Picea glauca - Épicéa glauque, épinette blanche
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    Picea glauca
    Nom commun : Épicéa glauque, Épicéa blanc, Épinette glauque, Sapin du Canada au Canada plus connu sous le nom d'Épinette blanche, Épinette du Canada, Sapinette blanche ou Prusse* blanche, nommée par les anglophones 'White spruce, Canadien spurce, Cat spurce, Skunk Spruce', ...
    Nom latin : Picea glauca (Moench) Voss.*, qui est un synonyme de Picea laxa (Münchh.) Sarg.* (1890), qui a 42 autres synonymes retenus dont, Picea canadensis  (Miller), Picea alba  (Aiton) Link (1841), Picea coerula (Forbes) Link (1919), Abies canadensis  Miller, Pinus glauca Moench (1785) et de nombreuses sous-espèces dues aux hybridations spontanées typiques des régions, exemples var. albertiana  dans les Montagnes Rocheuses, var. porsildii  typique de l'Alaska (Épinette de Porsild), etc..
    famille : Abietaceae.
    catégorie : arbre résineux monoïque (conifère), d'une grande longévité de 200 ans et plus, à l'enracinement très ramifié, superficiel et traçant. Écorce lisse d'un brun grisâtre avec l'âge devenant écailleuse laissant apparaître la couleur rose saumonée de l'écorce interne, ramure verticillée dirigée vers le bas, vers la cime la pointe se redresse. Les jeunes rameaux sont d'un vert de gris pourpré ou orangé et légèrement pubescent.
    Le renouvellement des nombreuses aiguilles s'effectue en cinq ans et demi, les bourgeons de 6mm sont ovoïdes, obtus et écailleux.
    port : élancé, conique, pyramidal large à la base, autour d'un fût rectiligne, sa silhouette est variable selon l'altitude et les conditions climatiques.
    feuillage : persistant, vert à vert bleuté glauque, pointillé de bandes blanches sur chaque face, dégageant lorsqu'on le froisse une odeur de résine âcre assez désagréable. Aiguilles quadrangulaires rectilignes (2,5 à 3,5cm x 1mm) à l'apex pointu, les jeunes pousses sont d'un vert acide (voir photo).
    floraison : unisexuée au printemps courant mai-juin selon climat. En cime au bout des rameaux, les fleurs femelles parviennent les premières à maturité, en petits cônes dressés puis inclinés, verdâtres virant au rouge pourpré, et plus bas dans la ramure lorsque les femelles ont été fécondées par le pollen des arbres avoisinants, les fleurs mâles d'un jaune virant au jaune rougeâtre, se développent en chatons ovoïdes nettement plus gros environ 1 à 2 cm; ce processus évite l'autopollinisation.
    Au printemps, ses abondantes quantités de grains de pollen dispersés par le vent ne semble pas jouer un rôle allergénique.
    cônes : étroits cônes de 3 à 8 cm, brillants, cylindriques brun roux, dressés au début puis pendants, mettant une année pour parvenir à maturité, contenant sous chacune des écailles imbriquées et flexibles à marge entier, arrondi et lisse 2 petites graines brunes et ailées de 2 à 4 mm, qui sont dispersées à la fin de l'été par le vent.
    croissance : lente ou plus rapide variant selon l'altitude et les conditions climatiques.
    hauteur : 45 à 50 m pouvant atteindre pour les centenaires 60m de haut, Ø tronc entre 0,50 à 1m.
    plantation : à l'automne.
    multiplication : par semis, de graines fraîchesou par bouturage, mais il est assez délicat.
    sol : bien drainé, pas trop sec.
    emplacement : toutes les expositions lui conviennent, c'est une essence de semi lumière tolérant bien momentanément l'ombre des autres essences. Il est excessivement sensible aux vents qui sont fréquemment responsables de son déracinement dans les forêts.
    zone : 2-9, U-K Hardiness H7, USDA zones 2a-7a, de préférence sous climat frais et humide.
    origine : forêts septentrionales et boréales de l'Amérique du Nord, sur l'ensemble du Canada excepté le long du Pacifique, présente au nord-ouest dans le territoire du Yukon, les provinces de Colombie britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau Brunswick, Nouvelle-Écosse, île du prince Édouard; aux États-Unis présente dans les forêts boréales de l'Alaska et dans les états frontaliers du Montana, Wyoming, Dakota du Sud, Minnesota, Wisconsin, Michigan, état de New York, Vermont, Nouvelle Hampshire et Maine dans les plaines inondables, le long des cours d'eau jusqu'à 1600 à 2000m d'altitude selon climat, présente aussi à Saint Pierre et Miquelon (France), à tendance à coloniser les terres à l'abandon.
    entretien : il est conseillé de bassiner les jeunes plants.
    Comme les autres épinettes, elle peut subir les attaques d'insectes sylvicoles comme les scolytes, sujet à la carie rouge Stereum sanguinolentum (bleeding Stereum) qui s'attaque aux racines, à la pourriture fusarienne des racines, fusariose (fusarium wilt), aux chancres et il peut présenter des galles qui sont développées par un puceron Adelges abietis (pineapple gall adelgid).
    En Amérique du Nord l'espèce subi périodiquement (+ ou - tous les 30 ans) des attaques ravageuses d'une chenille Choristoneura appelée tordeuse des bourgeons de l'épinette.
    NB : son nom Picea mot d'origine latine qui signifie arbre à résine, venant de 'pix' qui désigne la poix, et son nom spécifique glauca fait référence à ses aiguilles glauques.
    L'épinette blanche est l'emblème de la province du Manitoba où elle pousse au nord dans les forêts boréales où l'on trouve couramment des hybridations naturelles avec l'épinette d'Engelmann Picea engelmannii * Parry ex Engelmann, c'est une essence utilisée dans l'aménagement paysager et surtout dans le reboisement des forêts, plantée en association avec des feuillus : bouleaux à papier Betula papyrifera, peuplier baumier Populus balsamifera et peuplier faux- tremble Populus tremuloides, en mélange avec l'épinette noire Picea mariana et le sapin baumier Abies balsamea.
    Ce genre comprend une cinquantaines d'espèces d'arbres originaires de l'hémisphère nord, il fut initialement classé avec le genre Pinus.

    Propriétés et utilisations :
    Son bois blanc rectiligne élastique et souple surtout utilisé dans la fabrication de pâte à papier et comme bois de construction, pour la fabrication de poteaux, bois de coffrages, charpentes et bardeaux.

    Dans l'abécédaire, consulter les autres espèces présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Prusse, nom donné au genre dés 1536 par les marins et les premiers navigateurs puis par les acadiens faisant référence au sapin de Prusse Picea Abies qu'ils connaissaient, ce mot est à l'origine de 'spurge' et de l'expression anglo-normand 'pruche' qui dans la province du Québec désigne le Tsuga cadanensis  nommé en Acadie 'haricot'.

    *Picea engelmannii, épinette d'Engelmann découverte vers 1862 sur les flancs du célèbre Pikes Peak (bordure orientale des Rocheuses - Colorado) par le médecin américain Charles Christopher Parry (1823-1890) qui la dédie au botaniste d'origine allemande Georg Engelmann (1809-1884).

    *Sarg, botaniste américain Charles Sprague Sargent (1841-1927), fondateur de l'Arboretum Arnold à Harvard (1872), Massachusetts, à son instigation après un séjour en Europe (1887) pour y travailler dans les jardins, il entreprend, la réalisation de 'The Sylva of North America', encyclopédie dendrologique sur les arbustes et arbres de l'Amérique du Nord, publiée en 14 volumes entre 1890 à 1902, réalisé, en collaboration avec ses amis français Édouard-François André (1840-1911) célèbre paysagiste français à qui l'on doit la création et la réalisation de la Roseraie de l'Haÿ les Roses, avec des dessins d'Alfred Riocreux, à partir de planches réalisées par le botaniste américain Charles Edward Faxon (1846 - 1918) qui fut directeur adjoint et responsable de la bibliothèque de l'Arboretum Arnold en 1882, cette encyclopédie se trouve aujourd'hui conservée à l'Arnold Arboretum. Consulter le volume 10 de 1896, BHLibrary.
    Membre de la Société d'horticulture du Massachusetts. Nommé en 1872, directeur du Jardin botanique de Harvard, en novembre 1873, directeur de l'Arnold Arboretum de Boston, consulter les biographies des personnalités associées à l'histoire de l'Arboretum Arnold de l'université de Harvard de 1872 à 1927, article en anglais sur Harvard.edu.

    *Voss., abréviation botanique pour le météorologiste-botaniste allemand Andreas Voss (1857-1924), qui, de 1878 à 1882, travaille en Basse-Saxe, comme jardinier à l'école d'agriculture de Hildesheim, tout en étant le rédacteur en chef d'une publication horticole 'Der Deutsche Gartenrat'.
    En 1890, il décide de publier, en tant qu'auteur, un réputé dictionnaire du jardinage sous le nom de 'Botanisches Hilfs- und Wörterbuch' (Aide botanique et dictionnaire pour les jardiniers, les amoureux des jardins et les amoureux des plantes).
    Il publie un ouvrage sur la culture maraîchère, puis en 1920, un Dictionnaire des noms allemands des plantes sauvages.
    Le botaniste allemand Carl Ernst Otto Kuntze (1843 -1907), lui dédie l'un des noms du Tilleul d'appartement Vosianthus.
    natacha mauric © 04/10/2009 ® Jardin! l'Encyclopédie
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Picea glauca