Anchusa azurea - Buglosse d'Italie
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    Siro Kurita* ©
    Nom commun : Buglosse d'Italie, Petite Buglosse d'Italie, Buglosse azurée, Langue de boeuf, régionalement Fausse bourrache, Bourrache bâtarde, nommée par les anglophones 'Italian alkanet, ox tongue, Sea bugloss, Italian bugloss', en arabe 'Leçan et Tsour', en kabyle ' Tir'ounan Tcharajette'.
    Nom latin : Anchusa azurea  Mill.*, anciennement Anchusa italica Retz.*, synonymes d'Anchusa angustifolia L.*, Anchusa officinalis Villars*, Buglossum elatum Moench.*
    famille : Borraginaceae.
    catégorie : vivace herbacée aux tiges rougeâtres rugueuses, hérissées de poils.
    feuillage : caduc, vert moyen, rugueux, portant des poils (soies) raides. Feuilles oblongues-lancéolées en partie supérieure, elles sont sessiles, le bout des tiges et les boutons sont d'un vert pourpré.
    port : touffe érigée.
    floraison : qui est comestible. Longue, de la fin de printemps à l'été, courant mai-juin jusqu'en septembre, selon climat, nectarifère, visitée par les abeilles et les bourdons.
    Racèmes scorpioïdes de petites fleurs hermaphrodites de ± 8 cm, à corolle à 5 lobes.
    couleur : bleu azuré à bleu gentiane avec le temps bleu violacé, les veinules sont plus foncées et d'autres tons pour les cv.
    fruits : akènes regroupés par 4, contenant des petites graines ovoïdes, pourvues d'un hile, elles sont convoitées par les fourmis qui en assurent la dissémination.
    croissance : rapide.
    hauteur : 0.80 m pour un étalement quasi identique.
    plantation : à l'automne ou au printemps.
    multiplication : par boutures de racines en hiver, par semis au printemps entre 20 et 21°C, par poquet de 3 à 4 graines à peine recouvertes, compter entre 21 et 28 jours pour la levée.
    sol : terre de jardin profonde, mais très bien drainée, aime le calcaire. Un excès d'humidité favorise le pourrissement racinaire.
    emplacement : soleil, mi-ombre.
    zone : 4-9, U-K hardiness H5, USDA zones 6b-9, en zone ombragée. Une fois implantée, elle tolère bien la sécheresse.
    origine : sud et centre de l'Europe, notyamment la France où elle est présente sur l'ensemble du territoire, Corse incluse, ainsi qu'en Afrique du Nord.
    entretien : vivace de faible durée de vie. L'arracher et la replanter tous les deux ans obligerait ses racines à se régénérer.
    Couper les fleurs fanées, cela permet de prolonger la floraison.
    maladies et parasites : comme d'autres Boraginacées (bourrache, buglosse, cerynthes, cynoglosses, nonées (Nonea) et vipérines, c'est l'une des plantes hôtes d'un champignon parasite, Puccinia* rubigo, c'est-à-dire la rouille, qui se développe ensuite, sur les cérales en Europe, ainsi qu'en Afrique du Nord.
    Tandis que Puccinis graminis transitait sur les épine-vinettes Berberis vulgaris qui leur à valu, la publication d'arrêtés pour les détruire, comme l'arrêté du Parlement de Rouen de 1880 et diverses compagnies de chemin de fer furent condamnées à les arracher et à payer des indemnités aux propriétaires des champs voisins de la voie. Une guerre contre l'épine vinette était déclarée, qui c'est achevé par l'extirpation complète de cet arbuste qui en zones de montagne, loin des cultures elle porte rarement la rouille. Lire Influence de plantation d'épine vinette sur le développement de la Rouille des céréales par M. Grabriel Rivet publié en 1869 dans le Bulletin de la Société botanique de France, format pdf de la biodiversitylibrary.org.
    En hiver, sur les feuilles de la buglosse, se développent des taches jaune assez vif Aecidium d'où se détachent des spores qui s'envolent et vont germer sur les feuilles de cérales, qui contaminent rapidement l'intégralité d'un champ, si les conditions climatiques sont favorables, au fur et à mesure que la maturité de la cérale (le blé) s'accentue, la rouille passe au noir et les spores se refugient dans la paille jusqu'à l'automne pour gagner alors une Buglosse et redémarrer le cycle ; mais, sa supression limite le mal, car les spores issues de la couille noire, ne peuvent pas s'installer sur les céréales, elle ne peut atteindre les céréales qu'avec cette intermédiaire Dans les champs en France et en Algérie, elle était arrachée, le matin, en décembre-janvier, au milieu et sur le pourtour des champs, relaté dans l'article de décembre 1893, dans le Progrès de Bel-Abbès par Louis Charles Trabutn botaniste, agronome et médecin français. Fondateur de la Revue horticole de l'Algérie, lire la notice nécrologique du docteur René Maire, chez persée.
    Elle est dédaignée par les cervidés et les lapins.
    NB : son nom Anchusa vient du grec 'agyios', qui signifie être faible des membres, en latin 'abigere', qui signifie, faire avorter, faisant certainement allusion aux propriétés médicinales de certaines espèces du genre et son nom spécifique italica, pour préciser son origine italienne ou azurea, pour mettre en avant sacouleur azuréenne.
    Buglosse vient du grec 'bous' qui désigne le boeuf et 'glosson' langue de boeuf, faisant référence à la forme de ses feuilles.
    Ce genre comprend une cinquantaine d'espèces d'annuelles, bisannuelles et vivaces, originaires de l'Europe, de l'Afrique du Nord, de l'Afrique du Sud et de l'Asie Mineure.
    Cette rustique buglosse à sa place au jardin, dans les massifs et les mixed borders ou dans des potées, en mélange avec d'autres espèces.
    Parmi les cultivars, citons :
    - Anchusa azurea  'Dropmore' de 1,50 à 1,80 m., d'un bleu mauve rappelant celui des ageratum, si cela peut vous aider.
    - Anchusa azurea 'Emerald Mist' de 0,30 à 0,40 m, feuillage panaché, vert maculé sur le pourtour de blanc argenté, floraison bleu clair.
    - Anchusa azurea  'Feltham Praide Strain' de 0,90 m, floraison de mai à juillet, d'un bleu gentiane sur des tiges lavées de pourpre, photo 2.
    Anchusa azurea 'Feltham Praide Strain'
    Ch. Reymond ©
    - Anchusa azurea 'Little John' de 0,30 à 0,45 m, d'un bleu assez foncé, recherché pour sa longue floraison.
    - Anchusa azurea 'Loddon Royalist', 'Blue Bugloss Loddon Royalist', de 0,80 à ,201 m x 0,40 à 0,50 m, feuillage d'un vert acide, sur des hampes pourprées en cime presque noire, avec une longue floraison d'un éclatant bleu roi (bleu de France) du mois de mai jusqu'en septembre, dans un calice pourpre violacé presque noir, un style proéminent d'un blanc rosé, des étamines blanches aux anthères quasiment noires.
    Selon l'origine, aux États-Unis, dans l'Indiana, la buglosse commercialisée, peut avoir la particularité d'afficher certaines années des fleurs avec une large macule à la pointe des 5 lobes de la corolle, dans des dégradés de rose plus ou moins foncé.
    Loddon, c'est le nom d'une rivière qui se jette, côté gauche, dans la Tamise, qui à cette couleur sur certaines photos, et c'est aussi, est le nom d'un comté en Australie, dans l'État du Victoria, et 'Royalist', parce que c'est du bleu roi, mais en réalité, c'est un bleu soutenu qui tire sur le bleu violet.
    - Anchusa azurea 'Morning Glory' de 1,20 à 1,50 m, bleu aussi assez foncé.
    - Anchusa azurea 'Opal', 1,20 m, d'un bleu pastel.
    - Anchusa azurea 'Royal Blue' de 0,90 à 1,20 m, bleu roi.
    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres buglosses présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Kurita, botaniste-biologiste, généticien japonais Sirö Kurita (1936-2019), qui, en 1958, est professeur au département de biologie de l'Université de Chiba, nommé professeur émérite, en 2001. Docteur en sciences, Université métropolitaine de Tokyo de 1949 à 2011.
    Il y mène des recherches sur les fougères, puis, sur les amaryllidacées japonaises, qui se reproduisent sans produire de graines, en divisant les bulbes, il a publié l'histoire et les résultats sous la forme d'un livre scientifique destiné au grand public 'Higanbana Museum Magazine" Kenseisha (1998), hélas, son blog sur les Higanbana a été fermé.
    Membre de la Botanical Society of Japan, de l'American Botanical Society, de l'International Fern Society et d'autres.
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linneaus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    *Mill, abréviation botanique pour le botaniste écossais Philip Miller (1691-1771), on lui doit la référence pour les jardiniers du 18e siècle 'the Gardener's Dictionary' du jardin de Chelsea, édité à Londres 1755-1760, illustré de nombreuses gravures de Ehret, Lancake, John Miller.
    *Moench., abréviation botanique, pour le botaniste allemand Conrad Moench (1744-1805), durant toute sa vie, il enseigne à l'Université protestante de Marbourg (Hesse- Allemagne), il est en total désaccord avec Linné à propos de la classification des plantes. On lui doit des ouvrages sur la systématique.
    Un petit genre de 3 espèces présentes au sud de l'Europe, lui est dédié, Moenchia (Caryophyllaceae), par un autre opposant à Linné, le médecin botaniste allemand F.K. Medicus (1736-1808), ainsi qu'à une douzaine d'espèces spécifiques sous la forme moenchii, moenchia, moenchiana.
    *Retz., abréviation botanique pour le botaniste-entomologiste suédois Anders Jahan Retzius (1742-1821) qui enseigna la chimie puis l'histoire naturelle à l'Université de Lund où il fit ses études. On doit à cet érudit, à la fois des ouvrages sur la faune et la flore, dont 'Flora Scandinaviae Prodrome' (1 er. éd 1779), et le naturaliste suédois Carles P.Thunberg* lui dédie un petit genre d'Afrique australe Retzia (Retziaceae initialement Stilbaceae - Gentianales).
    *Villars, père Dominique Villars (1741-1814), médecin, botaniste et professeur, en 1775, il s'intéresse à la flore du Dauphiné dont il publie le catalogue et par la suite de 1786 à 1789 publie 'Histoire des plantes du Dauphiné' illustrée en 3 volumes avant de devenir en 1795 professeur d'histoire naturelle à l'école centrale de Grenoble.
    En 1803, Napoléon Ier le nomme titulaire de la chaire de botanique à l'école spéciale de médecine de Strasbourg et durant ces années de fonction, il s'intéresse à la flore de l'Alsace et des Vosges. Abréviation botanique officielle: Vill.
    Fr. Binet-Giannoni & nmauric 04/03/2000 ® Jardin ! L'Encyclopédie ®par la Société des Gens de Lettres - nmauric ©04.03.2000 -Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l'exploitation commerciale sont expressément interdites.



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