Asphodelus albus - Asphodèle blanc, Bâton de Jacob
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    Asphodelus albus 31 marsh in U-K
    Asphodelus albus Brighton Plants© 31 marsh U-K
    Nom commun : Asphodèle blanc, Bâton de Jacob, Poireau de chien royal, localement c'est localement c'est le Bâton blanc, l'Alée ou le Poireau de chien, le Porreta, au Languedoc 'Testa de lop' (Tête de loup).. C'est un nom nom masculin, on dit un asphodèle et non une asphodèle comme l'écrivent à tort certains revendeurs, nommé par les anglophones 'White Asphodel', en espagnol 'Gamonita, Caramuixa' à Mallorque, en italien selon la région 'Asfodelo, Asfodel bianco, Porrazzo, Porraccia, Purrazza', au Mahgreb c'est 'El Berouaga'.
    Nom latin : Asphodelus albus Mill.* (1768), deux synonymes retenus, Asphodelus ramosus subsp. albus (Mill.) Baker* (1876), et dans la nouvelle flore italienne de 1923 par Adriano Fiori*: Asphodelus ramosus var. albus (Mill.) Fiori.
    famille : Asphodelaceae, ordre des Asparagales ou Xanthorrhoeaceae. Pour certaines flores, toujours dans les Liliaceae.
    catégorie : vivace herbacée, géophyte, thermophile et pyrophyte, aux racines tubéreuses, comestibles, réunies en faisceau.
    port : touffe érigée, ramifiée en partie supérieure.
    feuillage : caduc, coriace, d'un vert-gris bleuté et glauque. Rosette basale d'étroites feuilles, caniculées et carénées en pointe, disposées en spirale.
    floraison : du printemps à l'été, de mai jusqu'en juillet, selon climat, mellifère et parfumée, visitée entre autres par les abeilles.
    De denses grappes terminales, compactes et allongées, sur une épaisse tige pleine et rectiligne, des fleurs en pédicelles étoiles de 2 à 6 cm de diamètre, des tépales striés en partie centrale, 6 longues étamines, blanches et saillantes aux anthères bifides rose puis ocre et de larges bractées membraneuses, effilées en pointe et retroussées et un fin style blanc dressé. Sur les boutons floraux, les bractées sont rougeâtres.
    couleur : blanche avec la ligne médiane du tépale dans un ton de vieux rose, revers strié de brun rosé, bractées roussâtres ou brunâtres.
    fruits : des capsules obovoïdes de 5 à 6 mm, à valves vertes passant à l'ocre orangé, puis à maturité d'un brun noirâtre, contenant des graines oléagineuses comestibles, voir photo Andrea Moro © Université de Trieste.
    croissance : rapide.
    hauteur : 0.50 à 1.20 m.
    plantation : à l'automne ou au printemps. Renouvellement des tubercules tous les 2 ou 3 ans.
    multiplication : par semis de graines fraîches en place ou après stratification durant 6 à 8 semaines, semis à chaud entre 18-20°C, courant mars/avril dans un mélange sablonneux et humide, puis, patienter... Car la levée est lente et elle est aléatoire, également par division des racines après la floraison.
    sol : ordinaire, surtout bien drainé, sec et même caillouteux, avec une préférence pour les sols calciques. Au jardin, ou dans des potées, effectuer un apport de sable, dans un mélange pouvant être riche, acide ou neutre.
    emplacement : ensoleillée, chaud et sec.
    zone : 5-10, U-K hardiness H6, USDA zones 5a-10b. Indice* sécheresse 5, c'est-à-dire sans eau durant 5 mois et plus.
    origine : Afrique du Nord, dans les garrigues languedociennes, les Landes du sud-ouest et de l'ouest de l'Europe méridionale, depuis le centre-ouest de la péninsule ibérique. Présent en abondance dans le parc naturel de la Serranía de Cuenca*, les îles Baléares et les Canaries. Jusqu'à 2 000 m à l'ouest des Alpes et dans la chaîne des Apennins. L'Apennin central, dans les pelouses subalpines, acidophiles et les gazons alpins de fétuque paniculée et dans les prairies, en compagnie de touffes de carex et des coussins grisâtres d'astragale épineuse. Plus à l'est de l'Italie, jusqu'à la région des Marches, présent au nord-ouest en Ligurie, ainsi qu'en Istrie et dans les îles italiennes.
    C'est une espèce protégée dans l'ouest de la France, sa cueillette est interdite, il en est de même en Espagne et en Italie.
    Introduit en Australie, Nouvelle-Zélande et Amérique du Nord.
    entretien : au jardin, laisser vivre en paix. En fin de saison, supprimer les hampes chargées de fruits, car ils se ressèment abondamment. Ailleurs, c'est une espèce protégée en France, à ne pas cueillir.
    maladies et ravageurs : peut subir les assauts des pucerons noirs (aphids) à la base des feuilles.
    NB : son nom latin Asphodelus donné par Linné* en 1753, vient du grec 'asphodelos' qui désigne déjà la plante et désigne un spectre, un fer de lance ou une pique, et son nom spécifique albus signifie blanc.
    L'asphodèle est une fleur sacrée dans la mythologie grecque et romaine, emblème de la résurrection. relatée par Homère (l'Odyssée), qui l'associait aux Champs Elyséens où séjournaient les âmes des morts, qui se nourrissaient de leurs racines.
    Une association reprise dans les oeuvres poétiques de Victor Hugo* ('parfum d’asphodèle' de Booz) *et d'André Chénier* (L'Aveugle). L'asphodèle revêt encore de nos jours, une importance symbolique en Corse, ainsi qu'en Grèce et en Italie.
    Durant les fêtes de la Toussaint, en Corse, les épis floraux des Asphodelus étaient trempés dans de l'huile d'olive, puis allumés avant d'être déposés près des tombes.
    Sur la côte au nord-ouest de l'île, au coeur de la Balagne, s'effectue, certaines années, des récoltes de miel d'asphodèle, un miel doux et fumé.
    L'asphodèle a sa place dans les jardins secs, caillouteux ou sablonneux, les jardins de gravier, les rocailles, les massifs, les mixed borders et sur les talus, également, employé pour vegetaliser les zones dégradées.
    Ce genre comprend une quinzaine d'espèces d'annuelles et de vivaces, originaires des régions méditerranéennes et de l'Asie mineure, présente jusque dans l'Himalaya. En Europe, le genre fait partie des plantes protégées. Il a les propriétés de résister au feu (pyrophyte).

    Trois sous-espèces retenues :

    • Asphodelus albus subsp. albus Mill (1876)
    • Asphodelus albus subsp. occidentalis (Jord.) Rouy
    • Asphodelus albus subsp. subalpinus Nyman (1882), synonyme retenu Asphodelus occidentalis Jord.

    Propriétés et utilisations :
    Les asphodèles ont des racines tubéreuses qui contiennent de l'amidon, qui était autrefois cultivés pour être utilisés dans la panification, après les avoir fait sécher, avant de les piler et diluer en fin, dans de l'eau. Les relieurs et les cordonniers chauffaient cette préparation, pour obtenir une poisse dont ils se servaient pour coller reliures et livrets.
    Leurs tiges étaient autrefois consommées et séchées, pour servir de fourrage et elles étaient utilisées pour confectionner des objets.
    Elles ont des propriétés médicinales réputées dans les pharmacopées traditionnelles,pour un usage externe et également prescrit en homéopathie. Les feuilles fraîches, servaient pour traiter les plaies et pour éloigner les moustiques.

    Dans l'abécédaire, consulter les espèces d'Asphodèline ou d'Asphodèle présentes dans l'Encyclopédie.

    Quelques autres espèces d'Asphodelus :

      Asphodelus albus
      Asphodelus albus Brighton Plants© 13 may U-K
    • Asphodelus acaulis Desf., synonyme Clausonia acaulis Pomel, Asphodèle acaule, originaire d'Afrique du Nord au Maroc, région de l'Atlas, Algérie, présent en Kabylie où il est appelé Berouaga. Vivace de 25 à 30 cmavec de très courts épis aux fleurs rose pâle, zones 9-10.

    • Asphodelus aestivus Brot., [attention, querelles de botanistes...] donné pour synonyme de l'Asphodelus microcarpus Reichb, originaire du sud de l'Europe, en région méditerranéenne ainsi qu'en Asie mineure, notamment en Jordanie, de plus ou moins 60 cm, aux feuilles d'un vert-bleuté et des fleurs blanches ou rose pâle, striées de brun rosé.
      De tout temps, il est réputé pour ses propriétés médicinales, considérer comme tonique, cholérétique, diurétique, et laxative, zones 9-10.

    • Asphodelus arrondeaui Lloyd, Asphodèle d’Arrondeau ou Bâton blanc d'Arrondeau, plante protégée (Journal officiel du 13 mai 1982) existe à l’état endémique en Bretagne sur la côte (ex : aux Glénan ou dans la baie de Morlaix) et nord-ouest de l’Espagne.

    • Asphodelus bento-rainhae P. Silva, originaire du sud-ouest de l'Europe (ex: Portugal). Une plante protégée dont la sève contenue dans les racines à des propriétés qui étaient utilisées dans le traitement des problèmes de peau, zones 9-10.

    • Asphodelus cerasiferus Gay, synonymes Asphodelus ramosus  Gouan., Asphodelus grandiflorus Jordan, l'Asphodèle porte-cerises, connu aussi sous le nom de Alède, originaire du sud-ouest de l'Europe, dans le bassin méditerranéen. Présent en Corse et Languedoc-Roussillon, en Afrique du Nord, notamment en Algérie, dans la région d'Oran, ainsi qu'en Asie Mineure. 80 cm de haut, avec des feuilles triangulaires aux nervures parallèles et dans un gris bleuté. Des tiges creuses avec des fleurs blanches d' avril jusqu'en juin, zones 9-10.

    • Asphodelus cirerae Sennen, synonyme retenu, Asphodelus ayardii Jahandiez, originaire du sud de l'Europe dans le bassin méditerranéen. Utilisé pour ses propriétés dans le traitement des problèmes de peau, tel que, l'eczéma et l'herpès, zones 9-10.

    • Asphodelus fistulosus L., certaines flores le donne pour synonyme de l'Asphodelus tenuifolius Baker., l'Asphodèle fistuleux. Originaire du sud de l'Europe (zone méditerranéenne, présent au Languedoc) près du littoral et au sud-ouest de Asie Mineure. Une vivace au feuillage persistant, 40 à 50 cm, vers la fin fin de l'hiver et début du printemps, selon climat de février jusqu'en juin, offre une floraison blanche ou rosâtre striée de rose foncé, zones 8-10. Tolère aisément - 15°C.

    • Asphodelus macrocarpus Parl., synonyme Asphodelus delphinensis Gren.& Godr, Asphodèle du Dauphiné. Une alpine, proche de l'Asphodelus albus dans son aspect, des fleurs blanches avec juste une fine ligne médiane vert marron, des étamines d'un blanc nacré.

    • Asphodelus sphaerocarpus Gren. & Godr., originaire des Pyrénées, espèce pyrénéenne qui est proche de l'Asphodelus albus.

    • Asphodelus tenuiflorus Cav., originaire du sud de l'Europe dont la Sicile et de l'Asie, présent en Inde, dans la chaîne de l'Himalaya. Se distingue avec des petites fleurs roses, zones 9-10.

    • Asphodelus tenuifolius Baker., l'asphodèle creux, certaines flores le donnent pour synonyme de l' Asphodelus fistulosus L., nommé par les anglophones 'Hollow-stemmed asphodel, Onionwee'. Originaire du sud de l'Europe (Espagne) et du Moyen-Orient, en Égypte, Iran, aux Émirats Arabes-Unis, en zone de montagne aride, au Qatar - Jebel Qatar, où il est appelé 'Barok basal-esh sheitan', zones 9-10.

    • Asphodelus viscidulus Boiss., synonyme retenu, Asphodelus micranthus Coss. & Kralik, se rencontre en Jordanie et en Palestine.

    • Asphodelus refractus Boiss., se rencontre en Afrique (Algérie, Tunisie et l'Égypte), également au Moyen-Orient, en Jordanie, Palestine et Israël, dans le Sinaï ainsi qu'en Syrie.

    Annotations :
    *Baker, abréviation botanique pour le botaniste écossais Joseph Gilbert Baker (1834-1920). Le spécialiste des mousses, responsable de l'Herbier de Kew, il fut l'assistant de William Jackson Hooker (1785-1865). Ensemble, ils publient en 1874 "Synopsis Filicum; Or, a Synopsis of All Known Ferns, Including the Osmundaceae, Schizaeaceae, Marattiaceae, and Ophioglossaceae".
    Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Handbook of the Amaryllideae, Including the Alstroemerieae and Agaveae" publié en 1888 ; ces 2 ouvrages sont toujours réédités.

    *Chénier, André Chénier (1762-1794), dans l'Aveugle - les Bucoliques. Idylles et fragments d’idylles, page 23 à 29 consultables à la Bnf.

    *Fiori, botaniste italien, Adriano Fiori (1865-1950), également médecin qui à partir de 1892 travaille comme assistant à l'institut botanique de Padoue jusqu'en 1900, où il est nommé en Toscane comme professeur de sciences naturelles à l'institut forestier de Vallombrosa. En Érythrée, durant 4 mois, il collecte 1300 spécimens qu'il rapporte et inclut dans l'Herbier de Florence dans lequel il avait déjà déposé des milliers de spécimens collectés.
    Il est l'auteur et l'éditeur de la Nuova flora analitica d'Italia, contenente la descrizione delle piante vascolari indigene inselvatichite e largamente coltivate in Italia (Nouvelle flore analytique d'Italie, contenant la description des plantes vasculaires indigènes qui se sont naturalisées et sont largement cultivées en Italie). Grâce à sa famille, les planches originales de ses illustrations sont aujourd'hui conservées au musée botanique de Florence. Le volume 1, publié en 1925-29, est consultable à la BHLibrary.

    *Hugo, Victor Hugo (1802-1885), dans 'Booz endormi', parut dans La Légende des siècles (1859-1883), les page 65 à 70, consultables à la Bnf.

    *Indice, indices de résistance à la sécheresse : indice : 1 - jusqu'à 1 mois sans eau, indice : 2 - jusqu'à 2 mois sans eau, indice : 3 - jusqu'à 3 mois sans eau, indice : 4 - jusqu'à 4 mois sans eau, indice : 5 - jusqu'à 5 mois sans eau, indice : 6 - jusqu'à 6 à 7 mois sans eau, correspond à des zones désertiques.

    *Linné le botaniste-naturaliste suédois, Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757, nommé, Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie, qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'.
    En 1738, il fonde l'Académie des sciences de Suède, et à partir de 1741, il enseigne à l'université d'Uppsala, durant une année, la médecine, puis, la botanique jusqu'en 1772. Son herbier, le plus riche de son époque contenait 7 000 plantes. Abréviation botanique officielle : L.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et de 'Species plantarum', consultables en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto (patienter ! chargement long). Il y présente son système de classification des espèces qui sera la base de la taxinomie et de la nomenclature. Un ouvrage qu'il finançe avec le botaniste néerlandais Johann Frederik Gronovius (1686- 1762) à qui l'on doit la préparation et la publication de Flora virginica (2 tomes publiés de 1739 à 1743) à partir des notes et des spécimens envoyés par le collecteur britannique John Clayton (1694-1773) a qui l'on doit aussi un fabuleux herbier.
    Lire l'éloge de Linné et l'histoire de l'académie, faite par le philosophe, mathématicien et économiste français, Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, publiée par l'academie-sciences.fr, format pdf.

    *Mill., abréviation botanique, pour le jardinier, botaniste écossais, Philip Miller (1691-1771), nommé surintendant en chef du Jardin botanique de Chelsea (Apothecaries’ Garden, 1673), l'un des plus anciens jardins botaniques, aujourd'hui connu, sous le nom du Chelsea Physic garden de Londres.
    On lui doit, la référence pour les jardiniers du 18e siècle : 'The Gardener's Dictionary' du jardin de Chelsea, édité à Londres de 1755 à 1760, illustré de nombreuses gravures d'Ehret, Lancake et John Miller.
    Dans ce vieux jardin botanique, il y cultive, en 1757, de nouvelles espèces, telles que l'Arum d'Éthiopie et la Pervenche de Madagascar, adressées, depuis le jardin du Roy de Paris.

    *Serranía de Cuenca, de vastes étendues de Gamonitas comme il le nom, dans ce parc naturel à découvrir en fleurs au coeur du mois de mai.
    natacha mauric© 01.03. 2024 ® Jardin! L'Encyclopédie
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