Mespilus germanica - Néflier d'Allemagne
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    Nom commun : Néflier commun, Néflier d'Allemagne, Mêlier, Alchiminier, nommé par les anglophones 'Common Medlar, Medlar', en allemand 'Mispeln, en espagnol 'Nispero, Nisperero, Nispero europeo', en italien 'Nespolo di Germania', en portugais 'Nêspera da Alemanh', en néerlandais 'Mispel', russe 'Mushmulà germànskaya'.
    Nom latin : Mespilus germanica  L.*, synonymes Mespilus vulgaris  Rchb.*, Mespilus sylvestris  Mill.*,Mespilus communis  Gueldenst., Mespilus domestica  Gaterau, Mespilus germanica var. sylvestris  (Mill.) DC., Mespilus portentosa  Poit. & Turpin, Mespilus vulgaris  Gueldenst, Crataegus mespilus  Jess., Ostinia mespylus  Clairv., Pyrus germanica  Hook.f. et Crataegus germanica  (L.) Kuntze qui est non résolu.
    famille : Rosaceae.
    catégorie : petit arbre ou arbrisseau pouvant être trentenaire au tronc de 15 à 20 cm à l’écorce gris-brun, aux jeunes rameaux d'un brun-roux.
    port : évasé, étalé à cime arrondie, tronc tortueux à l'écorce gris-brun se craquelant en vieillissant en plaques, laissant apparaître une nouvelle écorce brun orangé, les rameaux noueux sont souvent épineux.
    feuillage : caduc, vert foncé, virant à l'automne au jaune, roux et brun, il demeure longtemps en place, tomenteux blanch^tre sur le revers. De grandes feuilles ondulées, alternes, entières (15 cm x 5 cm) elliptiques - oblongues, à nervure centrale marquée et plus claire, à bord pouvant être finement dentelée, pourvues d'un court pétiole.
    floraison : parfumée au printemps courant avril, mai jusqu'au début de l'été.
    A l'extrémité des rameaux avec un court pétiole, fleur solitaire de 3 à 5 cm à 5 pétales, 30 étamines et 5 longs sépales.
    couleur : blanc crème.
    fruits : comestibles, globuleux, piriformes pubescents vert foncé au début puis brun à brun-rouge à maturité contenant cinq graines. Des nèfles ou mêles acerbes, charnues de 2 à 4 cm de teinte brunâtre, conservant à l'extrémité, les 5 sépales. Dans certaines régions, les anciens appelaient ce fruit 'Cul de chien'. A consommer en novembre et décembre.
    croissance : lente.
    hauteur : 3 à 6m. étalement important pouvant atteindre 5 à 7 m.
    plantation : au printemps ou en automne. Attention, il n'aime pas beaucoup être transplanté.
    multiplication : par semis ou greffage sur aubépine, azerolier ou encore cognassier.
    sol : acide, riche en humus bien drainé, mais il n'aime pas trop les sols calcaires ou argileux.
    emplacement : soleil, mi-ombre. Le soleil permet une meilleure coloration du feuillage à l'automne, à l'abri du vent pour protéger la floraison.
    zone : 4 - 9. Tolère - 20° C. Une fois installé tolère la sécheresse.
    origine : dans les forêts mixtes (charmes et chênes) du sud-est de l'Europe et de l'Asie Mineure présent et cultivé dans les Carpates, les Balkans, au Caucase, en Crimée, Turquie, Iran et Grèce) et sud-ouest de l'Asie jusqu'à une altitude de 2000 m.
    entretien : dans le sud n'oubliez pas de l'arroser durant les périodes de sécheresse. Si vous estimez qu'il a une forme pas très équilibré, la taille s'effectuera au début de l'hiver.
    En présence de neige, vent et charge des fruits, il est fréquent que le tronc se brise au point de greffage.
    maladies et ravageurs : les nèfles peuvent abriter les pontes de la Cératite, Ceratitis capitata, la mouche méditerranéenne des fruits à tête jaune, yeux émeraudes, ailes striées de jaune-orange, l'infestation provoque la chute prématurée des fruits qui pourrissent, voir fiche INRA (description, cycle de vie, dégâts, lutte biologique et photos).
    NB : son nom Mespilus  vient du latin 'mespilum' qui vient du grec 'mespilos' = néflier. Ce genre ne comprend qu'une seule espèce et quelques hybrides et cultivars issus de croisement avec l'aubépine Crataegus monogyna.
    Une espèce tombée en désuétude et lorsque l'on parle de néflier, une grande partie des gens pensent Néflier du Japon, Eriobotrya japonica , le Bibacier.
    Propriétés et utilisations :
    Les nèfles aigre-douces se consomment blettes, récoltées après les premiers gelées, si les oiseaux, les divers rongeurs en laissent. Il est possible de les récolter en octobre, pour les faire blettir sur des claies durant 1 ou deux mois. Elles se consomment bien mûres, crues pour accompagner des fromages comme le cantal ou le comté, ou cuites en confitures, compotes, marmelades, cotignac, bonbons, gâteaux, jus de fruits, sirops, boissons gazeuses, ratafias et par fermentation un vin virginal. Elles sont riches en acide malique, acide citrique, mucilages, pectines, tanins et sucre.
    La pulpe est utilisée en cataplasme pour calmer les irritations de peau.
    Les diverses pharmacopées traditionnelles connaissent depuis l'Antiquité ses propriétés toniques, astringentes, béchiques, stomatiques et antidiarrhéiques.
    Les bourgeons floraux et foliaires sont prescrits en décoction pour traiter les troubles intestinaux et les diarrhées chroniques.
    Le feuillage est récolté de mai à juillet riche en tanins et astringent s'utilise séché et haché en décoction (5mm) sous forme de gargarisme pour traiter les inflammations, maux de gorge, aphtes, amygdalite et pharyngite et également pour nettoyer les plaies car cette préparation à des propriétés hémostatiques et calmantes.
    Les graines étaient mis à macérer dans du vin blanc pour être utilisé comme remède antigoutteux et diurétique. Ces graines contiennent de l'acide cyanhydrique, évitez de les croquer en grande quantité. Les nèfles sont riches en tanins, mucilage, minéraux, vitamines et acides citrique, tartrique, elles étaient utilisées comme antidiarréhique.
    Autrefois le jus des fruits servait pour obtenir une teinture jaune, les racines et le feuillage pour une teinture marron et des différentes nuances de jaune.
    Son bois extrêmement dur à grain très fin, était recherché pour la confection de cannes, bâtons de berger, fouets, manches ou d'objets contondants (massue, penn-baz) et autres objets tournés.
    Quelques cultivars anciens connus pour leurs gros fruits :
    - Mespilus germanica  'Bredase Reus', 'Brabant Giant', 'Dutch', 'Iranian', 'Large Russian', 'Macrocarpa', 'Monstrueuse de Hollande', 'Monstrous', 'Sultan', ' Royal' et 'Westerveld'.
    - Mespilus germanica  'Flanders Giant' Géant de Flandres, une obtention belge auto fertle, 3 à 3.5m de haut, à de plus gros fruits que les autres variétés.
    - Mespilus germanica  'Monstrueuse d'Evreinoff', de 3 à 4 m de haut, floraison blanche, gros fruits de 5 à 5,5 cm une peu aplatis en partie haute, une variété précoce qui parvient à maturité vers la mi-octobre, et tombent avant de parvenir à être blets.
    - Mespilus germanica  'Nottigham', une ancienne obtention britannique de R.Hogg vers 1830, réputé pour des fruits de taille moyenne mais ce serait le plus savoureux d'entre eux, floraison rose, a été primé par la RHS* avec The Award of Merit.
    - Mespilus var. apyrena, Néflier apyrène, donne des fruits plus petits et sans graines.

    Annotations :
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède. Son herbier 'Linnean Herbarium', le plus riche de son époque ne contenait que 7000 plantes, est conservé au Musée national d'histoire naturelle de Stockholm.

    *Mill., abréviation botanique pour le botaniste écossais Philip Miller (1691-1771), on lui doit la référence pour les jardiniers du 18ème siècle 'The Gardener's Dictionary' du jardin de Chelsea, édité à Londres 1755-1760, illustré de nombreuses gravures de Ehret, Lancake et John Miller.

    *Rchb., abréviation botanique pour le botaniste, orchidologue allemand Heinrich Gustav Reichenbach (1823-1889), disciple et ami de John Lindley, il écrit sa thèse sur le pollen des orchidées, édité en 1852 sous le titre 'De pollinis Orchidearum genesi ac structura et de Orchideis in artem ac systema redigendis. Commentatio quam ex auctoritate amplissimi philosophorum ordinis die mensis julii decimo hora decima MDCCCLII illustris ictorum ordinis concessu in auditorio juridico pro venia docendi impetranda publice defendet (F. Hofmeister, Leipzig, 1852). En collaboration avec l'orchidologue allemand FriedrichKraenzlin (spécialiste des orchidées d'Afrique du Sud) 'Xenia Orchidacea. Beiträge zur Kenntniss der Orchideen' (Xenia Orchidacea. Contributions à la connaissance des orchidées), en 3 volumes édités à Leipzig entre 1858 et 1900, le volume 1 est consultable en ligne à la B.H.L.
    Sa bibliothèque et son herbier ont été légués au Muséum de Vienne, selon ses instructions il n'a été consultable qu'en 1914, 25 ans après sa mort certainement pour couper l'herbe sous les pieds à la concurrence britannique.
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