Indigofera gerardiana ou heterantha - Indigotier de l'Himalaya
Portail de Jardin! L'Encyclopédie


    Steven Severinghaus © Flickr
    Nom commun : Indigotier de Gérard, Indigo de l'Himalaya, Faux indigo, nommé localement au Pakistan 'Ghorega' et par les anglophones 'Himalayan indigo, Indigo Bush', en allemand 'Himalaya-Indigostrauch'
    Nom latin : Indigofera gerardiana Graham ex Baker*, synonymes retenus, Indigofera heterantha Brandis, Indigofera macrostachya Vent., Indigofera rubroviolacea Dunn, Indigofera gerardiana var. heterantha (Brandis) Baker, Indigofera heterantha var. gerardiana (Baker) Ali, Indigofera himalayensis var. retusa S.N.Biswas
    famille : Leguminosae.
    catégorie : arbuste
    port : étalé.
    feuillage : caduc, pubescent, gris vert, débourrage tardif courant mai-juin, vire au jaune d'or à l'automne. Sur des rameaux articulés et pubescents, des feuilles alternes, pennées à 8-10 paires de folioles stipulées, ovales-oblongues, se repliant sur le revers, la nuit.
    floraison : grappes axillaires, s'ouvrant de bas en haut, une profusion de petites fleurs hermaphrodites, de l'été au début de l'automne (juin à septembre), nectarifère, visitée par les abeilles et les bourdons.
    Grappes terminales axillaires de fleurs de pois munies chacune d'une bractée, revers de fleur et calice pubescent à 5 parties inégales, celle vers l'étendard, est plus large que les autres, 10 étamines courbes.
    couleur : rose foncé, pourpre.
    fruits : gousses déhiscentes et courbes à compartiments, contenant dans chaque loge une graine réniforme.
    croissance : rapide.
    hauteur : 1 à 2.50 m.
    plantation : selon climat, en hiver ou au début du printemps.
    multiplication : par division des touffes, par semis à chaud (20 à 25°C) après avoir scarifier les faire tremper les graines durant 48 h dans de l'eau tiède. Levée aléatoire, compter au moins 30 jours. Principalement par boutures de nouvelles pousses au printemps.
    sol : fertile et bien drainé, sec ou sablonneux.
    emplacement : soleil à l'abri du vent et des gelées.
    origine : de l'Afghanistan et du nord du Pakistan, présent jusqu'au Tibet et au nord-ouest de la chaîne de l'Himalaya.
    zone : 7a-9b, U-K hardiness H5, USDA zones 8a-10. Tolère aisément jusqu'à -15°C. Redémarre de souche.
    entretien : prévoir un bon paillage hivernale, si les rameaux sont atteints par le gel, au début du printemps, rabattre le tout au ras du sol.
    Tous les 2 ou 3 ans renouveler la ramure.
    NB : son nom Indigofera vient du portugais qui le tient du latin 'indicum, indicus', qui désigne, les Indes Orientales et de 'fero', qui signifie, porter et son nom spécifique gerardiana de Gérard, parce qu'il est dédié, ainsi qu'une trentaine d'autres espèces, à l'officier britannique, de l'armée indienne Patrick Gerard (1795-1835), qui a collecté entre 1823 et 1825, de nouvelles espèces dans l'ouest de l'Himalaya, en Inde, en compagnie de son frère James Gilbert Gerard (1793-1835), chirurgien militaire et géomètre, de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Les spécimens étaient alors transmis au botaniste danois, Nathaniel Wallich* qui travaille à Calcutta pour le compte de cette même compagnie, qui lui dédiera, certaines des espèces collectées.
    Il a été primé par la RHS* avec The Award of Garden Merit" (AGM). Au jardin, il trouve aisément sa place, en groupe de 3 à 5 pieds, dans les massifs arbustifs ou boisés, les mixed-borders, les bordures et les haies basses, il est fort attrayant avec sa floraison d'arrière-saison, quelques espèces ont déjà trouvé leur place avec succès dans les jardins anglais. De plus, comme d'autres espèces du genre et des légumineuses, il fixe l'azote et régénère les sols.
    Ce genre comprenait 1325 noms botaniques référencés, parmi ceux-ci, après la révision de 2003, ont été retenus, seulement, 665 noms d'espèces d'annuelles, de vivaces semi-ligneuses ou d'arbustes originaires des zones tropicales ou subtropicales du globe.
    Propriétés et utilisations :
    Dans la pharmacopée traditionnelle au Pakistan, il est réputé soulager les douleurs abdominales et les spasmes musculaires, certaines maladies infectieuses, bactériennes et microbiennes et les infections cutanées. Des essais in vitro sur la plante entière, menées par l'Université de Malakand ont confirmé que l'Indigo de l'Himalaya, avait bien des propriétés antibactériennes, antifongiques et herbicide. Les recherches ont été poursuivies en vue d'une utilisation en tant qu'insecticide et herbicide naturels.
    Lire sur Taylor & Francis, la publication du Journal of enzyme Inhibition and Medicinal Chimistery, publié en février 2009.
    Voir également la publication de l'Université Mahatma Gandhi (Inde), sur l'extrait de feuilles avec des nanoparticules d'argent et d'or, pour agir sur les cellules cancéreuses du cancer du poumon, consulter.
    L'Indigotier de Gérard peut être confondu avec Indigofera tinctoria, l'indigo des teinturiers*, l'indigo des Indes, dont on tirait, autrefois, une teinture d'un bleu violet, recherchée pour les textiles. Cet indigo est extrait, après fermentation, à partir du feuillage de ce petit arbuste qui était récolté à trois reprises au cours d'une année.
    Les pains d'indigo ne peuvent être dissous qu'avec des produits chimiques, tel que, l'ammoniaque, la soude caustique et l'hydrosulfite de sodium.
    L'indigotine, E132, ou Carmin d'indigo est utilisé comme additif alimentaire, il peut, chez certaines personnes, provoquer, des allergies cutanées comme des démangeaisons, des éruptions cutanées ou de l'urticaire.
    Si le sujet vous intéresse, lire l'article Indigo, indigotier, indigotine et indican : tout sur l'indigo', chez Futura Planète, publié le 02/09/2015 par Claire König, enseignante en sciences naturelles.
    illustration : planche 44 de P.J.Redouté* dans Jardin de la Malmaison, par E.P. Ventenat, volume 1, Paris 1803, contribution du Smithsonian Institute, Washington, D.C., U.S.A., cliquer sur l'illustration pour découvrir l'ouvrage et la page 44.

    Quelques autres espèces à introduire au jardin :

    • Indigofera amblyantha Craib pas de synonyme retenu, c'est l'indigo de Chine, 2 à 2.50 m, avec jusqu'à l'automne, de longues grappes de fleurs d'un rose soutenu, lavé de rose violacé vers la base, nervuré de blanc.

      P.J. Redouté*
    • Indigofera heterantha Brandis, dans certaines flores, il est juste considéré comme étant un synonyme de Indigofera gerardiana Graham ex Baker ayant pour autres synonymes retenus, l'Indigofera rubroviolacea Dunn, présent dans la chaîne de l'Himalaya, floraison de l'été jusqu'à l'automne, fleurs d'un rose fuchsia soutenu et violet foncé à améthyste en partie base, sur des tiges très foncées.

    • Indigofera howellii Craib & WWSm., n'a pas de synonyme. Des feuilles composées de 7 à 17 folioles elliptiques à oblongues. Des tiges framboisées ou violacées et de longues grappes compactes de fleurs d'un rose magenta.

    • Indigofera howellii 'Reginald Cory', une nouveauté 2024, qui a été primé par la RHS* avec The Award of Garden Merit (AGM), 3 m (10 pi) en tous sens, feuilles oblongues de 9 à 11 cm, des grappes dans plusieurs nuances de rose allant jusqu'au carmin. Rustique, tolère des basses températures jusqu'à -15°C (5°F).

    • Indigofera kirilowii Maxime. ex Palibin., l'indigotier de Kirilov*, originaire de l'est de l'Asie, présent en Chine, Corée ainsi qu'au Japon, plus petit, buissonnant, 0.60 à 1.20 m, feuillage léger et d'un vert bleuté, floraison en denses grappes, rose et blanche, plus précoce que les autres, selon climat de la fin du printemps, début de l'été. Il a tendance à drageonner.

    • Indigofera potaninii Craib, pas de synonyme retenu, longue floraison bicolore sur 3 ou 4 mois, de longues grappes rose magenta et rose mauve en partie haute.

    Annotations :

    *Baker, abréviation botanique pour le botaniste écossais Joseph Gilbert Baker (1834-1920), spécialiste des mousses, responsable de l'Herbier de Kew. Il fut l'assistant de William Jackson Hooker (1785-1865).

    *Indigo des Teinturiers, lire à son sujet L'essai sur la fabrique de l'Indigo : Exploration captivante de la fabrication de l'indigo au XVIIIe siècle , publié par Joseph-François Charpentier de Cossigny, toujours réédité notamment en format pour les liseuses Books.

    *Kirilov, cet indigotier est dédié au jeune collecteur russe Ivan Petrovich Kirilov parfois orthographié Kirilow (1821-1842), il explore et collecte au sud de la Sibérie où il est né, durant 6 ans en compagnie du naturaliste et botaniste russe Grigori Silytch Kareline (1801–1872) qui le considérera comme un fils et du célèbre botaniste russe Nicolas Stepanowitsch Turczaninow (1796-1863), qui l'initie à la botanique à partir de 1835, sur les rives du lac Baïkal, puis il participe en tant que responsable de la collecte botanique, à l'expédition de Kareline, dans la chaîne de l'Altaï et au Kazakhstan. Consulter sa biographie sur jstor.org.

    *Redouté, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), illustrateur botanique ardennais qui s'installe chez son frère ainé, à Paris, comme peintre, décorateur. Il se rend régulièrement au jardin du Roy pour y travailler la peinture florale. C'est là, qu'il rencontre un magistrat du Roy, passionné de botanique, L'Héritier de Brutelle, qui en fait son assistant, illustrant des ouvrages de botanique, comme l'Encyclopédie botanique de Lamarck.
    En 1788, il devient le dessinateur de la reine Marie-Antoinette, puis celui de l'Académie des Sciences et pour finir, en 1804, le peintre officiel de l'impératrice Joséphine.
    Le plus connu d'entre eux est son ouvrage sur les Roses en 3 volumes, Paris, Didot, 1817-1824, toujours réédité. Des gravures et des lithographies sont à découvrir au musée communal Pierre-Joseph Redouté - 6870 - Saint-Hubert.

    *RHS., abréviation pour The Royal Horticultural Society, la Société Royale d'Horticulture, fondée à Londres, le 7 mars 1804, elle décerne chaque année à de nouvelles obtentions, "The Award of Garden Merit" (AGM), au cours du Chelsea Flower Show, qui se déroule 5 jours durant, du 23 au 27 mai à l'Hôpital Royal de Chelsea, à Londres. C'est l'une des plus grandes expositions florales au monde.
    Cette distinction, l'AGM, est la référence qui aide, chaque année, les jardiniers britanniques à choisir les meilleures plantes pour leur jardin.
    La RHS à partir de 1869, décerne chaque année la médaille commémorative Veitch 'en l'honneur de l'horticulteur-explorateur, écossais, James Veitch*, qui est décernée à des jardiniers, des collecteurs, des botanistes ou des scientifiques de toute nationalité, qui ont contribué et marqué leur époque par leurs actions.

    *Wall., abréviation botanique pour le chirurgien danois Nathaniel Wallich (1786-1854) qui travaille au Bengale pour le compte de la Compagnie des Indes orientales, là-bas, il s'intéresse à la flore de l'Inde, sa santé fragile fait qu'il passe 3 années à partir de 1811, sur l'île Maurice, au climat plus tempéré.
    En 1814, il est nommé surintendant du Muséum de Calcutta, trois ans plus tard, il est nommé, surintendant du Jardin botanique de la East India Company, puis en charge de celui de Singapour.
    Tout au long de sa carrière, il offre des spécimens aux collecteurs et se charge de l'acheminement des collectes vers l'Angleterre, en innovant des techniques pour les conserver durant les longs mois de transport, les graines sont stockées dans de la cassonade qui les conservent parfaitement. En 1847, il rentre en Angleterre, pour y passer sa retraite. Tout au long de sa vie, il échange une longue correspondance avec Charles Darwin et Sir Joseph Banks.
    Un genre de palmier, poussant en Inde et en Birmanie, lui a été dédié Wallichia et des centaines d'espèces lui ont été dédiées sous la forme wallichii wallichiana ou wallichianus.
    Ses découvertes et descriptions ont été intégrées à "Flora Indica, or, Descriptions of Indian plants" par William Roxburgh, éditée en 6 volumes par l'éditeur scientifique William Carey à la Mission Press entre 1820 et 1824, consultable en ligne à la BHL ou jardin de Calcutta et ses dessins, sur Kew.
    'Tentamen florae Napalensis illustratae : consisting of botanical descriptions and lithographic figures of select Nipal plants' édité à Serampore aux presses de la Mission de 1824 à 1826.
    'Plantae Asiaticae rariores; or, descriptions and figures of a select number of unpublished east indian plants, by Nathaniel Wallich, illustré par Vishnu Prasad, à Londres par Treuttel et Würtz, en 1830.
    L'herbier de la Compagnie des Indes orientales, plus connu sous le nom de 'Wallich Herbarium' est le plus grand herbier séparé de Kew.
    'Descriptions of some rare and curious plants édité à Calcutta par Medical and Physical Society of Calcutta, en 1834.
    'Notes on the drugs called Mishme Teeta and Pucha Pat ; Notes on Cassia lanceolata (Senna), édité à Madras, en 1837.
    natacha mauric ©23/06/2000 ® Jardin ! L'Encyclopédie
    ® Jardin ! L'Encyclopédie - Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l'exploitation commerciale sont expressément interdites - ® Jardin ! L'Encyclopédie.




compteur internet