Lilium candidum - Lis candide, Lis de la Madone
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    Nom commun : Lis candide, Lis de la Madone, Lis de Saint Antoine, Rose de Junon ou Lis blanc.
    Nom latin : Lilium candidum L.*
    famille : Liliaceae.
    catégorie : bulbeuse à bulbe tuniqué* à écailles charnues.
    port : érigé, évasé. Touffe basale en rosette (visible dès l'automne).
    feuillage : persistant, vert clair, brillant. Sur les tiges florales, les feuilles sont alternes, lancéolées.
    floraison : fin du printemps-début de l'été (juin-juillet), parfumée, odeur suave et sucrée nettement plus accentuée le soir. En forme de trompette 5 à 10 fleurs hermaphrodites de 15 cm, composées de 6 larges tépales récurvées (comestibles), 6 longues étamines pourvues d'anthères basculantes.
    fruit : capsule à 3 loges.
    couleur : blanc pur, anthères jaune d'or, attention le pollen tache énormément.
    croissance : rapide.
    hauteur : 1m à 1.80 m voir plus.
    plantation : en été (août-septembre), attention à ne pas trop enfouir les bulbes, juste à 2 à 3 cm de la surface du sol.
    multiplication : par division des bulbilles (tous les 4-5 ans), par bouturage d'écailles (compter 3 ans pour obtenir la première floraison) ou par semis de graines, la levée a lieu entre 3 à 6 semaines.
    sol : frais, bien drainé, riche, aime bien le calcaire.
    emplacement : soleil ou mi-ombre légère.
    zone : 6 - 10.
    origine : Asie mineure (Iran ou Syrie).
    entretien : Juste supprimer les tiges fanées. N'oubliez pas de protéger les caïeux de l'humidité excessive, car ils sont sensibles à la pourriture.
    Il est sensible au criocère du lis, un coléoptère rouge vif qui grignote les feuilles et les boutons floraux.
    NB : son nom Lilium désigne le genre en latin, mot qui vient du grec 'leiron' qui signifie délicat et son nom spécifique candidum désigne la couleur blanche.
    Le genre comprend environ une centaine d'espèces bulbeuses, originaires des zones tempérées de l'Eurasie (majoritairement de Chine) et d'Amérique du Nord.
    Cultivé par les Assyriens et les Égyptiens, ce seraient les Phéniciens qui l'auraient introduit en zone méditerranée, de là vers l'Europe. Certains, racontent que ce seraient les Croisés qui le rapportèrent depuis la Palestine.
    Depuis la nuit des temps, il est le symbole de la pureté, faisant partie des fleurs dites 'célestes' au même titre que le lotus, la pivoine, la passiflore, la rose, ..
    Les Grecs le disaient né d'une des gouttes de lait tombée sur la terre, alors qu' Héraclès (Hercule) s'allaitait au sein de sa mère (Héra), les autres gouttes se répandirent dans le ciel, formant ainsi la voie lactée. Avec ces tépales, ils confectionnaient d'éphémères vêtements parfumés.
    Les Assyriens et les autres peuples de la Mésopotamie, lui donnèrent un caractère sacré, caractère que le judaïsme (en hébreu la couleur blanche et le lis se nomme 'shôshannah' d'où est issus le prénom de Suzanne) transmis au christianisme qui lui, le consacra à la Vierge Marie, symbole de la pureté et de la chasteté.
    Une légende raconte que Saint Thomas n'ayant pas assisté à sa mort, refusa de croire en son assomption. Pour le convaincre, son tombeau fut ouvert, ils découvrirent alors qu'il était rempli de lis et de roses odorantes.
    Il figure parmi les hiéroglyphes (sema-taouy) de l'Égypte pharaonique au même titre que le papyrus (la représentation du nord) et Nekhabit (le vautour) est juché sur 3 fleurs de lis, Il est représenté sur des vases crétois datant de 1500 an avant J.C, il apparaît largement dans les décorations des églises, sur la croix des protestants français. Il ornait le casque de Clovis (les avis sont partagé d'autres disent que c'était la représentation d'un iris), par la suite il fut choisi par Louis VII le jeune pour être l'emblème héraldique des Roi de France, de la ville de Lille, le symbole la ville de Florence (représenté sur le florin aussi) et depuis le premier voyage de Jacques Cartier* en 1534, il est sur les armoiries du Québec. Durant la Renaissance, on le retrouve dans les peintures flamandes, hollandaises et françaises.
    Propriétés et utilisations :
    Attention, son pollen peut provoquer chez certaines personnes des démangeaisons et irritations oculaires comme avec les Alstroemeria, dans les bouquets pour ces deux espèces enlever les anthères.
    Les Romains utilisaient déjà ses tépales pour confectionner des emplâtres destiner à traiter les blessures et les brûlures mais aussi un parfum fort prisé appelé Lirium (l'Égypte aussi).
    Nos anciens faisaient macérer les caïeux dans de l'huile ou de l'alcool pour l'utiliser ensuite en cataplasme comme antiseptique, pour traiter aussi certaines maladies de peau, la couperose et les gerçures. Et nos grand-mères pour réduire les rides.
    Les différentes médecines traditionnelles lui attribuent des propriétés cicatrisantes, calmantes, diurétiques, anti-rhumatismales.
    Autrefois, les bulbes étaient couramment consommés cuits, la cuisine japonaise utilise toujours ceux du Lilium maculatum et l'industrie pharmaceutique et cosmétologique utilisent son mucilage émollient pour la confection d'eau florale, d'onguents ou de crème pour traiter aussi bien les peaux sèches, que l'acné ou pour la protéger du soleil. Les fleurs elles, entraient dans la composition de parfum tel qu'Anaïs Anaïs de Cacharel (1979), Dolce Vita de Dior (1995), Un lys de Serge Lutens.
    Autres lis présents dans l'Encyclopédie :
    Lilium hybrides à fleur en coupe dressées, consulter la fiche.
    Lilium hybrides à fleurs dressées, Lis oriental 'Stargazer', consulter la fiche.
    Lilium hybrides à fleur en turban, consulter la fiche.
    Lilium martagon L. nommé Lys ou Lis martagon, consulter la fiche.

    Liste des autres espèces de bulbeuses présentes dans l'Encyclopédie, s'ouvrant dans un pop-up.

    Annotations :
    * L. , abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binomiale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    *Jacques Cartier (1491-1557) navigateur, explorateur malouin qui découvre le golf du Saint-Laurent et le Canada lors de son premier voyage commandité par François Ier en 1534.

    Annotations :
    *bulbe tuniqué lorsque l'on effectue une coupe transversale du bulbe, on découvre l'emboîtement des tunique les unes dans les autres avec au centre le bourgeon à fleurs et les jeunes feuilles, idem pour les jacinthes, par opposition avec le bulbe solide qui développe à sa base des bulbilles ou caïeux, comme chez les glaïeuls ou les crocus.
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Lilium candidum début mai

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