Acmella - Brèdemafane, Cresson du Pará
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    Nom commun : Brède mafane, Mafane, Brède mafane jaune, Cresson du Pará, aux Antilles 'Créosote', à Mayotte 'Feliki mafana, Mafana', nommée par les anglophones ' Tingflower, Toothache plant (Mal aux dents plante), Para-cress, Sichuan buttons, Buzz buttons', en allemand 'Braziliaanse cresson, Huzarenknoop, Paratuinkers' en espagnol 'Jambù', en portugais 'Agrião do Pará ( cresson de Parà ), Cress-do-parà Jambú, Agrião-da-amazônia, Agrião-do-norte', en russe 'Maslyanyj kress, Kkress brazil'skij', en suédois 'Arakrasse, Tandvärksplanta' en thaï 'Phak-Kratt-Huawaen e, Phak khrat, Eung huay gia'
    Nom latin : Acmella oleracea  (L.) R.K.Jansen*, synonymes Spilanthes oleracea  L.*, Spilanthes acmella  DC. var. oleracea  (Jacq.) Baker, Spilanthes acmella  (L.) Murray var. oleracea Spilanthes acmella auct. nons  (L.) Murr.
    famille : Asteraceae (Compositae).
    catégorie : annuelle herbacée aux tiges légèrement velues.
    port : touffe ramifiée étalé, rampant.
    feuillage : persistant aromatique, vert franc à vert foncé, marge dentelée. Feuilles opposées, simples, ovales-deltoïde- (6–11×2–8 cm), base tronquée, légèrement acuminées, pourvues d'un long pétiole de 5 à 6,5 cm rougeâtre ou pourpré. Les jeunes pousses sont rougeâtres ou cuivrées.
    floraison : au coeur de l'été jusqu'à l'automne ( juillet-octobre ). Petits capitules coniques Ø 2 à 2,5 cm de plusieurs centaines de fleurons tubulaires à 4 ou 5 lobes triangulaires, ceux du centre sont bisexués, visitées par certaines espèces de papillons comme le ocre jaune, marron et noir Junonia almana.
    Dans ces fleurs comestibles mais plus piquantes que les feuilles et légèrement salées, la concentration des susbstances actives y est plus forte, donc à consommer sans excès.
    couleur : involucre jaune sur le sommet un anneau rouge brique, boutons floraux aux écailles d'un vert rougeâtre sur des tiges rougeâtres ou pourprèes.
    fruits : de petits akènes de 2,5 mm à 2 pappus soyeux.
    croissance : moyenne.
    hauteur : 0.10 à 0.30 Ø 0.40m.
    plantation : selon climat au printemps ou à l'automne.
    multiplication : du mois d'avril, mai jusqu'en juin, semis à chaud entre 18 et 20°C, par poquet de à 10 graines, compter une soixantaine de pour pouvoir commencer à récolter.
    sol : tous, frais, riche en humus mais bien drainé. Pour une culture en pot, prévoir un mélange de terre de jardin et un bon terreau de feuilles.
    emplacement : soleil, mi-ombre.
    zone : 9 - 11, USDA zone 9a-11b, ne supporte pas la sécheresse.
    origine : Amérique du Sud, sud-est, nord-est et nord de Brésil dans l'état de Parà et Amazonas, nord-ouest de l'Argentine dans les provinces de Salta et de Jujuy, au nord du Paraguay, Pérou, Bolivie, Colombie, Equateur. Introduite est cultivée depuis des siècles dans les potagers de l'Afrique et de l'Asie du sud-est (Inde, Bangladesh, Birmanie, Népal, sud de la Chine et Vietnam, Sri Lanka, Malaisie, Indonésie et Java, des Comores, Madagascar, Seychelles et de la Réunion, Maurice, et Rodriguès (Mascareignes), Cuba, Antilles et Guadeloupe et en Australie, s'étant depuis longtemps échappées des potagers, elle s'est naturalisée dans les zones fraîches et humides près des cours d'eau.
    entretien : arroser sans excès, n'oubliez pas de pincer pour favoriser la ramification. La récolte des feuilles et des capitules s'effectue de juin à septembre au fur et à mesure, en fonction des besoin.
    maladies et ravageurs : pas de maladies connues, mais les jeunes pousses sont fortement convoitée par les escargots et les limaces, donc attention à vos semis et jeunes plantules.
    NB : son nom Acmella  vient du grec akmê qui désigne une pointe, un sommet, l'apogée, cela désigne la période des maladies dans laquelle les symptômes offrent le plus haut degré d'intensitéet son nom spécifique oleracea  vient du latin 'oleraaceus, a, um', un adjectif qui signifie qui à la structure de l'herbe donc herbacée.
    Son nom cresson du Parà, précise son origine brésilienne dans l'état du Pará, le nom créole de Brède à une origine portugaise 'bredo' qui vient du grec 'bliton' puis du latin 'blitum' qui désigne initialement l'amarante blette Amaranthus blitum, une adventice méridionale comestible qui avait trouvée sa place dans les potagers du sud-est de l'Europe avant de coloniser ceux de l'Asie, de l'Afrique occidentale et tropicale puis de l'Amérique du Nord bien avant l'apparition de nos blettes.
    Mais aussi en malgache 'bredy' désigne l'herbe et 'mafana' signifie chaud, faisant référence à sa saveur poivrée et piquante.
    Ce genre était autrefois rattaché aux Spylanthes qui comprenait plus de 300 espèces, sous le nom de Acmella  figuraient 168 noms, après révisionont été retenue seulement 31 espèces d'annuelles ou vivaces herbacées, dont 6 présentes au Costa-Rica, 4 en Afrique tropicale (2 endémiques et 2 introduites).
    Parmi les cultivars, citons :
    - Acmella oleracea  'Peek-A-Boo', commercialisée également sous Spilanthes, annuelle ou bisannuelle de 40 à 45 cm Ø 60 à 75 cm, feuillage vert bronze lavé de brun-rouge, capitule jaune foncé avec un oeil bronze rouge.
    C'est aussi le nom donné à des espèces de mollusques gastéropodes dans la famille des Assimineidae.
    Propriétés et utilisations :
    Une honte ce jambu n'est plus amazonien, de la biopiraterie, des 'impérialistes' se sont appropriés les connaissances des tribus autochtones qui ont découvert il y a des milliards d'années, les remarquables propriétés antidouleur de cette plante. Elle était déjà utilisée par les Incas pour nettoyer leurs dents , traiter les maux de dents, les abcès et les ulcères. Ces biopirates ont enregistré pour leur compte les propriétés médicinales stoppant ainsi toutes les recherches en cours à l'Université fédérale d'Amazonas, sur les propriétés anesthésiantes, un remède qui pourrait transformer la pratique dans les cabinets dentaires occidentaux et qui auraient pu permettre de reverser des royalties aux tribus.
    Les feuilles sont consommées crues pour relevé le goût des salades, cuites à la vapeur pour être consommées comme légumes d'accompagnement mais surtout pour parfumer et relever sauces, soupes dont la tacacà amazonienne*, les ragoûts de viandes, volailles et poissons et le plat national malgache le romasava.
    Au Brésil, depuis 2013 à Belèm, ils distillent la Cachaça de Jambu, une boisson alcolisée à base de jus de canne et jambu aux sensations et fourmillements garantis.
    Capitules et tiges contiennent un alcaloïde antiseptique, le spilanthol, qui aurait des effets sur les parasites du sang, un réel poison pour la plupart des invertébrés, c'est d'ailleurs un insecticide végétal, reconnue être sans danger pour les animaux à sang chaud, mais posant certainement un gros problème pour les abeilles.
    Ils renferment également des coumarines, des flavonoïdes, des polysaccaride et des terpénoïdes.
    Depuis des siècles, capitules frais ou séchés, feuilles et racines sont réputées à travers le monde dans de nombreuses pharmacopées traditionnelles pour ses propriétés anti-asthmatique, anthelmintique, anesthésique, antibactérienne, antiscorbutique, antiseptique, antitumorale, spasmodique, insecticide, sialogogue et stimulante diurétique, digestive.
    Ceux qui ont l'habitude de mâcher les feuilles et les capitules savent que mise à part leur saveur poivrée piquante légèrement salée, elles engourdissent la langue et provoquent des picotements dans la bouche, augmentant la salivation(sialogue).
    La brède mafane soigne migraines et céphalées, coliques néphrétiques,le paludisme (malaria*), les fièvres puerpérales, les dysenteries, l'arthrite, les rhumatismes et renforce le système immunitaire.
    Ses propriétés antibactériennes ont été vérifiées et confirmées dans leurs actions pour lutter contre les maladies parasitaires Candida albicans, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae*, Proteus mirabilis, Salmonella et Staphylococcus.
    Ses fleurs sont réputées calmer les douleurs dentaires, les infections buccales, les gengivites et les maux de gorge et le scorbut.
    Les racines prescrites en décoction pour ses propriétés laxatives et diurétiques.
    En Inde et peut-être autre part en ASie, les bourgeons séchés sont incorporés au tabac à chiquer pour avoir en bouche les effets du spilanthol.
    L'extrait de fleurs et tiges est utilisé en cosmétologie, c'est un myorelaxant naturel qui stimule les fibroblastes de la peau du visage, induisant son raffermissement et diminuant les ridules puis les rides.
    Les autres espèces :
    - Acmella affinis  (Hook. & Arn.) R.K.Jansen, non résolu.
    - Acmella alba  (L'Hér.) R.K.Jansen, Brèdes mafane blanche, commercialisée en Europe sous le nom de Spilanthes alba.
    - Acmella alpestris  (Griseb.) R.K.Jansen
    - Acmella alternifolia  Baldwin ex Raf.
    - Acmella bellidioides  (Sm.) R.K.Jansen
    - Acmella brachyglossa  Cass
    - Acmella calva  (DC.) R.K.Jansen
    - Acmella caulirhiza  Delile
    - Acmella caulorrhiza  Delile, non résolu
    - Acmella ciliata  (Kunth) Cass., capitule pyramidale à la base quelques fleurons aux lobes lancéolés.
    - Acmella darwinii  (D.M.Porter) R.K.Jansen
    - Acmella decumbens  (Sm.) R.K.Jansen
    - Acmella filipes  (Greenm.) R.K.Jansen
    - Acmella glaberrima  (Hassl.) R.K.Jansen
    - Acmella grandiflora  (Turcz.) R.K.Jansen
    - Acmella grisea  (Chodat) R.K.Jansen
    - Acmella intermedia  Rich. ex Pers., non résolu
    - Acmella iodiscaea  (A.H.Moore) R.K.Jansen, originaires des Caraïbes, Barbades, Antilles françaises, se rencontre en Martinique, feuilles lancéolées à marge crénelée, vert franc, capitules 0.5 cm d'un jaune orangé.
    - Acmella lanceolata  Raf., non résolu
    - Acmella leptophylla  (DC.) R.K.Jansen, originaire de l'Europe, présente en France
    - Acmella leucantha  (Kunth) R.K.Jansen
    - Acmella lundellii  R.K.Jansen
    - Acmella mauritanica  Rich. ex Pers., non résolu.
    - Acmella occidentalis  Rich. ex Pers., non résolu.
    - Acmella oppositifolia  (Lam.) R.K.Jansen, nommée par les anglophones 'oppositeleaf spotflower', originaire du Costa-Rica, Paragay et Mexique, dans les patures et les sous-bois en altitude entre 1100 et 2200m, vivace de 20 à 60 cm de haut aux tiges poilues, feuilles opposées obovales à marge dentelée, capitules à 8 ligules de couleur jaune.
    - Spilanthes acmella  (L.) Murray est maintenant considéré omme synonyme de Blainvillea acmella  (L.) Philipson.
    - Acmella papposa  (Hemsl.) R.K.Jansen
    - Acmella paniculata  (Wall. ex DC.) R.K.Jansen, synonyme Spilanthes acmella auct. pl., non auct.  (L.) Murray, Spilanthes paniculata environ 30 cm de haut, feuilles ovales-lancéolées de 2 à 4 cm de long , d'un vert franc à marge crénelée à liseré rouge pourpre, panicules de petits capitules conique d'un jaune orangé quelques très courte ligules sur de longes tiges rougeâtres.
    - Acmella pilosa  R.K.Jansen, nommée 'Hairys spotflower'
    - Acmella poliolepidica  (A.H.Moore) R.K.Jansen
    - Acmella psilocarpa  R.K.Jansen
    - Acmella pusilla  (Hook. & Arn.) R.K.Jansen, synonyme Spilanthes pusilla  Hooker & Arnott, nommée 'Dwarf spotflower', otriginaire de l'Argentine, région de Buenos Aires, introduite dans le sud des Etats-Unis de la Floride jusqu'au Texas et l'Alabama, feuillage très étroit lancéolé, fleurs jaunes
    - Acmella radicans  (Jacq.) R.K.Jansen, Bouton d'or, nommée par les anglophones ' ', originaire du Costa-Rica, introduite aux Antilles française où il est appelée Bouton d'or à floraison blanchâtre.
    - Acmella ramosa  (Hemsl.) R.K.Jansen.
    - Acmella repens  (Walter) Rich. ex Pers., synonymes Spilanthes americana  (Mutis ex L.f.) Hieron., originaire des Antilles, Guyane présente jusqu'au Mexique et nord de l'Argentine et sud-est des Etats-Unis, localement appelée 'Lagunera, rosita amarilla, yerba de San Pedro, botón de oro, mozote, peritre, tripa de gallo, tripa de pollo', en anglais 'Oppositeleaf spotflower', capitules jaune et jaune orangé, voir details photos.
    - Acmella serratifolia  R.K.Jansen .
    - Acmella sodiroi  (Hieron.) R.K.Jansen
    - Acmella uliginosa  (Sw.) Cass., présente aux Antilles française où elle est nommée Créosote pays, fleurs jaunes aux très courtes ligules.
    Annotations :
    *
    *malaria, la Spilanthes americana , est prescrite dans les pharmacopées amérindiennes de la Colombie, du Mexique et du Pérou pour soigner les maux de dents et maux de gorge, les plaies et les fièvres et le cancer de la prostate.
    *malaria, Bacille de Friedländer une bactérie à l'origine des pneumonies nosocomiales.
    *tacacà amazonienne, une soupe typiquement amazonienne de consistance gluante, faite à base de manioc, de tucupi qui est une sauce jaune à base de jus de préparation du manioc Manihot esculenta, du tapioca appelé goma, des crevettes, des petits piments très parfumés mais peu piquants, de l'ail et des ingrédients top secret. Vous pouvez la déguster aux coins des rues de Belém capital de l'état de Paras.
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