Tordylium apulum - Tordyle des Pouilles, Tordyle d'Apulie
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    Tordylium apulum en mai
    Cicika ©
    Nom commun :Tordyle d'Apulie, Tordyle des Pouilles, localement dans les Pouilles nommée 'Sanapuddi', dans le reste de l'Italie 'Tordilio, Ombrellino pugliese, Erba fragola', par les anglophones 'Roman Pimpernel, Mediterranean hartwort', en allemand 'Apulischer Zirmet', en crétois 'Agriokoutsounáda', en espagnol 'Comino de Creta', en grec selon la région 'Kafkalida, Kafkalithra, Kaukalithra, Kaukalida, Koutsounada, Kokkinouda, Moschapidia, Moscholakano' en polonais 'Apulijska - Jašica', en turc 'Kafkalida, Davulotu', dans le Caucase 'Küçük geyikotu' (petite venaison).
    Nom latin : Tordylium apulum L.*, synonymes retenus Condylocarpus humilis W.D.J.Koch* , Condylocarpus apulus (L.) Hoffm., Pastinaca apula (L.) Koso-Pol.
    famille : Apiaceae, sous famille Apioideae, tribu Tordylieae.
    catégorie : annuelle héliophile et thermophile, aux tiges rameuses, cannelées, hérissées de doux poils blancs.
    port : rosette basale d'une quinzaine de feuilles suivie de plusieurs tiges dressées ramifiées avec des poils épars.
    feuilles : comestibles, aromatiques dégageant une odeur de musc, les noms grecs de moschapidia*, moscholakanooschapidia et moscholakano y font référence; d'un vert moyen, marge crénelée. Feuilles opposées, pennées, les basales (3 à 5 cm) sont pétiolées composées de 7 à 9 folioles à marge dentelée, celles sur la tiges sont plus étroites, légèrement poilues.
    floraison : au printemps, selon région de la fin mars, avril, jusqu'en mai, nectarifère, visitée par les abeilles, des coléoptères Arge cyanocrocea et certaines espèces de papillons.
    Ombelles Ø 5 à 9 cm, bouquets de de 10 à 15 petites fleurs bisexuées autofertiles, munies d'un involucre en dessous, composées de 4-5 à 10 rayons pourvus de bractéoles et bractées; pour les fleurs externes, 1 pétale beaucoup plus gros, refendu en forme de coeur, profondément divisé en deux lobes égaux, au centre un globuleux disque nectarifère. Sous chaque ombelle, un involucre aux fines bractées effilées.
    couleur : blanc pur, peu avoir sur le pétale une ligne médiane d'un rose violacé à la jonction les lobes, disque nectarifère vert Granny Smith.
    croissance : rapide.
    fruits : courant mai des diakènes plates ovales à elliptiques de 6.5 à 8 mm, pourvues de poils crochus sur le revers, marge formée d'un bourrelet annelé plus épais, formant un chapelet de petites perles blanchâtres sur un fond d'un vert Granny Smith, virant progressivement dans des tons ocres et plusieurs tons de roses pour le bourrelet de chapelet, voir photo bas de page.
    La récolte des graines s'effectue vers le mois d'octobre en coupant les ombelles puis bien les faire sécher avant de les battre.
    hauteur : 0.20 à 0.50m et ±, la variété cultivée au potager 'kaukalithra', avoisine 15 cm de haut.
    plantation : du printemps à l'été, la variété cultivée au potager se récolte selon climat toute l'année ou d'octobre à mai comme c'est le cas dans les potagers grecs.
    multiplication : par semis en place entre le mois d' août et décembre ou bien de janvier à mars semis entre 15 °C et 20 °C, compter pour la levée entre 2 et 3 semaines. Durée germinative des graines ± 3 ans.
    sol : acide, neutre ou alcalin, une préférence pour un substrat argileux, sablonneux et même caillouteux, bien drainé mais humide pour pouvoir l'utiliser en cuisine.
    emplacement : soleil, à besoin d'au moins 6 heures d'ensoleillement pour fleurir.
    zone de rusticité : 8a- 10a, U-K hardiness H=? , USDA zone 7a - 11, tolère aisément jusqu'à -15 °C, une fois installé tolère parfaitement des longues périodes de sécheresse.
    origine : zones cultivées et non cultivées dans les plaines et près des plages du sud-est de l'Europe et dans les olivaies, les champs, les pelouse steppiques*, terrains incultes, bord de chemins dans le sud-est de l'Italie dans la région des Pouilles, en Sicile et à Malte, présente dans le sud-est de la France, Aude, Hérault, Gard, Bouches-du-Rhône, Drôme, Var, Vaucluse, Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes et en Corse, en Europe dans le Caucase jusqu'en Grèce, îles des Cyclades et au nord-est dans les îles de l'Égée orientale, en Crète et le long de la côte en Turquie* et à l'est de la Lybie, Proche-Orient et l'Asie occidental. A été introduit dans l'état de l'Arizona, consulter la carte.
    Dans bien des cas les agriculteurs le considèrent comme une mauvaise herbe, surtout lorsque les fruits sont secs, car se collent aux pelages, toisons et vêtements et se détachent difficilement.
    entretien : à l'automne supprimer les tiges desséchées et semer en place; avec le temps surveiller sa propagation.
    maladies et ravageurs : exempt pour l'instant.
    NB : son nom Tordylium vient du grec ancien qui signifie tour à tourner faisant référence aux formes arrondies des fruits et son nom spécifique apulum d'Apulie qui l'ancien nom donné aux Pouilles, c'était un comté d'Apulie fondé par les Normands de Sicile en 1042.
    Elle trouve sa place dans les jardins secs, ceux en bord de mer, dans les pelouses fleuries, dans les massifs de petites graminées ou en association avec d'autres annuelles à floraison printanière.
    jardins côtiers où il supporte facilement les vents chargés de sel.
     Tordylium apulum graines en mai Ce genre après révision en mars 2012, sur 57 noms d'espèces connues, il ne comprend plus que 6 noms d'espèces et 14 autres noms sont considérés juste comme étant des synonymes et 37 autres noms demeurent toujours non résolus en 2022.
    Propriétés et utilisations :
    C'est le 'kaukalis' auquel fait allusion Dioscoride et Théophraste dans leurs écrits, selon Pline, les cendres diurétiques favorisaient le flux menstruel.
    Sur toutes les parties du tordyle , se trouvent des glandes sébacées, qui sécrètent une huile essentielle aromatique qui contient de l'a-humulène, du bêta-okimène, de l'octane octane et de l'hexanoate d'octane qui aurait parait-il des effets dans le traitement de certains cancers, notamment sur les tumeurs malignes présentes dans les reins chez les personnes âgées.
    Le tordyle contient de la vitamine E, 7 coumarines cytotoxiques, caroténoïdes et polyphénols; aucune toxicité ou autres effets secondaires n'ont été signalés jusqu'à présent.
    Dans la pharmacopée traditionnelle égéenne et caucasienne depuis des siècles, il est réputé pour ses propriétés anti-catarrhale, diurétiques, expectorante. Prescrit en décoction, pour traiter l’asthme, la toux, les douleurs rhumatismales et pour prévenir de la chute des cheveux, et pour les femmes calmer la dysménorrhée, les troubles de la menstruation, un accélérateur du cycle menstruel; le juc extrait desracines Le jus de la racine réputé efficace sur les maladies rénales..
    Les anciens disaient qu'il tonifiait le système nerveux, qu'il était bénéfique contre la mélancolie.
    Dans la cuisine traditionnelle grecque et crétoise, l'espèce sauvage est récoltée au coeur de l'hiver jusqu'au printemps (février-avril), lorsque les pousses tendres commencent à fleurir, avec les feuilles aromatiques, elles sont consommées crues en salade ou cuites (elles perdent leur forte odeur) et préparées comme des épinards. Comme légume en petite quantité, elles accompagnent d'autres herbes sauvages, et elles entrent dans les préparations pascales, dans les fricassées, les ragoûts et les mijotés de viandes, tartes aux légumes et tourtes aux herbes sauvages et également comme épice dans les soupes de haricots blancs et dans la préparation de marinade avec du vinaigre et du gros sel d'anchois, dans les boulettes de fava et dans les salades crues..
    Il entre dans la préparation du magiritsa, une soupe pascale qui est composée un hâchis d'abats de l'agneau, oignons, d'herbes sauvages cueillies dans la campagne, des laitues sauvages, des pousses de tordyle , des feuilles d'artichaut sauvage, des pissenlits, pousses de tordyle accompagnées de riz et parfumé à l'aneth.
    En Grèce, le tordyle est cultivé car il devient à la mode chez les restaurateurs et depuis quelques années ont le trouve proposé par les producteurs locaux ou les marchands de légumes et certaines épiceries ce qui risque peut-être de mettre en danger l'espèce sauvage, dans quelques années, pour l'instant elle est encore méconnue dans le reste de l'Europe occidentale.
    La forme sauvage est appelée kavkalithra qui se traduit par chou-fleur, celle qui est cultivée 'kafkalida, kafkalithra, moscholàchano', qui fait référence à son parfum musqué.
    Les 5 autres espèces retenues :
    - Tordylium byzantirum (Azn.) Hayek, un seul synonyme retenu Ainsworthia byzantina Azn., Tordyle byzantin présent en Turquie notamment dans les Cappadoce.
    - Tordylium elegans (Boiss. & Balansa) Alava, pas de synonyme.
    - Tordylium maximum L., synonymes retenus Caucalis maxima (L.) Vest, Heracleum tordylium Spreng., Pastinaca maxima (L.) Koso-Pol., la Tordyle élévé, Grande Tordyle, Tordyle majeur, de l'Europe méridionale depuis Péninsule Ibérique où il est nommé 'Tortilios, Mastuerzos' présent jusqu'en Europe centrale, Asie occidentale de la Turquie jusqu'en Iran, nommée en turc 'Koca davulotu,' présente en France, annuelle de 30 à 80 cm, floraison blanche de mai jusqu'en août.
    - Tordylium officinale L., un seul synonyme Condylocarpus officinalis (L.) W.D.J.Koch, présent enTurquie, nommé 'yaban davulotu'.
    - Tordylium pestalozzae Boiss., pas de synonyme, endémique à la Péninsule grecque, aux îles ioniennes, saroniques, Cyclades et Dodécanèse et sur la côte en face en Turquie où elle est nommée öz davulotu, consulter herbarium et photos du GBIF Global Biodiversity Information Facility, Herbarium vascular plant collections of the University of Turku in Finland.

    Annotations :
    pelouse steppique, se nomme phrygana en grec.
    climat méditerranéen, des hivers doux (7 à 18°C ) de mai jusqu'en août à faibles précipitations depuis la fin de l'automne et des étés chauds et secs (25° à 27°C), période où souffle le berg un vent chaud et sec qui peut faire augmenter la température jusqu'à 35°C; le printemps a lieu de septembre à novembre.
    *Koch., abréviation botanique W.D.J.Koch., pour le médecin, botaniste rhénan Wilhelm Daniel Joseph Koch (1771-1849), qui enseigne la botanique à l'Université d'Erlangen.
    On lui doit une flore germano-helvétique réalisée entre 1835 et 1837, éditée sous le nom de 'Synopsis florae germanicae et helveticae' incluant celles de l'Istrie et de la Biélorussie, consultable en ligne à la BHL (Biodiversity Heritage Library). Le genre Kochia lui a été dédié.
    *L., abréviation botanique pour auparavant le médecin, botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné auparavant Carl Linnæus (1707-1778), à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. En 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala, durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    *Turquie, la flore turc référence 17 espèces dont 9 d'entre elles sont considérées comme endémiques : Tordylium brachytaenium (ayakli davulotu), T. cappadocicum (pavi davulotu), T. ebracteatum (yali davulotu), T. elegans (narindavulotu), T. ketenoglui (beydavulotu), T. lanatum ( yünlü davulotu) , T. macropetalum (kaba davulotu), T. maximum (koca davulotu), T. pestalozzae (öz davulotu ), T. pustulosum (kaya davulotu), consulter une flore turque en ligne Turkiye bitkileri.
    natacha mauric © 07/04/2022 ® Jardin! L'Encyclopédie
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