Mertensia maritima - Mertensie maritime, Plante à huître
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    Nom commun : Mertensie maritime, Sanguine de mer, Plante à huître, Huître végétale, à tort Pulmonaire de Virginie, nommée par les anglophones 'Oyster plant, Oysterleaf, Sea lungwort' (Pulmonaire de mer).
    Nom latin : Mertensia maritima  ( L. ) Gray*, synonymes Pulmonaria maritima  (Bartl.) Kuntze, Casselia maritima  (L.) Dumort., Casselia parviflora  Dumort., Cerinthodes maritimum  (L.) Kuntze, Hippoglossum maritimum  (L.) Hartm., Lithospermum maritimum  (L.) Lehm., Pneumaria maritima  (L.) Hill, Pulmonaria maritima  L., Pulmonaria procumbens  Stokes, Steenhammera maritima  (L.) Rchb.
    famille : Boraginaceae.
    catégorie : vivace herbacée rhizomateuse à tiges épaisses d'un vert-rougeâtre.
    port : étalé, compact et rampant. Au début rosette basale.
    feuillage : persistant épais, charnu, d'un vert bleuté glauque, pruineux, ponctué de petits points qui sont des glandes à sel, nervures plus claires, marge légèrement ondulée. Feuilles comestibles au goût iodé, son arôme est celui de l'huître. Larges feuilles (± 5 x 3cm) alternes, acuminées, oblongues-ovoïdes, à court et large pétiole. Les dernières proches de la crosse florale sont sessiles engainantes.
    floraison : du printemps à l'été (mai à juillet, selon climat dans l'hémisphère nord). En cime, panicule lâche en forme de crosse de petites fleurs hermaphrodites tubulaires (5-7 mm) à corolle à 5 lobes arrondis retroussés à marge crénelée, 5 étamines plaquées, 1 style saillant, long calice à 5 lobes lancéolés et court. Elles sont comestibles, mais elles n'ont pas la même saveur.
    couleur : du bleu au violet mauve, voire mauve pourpré, calice vert, sa base et le pédoncule lavé de violet pourpre, anthères jaunes. Bouton floraux d'un bleu lavé de violet mauve.
    fruits : de juillet à septembre petites nucules tétraédriques enchâssées dans le calice étoilé, graines noires d'environ 5mm. Dissémination en principe par l'eau et les mammifères brouteurs.
    croissance : rapide.
    hauteur : de 0.10 à 0.40m et plus.
    plantation : bien choisir son emplacement, n'aime pas être déplacé et ne tolère pas la concurrence racinaire, compter 6 plants au m².
    multiplication : par d'abondant semis spontané, semis en place à l'automne levée au printemps suivant ou par semis à chaud (18-20°C) courant février-mars, en ayant pris soin auparavant de conserver au froid les graines durant au moins 6 semaines. Pour la levée, compter de 7 et 20 jours.
    sol : léger, riche en humus, frais mais bien drainé, à tendance sablonneuse et ayant une teneur saline. Pour la culture en pot préparé un mélange à 50% de terreau et de sable de mer.
    Jürgen Grensing © 21.11.2008 Comté de Troms - Norvège)
    emplacement : soleil léger, mi-ombre lumineuse.
    zone : 3- 9, la souche tolère aisément -25° à -30°C. Les gelées printanières peuvent brûler les jeunes pousses.
    origine : bordures sablo-graveleuses et dunes du littoral du nord de l'Europe ( îles britanniques, sud de la Norvège archipel du Svalbard inclus, Danemark, Suède occidentale et Islande) Sibérie et îles Kourile et Sakhaline, présente au Canada dans la baie du Saint-Laurent jusqu'à Terre-Neuve et aux États-Unis jusqu'au Massachusetts.
    Une espèce en voie de disparition sur les côtes françaises suite à une cueillette intempestive dans les années d'avant-guerre 1936-37 puis dans les années 50.
    entretien : durant la période de croissance, veiller à l'arroser régulièrement, mais sans excès, excepté durant la période végétative. Pour une culture en pot, veillez à vider l'eau du dessous de pot, cette dernière favorise le pourrissement de ses rhizomes.
    maladies et parasites : son croquant feuillage est très convoité par les limaces et les escargots, peut être sujette aux pucerons verts, pour les éloigner lui mettre un compagnon répulsif, comme la bulbeuse Tulbaghia violacea.
    NB : Son nom lui a été donné en souvenir du botaniste allemand Franz Karl Mertens (1764-1831). Ce genre comprend une cinquantaine d’espèces de vivaces herbacées, originaires des zones tempérées de l'Eurasie (2 au Japon) et 18 d'entre elles d'Amérique du nord, certaines d'entre elles sont des vivaces alpines.
    Depuis des siècles, feuilles et rhizomes étaient consommées par les Amérindiens et les Inuits.
    En France, cette rareté aurait été redécouverte en Normandie et remise à la mode en 2007 par le pépiniériste girondin Hughes Le Cieux (Jardin des Senteurs de Biganos) sur les tables des grands chefs français, créant et déposant de nouvelles variétés au feuillage plus large et plus spatulé Mertensia maritima  'Oysterleaf'. La mertensia a été primée à Courson à l'automne 2011.
    Dés le mois d'avril, les feuilles de l'huître végétale sont commercialisées en barquettes mais la plupart du temps réserver aux professionnels de la restauration et aux épiceries fines en 2012 elle se vendait entre 150 et 200 le kilo, à l'épicerie de Rungis, une barquette de 50 feuilles environ 22
    €, autant en avoir une potée sur le rebord de la fenêtre.
    Propriétés et utilisations :
    Elle est très richesse en zinc, manganèse, potassium et fer (20 fois plus riche en fer que les épinards.
    Après cueillette, conserver les feuilles au réfrigérateur dans bac à légumes dans un bocal en verre hermétiquement fermé comme on le fait pour le persil et autres herbes aromatiques., Il suffit d’une ou deux feuilles de cette huître végétale pour parfumer un plat, elle se consomme crue dans les hors-oeuvres, salades composées, amuse-bouches, dans un beurre manié, une glace, une mousse (espuma) pour accompagner crustacés et poissons, parfumer à la dernière minute un risotto ou conservée dans du vinaigre mais pour les puriste, c'est un sacrilège. Sa congélation est déconseillée et à la cuisson, elle perd son parfum d'huître, et ressemble à des épinards.
    Autres espèces et sous-espèces :
    Mertensia maritima f. albiflora  Fernald, se rencontre en Amérique du Nord dont Virginie et à l'est du Canada dans la province de Nouvelle-Écosse.
    Mertensia maritima subsp. czukotica  O.D.Nikif Mertensia maritima  (L.) Gray var. maritima  Alaska, Massachusetts, Maine et New Hampshire, au Canada.
    Mertensia maritima var. asiatica  ( H.Takeda ) S.L.Welsh., synonymes Mertensia asiatica  J.F.Macbr., Mertensia simplicissima  (Ledeb.) G.Don, Pulmonaria simplicissima  Ledeb.), se rencontre au Japon (Hokkaido et Honshu) où elle est nommée 'Hamabenkeisô'.
    C. A. M. Lindma © Bilder ur Nordens Flora
    Mertensia maritima  (L.) Gray ssp. tenella  (Th.Fr.) Skarpas, Nordal & Elven, Mertensia maritima  (L.) Gray var. tenella  Th. Fr. connue sous le nom de 'Sea-Lungwort, Seaside bluebells' et 'Oyster leaf', en Québécois 'Sanguine de mer', présente en Amérique du Nord et les pays nordiques .
    Mertensia paniculata  (Ait.) G. Don, nommée localement 'Tall bluebells ou Tall lungwort', originaire du nord de l'Amérique depuis l'Oregon, Idaho, Montana et du Canada, long panicule de clochettes d'un violet améthyste.
    Mertensia pterocarpa  (Turcz.) Turcz. , se rencontre en altitude au Japon (Hokkaido et Honshu) où elle est nommée 'Ezorurisô', floraison d'un beau bleu saphir, recherchée pour les rocailles alpines, il existe une sous espèce yezoensis.
    Mertensia virginica  (L.) Pers. ex Link., nommée Virginia bluebell, Virginia cowslip, Roanoke bells' ou aussi 'Lungwort oysterleaf', Pulmonaire de Virginie, originaire des bois et clairières humides et ombragées du mid-ouest et nord-est des États-Unis et du Canada dans les provinces du Québec et Ontario où c'est une espèce menacée 30 à 60 cm de haut, feuillage plus ovale gris-vert, longue floraison de mars à juin selon climat, bleu lavande à rose mauve. A réserver pour les sols neutres ou acides (pH 6.8/7.2); c'est une espèce menacée.

    Annotations :
    *Gray abréviation botanique pour le botaniste, mycologue et pharmacologue britannique Samuel Frederick Gray (1766-1828), on lui doit de nombreux traités de chimie et 'A Natural Arrangement of British Plants,..' (Baldwin, Cradock, and Joy - 1821) .
    *Mertens botaniste allemand Franz Karl Mertens (1764-1831), il participe à la rédaction de JC Röhlings Deutschlands Flora - edit. F. Wilmans à Francfort ,1823-1839.
    *Lindman botaniste- philosophe suédois Carl Axel Magnus Lindman (1856–1928), auteur de 'Bilder ur Nordens Flora' (1917-1926) nommée ostronörcht.
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