Sparrmannia africana - Sparrmannie d'Afrique, Chanvre africain
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    Sparrmannia africana © Kurt Stueber
    Nom commun : Sparrmannie d'Afrique (Sparmannie), Tilleul africain, Chanvre africain, Tilleul d'appartement, nommé par les anglophones 'Stock-Rose, Cape Stock-Rose, African Hemp, African linden', en espagnol 'Tila de salón'.
    Nom latin : Sparrmannia africana L.f.* (1782), se trouve bien souvent écrit avec un seul r Sparmannia, un seul synonyme retenu Sparrmannia acerifolia Steud.* (1841)
    famille : Malvaceae, certaines flores le classe encore dans les Tiliaceae.
    catégorie : arbuste robuste cultivé à l'intérieur sous nos climats.
    feuillage : persistant, cotonneux et mou, fortement nervuré, lui donnant un aspect gaufré ; les bourgeons foliaires sont couverts de poils, pour les protéger du froid nocturne, dans son habitat naturel.
    Des feuilles alternes qui peuvent être ovales, cordiformes ou à 5 lobes bien marqués, pourvues d'un long pétiole à poils plus ou moins rougeâtre. Il ne faut pas s'étonner, s'il perd ses anciennes feuilles.
    port : érigé très ramifié, lorsqu'il commence à prendre de l'âge.
    floraison : de la fin de l'hiver au début du printemps. Fleurs bisexuées tétramères soyeuses à pédicelle articulé densément poilu, regroupées en ombelle involucrée à la base, corolle aplatie à 4 pétales échancrés (cunéiformes), des étamines allongées, saillantes disposées en ombelle et elles sont soudées à la base (polyadelphes) celles de l'extérieur sont stériles et dépourvues d'anthères, voir planche botanique bas de page et la vidéo ; en temps ordinaire, elles forment une couronne étalée, mais durant la période de l'anthèse, dès qu'il y a la moindre secousse, elles se resserrent et se rapprochent autour du gynécée, comme si elles tentaient de le protéger, mais, si vous les effleurées avec une pointe, elles s'écartent en éventail en se secouant (voir vidéo ci-dessous), laissant de la place autour du style, favorisant l'accès aux insectes pollinisateurs qui repartent couverts de pollens, notamment les abeilles, phénomène relaté par Charles Morren en 1841, repris dans les annales de botaniques de 1903 par Rina Scott " On the Movements of the Flowers of Sparmannia africana, and their Demonstration by means of the Kinematograph", volume 17 n °68, pp. 761-777 publié par Oxford University Press, consultable en format pdf.
    Les pétales et les sépales répondent au stimulus de la lumière et sont capables d'effectuer des mouvements exactement comme les pédicelles articulés, voir explication, dans l'article en anglais, cité ci-dessus, ainsi que l'observation du processus de fertilisation.
    Lorsqu'il pleut, les fleurs sont inversées et leurs anthères sont tournées vers le sol et couvertes par les pétales recurvés vers le haut et se chevauchant, formant une coupelle qui abrite de la pluie les étamines qui sont suspendues en dessous, voir illustration bas de page.
    illustration bas de page :, 2 décembre 1861, planche 98, gravure colorée d'un dessin de Joseph Descaine* et de Madame Françoise Spach-Legendre, dans l'Histoire naturelle des végétaux, Atlas en 14 volumes de 1834 à 1847.
    couleur : pétales, blanc, à blanc, légèrement griffés de violine vers la base, anneau d'étamines sur le pourtour, elles sont jaunes, celles de l'intérieur sont jaunes à la base puis rouges, avec en pointe des anthères jaunes.
    fruits : capsules globuleuses à 4 à 8 loges hérissées de piquants, chaque loge contient 2 graines noires, voir illustration basde page.
    croissance : rapide.
    hauteur : 3-4 m.
    plantation : en avril, en extérieur, sous climat approprié. le rempotage s'effectue courant janvier à avril, dans un pot nettement plus grand, car c'est une plante à fort développement.
    multiplication : au printemps ou en été, par boutures de rameaux légèrement ligneux qui se sont développer l'année précédente, évidemment.
    sol : ordinaire, humifère et bien drainé.
    emplacement : lumière vive et ensoleillé en hiver.
    zone : 9-11, UK hardiness H1C, USDA zones 9a-11. Température idéale entre 10 °-20 °C. Durant l'hiver, il faudrait le conserver dans une pièce fraîche entre 6 et 10 °C.
    origine : Afrique du Sud, dans la province du Cap-Occidental, dans le district d'Eden et dans les forêts de la région du Cap de Bonne-Espérance, consulter la carte.
    entretien : arroser copieusement durant la période de croissance (janvier à août) en prenant soin de laisser le substrat sécher entre deux arrosages. De mars à août, veiller à effectuer un apport d'engrais toutes les 3 semaines. D'octobre à décembre, diminuer l'arrosage et respecter une température plus fraîche 6 °C (minima) pour assurer une bonne floraison.
    Le jaunissement des feuilles est provoqué par des carences en azote, fer, magnésium, manganèse et /ou zinc. S'il se dégarnit trop à la base, effectuer une taille (1/3 des branches) après la floraison.
    maladies et parasites : sous notre climat en atmosphère trop sèche peut être sujet aux araignées rouges (glasshouse red spider mite), sensible aussi aux cochenilles farineuses (mealybugs) et aux aleurodes (glasshouse whitefly).
    En zones tropicales et subtropicales, et également présents dans les serres en Europe, dont notamment au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est, en Indonésie et à Java. Introduit au Japon, aux États-Unis, en Californie, Floride, Louisiane et Illinois, au sud de l'Australie en Nouvelle-Galles du Sud et au Queensland, voir distribution.
    C'est la plante hôte pour les femelles jaunes aux soies translucides du thrips de l'orchidée Chaetanaphothrips orchidii qui se nourrissent de son feuillage puis pondent dessus pour nourrir les larves qui provoquent, elles aussi, des dégâts. Les autres plantes hôtes, les orchidées, les Anthurium, Musa et dans les Rutaceae, les Citrus.
    Vidéo Kew Royal botanic garden
    NB : le Sparrmannia est dédié à l'explorateur, médecin-naturaliste et botaniste suédois Anders Sparrmann (longtemps mal orthographié avec un seul r) qui participe en novembre 1772 avec le naturaliste Forster* au second voyage du Capitaine Cook* aux Indes orientales, qu'il relate dans 'Voyage au Cap de Bonne-Espérance, dans les pays au pâle sud et autour du monde, et surtout dans le pays des Cafres et des Hottentots, de 1772 à 1776' en 3 volumes illustrés de planches (éd. Stockholm 1783, trad en français). Le tome 2 est consultable à la Bnf.
    Un genre qui comprenait, jusqu'en 2012, 8 noms d'espèces référencés et depuis, seulement 3 noms ont été retenu par Powo, des espèces d'arbres ou d'arbustes persistants, originaires d'Afrique et de Madagascar.
    Il fait partie des quelques plantes d'intérieur qui, par leur transpiration, augmentent pour notre bien-être, le taux d'humidité de nos pièces.
    Il est présent dans la collection des vélins du Muséum national d'histoire naturelle de Paris - portefeuille 46, folio 98, de Pierre-Joseph Redouté* (1759-1840), consultable en ligne au mnhn.

    Parmi les cultivars, citons :

    • Sparrmannia africana cv. 'Flore Pleno', commercialisé sous Sparmannia, une obtention sud-africaine, arbuste de 3 à 6 m pour un étalement de 2 à 4 m, qui se distingue par de grandes feuilles cordiformes et velues d'environ 21 cm de long, dans un vert clair. Entre avril et juillet, offre des ombelles d'une vingtaine de petites fleurs doubles blanches légèrement violacées vers le coeur, aux étroits pétales en forme de ligules lui donnant un aspect tout ébouriffé et des étamines qui ne sont pas visibles. On lui reproche souvent de ne pas trop fleurir à l'intérieur lorsqu'il manque de lumière. Tolère jusqu'à -5 ° C. Découvrir sa photo. Naturalisé depuis 1983 en Nouvelle-Zélande et cultivé le long de la côte au Royaume-Uni.

    • Sparrmannia africana 'Nana', une obtention de petite taille, de 60 à 80 cm de haut, qui aurait une croissance lente, mais qui serait très florifère.

    • Sparrmannia africana 'Variegata', de grandes feuilles pubescentes d'approximativement 20 cm de long, sont irrégulièrement maculées, marbrées de blanc pur et de blanc crème et qui présente du mois d'avril jusqu'au mois d'août de grandes fleurs blanches, aux étamines jaunes et aux anthères rouges.

    La seule espèce à être reconnue :

    • Sparrmannia abyssinica A.Rich. (1840), un arbuste au feuillage palmé, à petites fleurs jaunes, qui se rencontrait au nord de l'Éthiopie, dans les collines en Abyssinie, un spécimen figure depuis 1837 dans l'herbier de l'université Montpellier II, planche 28 jstor.org.

    • Sparrmannia acerifolia Steud.(1841) et maintenant considéré comme un synonyme du Sparrmannia africana.

    • Sparrmannia discolor Baker (1883), a été retenu par Powo, qui figurait en 1933 lorsque Weimarck a révisé le genre, endémique aux hauts plateaux au nord du centre de Madagascar, dans la région des collines d'Imerina et au sud-est de l'île, dans la réserve spéciale du Pic d'Ivohibe. Un arbrisseau d'environ 3 m de haut, à petites fleurs légèrement rosées.
      Deux sous-espèces retenues Sparrmannia discolor var. cordata Capuron (1963) et Sparrmannia discolor var. discolor.

    • Sparrmannia palmata E.Mey. ex C.Presl (1845), est considéré comme étant un synonyme de Sparrmannia ricinocarpa subsp. ricinocarpa, distribué de l'est du Cameroun jusqu'au Soudan, dans l'état de l'Érythrée ainsi qu'en Éthiopie en zone tropicale à saison sèche. Un sous-arbrisseau aux feuilles palmées qui a été introduit à La Réunion.

    • Sparrmannia rugosa Biv. ex Sweet (1830), non résolu, non classé* et sans synonyme, originaire de l'Afrique australe.

    • Sparrmannia ricinocarpa (Eckl. & Zeyh.) Kuntze (1898), une espèce retenue par Powo qui a pour synonyme, Urena ricinocarpa Eckl. & Zeyh. (1835), originaire du centre de Madagascar, dans la province Fianarantsoa et de l'Afrique centrale au Congo, Rwanda, Burundi occidental et Zaïre, ainsi qu'en Afrique du Sud et au Swaziland, largement distribué de l'est du Cameroun jusqu'au Soudan, dans l'état de l'Érythrée ainsi qu'en Éthiopie, également présent à la Réunion où il a été introduit de longue date et de nos jours, présent dans les broussailles, les jachères, les savanes et les clairières des forêts secondaires entre 1 200 et 3 300 m d'altitude, en compagnie des Eucalyptus, Hagenia abyssinica, la seule espèce retenue en 2012 arbrisseau ligneux poilus très ramifié d'environ 3 m de haut, des feuilles alternes, à 3 à 7-lobes dont la base est cordée-sagittée, dans son milieu naturel, quasiment toute l'année floraison blanche ou légèrement rose violacé sur le revers poilu et le pédicelle. Fruits des capsules ellipsoïdes à soies violacées. Depuis 1933, il a 4 sous-espèces sur 5 qui ont été reconnues. Localement, son écorce fibreuse, est utilisée pour confectionner des cordes et des textiles, d'où le nom donné au genre de chanvre africain.
      Voir une série de photos sur African plants. A Photo Guide 2014 par S.Dressler, M.Schmidt & G. Zizka.

    • Sparrmannia wittei Staner (1932) est maintenant considéré comme étant juste un snonyme du Sparrmannia ricinocarpa subsp. ricinocarpa, était présent au Congo, dans l'ancienne province du Katanga.

    Annotations :
    *Descaine, célèbre botaniste pomologue français Joseph Descaine (1807-1882). Il débute au Muséum de Paris en 1833, où il est nommé assistant naturaliste par Bernard de Jussieu qui esten charge des herbiers. Il enseigne de nombreuses années avant d'être titulaire de la chaire de culture en 1851, et, il devient, le directeur des cultures du Muséum.
    En 1864, il est élu président de l'Académie des sciences, puis en 1880, il devient membre de la Société Royale de Londres.
    Il est l'auteur de nombreuses publications scientifiques et il participe à la rédaction de la Revue horticole et du Bon jardinier auteur du fort célèbre "Jardin fruitier du Muséum publié de 1858 à 1875, grand ami du botaniste G.Thuret.
    Notice historique, lire l'éloge rédigée par M.Berthelot, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, lue à la séance publique du 18 décembre 1893, consultable en pdf.

    *Forster, naturaliste (ornithologue) allemand Johann Reinhold Forster (1729-1798), qui participe à la deuxième expédition (1772-1775) de James Cook dans le Pacifique à bord de l'HMS Resolution, en compagnie de son fils Johann Georg Adam Forster (1754 - 1794) naturaliste, ethnologue et géographe, qui relate ce voyage dans 'A voyage round the world in his Britannic majesty's sloop Resolution (1777- Londres), réédité en 1996 par N.Thomas, H. Guest & M. Dettelbach - Université d'Hawaï. Le volume 2, publié en 1777 est feuilletable sur archive.org. Abréviation botanique officielle : J.R.Forst.

    *(L.f.), abréviation officielle pour Linnaeus filius abréviation botanique qui signifie pour le nom du fils du systématicien suédois Carl Von Linné, appelé Carl von Linné le Jeune (1741-1783). Un naturaliste, botaniste suédois qui en 1771, est nommé par son père malade pour assurer sa succession à la chaire de médecine à l'université d'Uppsala, nomination qui provoquera des ressentiments de la part des autres professeurs qui eux, ont obtenus leur titre après avoir suivi le cursus et passé leur thèse.

    *Linné, botaniste-naturaliste suédois, Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757, nommé, Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie, qui sera suivi d'une flora lapponica.
    En 1738, il fonde l'Académie des sciences de Suède, et à partir de 1741, il enseigne à l'université d'Uppsala, durant une année, la médecine, puis, la botanique jusqu'en 1772.
    Son herbier, le plus riche de son époque contenait 7 000 plantes. Il est l'auteur de Systema naturae, Genera plantarum et de Species plantarum qui sont consultables en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto(patienter ! chargement long). Il y présente son système de classification des espèces qui sera la base de la taxinomie et de la nomenclature. Un ouvrage qu'il finançe avec le botaniste néerlandais Johann Frederik Gronovius (1686- 1762) à qui l'on doit la préparation et la publication de Flora virginica (2 tomes publiés de 1739 à 1743) à partir des notes et des spécimens envoyés par le collecteur britannique John Clayton (1694-1773) a qui l'on doit aussi un fabuleux herbier. Abréviation botanique officielle : L.
    Lire l'éloge de Linné et l'histoire de l'académie, faite par le philosophe, mathématicien et économiste français, Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, publiée par l'academie-sciences.fr, format pdf.

    *Noms non classés, ce sont des noms qui ne peuvent être ni acceptés ni mis en synonymie. Cela peut être dû à l'absence de publication valide du nom, à son homonymie postérieure, le rendant illégitime, ou au rejet du nom de genre. Un nom peut également être non classé car il ne peut être mis en synonymie, notamment pour les raisons suivantes : (a) aucun nom correct n'est disponible dans un genre accepté ; (b) aucun matériel type n'est connu, empêchant ainsi de déterminer à quelle espèce il appartient ; (c) le matériel type est insuffisant pour établir une identité claire ; (d) le matériel type n'a pas été étudié par des experts du groupe, et aucune synonymie n'a donc été publiée. In english Unplaced names on powo.

    *Steud., abréviation botanique pour le médecin, botaniste allemand Ernst Gottlieb von Steudel (1783-1856), auteur de nombreux ouvrages, dont 'Nomenclator botanicus' en 2 volumes, édités de 1821 à 1824.
    Deux genres lui ont été dédiés, Steudelia famille des Molluginaceae et Steudelella chez les Poaceae et 47 espèces, sous la forme steudelii, steudeliana, steudelianus, steudelianum.
    natacha mauric ©21/06/2001 ® Jardin ! L'Encyclopédie
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