Physalis alkekengi - Alkékenge, Amour en cage, Coqueret
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    Nom commun : Physalis, Alkékenge, Amour en cage, Coqueret alkékenge, Coqueret, Cerise d'hiver, Cerise de juif, Cerise de terre, Coccigrole, Herbe à la pierre, Herbe en cloque, Herbe aux lanternes, Groseille du Cap, Lanterne japonaise, au Canada, Herbe aux cloques ou à cloques, nommé par les anglophones 'Winter Cherry, Chinese lantern plant', en allemand 'Chinesische Laterne', en espagnol 'Alquguenje, Farolillo chino, Linterna china, Halicábalo, Corazoncillo, Vejiga de perro, Vejigoso, en italien 'Alkekengi, Aalchechengi, Alchechengio, Ciliegino, Lanterna cinese, Lanterne cinesi, en portugais 'Fisalis, Lanterna chinesa, Camapu, Balãozinho, Joá-de-capote', en russe 'Fizalis, Kitayskiy fonarik'.
    Nom latin : Physalis alkekengi L.* '1753), synonymes retenus Alkekengi officinarum Moench*, Physalis alkekengi var. alkekengi, Physalis alkekengi var. anthoxantha H. Lév., Physalis alkekengi var. orientalis Pamp., Physalis ciliata Siebold & Zucc., Physalis kansuensis Pojark., Boberella alkekengi (L.) E.H.L.Krause, demeurent non résolus en 2021 Physalis halicacabum Crantz, Physalis hyemalis Salisb.
    famille : Solanaceae.
    catégorie : herbacée vivace à rhizomes traçants.
    port : touffe érigée.
    feuillage : 'caduc', vert franc, sur des tiges anguleuses légèrement pubescentes. Feuilles alternes, pétiolées, deltoïdes-ovales ou cordiformes ( 5- 10 cm), légèrement dentées et acuminées.
    floraison : du printemps à l'automne (de mai-juin jusqu'en octobre), fort visitée par les abeilles qui en assurent la pollinisation.
    Des petites fleurs hermaphrodites, solitaires à l'aisselle des feuilles, corolle plissée en forme de clochettes à 5 lobes aigus lancéolés, sur le revers de courts petits poils blanchâtres, 5 étamines, aux anthères dressées, voir photos sur l'Inpimnhn.
    couleur : blanchâtre en coeur jaune.
    fruits : des baies rondes, lisses, charnues et comestibles, d'un rouge orangé à saveur acidulée, dans un calice orange globuleux, gonflé, parcheminé à 5 lobes nervurés. La récolte s'effectue d'août jusqu'en octobre.
    croissance : rapide.
    hauteur : 0.20 à 0.80 m.
    plantation : au printemps courant mars-avril en place jusqu'en mai.
    multiplication : par semis à partir de février, mars à peine recouvert, comme le persil ou par division des touffes ou prélèvement de rejets avec racines ou ou plus simplement de tronçons de racines.
    Il faut savoir que les graines ont des propriétés germinatives limitées, guère plus de 3 ans.
    sol : indifférent qu'il soit acide ou neutre ou alcalin, pauvre ou fertile ou riche, humide ou frais, adapté au calcaire et s'accommodant bien des sols secs.
    emplacement : soleil pas trop chaud ou mi-ombre quelques heures dans la journée.
    zone : 6-10, U-K hardiness H2, USDA zones 5-9, tolère aisément jusqu'à - 15 °C.
    origine : en régions chaudes et tempérées spontané sur le pourtour méditerranéen, du sud de l'Europe depuis le Midi de la France et l'Italie jusqu'au Caucase, présent jusqu'en Inde, Chine et au Japon, présent en Afrique ainsi qu'en Amérique du Nord où il a été introduite.
    entretien : récolter les baies en septembre. Attention, immatures, elles sont toxiques. En automne, supprimer les tiges desséchées, et surveiller son développement, car avec leurs rhizomes traçants, ils deviennent rapidement envahissants.
    maladies et ravageurs : peut être sujet aux aleurodes (glasshouse whitefly) et aux pucerons (aphids), sensible à la rouille Sphaerotheca fusca (rust), que l'on rencontre en Amérique du Nord, Canada inclus.
    NB : son nom Physalis vient du grec 'Physaô' qui signifie gonfler, phusalis désigne la vessie, faisant allusion à son calice, et son nom spécifique alkekengi alkékenge vient de l'arabe Al-kâkang, mot désignant une lanterne, faisant référence à sa fructification, mot qui donna successivement à travers les siècles, au 14e, alcacange, alkakengi, au 17e, alchechange, alchequange, alquéguenge, alkandje, alkaquengi.
    Certains auteurs disent que ce mot viendrait initialement du persan puis, de l'arabe et signifierait la cerise de Jérusalem, c'est pour cela qu'elle est nommée aussi Cerise des Juifs ; son nom, de Coqueret, fait référence à la couleur de son calice halicacabum, un mot venant du grec et du latin qui désigne les Coquerets.
    Ce genre comprend presque 200 d'espèces de vivaces et d'annuelles. Les Égyptiens l'utilisaient pour l'embaumement.
    Propriétés et utilisations :
    Comme toutes les autres Solanacées, toutes ses parties, feuilles, tiges et calices sont toxiques pour l'homme et les animaux domestiques.
    De nos jours, en phytothérapie, il est employé pour ses propriétés antirhumatismale, diurétique, expectorante, fébrifuge, laxative et sudorifique.
    Il est riche en vitamine A, B, C et P, bêtacarotène et en pectine, contient aussi de l'acide citrique et de l'acide malique.
    Il est à consommer frais avec parcimonie, car sa saveur est un peu aigre-douce, et il est laxatif et diurétique, il peut entrer dans la composition de salades de fruits, servir de garniture pour des desserts, certaines viandes et il entre dans la confection de sirop, vin, vinaigre, digestif et apéritif.
    Cuit, il estnettement meilleur et se prépare sous forme de compote, confiture ou gelée. Sans oublier que les hampes florales entrent dans la composition de bouquets secs.
    Parmi les cultivars et hybrides, citons: :
    - Physalis alkekengi 'Pigmy', de petite taille à petits fruits.
    - Physalis alkekengi var. franchetii Coqueret de Franchet*, 0.60 m de haut, des fleurs couleur ivoire.
    - Physalis alkekengi var. franchetii 'Dwarf', variété naine de 0.20 à 0.30 m de haut.
    - Physalis alkekengi var. franchetii 'Gigantea', 0.60, pour un étalement d'environ 0.80 m.
    - Physalis alkekengi var. franchetii 'Zwerg', variété naine de 0.20 à 0.30 m de haut, à fleurs blanches, idéale pour être cultivé dans des potées sur les balcons et les terrasses.
    Physalis x bunyardii environ 1 m de haut.
    Il était déjà connu sous l'Antiquité pour ses propriétés médicinales, réputé dans le traitement d'infections urinaires et des calculs, aussi pour combattre la goutte, l'ictère, les oedèmes et les rhumatismes.
    Quelques autres espèces :
    - Physalis angulata L., synonymes Boberella angulata (L.) E.H.L.Krause, Physalis angulata var. ramosissima (Mill.) O.E. Schulz, Physalis esquirolii H. Lév. & Vaniot, Groseille à maquereau du Cap, en zones tropicales en Afrique, Asie et aux Amériques. Connu en Amérique du Sud, sous le nom de 'Mullaca'. Une annuelle de 1 m de haut à fleurs jaunes, donnant des fruits jaunes à jaune-orange comestibles à saveur aigre-douce.
    Les feuilles, les racines et les baies, sont utilisées dans les pharmacopées du Brésil (Camapu), du Guatemala, du Pérou (Mullaca, Bolsa mullaca) et par certaines tribus de l'Amazone, comme anti-inflammatoire, antirhumatismal, diurétique, vermifuge, et dans le traitement du diabète, de l'hépatite, de la malaria et soigner les problèmes de peau et les gonorrhées.
    Depuis 2000, des études cliniques in vitro et in vivo, sont en cours, pour une utilisation comme immunostimulant (propriétés cytotoxiques), dans le traitement de certains mélanomes et cancers. En cours de validation, comme antiseptique pour les affections de peau et le traitement des gonorrhées et comme antispasmodique, dans le traitement de l'asthme.
    - Physalis daturaefolia Lam, synonyme Nicandra physaloides (L.) Gaertn., connu sous le nom de Nicandre faux-Coqueret, Faux-Coqueret, Pomme du Pérou, consulter sa fiche.
    - Physalis ixocarpa, originaire du Mexique, appelé Tomatille ou Tomatillo, 1m à 1m 20 à fleurs jaunes, des fruits d'un jaune verdâtre, dans un calice parcheminé, nervuré de pourpre. Au Mexique, on l'utilise pour la confection de sauce épaisse avec des piments et de l'oignon, zones 8-10.
    - Physalis minima L., synonymes Physalis eggersii O.E.Schulz (non résolu), Physalis angulata var. angulata, Sunberry, Pygmy groundcherry, Physalis Pygmée, originaire de la chaîne de l'Himalaya, de plus petite taille, 0.20 à 0.50 m avec une floraison d'un blanc crème, des fruits de 1,5 cm, aux propriétés astringente, diurétique, laxative et tonique.
    Des recherches ont démontré que certaines parties de la plante avaient des propriétés anticancéreuses. Des recherches ont démontré que certaines parties de la plante avaient des propriétés anticancéreuses. Dans les pharmacopées traditionnelles de l'Inde et du Pakistan, le suc des feuilles, mélangé à de l'huile de moutarde, est une préparation prescrite pour traiter, les otites et les maux d'oreilles, un peu comme l'huile d'olive de nos grand-mères.
    - Physalis peruviana L., Physalis peruviana var. latifolia (Lam.) Dunal, Alkekengi pubescens Moench, Boberella peruviana (L.) E.H.L.Krause, Physalis chenopodifolia Lam., Physalis esculenta Salisb., Physalis latifolia Lam., Physalis puberula Fernald, Physalis tomentosa Medik., l'Alkékenge, le Coqueret du Pérou, originaire de 'Amérique du Sud, nommé par les anglophones 'Goldenberry, Peruvian groundcherry' et 'Cap Gooseberry(, Groseille du Cap, après avoir été introduit et naturalisé en Afrique du Sud et le reste de l'Afrique et sous les Tropiques, présent jusqu'en Australie de longue date ; une vivace de 1 m de haut à fleurs pourpre tacheté de jaune, calice jaune, zones 8-11.
    - Physalis philadelphica Lam., synonymes Physalis aequata J. Jacq. ex Nees, Physalis cavaleriei H. Lév., Physalis cavaleriei H. Lév., Physalis chenopodifolia Willd., Physalis ixocarpa Brot. ex Hornem., Physalis laevigata M. Martens & Galeotti, Physalis philadelphica f. pilosa  Waterf., Physalis philadelphica var. minor  Dunal, Tomatillo cultivé intensivement au sud de la Californie, Mexique et au Guatemala, où, il est connu depuis l'époque pré-colombienne ; de 15 à 60 cm de haut, des fleurs jaunes, maculé de bleu ou de pourpre. Utilisé dans l'industrie agro-alimentaire, pour la confection de sauce, comme le 'Chili sauce', connu aussi pour ses propriétés stimulantes pour l'appétit.
    - Physalis pubescens L., synonymes Physalis barbadensis Jacq.,Physalis barbadensis var. glabra (Michx.) Fernald, Physalis neesiana Sendtn., Physalis obscura Michx., Physalis obscura var. viscidopubescens Michx., Physalis pubescens var. glabra (Michx.) Waterf., Physalis pubescens var. integrifolia (Dunal) Waterf., Physalis pubescens var. minutifolia O.E. Schulz, Physalis surinamensis Miq., Physalis viscido-pubescens (Michx.) Dunal, connu aux Caraïbes sous le nom de Battre Autour', est présent en Amérique du Nord notamment en Caroline où c'est celui qui produit des fruits d'un jaune vert à jaune pâle au goût aigre-doux, qui servaient à confectionner des compotes, des confitures et du sirop clarifié avec un blanc d'oeuf, dont la recette était donnée en 1889, dans le volume 1 du Dictionnaire universel de cuisine et d'hygiène alimentaire, page 82.
    Le découvrir dans l'Herbier des plantes mondiales JSTOR.
    A son propos :
    Dans Flore des serres et des jardins de l'Europe de 01 janvier 1854, Jules Émile Planchon, écrit :
    "La passion pour les fleurs exotiques nous fait trop souvent oublier les beautés de notre Flore indigène. On estime peu ce qui coûte peu, et l'on refuse les moindres soins de la culture aux plantes qu'on admirerait peut-être, si l'on croyait qu'elles viennent de bien loin, au lieu de croître en quelque sorte sous nos pas.
    A cette aberration du goût, le remède le plus efficace serait sans doute l'habitude des promenades à la campagne et la jouissance délicate des charmes secrets que la nature révèle à ses fervents adeptes. A défaut de ces vivants exemples, la peinture peut nous rendre au moins l'image de ces trésors négligés : c'est à cette œuvre de réparation que la FLORE consacre en partie sa modeste influence sur le goût public.
    Le Physalis Alkekengi, seul représentant indigène d'un genre qui compte de nombreuses espèces dans les tropiques, ne se recommande en rien par son aspect général ni par ses fleurs.
    Mais, en revanche les fruits, qui mûrissent en automne et persistent longtemps sur la plante, en font un objet véritablement ornemental. On entend ici par fruits, non pas les fruits véritables, dans le sens scientifique du mot, mais ces grands calyces (écrit tel que) vésiculeux, d'un orange vif, dans chacun desquels se cache une baie en forme de cerise, remplie d'une pulpe aigrelette, avec un arrière-goût un peu amer. C'est après la floraison que le calyce, d'abord peu volumineux, acquiert ce grand développement et cette vive coloration qui le rendent si remarquable." J. E. Planchon - Directeur de la Faculté de pharmacie, consultable à la Bnf Gallica.

    A. Sergueev ©
    Annotations :
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linneaus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. Il enseigne à l'Université d'Uppsala, à partir de 1741, durant une année, la médecine, puis la botanique, jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    Son herbier 'Linnean Herbarium', le plus riche de son époque, contenait 7 000 plantes, il est conservé au Musée national d'histoire naturelle de Stockholm.
    *Moench., abréviation botanique, pour le botaniste allemand Conrad Moench (1744-1805), durant toute sa vie, il enseigne à l'Université protestante de Marbourg (Hesse, Allemagne), il est en total désaccord avec Linné à propos de la classification des plantes.
    On lui doit des ouvrages sur la systématique.
    Un petit genre de 3 espèces présentes au sud de l'Europe, lui est dédié, Moenchia (Caryophyllaceae) par un autre opposant à Linné, le médecin botaniste allemand F.K. Medicus (1736-1808), ainsi qu'à une douzaine d'espèces spécifiques sous la forme moenchii, moenchia, moenchiana.
    *Franchet, le botaniste et taxonomiste français Adrien René Franchet (1834-1900), nommé en 1881, Directeur du laboratoire de phanérogamie du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, il oeuvre sur les collections récoltées dans la province du Yunnan, par le missionnaire jésuite Jean-Marie Delavay (1834-1895) descriptions regroupées dans Plantae delavayanae (1889). Collections qui rassemblent plus de 3 797 nouvelles espèces, en provenance de la Chine et du Japon, adressées également par 3 missionnaires collecteurs, le Père Armand David, Guillaume Farges (1844-1912) et J.A. Soulié, que l'on retrouve dans des publications 'Plantae Davidianae ex Sinarum imperio', édition G. Masson, Paris, (1884-1888) et 'Plantas Yunnanenses' (Bourloton - 1886).
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