Prunus cerasus - Cerisier commun, Cerisier acide, aigre
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    Nom commun : Cerisier commun, Cerisier acide, Cerisier aigre ou Griottier nommé par les anglophones Cherry plum, en allemand Sauerkirsche, en arabe Kherez, en espagnol El guindo, Cerezo ácido, Cerezo de Morello, en italien Ciliegio visciolo, Ciliege acide, en portuguais Cerejeira et parles américainsSour cherry
    Nom latin : Prunus cerasus  L.*, synonymes Cerasus acida  (Ehrh.) Borkh., Cerasus austera  (L.) Borkh., Cerasus caproniana  (L.) DC., Cerasus caproniana var. griotta  Ser. ex DC., Cerasus collina  Lej. & Courtois, Cerasus fruticosa  Pall., Cerasus vulgaris  Mill., Druparia cerasus  (L.) Clairv., Prunus acida  Ehrh., Prunus aestiva  Salisb., Prunus austera  (L.) Ehrh.
    famille : Rosaceae.
    catégorie : petit arbre ou arbuste fruitier, au long système racinaire, à ramure oblique dirigée vers le haut, les rameaux latéraux tombent avec le temps.
    feuillage : caduc, glabre sur les deux faces, vert franc luisant, s'empourprant à l'automne. Feuilles acuminés, obovales à elliptiques à marge irrégulièrement dentelée.
    port : évasé, étalé, à cime arrondie formant une boule.
    floraison : printemps courant avril-mai avant le feuillage, pollinisée par les abeilles. Fleurs hermaphrodites en coupe ouverte à 5 pétales arrondies à large bouquet d'étamines, un long pédoncule.
    couleur : blanc pur.
    fruits : drupes charnues globuleuses à pulpe juteuse sucrée et acidulée, à peau fine dans divers tons de rouge et pourpre suivant la variété pouvant être jaune (Napoléon), à noyau lisse, globulaire à oblong. De mai jusqu'en août, elles sont convoitées par les voraces étourneaux sansonnet Sturnus vulgaris , les autres passereaux et les écureuils.
    croissance : moyenne à lente suivant variété.
    hauteur : 6 - 12 m selon variété, étalement au moins 6 m.
    plantation : de l'automne jusqu'en mars. Prévoir un espacement de 4 à 5 m entre les sujets selon porte-greffe et variétés, espacer les rangées de 3 à 4 m au verger. Prévoir un bon tuteur.
    multiplication : par semis de noyaux à l'automne et courant mars par greffe sur le cerisier Mahaleb (Bois de Sainte Lucie) pour les petits sujets et sur merisier pour les autres.
    sol : tous riche, profond et humide mais bien drainé, adapté au calcaire.
    emplacement : soleil à l'abri des vents froids et et des gelées printanières pour protéger les boutons floraux et la floraison.
    zone : 5 - 10, tolère aisément jusqu'à -15°C. USDA hardiness 3-7. Les régions aux pluies printanières favorisent largement la feuillaison et la fructification.
    origine : Asie Mineure, introduit en Europe via l'Italie vers 73 avant JC, depuis largement naturalisé a base altitude le long des chemins. Introduit aux États-Unis dans 48 états ainsi qu'au Canada.
    entretien : arroser régulièrement jusqu'à la pleine reprise, et effectuer chaque hiver un apport d'engrais organique. Le cerisier supporte difficilement les tailles qui favorisent l'apparition de la gommose, il est recommandé de les effectuer courant octobre et novembre, les 3 premières années en supprimant les bourgeons situés vers l'intérieur et en taillant à 25 - 30 cm sur un bourgeon externe, veillé à protéger les plaies, par la suite supprimer les branches qui s'entrecroisent, les gourmands et le bois mort.
    maladies et ravageurs : il peut subir les attaques des cochenilles, des pucerons noirs Myzus cerasi  (feuilles) et de la cicadelle pruineuse* (cicadelle blanche) Metcalfa pruinosa  et les fruits abîmés par la mouche de la cerise Rhagoletis cerasi.
    Comme d'autres fruitiers à noyaux, il est sujet aux maladies cryptogamiques comme la pourriture grise Botrytis cinerea  qui se développe sur les fruits à maturité, le brunissement puis la chute des bouquets floraux est provoqué par la moniliose Monilia taxa  et également à la criblure à Coryneum Coryneum bejerinckii , qui provoque sur les feuilles des macules roussâtres qui se nécrosent en partie centrale et sur les rameaux des taches puis des chancres produisant un exsudat gommeux et les fruits sont rabougris.
    NB : Le nom du genre Prunus  mot latin qui désigne pour les Romains le prunier, un vaste genre d'arbres fruitiers* et son nom spécifique cerasus  en latin désigne l'arbre, le cerisier, mot qui vient du grec 'kerasos', 'kerasion' désigne la cerise. Mot ayant pour origine Kerassonte ou Cérasonte ancien nom de la ville turque de Giresun, située sur la mer Noire au nord-est de la Turquie.
    Ce genre comprend selon les flores entre 400 et 430 espèces d'arbustes et d'arbres majoritairement caducs, tous originaires des zones tempérées de l'hémisphère nord.
    Les anciennes variétés sont rassemblées au verger conservatoire du Château de Candé en Touraine, propriété du Conseil Général de l'Indre, où sur 5 hectares plus d'un millier d'arbres fruitiers (amandiers, cerisiers, cormiers, cognassier, néfliers,noyers, pommiers, poiriers, pruniers, vignes sont rassemblés avec l'aide de l'Association des Croqueurs de Pommes de Touraine.
    Propriétés et utilisations :
    Les cerises sont riches en vitamine A, B et C, en calcium, magnésium, fer, potassium et de la mélatonine. Les cerises noires se digéraient mieux que les rouges qui elles seraient plus rafraîchissantes, mais quelles soient rouges ou noires, une consommation excessive peut se terminer par des coliques et les deux favorisant le flux urinaire.
    La décoction de queue de cerises est anti-inflammatoire bénéfique pour les voies urinaires.
    Le jus frais de cerises est recommandé pour améliorer le sommeil car des études menées en Angleterre en 2012 ont démontré qu'il était riche en mélatonine certaines variétés comme la Montmorency, plus que les autres.
    En Suisse, les noyaux aux propriétés réfractaires servent à confectionner des coussins appelés bouillote sèche que l'on réchauffe au four ou micro-ondes quelques minutes, avant de l'appliquer sur les cervicales et autres zones douloureuses du corps, ou simplement pour se réchauffer, tout en dégageant un parfum de cerise. Pour calmer les contusions, les courbatures, les tensions et les crampes musculaires on le place au congélateur durant quelques heures.
    Au V ième siècle, le célèbre médecin bordelais ou narbonnais Marcellus Empiricus* écrivait en latin à propos de la cure d'un enfant hernieux,ce texte que l'on peut ainsi traduire : "Si une hernie (ramex) descend à un petit enfant, il faut fendre un jeune cerisier du plein milieu aux racines, afin de pouvoir faire passer l'enfant par la plaie (plagum), puis inversement, resserrer l'arbre, l'enduire de bouse de vache et autres emplâtres pour ce qui a été taillé joigne facilement. La hernie de l'enfant sera guérie (sanabitur dès que l'arbre sera recollé et que la cicatrice sera dure", une préconisation dont le rite fut suivi la nuit de la saint Jean durant des centaines d'années ( jusqu'en 1880) dans toute l'Europe, à son passage l'enfant communiquerait le mal au végétal et si le transfère du mal à l'arbre avait lieu, se dernier se dessécherait et mourrait, empêchant ainsi le mal de revenir sur le patient, selon le pays d'Europe il était effectué sur une branche de tout autre espèce d'arbre, il fallait selon la tradition effectuer 3,7 ou 9 passages dans l'entaille.
    On pensait que boire de l'eau de vie de cerises de temps en temps durant la grossesse assurait d'avoir un enfant aux yeux sombres et manger des fruits doubles donnait des jumeaux.
    En Amérique, pour supprimer le bégaiement, on faisait un trou dans un érable, on y introduisait une mèche de cheveux et l'on refermait ce dernier avec une cerise.
    Les cerises sont consommées fraîches, confites, cuites ou rôties. Lavées et équeutées, elles se conservent au congélateur, elles entrent dans la préparation de clafoutis, confitures, compotes, cerises au vin rouge, à l'eau de vie, gelées, confiseries, fruits confits, bonbons et chocolats fourrés, chutneys et sauces, conserves de fruits au sirop, au sirop de vinaigre (cerises à l'aigre doux pour accompagner foie gras, boudin blanc), glaces, sorbets et coulis, cakes, muffins, puddings, tartes, jus, sirops, crèmes, eau-de-vie (Kirsch) et liqueurs (Marasquin, Guignolet) cerises au marasquin pour les cocktails et pour décorer desserts, entremets et pâtisseries.
    La gomme du cerisier peut se mâcher comme le chewing-gum.
    Son bois mi-dur aux fibres qui s'entrecroisent au grain fin d'un blanc rosé à rose crème en coeur tirant sur le brun à brun-roux assez foncé est un bois d'intérieur recherché comme le merisier en menuiserie pour la fabrication de meubles, d'objets tournés dont les pipes et en ébénisterie en placage et pour réaliser des moulures.
    La romancière Joanne.K Rowling dans la saga Harry Potter aurait choisi le bois de cerisier pour la baguette magique de Gilderoy Lockhart, celle de Mary Cattermole et celle de Neville Longbottom (Londubat).
    En pays creusois, lorsque dans les rêves était entrevue des cerises noires, c'était un mauvais présage annonçant au dormeur une mort imminente dans son entourage, ailleurs en Europe la présence hors-saison de fleurs et de fruits l'était également.
    Dans la symbolique des plantes, le cerisier est considéré comme l'arbre du pauvre poussant le long des chemins, un rameau de cerisier placé devant une porte en Picardie, signifie que la jeune fille est à marier, dans les Vosges c'est un peu plus déshonorant indiquant qu'elle est dévergondée, en Wallonie un peu plus injurieux indiquant que tout le monte peut comme sur le cerisier monter dessus et se servir.
    Parmi les cultivars, citons :
    - Prunus cerasus var. austera , synonyme Cerasus austera  (L.) Borkh. Griottier, .
    - Prunus cerasus var. caproniana  synonyme Cerasus caproniana  (L.) DC, Amarellier, une ancienne variété au port rappelant celui du merisier donnant des cerises globuleuses (amarelles) légèrement aplaties, à pulpe juteuse parfumée légèrement acidulée. Il existe des forme naine qui se cultivent souvent palissé.
    La variété la plus célèbre est l'Amarelle de Montmorency communément nommée Courte queue ou Gaudriol, une vingtaines de variétés anciennes greffées sur des merisiers au début du XVIIème cultivée en Ile-de-France dont il ne reste de nos jours plus que Montmorency de Bourgueil (1877) la Royale et celle de Saint-Aignan, dès a mi-juin de belles cerises acidulées et juteuses, recherchée pour confectionner des confiseries, des confitures, des cerises à l'eau-de-vie, des liqueurs comme l'angevin Guignolet*, la crème de cerise et des eaux-de-vie.
    - Prunus cerasus  'Canada giant' ®, obtention canadienne, une variété non autofertile produisant en juin de grosses cerises bien fermes d'un beau rouge foncé de 3 cm. Il est nécessaire d'avoir une autre variété de cerisier à proximité.BR> - Prunus cerasus  'Géant d'Hedelfingen', Bigarreau Géant d'Hedelfingen en juillet-août gros fruits parfumés et sucrés.
    - Prunus cerasus  'Saint Georges', variété précoce aux cerises pointues cultivées dans la région de Céret dans le Bas-Vallespir.
    - Prunus cerasus  'Précoce de la Marche', variété précoce aux cerises pointues cultivées dans la région de Céret dans le Bas-Vallespir.
    - Prunus cerasus  'Oblaczynska', recherché pour ses cerises noires.
    Annotations :
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binomiale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    Auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et 'Species plantarum'.
    *arbres fruitiers, abricotiers, amandiers, les divers cerisiers et merisiers, les pêchers, les pruniers et les prunelliers.
    *Cicadelle, se rencontre également sur Juglans regia, Hippophaë rhamnoides, Malus domestica  (certaines variétés de concert avec le puceron lanigère) Rubus idaeus, Vitis vinifera.
    *Guignolet, une liqueur titrant entre 16 et 18°, c'est la Révérende Mère Gautron, de l’abbaye des Bénédictines de Saumur qui l'élabore en 1632 avec des guignes d'Anjou mises à macérer dans de l'eau-de-vie et du sucre. En 1799 après la Révolution les couvents ferment, Alphonse Cointreau commercialise à partir de 1849 le Guignolet d'Anjou, qui est servi en apéritif avec du champagne, du Crémant, du gin, du kirsch, de la vodka, et dans des cocktails comme le Rouge et le Noir (sirop d'amaretto, Guignolet et Crémant de Loire). La crème de cerise est servie avec du vin blanc ou un Crémant.
    *Lucullus, Lucius Licinius Lucullus (115/109 av. J.-C. - vers 56/58 av. J.-C.), général romain qui oeuvre en Asie Mineure, gouverneur d'Afrique, consul et sénateur mène la guerre contre l'armée pontique et celle d'Arménie. Son nom est rester célèbre pour son goût prononcer pour la gastronomie et sa table était réputée pour ses somptueux festins de mets rares et luxueux, des recettes lui sont dédiées, langue Lucullus de Valencienne (un millefeuille de langue de boeuf fumée, foie gras et truffes), escalopes, suprêmes, sauces Lucullus, terrines, pâté chaud de bécassines Lucullus, Timbale de macaronis Lucullus, etc ..
    *Marcellus Empiricus, auteur Marcelli de Medicamentis Liber.
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