Caladium bicolor - Caladion bicolore, Palette de peintre
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    Nom commun : Caladium bicolore, Caladion bicolore, Palette de peintre, Chevalier rouge nommé par les anglophones 'Heart-of-Jesus, Mother-in-law plant, Fancy-leaved caladium'.
    Nom latin : Caladium bicolor  (Ait.*) Vent.*, donné pour synonyme par The Plant list de Caladium × hortulanum  Birdsey, et d'une bonne centaine d'autres synonymes.
    famille : Araceae.
    catégorie : vivace tubéreuse acaule.
    port : touffe évasée.
    feuillage : caduc en milieu naturel, il disparait durant la saison sèche, long pétiole, grande feuille auriculée ou cordiforme, écussonnée ou sagittée, d'un vert uni à coeur rose ou rouge; tachetées, panachées, marbrées de et nervures marquées d'une couleur différente. Couleurs vert, rose, rouge ou blanc.
    floraison : très courte juste un ou deux jours, à la fin de l'été, spathe en cornet -souvent cachée par le feuillage) avec des spadices courts de fleurs mâles en partie supérieure s'ouvrant les premières et les femelles vers la base. La pollinisation est principalement effectuée par des coléoptères. Au crépuscule durant moins d'une heure, les fleurs mâles émettent de la chaleur et dégagent une forte odeur fruitée qui attirent les coléoptères qui viennent manger la partie stérile tout en la pollinisant, le lendemain à la même heure, tout en chauffant est émise une odeur fécale (type bouse) qui attirent des mouches* qui viennent y déposer leur ponte, mais elles glissent au fond du réceptacle florale et ne peuvent en ressortir à cause de la présence de long filaments (poils), durant cet réclusion forcée, elles déposent le pollen qu'elles portent sur elles. Le lendemain, les filaments commencent à se dessécher et toutes les fleurs mâles libèrent du pollen qui tombent sur les mouches qui parviendront à sortir du piège et s'en vont polliniser d'autres fleurs.
    couleur : blanc verdâtre.
    croissance : rapide.
    hauteur : 0.25 à 0.45 m et plus en milieu naturel.
    plantation :en mars, 2 à 3 tubercules par pot, les positionner à fleur de terre.
    multiplication : par division des tubercules, maintenir une T° entre 24 et 26°, augmenter progressivement l'arrosage.
    sol : terreau de feuilles, terre de bruyère et sable.
    emplacement : mi-ombre, lumière vive, mais pas de soleil direct, atmosphère chaude (20°) et humide.
    zone : 10 - 11 (12°.)
    origine : Amérique du sud et Amérique centrale en zone tropicale dans la forêt amazonienne* notamment long de la côte du Brésil, présent aux Antilles.
    entretien : arroser avec de l'eau tiède, éviter les courants d'air, pas de pulvérisation sur le feuillage, apport d'engrais très dilué, toutes les 3 semaines.
    En automne, les feuilles se fanent, diminuer l'arrosage; en hiver conserver, les tubercules dans leur pot à une température entre 15 et 16°, sans les arroser, ou conserver les tubercules hors de terre pendant l'hiver.
    Ne pas mouiller le feuillage et surtout ne pas utiliser de produit lustrant.
    Les feuilles peuvent être utilisées dans la composition de bouquets, mais auparavant il faut immerger la feuille durant 24h dans de l'eau, à ce moment là elle se conserve entre 10 et 15 jours.
    maladies et ravageurs : une ambiance trop sèche favorise l'apparition des araignées rouges, délaissé par les lapins.
    NB :son nom Caladium  a pour origine le mot malais 'keladi' qui désigne les taro. Après révision le genre qui comprenait 226 nom d'espèces ne comprend plus que 12 espèces de vivaces tubéreuses, originaires d'Amérique du Sud en zone tropicale.
    Il est largement décrit en 1884 avec d'autres espèces exotiques par Joris-Karl Huysmans dans son ouvrage À Rebours*, un texte taxé d'esthétisme décadent.
    Propriétés et utilisations :
    Comme toutes les aracées, les Caladium sont classés parmi les plantes toxiques pour les humains et les animaux, l'ingestion de toute partie de la plante tel que peut provoquer des irritations, des brûlures des lèvres, des muqueuses et de l'oesophage.
    Ce genre n'a rien à voir avec le Caladium seguin  utilisé en homéopathie où il est connu sous le nom de Canne marone, Canne de Madère, c'est en réalité Dieffenbachia segunia  Schott., donné pour synonyme de l'Arum seguinum  Jacq.
    Les autres espèces :
    - Caladium andreanum  Bogner, pas de synonyme,décrite en 1984, mais déjà répertorié en 1976 en Colombie dans les Andes dans le département du Quindío à l'ouest de Bogota, feuilles linéaires, spathe blanc et pourpre.
    - Caladium coerulescens  G.S.Bunting, pas de synonyme, Caladion bleuissant, fructification blanche à maturité.
    - Caladium macrotites  Schott., synonyme Caladium angustilobum  Engl., présent en Guyane, à feuilles linéaires très étroites.
    - Caladium picturatum  K.Koch & C.D.Bouché, présent au nord du Brésil, Guyane et sud du Venezuela, feuilles sagittées longues et très étroites, d'un vert soutenu maculé de taches blanches, nervure médiane cernée de rose pâle.
    - Caladium humboldtii  Schott, originaire du Brésil, feuilles panachées de vert et blanc presque translucides, serait plus facile à cultiver.
    - Caladium picturatum  K.Koch & Bouche, aux feuilles étroites vertes à nervures blanches, il existe des variétés à feuilles rouges.
    -- Caladium schomburgkii  Schott., originaire de Guyane et du Brésil, feuilles sagittées, multicolores, épaisses et plus petites que les autres variétés.
    - Caladium smaragdinum  K.Koch & C.D.Bouché., synonymes Caladium asperulum  Schott, Caladium engelii  H.Karst., Caladium smaragdinum var. asperulum  (Schott) Engl., à feuilles ovales vert clair, limbe ponctué de macules blanches entre les nervures.
    - Caladium steyermarkii  G.S.Bunting., pas de synonyme.
    - Caladium ternatum  Madison., pas de synonyme.
    - Caladium tuberosum  (S.Moore) Bogner & Mayo., synonyme Aphyllarum tuberosum  S.Moore, feuilles sagittées, inflorescence jaune vif.

    Annotations :
    *Ait., abréviation botanique pour William Townsend Aiton (1731-1793) jardinier-botaniste écossais qui œuvre au jardin de Chelsea avant d'être chargé en 1759 par la princesse de Galles (Augusta de Saxe-Gotha-Altenburg) (1719-1772) de gérer les collections, d'introduire de nouvelles espèces et développer le jardin exotique de Kew House, date qui correspond à la fondation des Jardins botaniques royaux de Kew.
    Il est l'auteur du célébrissime 'Hortus Kewensis a catalogue of the plants cultivated in the Royal botanic garden at Kew' en 3 volumes, impr. Georges Nicol - 1789 (le volume 3 est consultable en ligne sur books.google.fr).
    A.Sergueev©
    *forêt amazonienne elle est présente dans 9 pays, un tiers au Pérou, Equateur, Colombie, Venezuela, Suriname, les Guyanes et la Bolivie et les 2 autres tiers de sa superficie totale couvrent le Brésil (État de Amazonas). cette forêt conterait plus de 16.000 espèces différentes, dont 11.000 espèces d'entre elles sont répertoriées comme étant rares. Le centre de cette forêt est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 2000 Parc National de Jaú , élargi en 2003 au Parc National d’Anavilhanas, à la Réserve de développement durable Amanã et à la Réserve de développement durable Mamirauá, le tout correspond à 6 millions d'hectares situés.
    *Vent., abréviation botanique pour le nom du botaniste français Étienne Pierre Ventenat (1757-1808) ont lui doit de nombreux ouvrages sur les principes de botanique et le règne végétal, et surtout son ouvrage dédié au Jardin de Malmaison en deux volumes illustrés par Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) jardin de l'impératrice Joséphine qui avait souhaité y faire figurer toutes les nouveautés et plantes les plus rares, présentes sur le sol de France.
    À Rebours (1884) texte taxé d'esthétisme décadent.
    "Sa liste à la main, des Esseintes appelait, vérifiait ses emplettes, une à une.
    Les jardiniers descendirent de leurs carrioles une collection de Caladiums qui appuyaient sur des tiges turgides et velues d'énormes feuilles, de la forme d'un coeur; tout en conservant entre eux un air de parenté, aucun ne se répétait.
    Il y en avait d'extraordinaires, des rosâtres, tels que le Virginale qui semblait découpé dans de la toile vernie, dans du taffetas gommé d'Angleterre; de tout blancs, tels que l'Albane, qui paraissait taillé dans la plèvre transparente d'un boeuf, dans la vessie diaphane d'un porc; quelques-uns, surtout le Madame Mame, imitaient le zinc, parodiaient des morceaux de métal estampé, teints en vert empereur, salis par des gouttes de peinture à l'huile, par des taches de minium et de céruse; ceux-ci, comme le Bosphore, donnaient l'illusion d'un calicot empesé, caillouté de cramoisi et de vert myrte; ceux-là, comme l'Aurore Boréale, étalaient une feuille couleur de viande crue, striée de côtes pourpre, de fibrilles violacées, une feuille tuméfiée, suant le vin bleu et le sang.
    Avec l'Albane, l'Aurore présentait les deux notes extrêmes du tempérament, l'apoplexie et la chlorose de cette plante. Les jardiniers apportèrent encore de nouvelles variétés; elles affectaient, cette fois, une apparence de peau factice sillonnée de fausses veines; et, la plupart, comme rongées par des syphilis et des lèpres, tendaient des chairs livides, marbrées de roséoles, damassées de dartres; d'autres avaient le ton rose vif des cicatrices qui se ferment ou la teinte brune des croûtes qui se forment; d'autres étaient bouillonnées par des cautères, soulevées par des brûlures; d'autres encore montraient des épidermes poilus, creusés par des ulcères et repoussés par des chancres; quelques-unes, enfin, paraissaient couvertes de pansements, plaquées d'axonge noire mercurielle, d'onguents verts de belladone, piquées de grains de poussière, par les micas jaunes de la poudre d'iodoforme. Réunies entre elles, ces fleurs éclatèrent devant des Esseintes, plus monstrueuses que lorsqu'il les avait surprises, confondues avec d'autres, ainsi que dans un hôpital, parmi les salles vitrées des serres.
    - Sapristi! fit-il enthousiasmé. Une nouvelle plante, d'un modèle similaire à celui des Caladiums, l'« Alosacia Metallica », l'exalta encore. Celle-là était enduite d'une couche de vert bronze sur laquelle glissaient des reflets d'argent; elle était le chef-d'oeuvre du factice; on eût dit d'un morceau de tuyau de poêle, découpé en fer de pique, par un fumiste.."
    '..Tout n'est que syphilis, songea des Esseintes, l'oeil attiré, rivé sur les horribles tigrures des Caladium que caressait un rayon de jour. Et il eut la brusque vision d'une humanité sans cesse travaillée par le virus des anciens âges. Depuis le commencement du monde, de pères en fils, toutes les créatures se transmettaient l'inusable héritage, l'éternelle maladie qui a ravagé les ancêtres de l'homme, qui a creusé jusqu'aux os maintenant exhumés des vieux fossiles!"
    - À Rebours (1884) de Georges Charles Marie Huysmans, dit Joris-Karl Huysmans (1848-1907).
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Caladium x hortulanum) in Mercer Arboretum and Botanical Gardens. Humble (Houston area), Texas

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