Quamoclit coccinea  - Quamoclite écarlate
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    Nom commun : Quamoclite rouge écarlate, Quamoclite à feuilles de lierre, aux Antilles françaises Cheveux de Vénus, Ipomée à feuilles de lierre parfois Ipomée à fleurs rouges, localement nommée 'Bejuco colorado, Yedra colorada' et par les anglophones 'Red Morning Glory, Morning Glory, Scarlet creeper, Redstar' en chinois "Xïnghöng de pàchàng' (Scarlet Reptile) 'Hông yï zhüjiào de huä' (Fleur du Cardinal) 'Hôngsè de wèng' ( Épines rouges ) , en japonais 'Momijirukou, Rukösö' (traduction de Cypress vine ), aux Indes 'Akasamulla, Getphul'.
    Nom latin : Quamoclit coccinea (L.*) Moench.*, synonymes Ipomoea hederifolia (L.) Choisy*, Ipomoea coccinea var. hederifolia (L.) A. Gray.*, Quamoclit coccinea var. hederifolia (L.) House dans certaines flores et dans The Plant List depuis avril 2012 il est donné pour synonyme de Ipomoea cholulensis* Kunth* qui a pour synonymes Quamoclit cholulensis (Kunth) G. Don*, Convolvulus cholulensis (Kunth) Spreng., Quamoclit coccinea var. pubescens (Schltdl. & Cham.) G. Don, Quamoclit indivisa var. pubescens (Schltdl. & Cham.) Hallier f., Ipomoea coccinea var. pubescens Schltdl. & Cham. La flore de Colombie lui donne pour synonymes Convolvulus cholulensis (Kunth) Spreng., Ipomoea parviflora Sessé & Moc., Quamoclit indivisa var. pubescens (Schltdl. & Cham.) Hallier f.
    famille : Convolvulaceae.
    catégorie : vivace, herbacée, grimpante, volubile, cultivée la plupart du temps, sous nos climats, en annuelle.
    port : ramifié et très léger.
    feuillage : persistant, sous climat approprié, d'un vert vif. Sur de fines tiges, légèrement velues, des feuilles alternes, trilobées.
    floraison : de la fin du printemps à l'automne, courant juin jusqu'en octobre/novembre, sous climat approprié, nectarifère, visitée par les papillons et les colibris.
    Racèmes axillaires, d'étroites petites fleurs tubulaires de 3 cm, à corolle en entonnoir, formant un pentagone à 5 pointes, plus ou moins effilées et 5 longues étamines, calice persistant, formé de 5 sépales acuminés et pubescents, 5 étamines saillantes cernant un style, un peu plus long.
    couleur : rouge écarlate à gorge pouvant être plus claire, voire jaune, étamines jaune beurre aux anthères bifides plus crème.
    fruits : enserré dans les sépales du calice, petites capsules ligneuses déhiscentes à 7 valves de 6–8 mm, contenant de très petites graines noirâtres, qu'elles libèrent, en explosant à maturité, voir semis spontané ou au début du printemps, courant mars-avril, sous serre entre 18° et 22°C, en regroupant plusieurs graines par godet à 2 à 4 mm de profondeur, guère plus, ou directement en place, d'avril jusqu'en juin, en prenant soin, auparavant, de faire tremper les graines, dans de l'eau tiède, durant une vingtaine d'heures ; compter pour la levée, entre 1 et 3 semaines.
    sol : indifférent, surtout bien drainé.
    emplacement : plein soleil ou mi-ombre (ombre partielle), en situation abritée des vents violents pour protéger la floraison qui contrairement à certaines Ipomoea reste ouverte toute la journée.
    zone : 9-12., U-K hardiness H1c, USDA zones 10b-11b.
    origine : Amérique centrale (Mexique et Costa Rica), en zone tropicale, aujourd'hui naturalisée dans le sud et sud-est des États-Unis, dont notamment, le nord de l'Arizona, la Floride, la Louisiane, l'Ohio, le Texas, la Virginie où elle figure, dans la liste des aliens (plantes envahissantes), consulter la carte, largement naturalisée sous les Tropiques et à travers le monde, elle serait même devenue gênante, dans les champs de maïs, en Australie.
    Au Japon, elle aurait été introduite à Nagasaki, pendant l'ère Kanei (1624-44).
    entretien : prévoir un support pour lui permettre de s'enrouler. Juste supprimer l'abondante fructification pour favoriser la floraison et ne pas être trop envahi par les nombreux semis spontanés.
    culture en pot : elle se cultive aisément en pot, en veillant bien à effectuer des arrosages réguliers, en laissant sécher, le substrat entre deux arrosages, avec un apport d'engrais pour plantes à fleurs, toutes les 2 à 3 semaines, toujours sur un substrat auparavant mouillé, pour ne pas avoir de dépôt blanchâtre à la surface du terreau.
    maladies et ravageurs : rien de signalé pour l'instant comme ravageurs et maladies. Cultivé à l'intérieur, peut être sujet aux araignées rouges ('red spiders) et aux aleurodes (glasshouse whitefly)s.
    NB : le nom de Quamoclit vient de la langue nahuatl, 'Qua' viendrait de 'cuauilt' qui désigne un arbre et de 'mochitl', mot dont la signification est inconnue jusqu'à ce jour, nom utilisé pour la première fois vers 1644, par un apothicaire Thomas Johnson, et, son nom Ipomoea, vient du grec 'ips' ou 'ipos' qui désigne le vers et de 'homoios' qui signifie 'semblable', faisant peut-être référence à son système racinaire tentaculaire ou à ses longues tiges, filiformes qui se faufilent et s'entortillent autour des autres, toujours, en tournant vers la droite et bien des fois, vous croirez, l'avoir perdu, pour brusquement, l'entrevoir tout là-haut, en cime, d'une plus grande, si vous l'avez planté en mélange sur un support végétal et son nom spécifique coccinea signifie rouge écarlate.
    Le genre Quamoclit, après révision sur 26 noms connus, ne comprend plus que 7 espèces ayant 6 noms considérés, comme étant juste des synonymes et 13 autres demeurent toujours non résolus.
    Ipomoea hederifolia
    Propriétés et utilisations :
    En 2016, des études ont été menées au Bengale occidental (Inde), à l'Université de Kalyani, au laboratoire de recherche en microbiologie du Département de botanique, elles ont permis de découvrir qu'elle contenait des substances bioactives telles que, des flavonoïdes, alcaloïdes, glycosides, tanins, coumarines, vitamines et autres composés phénoliques, ayant des propriétés thérapeutiques anticancéreuse, antidiabétique, antioxydante, antimicrobienne et insecticide.
    Dans les pharmacopées traditionnelles, les feuilles pilées sont utilisées sous forme de cataplasme pour traiter les hémorroïdes et la maladie du charbon (anthrax) ayant des effets sur la bactérie Bacillus anthracis.
    Parmi les cultivars du genre, citons :
    - Ipomoea hederifolia var. lutea à floraison d'un jaune assez vif, un peu orangé selon la lumière comme celui du Thunbergia alata.

    - Ipomoea obscura 'Ethiopia' se trouve aussi commercialisée sous Ipomoea obscura var. ethiopia 'Yellow' à floraison d'un jaune soutenu (orpiment) avec en fond de gorge, un oeil prune foncé, comme la Suzanne-aux-yeux-noirs, feuillage cordiforme. Sa particularité, elle a besoin d'un ensoleillement important, le matin pour s'épanouir, en son absence, elle ne s'ouvre pas, tout simplement.

    - Ipomoea quamoclit 'Cardinalis' feuillage finement découpé, à floraison d'un rouge cardinal formant avec la corolle qui se retrousse des étoiles ou des hexagones.

    - Ipomoea quamoclit 'White' à floraison d'un blanc pur.
    - Ipomoea quamoclit 'White Fearher' (Plume blanche) feuillage en lanières, floraison d'un blanc pur, fond de gorge et la partie tubulaire jaune passant progressivement au verdâtre, boutons floraux verdâtres, voir photos à l'Evolution Garden de Singapour.

    - Ipomoea x sloteri 'Candy Apricot', corolle rouge écarlate avec au centre, un anneau jaune melon et un fond de gorge de la même couleur, sur le revers, cette partie tubulaire est orangé, étamines jaunes. Parfois, la corolle est marbrée de melon, voir photo dans Flickr.
    L'espèce Quamoclit × sloteri Nieuwl., demeure toujours non résolue.
    Les autres Quamoclit retenues :
    - Quamoclit bracteata (Cav.) Roberty, un seul synonyme retenu, Exogonium bracteatum (Cav.) Choisy.
    - Quamoclit eustachiana (Jacq.) G. Don il n'a pas de synonyme .
    - Quamoclit filiformis (Jacq.) Roberty, Convolvulus filiformis (Jacq.) Desr., Ipomoea filiformis Jacq., Exogonium filiformis (Jacq.) Choisy,
    - Quamoclit longiflora (Humb. & Bonpl. ex Willd.) G. Don, a pour unique synonyme, Ipomoea longiflora Humb. & Bonpl. ex Willd.

    - Quamoclit repanda (Jacq.) Roberty, a pour unique synonyme Convolvulus repandus (Jacq.) Desr., originaire des Caraïbes, des feuilles cordiformes et des fleurs d'un rose soutenu, voir planche illustration à Kew.

    - Quamoclit triloba (L.) G. Don, pas de synonyme retenu, bien qu'autrefois et pour certaines flores, elle avait pour synonymes Ipomoea grandifolia (Dammer) O’Donell), Jacquemontia grandifolia Dammer, une annuelle endémique au sud-est du Brésil, découverte tardivement en 1972, aux feuilles d'aristoloche, la plus importante adventice, parmi la longue liste, des ipomées envahissantes, que l'on rencontre dans les cultures de soja.


    Quamoclit pennata (Desr.) Bojer, est maintenant un des synonymes de l'Ipomoea quamoclit L., qui a pour autres synonymes Quamoclit vulgaris Choisy, Quamoclit vulgaris var. albiflora G. Don, Convolvulus pennatifolius Salisb, Convolvulus pennatus Desr., Convolvulus quamoclit (L.) Spreng. , Ipomée quamoclite, Quamoclite pennée, appelée par les anglophones 'Cypress vine, Cardinal Climber, Hearts-and-Honey Vine, Hummingbird Vine' au feuillage finement découpé en lanières, des petites fleurs tubulaires d'un rouge écarlate. En 1984, le Laos lui dédie, dans une collection 'Fleur sylvestre' un timbre-poste de 4.00Kip laotien.

    - Quamoclit digitata (L.) G. Don, pas de synonyme retenu, la Quamoclite digitée est présente en Guyane française, elle a des feuilles digitées, palmées, aux lobes lancéolés et des fleurs rouges regroupées par 3. Lors de son voyage en Guyane et à Saint-Domingue, Jean-Baptiste Christian Fusée-Aublet, la cite dans son Histoire des Plantes, publiée en 1775.

    Poste Laos 1984
    - Quamoclit cholulensis (Kunth) G. Don*, la Quamoclite de Cholula, qui a pour synonymes Ipomoea cholulensis* Kunth*, Convolvulus cholulensis (Kunth) Spreng., Quamoclit coccinea (L.) Moench, Quamoclit coccinea var. pubescens (Schltdl. & Cham.) G. Don, Quamoclit indivisa var. pubescens (Schltdl. & Cham.) Hallier f., Ipomoea coccinea var. pubescens Schltdl. & Cham. La flore de Colombie lui donne pour synonymes Convolvulus cholulensis (Kunth) Spreng., Ipomoea parviflora Sessé & Moc., Quamoclit indivisa var. pubescens (Schltdl. & Cham.) Hallier f.

    - Ipomoea x sloteri, synonyme Ipomoea x multifida, est issue d'un croisement entre l'Ipomoea quamoclit et l'Ipomoea coccinea, 2 à 3 m, très fin feuillage, vert franc, découpé et profondément lobé, sur de fines tiges, des petites fleurs tubulaires à corolle légèrement retroussée d'un rouge cramoisi à la gorge blanche, étamines saillantes, zones 9-12, photo ci-dessous.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres espèces de Quamoclit et Ipomoea, présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Choisy, abréviation botanique pour le ministre suisse du culte protestant Jacques Denys (Denis) Choisy (1799 – 1859) passionné de botanique, disciple de Candolle avec lequel il étudie, il contribue à la rédaction de nombreuses familles pour "Prodromus Systematis Naturalis Regni Vegetabilis" (7 volumes).
    Il publie, en 1834, un ouvrage sur les Convolvulacées orientales, puis 20 ans plus tard un Mémoire sur les familles des Ternstroemiacées et Camelliacées.
    En 1821, il est élu membre de la Société d'histoire naturelle de Paris. Le botaniste allemand Karl Sigismund Kunth lui dédie, en 1823, le genre Choisya.
    *cholulensis signifie de Cholula est donné pour originaire des montagnes de l'État de Puebla situé au centre sud du Mexique, présente également au Guatemala, Salvador, Honduras, Nicaragua, Costa Rica et Panama, ainsi qu'au Venezuela et Colombie des Andes entre 1200 - 2300 m d'altitude.
    Il signifie de Cholula qui est le nom donné à la plus grande pyramide du monde, située près d'une ville du même nom dans l'État mexicain de Puebla, ce nom viendrait de la langue nahuatl du mot 'cholöllän', qui désignerait soit le lieu où l'eau tombe, soit du lieu d'où elle se serait échappée.
    *de Candolle, Augustin Pyramus de Candolle (1778-1841), botaniste et docteur en médecin suisse, qui occupe en 1880 la chaire de botanique à la Faculté de Médecine de Montpellier, on lui doit une nouvelle classification des espèces expliquées dans 'La théorie élémentaire de la botanique (1813), ainsi que les 7 volumes du 'Prodomus systematis naturalis regni vegetablilis' (1824-1841) où sont décrites 60 000 espèces, doublant ainsi, les familles.
    Des ouvrages achevés par son frère et son petit-fils avec 80 000 plantes décrites. Auteur de 'Plantarum Succulentarum' (1799) ou l'histoire des plantes grasses et 'la Théorie élémentaire de la botanique' (1813). Il s'intéresse aux propriétés médicinales des plantes.
    En 1884, à Genève, le botaniste-taxonomiste suisse Robert Buser est nommé conservateur de l'herbier De Candolle (Herbier du Prodrome de Candolle), initié, par ce dernier en 1824. Abréviation botanique pour DC.
    *G.Don, abréviation botanique pour le jardinier, botaniste-collecteur écossais George Don (1798-1856), nommé en 1816, contremaître au Jardin botanique de Chelsea. De 1821 à 1823, collecteur en Afrique (Gambie, Guinée et Sierra Léone) et aux Amériques (Brésil, Cuba, Jamaïque, est des États-Unis) pour le compte de la Société Royale d'horticulture de Londres (RHS). Il participe à l'Encyclopédie de Loudon.
    *A.Gray, abréviation botanique pour le botaniste taxonomiste américain Asa Gray (1810–1888), professeur de botanique de l’Université d'Harvard, considéré comme le plus grand botaniste de son époque. Le spécialiste de la flore nord-américaine. Auteur de nombreux ouvrages de botanique dont le plus célèbre ouvrage est le Gray's Manual édité en 1848, un manuel de la botanique du nord des États-Unis, de la Nouvelle-Angleterre au Wisconsin et du sud de l’Ohio et de Pennsylvanie.
    Il entretient une correspondance avec Charles Darwin, collabore avec les scientifiques européens qu'il rencontrera en Europe et il met en place un important réseau de collecteurs.
    *Kunth., abréviation botanique pour le botaniste prussien Karl Sigismund Kunth (1788 - 1850) qui à Berlin va gérer les collections récoltées par Alexandre de Humboldt au cours de ses séjours en Amérique et oeuvrer pour la parution de 'Plantes équinoxiales' paru en 7 volumes.
    Il rédige une monographie 'Notice sur Louis-Claude-Marie Richard,... ", où il écrit 'Richard est certainement l'un des hommes de son siècle qui ont le plus contribué aux progrès de la botanique ; l'influence qu'il a exercé se fera sentir surtout par les travaux de ceux qui se sont pénétrés de ses principes, et qui marchent sur ses traces. Personne n'a poussé plus loin l'art d'observer la nature jusque dans les moindre détails ..' il y précise, qu'il est l'auteur anonyme de 'Flora Borealis-Américana' de Michaux, en 2 volumes, publiée en 1803, consultable en ligne à la Bnf.
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linneaus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Shirö Kurita © Ipomoea x sloteri
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. Il enseigne àpartir de 1741, à l'Université d'Uppsala, durant une année, la médecine, puis la botanique jusqu'en 1772. Il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède. Son herbier 'Linnean Herbarium', le plus riche de son époque contenant 7000 plantes, est conservé au Musée national d'histoire naturelle de Stockholm.
    *Moench., abréviation botanique pour le botaniste allemand Conrad Moench (1744-1805), toute sa vie il enseigne à l'Université protestante de Marbourg (Hesse- Allemagne) et il est en total désaccord avec Linné à propos de la classification des plantes, on lui doit des ouvrages sur la systématique.
    Un petit genre de 3 espèces présentes au sud de l'Europe, lui est dédié Moenchia (Caryophyllaceae) par un autre opposant à Linné, le médecin botaniste allemand F.K. Medicus (1736-1808), ainsi qu'à une douzaine d'espèces spécifiques sous la forme moenchii, moenchia, moenchiana.
    natacha mauric© 12.06.2005 ® Jardin! L'Encyclopédie
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