Citrus aurantium - Bigaradier, Oranger-amer
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    Citrus aurantium Nom commun : Bigaradier, Oranger-amer, nommé par les anglophones 'Bitter orange, Sour orange'.
    Nom latin : Citrus aurantium L.*, synonymes Citrus bigardia Loisel.*, Citrus vulgaris Risso, Citrus aurantium var.amara  L.
    famille : Rutaceae.
    illustration : planche 266 de Loose-skinned Orange of Colombo, Ceylon par l'illustratrice britannique Marianne North (1830-1890), extrait de Online Gallery de Kew.
    catégorie : agrume, arbre fruitier.
    port : arrondi.
    feuillage : persistant, coriace, épais, aromatique, d'un vert moyen à vert foncé brillant, épines à l'aisselle des feuilles inférieures.
    floraison : toute l'année, parfumée, nectarifère, pollinifère, une aubaine en cette fin d'hiver fort visitée par les abeilles.
    Des fleurs à corolle à 5 pétales munis de glandes sécrétrices, nombreuses étamines.
    couleur : blanc à blanc rosé, cireux avec des étamines jaunes.
    fruits : le fruit parvient à maturité au bout d'une année à l'automne ou début de l'hiver. A cueillir que lorsqu'ils sont mûrs, une fois cueillis ils ne mûrissent plus. En zone tropicale, les fruits restent de couleur verte.
    croissance : rapide.
    hauteur : 15 m.
    plantation : sous climat doux au printemps ou à l'automne en prenant soin de bien lui laisser de la place pour son développement.
    multiplication : par semis, et par boutures à talon aoûtées, il sert de porte-greffons pour l'oranger.
    sol : tous même calcaire et argileux.
    emplacement : au soleil à l'abri des vents froids et desséchants.
    zone : 9 - 10, climat tempéré très chaud et sec ou en serre.
    origine : Asie du sud-est, cultivé en Sicile dés 1002, et en Arabie au 9é siècle.
    entretien : arroser abondamment mais sans excès, cela favorise une bonne production de fruits; si nécessaire taille de mise en forme. Effectuer régulièrement un apport d'engrais organique (azote (N), anhydride phosphorique (P2O5) (P) et oxyde de potassium) et de compost, c'est un gourmand durant sa période de croissance et production de mars à septembre.
    Dans le cas d'une culture en pot arroser régulièrement mais en laissant sécher entre deux, effectuer un apport d'engrais liquide pour agrumes au moins 1 fois par mois toujours sur un substrat déjà humidifier.
    maladies et ravageurs : comme les autres espèces d'agrumes le bigaradier peut être sujet à la gommose, un écoulement brun résineux du à un chancre bactérien.
    Il est sensible aux attaques des aleurodes qui peuvent entraîner l'apparition de la fumagine, aux cochenilles farineuses et aux pucerons.
    En atmosphère trop sèche, il peut être aussi sujet aux araignées rouges.
    Lui aussi subit les assauts du psylle asiatique des agrumes Diaphorina citri (Kuwayama), un insecte chinois piqueur-suceur qui se nourrit de la sève des agrumes, appelé dragon jaune (Huangongbing), ses piqûres entraînent des déformations à la base des bourgeons et sur les jeunes pousses et le développement de fumagines, il transmet une maladie bactérienne mortelle : le greening qui déforme et réduit la taille des fruits et leur durée de vie, décimant progressivement les vergers d'agrumes à travers le monde depuis une dizaine d'années, ravageant en 2005 les vergers de Floride ( en 10 ans, la production d'oranges a chuté de près des deux tiers en Floride où 99 % des vergers sont aujourd'hui contaminés) , Californie, Louisiane, Brésil (2004 état du Paraná ), Antilles et depuis le printemps 2018, la région méditerranéenne, voir sa fiche technique du Fredon-Corse et lire l'article du CIRAD : le Dragon jaune sort ses griffes et il a déjà été repérés en Espagne et au Portugal. Avec le réchauffement climatique, il progresse irrémédiablement.
    NB : son nom Citrus vient du latin où il désigne le cédratier mais semble t'il aussi le cèdre, son nom spécifique aurantium; vient du latin 'aurantia' mot qui désigne l'orange.
    Ce genre comprend environ 160 espèces originaires de l'Asie orientale en zone tropicale ou subtropicale excepté une seule d'entre elles, le Citrus paradisi  plus connu sous le nom commun de pomelo qui est originaire de l'Amérique centrale et à l'origine de nombreux hybrides et cultivars.
    Propriétés et utilisations :
    De tout temps son feuillage servait à confectionner des couronnes aux vierges et aux mariées.
    Les feuilles sont prescrites en infusion comme celle de l'orange douce pour leur propriétés antispasmodique et stomachique et les fleurs sont également réputées être antispasmodiques.
    Le bigaradier est l'espèce la plus parfumée, il sert à la fabrication de l'eau de fleur d'oranger, de l'eau de Néroli qui est utilisée en parfumerie ainsi que dans l'industrie alimentaire.
    L'eau de Néroli date du 17 e siècle, elle fut introduite par Anne-Marie de la Trèmoille, épouse du prince de Nerola; elle est également confectionnée avec les fleurs de l'orange douce.
    "Quand on distille la fleur d'oranger , il se sépare une certaine quantité d'huile volatile qui nage à la surface de l'eau . Elle porte le nom de Néroli . Elle a une odeur aromatique suave différente de celle de la fleur. Elle me paraît être un produit de l'altération de l'huile essentielle naturelle. On peut y démontrer sa présence en agitant l'eau distillée avec de l'éther privé d'alcool. L'ether baisse, par évaporation spontanée, une petite quantité d'une huile essentielle dont l'odeur est obsolument la même que celle de la fleur, et qui se redissout facilement avec de l'eau.
    Le néroli contient une huile solide , à laquelle Plisson , qui l'a découverte , a donné le nom d'aurade ou auradine. Il la séparait en mêlant le néroli avec de l'alcool à 85 ° , et abandonnant au repos pendant quelques jours." page 645 dans le Traité de pharmacie théorique et pratique, par le Dr Eugène Soubeiran, volume 1, édité en 1857 par Masson.
    Pendant une chimiothérapie l'orange, le bigaradier et le pamplemousse sont à proscrire parce qu'ils diminuent l'efficacité du traitement.
    Citrus aurantium
    Università di Catania ©
    Le zeste sert à la fabrication du curaçao et du bitter.
    Autres espèces ou variétés présentes dans L'Encyclopédie :
    - Citron caviar, Citrus australasica F.Muell., Microcitrus australasica (F.Muell.) Swingle, consulter sa fiche.
    - Citronnier, Limonier des Anglais, Citrus limon (L.) Burm. f, consulter sa fiche.
    - Kumquat, Fortunella margarita (Lour) Swingle, consulter sa fiche.
    - Oranger Citrus sinensis (L.) Osbeck, consulter sa fiche.
    - Pamplemoussier, Citrus grandis (L.) Osbeck, consulter sa fiche.
    - Poncirus trifolié, Citrus trifoliata L., consulter sa fiche.

    Annotations :
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède. Son herbier 'Linnean Herbarium', le plus riche de son époque ne contenait que 7000 plantes, est conservé au Musée national d'histoire naturelle de Stockholm.
    *Loisel, abréviation botanique pour le botaniste français Jean-Louis-Auguste Loiseleur-Deslongchamps (1774 - 1849), la guerre de 1793 à 1797 l'oblige a interrompre ses études de médecine, à sa libération il s'oriente vers la botanique et voyage 8 mois durant en Provence, collectant de nombreuses espèces pour son herbier qu'il vendra à Requien. Il achève sa médecine en 1805 et dans son quartier à Chartres, il soigne les pauvres avec des plantes; il est élu membre de l’Académie de Médecine en 1823, puis en 1834 il est fait chevalier de la Légion d'honneur.
    Il publie en 1806 sous le nom de Flora gallica, et la deuxième partie en 1828, et il contribue à la rédaction de l’Herbier de l’amateur, initié par Mordant-Delaunay, publié de 1816 à 1827; consultable en ligne à la Biodiversity library.
    natacha mauric © 01.11.2000 ® Jardin! L'Encyclopédie
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