Bouturage, Division, Greffage & Marcottage
Portail de Jardin! L'Encyclopédie


    Georges Truffaut 1939 ©
    Le bouturage consiste à multiplier une plante à partir d'un morceau séparé d'elle que l'on fera enraciner et pousser. Généralement, on bouture à partir d'un tronçon de tige, mais il est également possible de bouturer à partir de feuilles ou de portions de racine.

    Ce croquis ci-contre est extrait de 'Comment on soigne son jardin par Georges Truffaut, Librairie des établissements Georges Truffaut*, 8 ème édition revue et augmentée - 1939, Versailles.

    - Bouture de tige :
    Prélever un tronçon de 10-15 cm de long sur une jeune branche issue d'une plante saine et vigoureuse en coupant juste sous une feuille. Habiller la bouture en la déshabillant : enlever les feuilles tout le long en ne gardant que 2-3 feuilles terminales. Si les feuilles sont grandes, couper les feuilles en deux. La plante n'ayant pas de racine, donc n'ayant aucun moyen de pomper de l'eau, il faut diminuer la surface d'évaporation et il faut également enlever les bourgeons, car toute l'énergie doit être consacrée à la production du système racinaire. Éventuellement, tremper l'extrémité de la tige dans de l'hormone de bouturage, secouer légèrement la bouture puis la planter dans un substrat drainant composé de 2/3 bonne terre et de 1/3 de sable pour éviter les pourritures, arroser puis placer les boutures à l'ombre pour diminuer l'évaporation, puis patienter, ...
    - Bouture à talon :
    Comme précédemment mais il faut casser la tige à un embranchement en laissant un petit bout de la tige restante. Le petit renflement à l'embranchement est favorable à l'enracinement.
    Bouture à l'étouffée :
    Il faut placer le pot dans un sac transparent, exemple un sac de congélation maintenu fermer avec un élastique ou une ficelle pour favoriser l'augmentation de taux de l'humidité ambiante et diminuer ainsi l'évaporation. Effectuer quand même quelques petits trous dans le sac pour aérer et éviter le développement des moisissures et des pourritures. Elle peut s'effectuer dans une mini serre.
    - Bouture herbacée :
    Elle se pratique lorsque la tige est verte et non lignifiée, au printemps ou en début d'été notamment sur des plantes ne se lignifient pas (plantes molles).
    Cette pratique est utilisée pour multiplier géraniums, delphiniums, tomates, les plantes d'intérieur et d'autres, dans ce cas bien souvent le bouturage à l'étouffée est conseillé.
    - Bouture aoûtée et semi-aoûtée :
    Elle se pratique lorsque la tige est entrain de se lignifier ou tout juste lignifiée, cette lignification survient vers le mois d'août. Enracinement dans 1 à 2 mois qui suivent. Protéger du froid en hiver et mise en pleine terre au printemps.
    - Bouture aoûtée :
    Elle s'effectue sur les arbustes, les hortensias et les rosiers.
    - Bouture semi-aoûtée :
    Elle a lieu sur des arbustes à feuillage persistant et sur les plantes molles, des vivaces telles que les anthémis, fuchsias, impatiens, pélargoniums et géraniums.
    - Bouture ligneuse ou de bois dur :
    Se dit lorsque la tige est complètement lignifiée, c'est à dire à l'automne, juste avant l'hiver.
    Elle se pratique pour certains arbres et arbustes feuillus tels que les cornouillers, peupliers, saules et sur la vigne.
    - Bouture de feuille :
    Ne se fait que sur quelques plantes et de manière spécifique à chaque fois, sur le saintpaulia, sanseveria, bégonia rex et la cardamine.
    - Bouture de racines :
    Elle est assez similaire à la bouture de tige mais se elle s'effectue sur des racines plutôt charnues. Comme il s'agit ce coup-ci de faire apparaître un bourgeon, on n'enterre pas complètement la racine on la laisse affleurer la surface. Cette méthode se pratique avec certaines espèces d'asters, campanules, phlox, eryngium, ailante, lilas, paulownia, sumac.
    - Bouture de cactus :
    Les cactus n'ont pas besoin de beaucoup d'eau. Quand la bouture est prélevée, il faut patienter quelques jours avant de la planter, en la plaçant à l'air libre, à l'ombre pour permettre à la plaie et à la sève de sécher. Ensuite il faut juste poser ou légèrement enterrer pour la maintenir en place sur un substrat assez sableux maintenu légèrement humide. Placez vos boutures à l'ombre, il est inutile d'arroser tant que les racines ne sont pas développer.
    Bouture dans de l'eau :
    Au lieu de planter directement vos boutures, vous pouvez les faire enraciner dans de l'eau avec si vous en avez, un petit morceau de charbon de bois pour éviter le pourrissement dans un récipient où ne pénètre pas la lumière, un bocal enveloppé dans d'une feuille d'aluminium.
    A réaliser sur les impatiens, fuchsias, laurier rose et bien d'autres; pour les cyperus il faut les mettre à l'envers avec la tête immergée.

    La division :
    Cette méthode de multiplication a l'avantage de la rapidité et de la simplicité, il faut également noter qu'elle est nécessaire à un grand nombre de plantes pour avoir une floraison maximum.
    La période idéale se situe pendant la période de repos, de l'automne au début du printemps, en dehors des périodes de gel puis les morceaux sont replantés immédiatement en pleine terre ou en pot.
    • Les vivaces classiques (à souche fibreuse) sont déplantées avec une motte de terre puis séparées en 2 à 4 morceaux à l'aide d'un sécateur, d'une pelle ou de bêches.
    • Les plantes à souche ligneuse (présentant des bourgeons) ou celles à rhizomes sont déterrées puis nettoyées et découpées avec un sécateur en fractions, chacune devant posséder des racines et des bourgeons.
    • Les tubercules, des Dahlias par exemple, sont séparés de façon à obtenir des tubercules ayant chacun une fraction de l'ancienne tige.
    • Les caïeux ou bulbilles après avoir été déterrés sont simplement séparés à la main du bulbe mère.
    • Lors de la transplantation de rejets, ou drageons, il faut bien prendre garde à ce que ce rejet que l'on va déterrer et couper possède des racines.
      Il faut noter que dans le cas de plantes greffées, les rejets correspondent au porte-greffe et n'ont donc aucun intérêt pour la floraison ou la fructification.

    Le greffage :
    • C'est une technique de multiplication utilisant un rameau (greffon) de la plante à multiplier et un porte-greffe adéquat.

    • Le choix du porte-greffe qui va apporter sa vigueur, ses racines et souvent le tronc au greffon. Ils doivent être de la même famille et du même genre ou d'un genre voisin. Ce porte-greffe doit être vigoureux et il doit avoir un développement en rapport avec celui du greffon.

    • La greffe s'effectue principalement au printemps après avoir prélevé les rameaux greffons en hiver et après conserver en jauge dans du sable pour retarder le départ de la végétation, mais pour l'écussonnage celle-ci s'effectue en été.

    • Pour la greffe, le principe est de mettre en contact une grande surface du tissu végétal (le liber) contenant les vaisseaux où circule la sève, juste sous l'écorce des deux éléments, puis de protéger la plaie avec du mastic de greffage ou de la cire et ensuite de maintenir la greffe en place avec du raphia , chanvre, de la ficelle ou de la laine.

    Les principales sortes de greffe :

    - Greffe en approche :
    Rapprocher deux branches d'arbres, enlever l'écorce proprement au niveau du contact puis les ligaturer ensemble, côte à côte.
    - Greffe en couronne :
    Au printemps généralement elle est pratiquée pour régénérer un arbre fruitier qui ne produit plus, en sectionnant les branches principales, puis au niveau de ces sections, insérer en cercle sous l'écorce plusieurs greffons entaillés exactement comme la greffe en fente, le tronc peut être entaillé en cercle de la même façon.
    - Greffe par bourgeon ou par oeil :
    Elle s'opère avec de simples oeil ou borgeon adhérents à une plaque d'écorce à placer sur le même sujet ou sur des sujets différents.
    - Greffe en écusson :
    Elle se pratique de préférence en été et essentiellement sur les rosiers et les arbres fruitiers lorsqu'ils sont en sève en prélevant au niveau d'une feuille avec son "pétiole", un bourgeon avec un peu d'écorce, sur le porte-greffe au niveau d'une entaille en T, soulever l'écorce pour insérer le greffon, ligaturer avec du chanvre ou de la laine sans endommager l'oeil, patienter entre 15 jours et un mois pour que s'opère la réunion entre les écorces.
    - Greffe en fente, en incrustation :
    En haut du tronc sectionner le porte-greffe qui doit avoir au moins 45 cm de long, sur l'extrémité supérieure effectuer une fente de 5 à 8 cm de long, insérer provisoirement un coin pour la maintenir ouverte, dans cette entaille insérer un ou deux greffons qui viennent juste à l'instant entaillé d'une dizaine de cm sur ses cotés.
    - Greffe en sifflet :
    Elle n'est utilisée que pour multiplier le châtaignier, le noyer et le mûrier courant avril, en prélevant un oeil greffon avec un anneau d'écorce d'où son nom de greffe en sifflet, si possible du même diamètre que celui pratiquer sur le porte greffe au point de greffe, mettre en place les anneaux et les maintenir avec une ligature; prévoir au-dessus du greffon un oeil d'appel.
    - Fin des greffes :
    Environ deux mois après le greffage, dès que l'on aperçoit les premiers signes de reprise, couper le porte-greffe au-dessus de la greffe et dans le cas de la greffe en approche, sectionner le greffon sous la greffe.

    Vous pouvez consulter l'Abrégé d'horticulture ou Notions élémentaires sur la greffe et la taille des arbres, sur la culture des principales fleurs d'agrément et sur la culture potagère' de Lucien Platt ancien sous-directeur du jardin des plantes de Saint-Pierre (Martinique), N.J.Philippart éditeur à Paris - 1861, à la Bnf-Gallica.

    Gravures des différentes techniques de greffage du dictionnaire d'horticulture :

    A découvrir page 17 :
    - Greffe par approche de côté,
    - Greffe par approche en tête,
    - Greffe sous écorce par rameau simple,
    - Greffe en incrustation,
    - Greffe en fente simple, - Greffe dans l'aubier.
    - Greffe en placage,

    Voir également page 18 :
    - Insertion du greffon de la greffe en fente,
    - Greffe anglaise compliquée,
    - Greffe en écusson,
    - Greffe en fente double,
    - Greffe en fente sur bifurcation,
    - Greffe en flûte ordinaire,
    - Dressage du rameau de l'écusson contre l'onglet,
    - Palissage de la greffe sur une jeune tige,
    - Palissage d'une greffe latérale contre le tuteur.

    Le marcottage :
    'Le marcottage une opération qui consiste à faire développer des racines sur des rameaux sans séparer ceux-ci du pied mère.
    Lorsque la présence des racines est constatée, on procède au sevrage du rameau en le coupant. On obtient ainsi une nouvelle plante en tout point semblable à la plante mère.
    En culture potagère, ce procédé est employé pour donner aux végétaux une alimentation supplémentaire favorable au développement des fruits et aussi un marcottage, mais dans ce cas, les tiges enracinées ne sont pas détachées de la plante mère. Cette technique qui se pratique au potager pour les courges et les potirons.
    La multiplication des fraisiers au moyen de coulants ou stolons qui s'enracinent, constitue un marcottage naturel.
    Une marcotte simple, c’est un rameau qu’on enterre par buttage ou coudage (figure ci-contre) afin de lui faire produire des racines adventives, sans le séparer du pied mère. Lorsque l’enracinement c'est produit, on obtient un nouveau rejeton en retranchant le rameau du pied mère. '
    Source - Dictionnaire Vilmorin des plantes potagères - 1948, Vilmorin Andrieux S.A.
    - Marcotte aérien :
    Elle s'effectue au printemps pour propager des plantes d'intérieur à tiges épaisses pour les régénérer lorsqu'elles deviennent longues et dégarnies, elle se pratique également sur d'anciennes variétés d'arbres et d'arbustes, sur des sujets âgés sur lesquels on ne peut pas abaisser les branches.
    Entailler la tige juste en dessous d'un noeud, soulever la fente ouverte avec un cure-dent. Entourer la plaie avec de la mousse de sphaigne humide. Entourer cette mousse d'un manchon de plastique ou du papier d'aluminium et ligaturer le tout en place, patienter quelques mois, lorsqu'i y a des racines séparer la marcotte en coupant juste au dessous des racines et la mettre en pot.
    On peut également inciser l'écorce sur tout le pourtour d'une tige, effectuer la même chose 4 à 5 cm plus loin. Entre ces deux entailles supprimer délicatement l'écorce sur cette portion sans entamer le bois, mettre de la poudre de bouturage et l'entourer d'un manchon de mousse humidifiée.
    Lorsque les racines se développent dans le manchon, couper la plante en dessous de la motte de racines.
    Exemples de plantes d'intérieur se pratique sur les dracaena, dieffenbachia, philodendron, pothos et au jardin elle se pratique sur des azalées, hamamélis, magnolia, rhododendron, etc...
    - Marcotte par buttage :
    A la fin de l'hiver, former autour d'une plante qui pousse en touffe une butée arrondie, composée d'un tiers de terre du jardin, un tiers de bon terreau de feuilles et de un tiers de sable, mélange approprié pour bien conserver l’humidité. Rabattre les tiges à une hauteur de ± 15 cm, arroser régulièrement pour maintenir une humide constante.
    Sur les parties qui sont sous terre vont se développer des racines et au niveau des yeux vont se développer de nouvelles branches.
    Le sevrage s'effectue à l'automne, en coupant les marcottes le plus bas possible pour conserver un maximum de racines puis en place en pleine terre ou dans des potées.
    - Marcotte par circoncision :
    Il faut délicatement sans entamer le bois d'une branche, retirer un anneau circulaire d'écorce et la coucher dans la terre. Cette technique va arrêter la sève l’endroit où les racines apparaitrons.
    - Marcottage en serpenteau :
    Il faut sélectionner un long rameau souple en retirer toutes les feuilles et y supprimer tous les départs de rameaux latéraux, puis l'enterrer en plusieurs points à ± 10 cm de profondeur en maintenant les courbures avec des attaches en U ou en posant dessus des cailloux.
    Si sur la plante que l’on veut multiplier les branches sont trop élevées, on se sert d'un pot ouvert par une fente latérale, afin de pouvoir faire traverser la branche qui devra y former des racines dans une bonne terre humide. Les pots doivent être soutenus par un piquet à la hauteur de la branche.

    Annotations :
    *Georges Truffaut (1872- 1948), ingénieur agricole, lauréat de l'Académie d'Agriculture. En 1897 il fonde les établissements et les laboratoires Georges Truffaut, avenue de Picardie à Versailles, en 1911 création de la revue Jardinage, dont y en est le directeur qui parait jusqu'en 1939. En 1912 création d'une roseraie dans les établissements sur plus de 10000m².
    En 1914, publication de la première encyclopédie 'Comment on soigne son jardin'.
    Il est promu en 1938 Officier de la Légion d’Honneur. Abréviation botanique officielle G.Truff
    Création en 2011, de la Fondation Georges Truffaut qui soutient financièrement des associations ou organismes à but non lucratif, qui développent des actions favorisant le bien-être des hommes grâce au végétal, les jardins de soins et santé, les jardins d’insertion et les jardins solidaires, voir : fondation-georges-truffaut.org.
    - nmauric © 07/07/2019 - ® par la Société des Gens de Lettres - Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l'exploitation commerciale sont expressément interdites.




compteur de visites gratuit