques bractées alternes, fuselées, en forme de bec de perroquet et de longues fleurs tubulaires. Les fleurs mâles sont situées au sommet.
    couleur : rouge écarlate pour les bractées cireuses et brillantes et les fleurs sont orange avec le bout des pétales maculés de vert foncé.
    Pour les cultivars et hybrides qui sont plus petits avec des couleurs allant du rose thé au rouge feu, rouge orangé, jaune, orange pour les bractées.
    fruits : des drupes cylindriques vertes, jaunes ou oranges lorsqu'elles sont immatures, virant au bleu à maturité qui sont convoitées et dispersées par les oiseaux et certains petits rongeurs.
    croissance : assez rapide, formant une touffe dense.
    hauteur : 1m 50 à 3 m dans son milieu naturel.
    plantation : sous nos climats, au printemps.
    multiplication : par semis ou par prélèvement des rejets au printemps. Il peut fleurir dès la première année de plantation.
    sol : riche en matière organique, humide, mais bien drainé.
    culture en pot : prévoir un mélange de bonne terre végétale, de compost organique et de sable à parts égales, sur un lit de gravier au fond de la potée. Chaque année, effectuer 2 à 3 apports de matière organique, c'est un gourmand, qui offre ainsi une floraison plus abondante.
    emplacement : soleil ou mi-ombre partielle au moins entre 4 et 6 heures de soleil par jour et surtout à l'abri des vents. Il apprécie la chaleur et l’humidité tropicale.
    zone : 11-12, U-K hardiness H1A, USDA zones 10b-11b. Température minimale 15 °C, température idéale entre 20°C et 30°C. Il tolère mieux que les autres, les écarts de température.
    origine : Amérique du Sud, Amérique Centrale, de la Colombie au Paraguay et jusqu'aux forêts amazoniennes, forêt de l'atlantique, lisières de forêts et le long du littoral, sur le cordon sablonneux (restingas), du Brésil, excepté dans le sud.
    Introduit dans les Caraïbes, ainsi qu'aux Antilles, en Floride et en Thaïlande en zone tropicale humide.
    entretien : c'est le plus connu et le plus facile du genre a cultivé. Cependant, il faut impérativement éviter de laisser sécher le substrat complètement entre deux arrosages, à effectuer sans excès pour limiter le pourrissement racinaire ou le stress hydrique.
    maladies et ravageurs : il peut être convoités par les limaces (slugs), et sous serre, lorsque l'atmosphère est trop sèche, il peut subir les assauts des araignées rouge (red spiders).
    Aux Antilles, depuis les années 1910, comme les Musa, banane plantain (Musa x paradisiaca et le bananier Cavendish, l'héliconia peut subir un flétrissement bactérien des feuilles, provoqué par la présence du Ralstonia solanacearum, une bactérie dont les exsudats sont propagés par les insectes volants, plus connue dans les bananeraies sous le nom de maladie de Moko (Moko disease) qui est une menace pour les Antilles, consulter la publication de l'agritrop.
    NB : son nom Heliconia fait référence au mont Hélicon en grec Helikôn, qui signifie montagne tortueuse. Un massif montagneux situé en Béotie, dans l'antique Grèce centrale. Uun lieu sacré dans la mythologie grecque, où se réunissaient les Muses, lire article du Larousse.
    De Musaceis [in Nova Acta Acad. C.L.C. nat. cur. 15 (1831)
    Louis Claude Marie Richard - 1831
    Dans le volume 5 de l'Herbier de l'Amateur* publié n 1821, il est noté :" originaire de la Jamaïque et de Surinam , est cultivée en France depuis quinze à seize ans ; nous l’avons vue chez M. Cels. Ï lui faut beaucoup de chaleur, et elle ne réussit bien que lorsque le pot dans lequel elle est plantée, est enfoncé dans la tannée de la serre chaude. On la multiplie par les rejets qui poussent des vieux pieds. Elle fleurit en septembre."
    Ce genre autrefois rattaché aux Musaceae, comprend environ deux cent espèces de vivaces persistantes, originaires en majeur partie d'Amérique du Sud néotropicale et dans les îles du Pacifique, dont 30 d'entre elles présentent dans quasiment l'ensemble des États brésiliens, en zone tropicale humide.
    De nombreuses variétés et d'hybrides ont été créés pour satisfaire en grande partie le commerce des fleurs, qui une fois coupées se conservent entre 15 jours à 3 semaines, et qui sont appréciées dans la création de compositions florales tropicales.
    Dans les aménagements paysagers et dans les jardins tropicaux, il trouve sa place le long des murs, dans les massifs, les plates-bandes, en touffe isolée ou dans les plates-bandes surélevées ou simplement dans de grandes potées pour les balcons, patios et terrasses.
    Localement, sur les marchés, le feuillage sert bien souvent pour emballer les vivres frais et pour certaines espèces, il est utilisé pou la cuisson des aliments.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des 5 autres espèces présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Pancrace Bessa (1772-1846), il fut l’élève du graveur Gerard van Spaendonck (1746-1822) et celui du peintre belge, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) avec lequel, il collabore en réalisant des aquarelles d'après nature pour plusieurs ouvrages. Nommé peintre de fleurs et maître de dessin de la duchesse de Berri (1816-1819), puis celui de l’impératrice Joséphine (1763-1814).
    Le spécialiste des fruits, des illustrations que l'on retrouve dans Le jardin fruitier de Louis-Claude Noisette publié en 1813 et le Traité du citronnier d’Étienne Michel, publié en 1816.
    Depuis 2003, le prix record, aux ventes aux enchères pour une aquarelle de 69 x 52.5 cm, représentantune tourterelle à côté d’un panier de fruits et de fleurs, estimée entre 12 000 et 15 000 euros, a été adjugée chez Artcurial, en novembre 2016 pour la somme de 48 784 dollars (USD), c'est-à-dire 45 173, 981 euros, la découvrir.
    *Herbier général de l'amateur , contenant la description, l'histoire, les propriétés et la culture des végétaux utiles et agréables; dédié au Roi, par feu Mordant de Launay; continué par M. Loiseleur-Deslongchamps, docteur en médecine, et membre de plusieurs Sociétés savantes nationales et étrangères. Avec figures peintes d'après nature par M. Pancrace Bessa*, une commande de 572 aquarelles effectuée par la duchesse de Berri.
    *Kuntze, abréviation botanique pour le botaniste allemand Carl Ernst Otto Kuntze (1843-1907) qui voyage à travers le monde collectant des milliers d'espèces, il est le grand réformateur de la nomenclature botanique 'Nomenclaturae botanicae codex brevis maturus, sensu codicis emendati aux Lois de la nomenclature botanique de Paris de 1867; linguis internationalibus: anglica, gallica, germanica quoad nomina latina, édité en 1903.
    *L.f., abréviation botanique pour le médecin, botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l ’espèce, c'est la base de la taxinomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica' et le récit de son Voyage en Laponie, édité en 1738. La traduction en français a été rééditée en 2002, éditions de la Différence). En 1738, il exerce la médecine durant trois ans, puis il l'enseigne durant une année à l'Université d'Uppsala, et par la suite jusqu'en 1772, il y enseigne la botanique.
    En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède. Son herbier, le plus riche de son époque contenait 7 000 plantes.
    *Mordant Delaunay, naturaliste français Jean-Claude-Michel Mordant de Launay (1750-1816), auteur de l'Herbier de l'Amateur publié en 7 volumes de 1816 à 1827, consultable à la BHLibrary.
    natacha mauric© 25/03/2002 ® Jardin! L'Encyclopédie
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