Sarracenia purpurea - Sarracénie pourpre
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    Kurt Stueber ©
    Nom commun : Sarracénie (sarracène) pourpre, nommée par les anglophones 'Purple pitcherplant'.
    Nom latin : Sarracenia purpurea L.*
    famille : Sarraceniaceae.
    catégorie : plantes carnivore - vivace tapissante.
    port : rosette sur rhizome traçant.
    feuillage : persistant, réduit à l'état d'écailles en hiver.
    floraison : début printemps. Larges urnes évasées de Ø 6cm d'un vert acide veiné de pourpre foncé ou rouge foncé, parfois jaune. Plus elle est exposée au soleil, plus elle se colore. Fleurs pendantes
    couleur : rouge pourpré, calice d'un vert rougeâtre.
    croissance : moyenne.
    hauteur : 0,15 m. hampe florale : 0,30 m pouvant atteindre Ø de ± de 1m.
    plantation : printemps.
    multiplication : au printemps, division des rhizomes par section, ou semis (entre 16 et 21°C ).
    sol : pauvre et acide : tourbe et sphaigne + sable.
    emplacement : plein soleil. Le soleil est indispensable à la formation des ascidies (pièges, en forme d'urne). A l'extérieur toute l'année si possible.
    Attention au soleil d'été qui peut brûler.
    zone : 6 - 10, supporte de petites gelées jusquà -5°C.
    origine : Découverte sur les rives de la rivière St-Maurice (affluent du Saint Laurent) par le chirurgien-médecin des troupes royales Michel Sarrazin, Tournefort initialement la nomma canadensis pensant qu'elle était endémique à cette contrée.
    entretien : le substrat doit être toujours bien humide, imbibé comme une éponge. L'hiver, le maintenir juste humide. Utiliser de l'eau de pluie, ou sinon, une eau très faiblement minéralisée du commerce, de pH < 7. Pas d'eau calcaire.
    Pas besoin d'engrais : la plante se fournit en azote grâce aux insectes qu'elle piège.
    NB. : son nom Sarracenia lui a été donné en l'honneur du chirurgien, médecin, naturaliste et botaniste Michel Sarrazin qui fut chirurgien-major des troupes royales au Québec vers 1685, correspondant de l’Académie Royale des Sciences de Paris pour découvrir, collecter des espèces de la flore, faune et minéraux locaux, on lui doit la découverte en 1732 de la sarracénie pourpre et son nom spécifique purpurea signifie pourpre.
    Durant ses études, il fréquente le Jardin royal des Plantes, le futur Muséum d'Histoire Naturelle, où il s'initie à la botanique sous la direction de Joseph Pitton de Tournefort, qui publie en 1700 son célèbre ouvrage 'Institutiones rei herbariae;' qui contient des informations fournies par Sarrazin, durant 20 ans il fait parvenir au Jardin royal des Plantes des espèces vivantes, des graines et des spécimens annotés d'herbier américain, spécimens qui font toujours partie de l'herbier du Muséum d'Histoire Naturelle dont la base a été constitué par le botaniste Sébastien Vaillant (1669-1722), des espèces qui figurent dans le catalogue des plantes du Canada d'Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836).
    Ce genre comprend 8 espèces de vivaces et 18 sous espèces, toutes originaires des tourbières, prairies et marécages des États-Unis et du Canada, cercle artctique inclus.
    C’est vraiment par hasard qu'en 2014, au Jardin botanique de Nantes, son jardinier Christian Besson découvre que la sarracénie, attire avec des phéromones contenues dans son nectar et dévore avec ses sucs digestifs les frelons d'Asie Vespa velutina, véritables insectes tueurs d'abeilles. Chaque plante est constituée de 10 à 15 urnes et elle peut consommer jusqu’à 50 frelons par jour, des chercheurs essaient de trouver la molécule sécrétée par la sarracénie pour la reproduire chimiquement et l'utiliser dans un piège.
    La variété 'venosa' est plus sensible au froid : elle ne supporte pas moins de 0°C.
    Il existe deux sous-espèces :
    - Sarracenia purpurea  L. ssp. gibbosa  (Raf.) Wherry, synonyme Sarracenia heterophylla  Eaton.
    - Sarracenia purpurea  L. ssp. purpurea  présente aussi au Canada avec deux autres variétés.
    Autres espèces :
    - Sarracenia alata  Alph. Wood, Sarracenia sledgei  Macfarlane, Sarracénie ailée, nommée localement 'Pale pitcher plant', ou 'Fly-catcher', originaire des états du Texas, Louisiane, Mississippi, Alabama et Géorgie, 60cm à 75cm de haut, ascidies d'un vert acide, pubescents pouvant être légèrement lavés de rouge- brun notamment l'opercule, fleurs pendantes d'un jaune très pâle enchâssée dans une calice vert granny-smith, zones 8-11.
    - Sarracenia minor , Sarracénie petite, naine, nommée localement 'Hooded pitcher plant', originaire des états de la Floride, Géorgie et Caroline du Nord, environ 30cm de haut, ascidies veinées de rouge et maculés de blanc, fleur jaune.
    - Sarracenia oreophila  (Kearny) Wherry, Sarracénie montagnarde, (du grec 'oreos' montagne et 'philos' ami qui aime la montagne), nommée localement 'Green pichet plant', endémique à une zone restreinte du centre et nord-est de l'Alabama, nord-est de la Géorgie et Tennessee, environ 70cm de haut, ascidies qui se distinguent par une veine rouge, fleur jaune.
    - Sarracenia psittacina  Mich., Sarracénie bec de perroquet, nommée localement 'Parrot pitcher plant', originaire des états de la Louisiane, nord Floride et sud Géorgie, environ 30cm de haut, ascidies en forme de bec de perroquet, striées de blanc, vert et rouge, se distingue par une fleur rouge. (photoci-contre)
    - Sarracenia rubra  Walter, Sarracénie rouge, nommée localement 'Sweet's sweet pitcher', originaire elle aussi des états de l'Alabama, Floride, Géorgie, et les Caroline, environ 60cm de haut, ascidies veinées de rouge opercule et marge cuivrée.

    Annotations :
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'., son herbier, le plus riche de son époque contenait 7000 plantes.
    En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède et à partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et 'Species plantarum', consultable en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto.
    Florence Boutz & natacha mauric © 06.01.2001 ® Jardin! L'Encyclopédie
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