Arctostaphylos uva-ursi  - Busserole, Raisin d'ours
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    Raisin d'ours
    Robert Potts © California Academy of Sciences
    Nom commun : Arctostaphyle raisin-d'ours, Busserole, Raisin d'ours, Cerise d'ours, Arbousier traînant, Petit-buis, localement nommé en algonquin 'Kinnikinnick' (tabac ou fumer) et par les anglophones 'Bearberries, Kinnikinnick, Manzanita, Pinemat manzanita, Sandberry', en allemand 'Bärentraube, Echte Bärentraube, Bärentraubenblätter, en espagnols 'Gayuba, Uva de oso, Uva ursi, Rastrera, Amagüeta', en italien 'Uva orsina', en portugais 'Bagas de urso, Fruta de barba, Urso de pinheiro', en russe 'Toloknyanka, Medvezhiy vinograd, Ursi vinograd, Polzuchiy'
    Nom latin : Arctostaphylos uva-ursi  (L.*) Spreng.*, après révision en 2012, 41 synonymes dont Arbutus buxifolia  Stokes*, Uva-ursi procumbens  Moench, Arctostaphylos angustifolia  Payot, Daphnidostaphylis fendleri  Klotzsch, Mairrania uva-ursi  (L.) Desv., voir les autres sur The Plant lits.
    famille : Ericaceae.
    photo 1 : 15 septembre 1968, Humboldt Bay, Humboldt County, California (US).
    photo 2 : 29 janvier 2014, Yellowstone National Park (Wyoming, US).
    catégorie : arbrisseau ou sous-arbrisseau couvre-sol aux rameaux à l'écorce d'un brun rougeâtre qui s'exfolie avec le temps, aux nouvelles pousses rougeâtres.
    port : forme un coussin prostré, compact, tapissant.
    feuilles : persistant, coriace, vert foncé brillant sur le dessus au revers plus pâle, se cuivrant et rougissant sous l'effet du froid, aux veinules fortement marquées. Feuilles spatulées de 3 cm, alternes, ovales-oblongues pourvues d'un court pétiole.
    floraison : au printemps courant avril-mai, nectarifère visitée par les abeilles, les papillons de nuit et d'autres insectes. En cime grappes d'une dizaine de minuscules fleurs urcéolées pendantes.
    couleur : blanc lavé de rose au niveau de l'ourlet de l'urne.
    fruits : des baies d'un rouge écarlate à maturité, comestibles mais farineuses et aigrelettes à 5 graines, demeurant en place tout l'hiver, fortement convoitées par les ours, les renards, les oiseaux et les petits mammifères notamment les écureuils et les perdrix.
    croissance : lente.
    hauteur : 0.15 ± 0.30m Ø de 0.60 à plus de 1.40m.
    plantation : selon climat au printemps ou à l'automne.
    multiplication : par semis spontané, par bouturage de tiges, par marcottage, n'aime pas être transplantée.
    sol : acide ou neutre même pauvre mais bien drainé.
    emplacement : plein soleil, mi-ombre partielle.
    zone de rusticité : 2 - 6, une fois installée tolère la sécheresse et les embruns. USDA zone 2a - 6b.
    origine : dans les friches, les landes rocheuses et les lisières des forêts des régions circumpolaires du nord de l’Amérique du Nord, du nord de la Californie et Nouveau-Mexique jusqu'en l'Alaska, de l'Europe depuis la Péninsule ibérique jusqu'à la Scandinavie et l'Europe centrale, en Russie dont la Sibérie, du Caucase à l'Himalaya, du nord de l'Asie au nord du Japon.
    En France, la busserole est présente dans les sous-bois subalpins, dans les escarpement rocheux dans les Alpes jusqu’à 2400 m, présente dans les Cévennes, dans le Causse aveyronnais, les Corbières et les Pyrénées, très rare dans le Jura, elle a disparu des Vosges dans les années 60 et elle est absente en Corse.
    entretien : arroser les deux premières années après la plantation ensuite une fois établi, arroser de temps en temps en période de chaleur et de sécheresse extrême.
    maladies et ravageurs : un excès d'eau favorise l'apparition des maladies cryptogamiques tel que le pourrissement racinaire, les taches foliaires, le mildiou et la rouille.
    NB : son nom Arctostaphylos  vient du grecs 'arctos' qui signifie ours et 'staphyle' qui désigne une grappe de raisin faisant référence aux fruits en grappe et son nom spécifique uva-ursi vient du latin 'uva' qui désigne le raisin et de 'ursus' qui désigne l'ours, donc le raisin d'ours qui se traduit en anglais par Bearberry.
    Le nom commun de busserole vient du provençal 'bouisserolo', qui désigne le buis faisant référence à la ressemblance entre leurs feuillages.
    Depuis 2002, c'est la fleur emblématique des hautes terres du comté d'Aberdeenshire au nord-est de l'Écosse et celui de l'archipel subarctique des Orcades (Orkney islands) sur l' île de Hoy.
    Le raison des ours a sa place en couvre-sol dans les massifs, mixed-border et les rocailles, il est souvent utiliser pour fixer les sols sur les talus, les escarpements sablonneux et rocailleux.
    Ce genre comprenait 207 noms d'espèces connues, après révision en 2012 seulement 75 noms ontété acceptés et retenues. Des espèces persistants ou caducs, excepté Arctostaphylos alpina, Arctostaphylos rubra et Arctostaphylos uva-ursi qui sont circumpolaires toutes les autres sont originaires des zones acides de Californie, voir carte distribution.
    Propriétés et utilisations :
    Charles de L'Écluse* la décrivait en 1576 sans se référer à ses propriétés, plus tard c'est le médecin montpelliérain Charles de Barbeyrac (1629-1699) qui le premier signale les propriétés que nous les connaissons, la recommandant pour traiter les maladies inflammatoires des voies urinaires.
    Traditionnellement les baies de busserole sont consommées crues et fraîches avec du sirop d'érable, cuites ou encore séchées pour être intégrer par la suite dans des soupes et des bouillons, servies en accompagnement avec les viandes, associées aux oeufs de poissons et elles entraient dans la préparation du célèbre pemmican* nord-américain.
    Le feuillage peut être récolté toute l’année, mais les principes actifs seraient plus importants à l’automne après des étés bien chauds et secs.
    Les Amérindiens et les premiers pionniers en période de restriction fumaient dans leur pipe ses feuilles séchées seules ou mélangées avec du tabac ou d'autres feuillage fumables ou encore mélangées avec de liber séché (écorce interne) du cornouiller rouge (Cornus alba).
    Dans les pharmacopées traditionnelles ses feuilles riches en arbutine (glucoside phénolique), en arbutoside (hydroquinone glucoside, antiseptique urinaire), des glycosides phénoliques, des flavonoïdes et des tanins sont réputées pour leur propriété antibactérienne, astringente, diurétique, sédative réputée comme étant un antiseptique urinaire, prescrite en infusion, décoction, teinture-mère, etc.. pour désinfecter l'appareil urinaire et traiter les pertes blanches, la diarrhée, les cystites, les lithiases urinaires et les néphrites, les infection de l'urètre.
    En usage externe, sous forme de cataplasme, une décoction était utilisée pour traiter les plaies purulentes et les problèmes de peau.
    En cosmétologie elle entre dans la préparation de crèmes pour soigner le teint de la peau.
    La consommation de busserole est fortement déconseillée aux enfants de moins de 12 ans, aux femmes enceintes et durant la période d'allaitement, aux personnes ayant des traitements pour les infections urogénitales et les tanins qui colorent les urines en brun, peuvent chez certaines personnes, être source d'irritations gastriques, à forte dose busserole et feuillage peuvent provoquer des nausées et des vomissements.
    Busserole
    Gerald & Buff Corsi © California A. of Sciences
    Parmi les cultivars, citons :
    - Arctostaphylos uva-ursi 'Massachusetts' nommée Massachusetts Kinnikinnik, une sélection naturelle proposée par l'Université de l'Oregon et Robert Ticknor, 0,30 m de haut pour un étalement d'environ 1,8 m, au feuillage plus petit que l'espèce type mais aux baies plus grosses, floraison blanche lavée de rose, à meilleur résistance à l'humidité.
    - Arctostaphylos uva-ursi 'Point Reyes' localement nommée manzanita 'Point Reyes', feuillage gris-vert rougeâtre, floraison rose, une sélection cultivée en Californie en exposition d'ombre partielle, croissance rapide.
    - Arctostaphylos uva-ursi 'Vancouver Jade', 10 cm de haut pour un étalement de 60 à 80 cm à floraison rose, parfaitement adaptée en zone 7 (-17°C à -12°C), tolère les embruns.
    - Arctostaphylos uva-ursi 'Wood's Compacta'.
    - Arctostaphylos uva-ursi 'Wood's Red', feuillage rougissant en hiver, floraison rose, zone rusticité 7a.
    - Arctostaphylos caucasica Lipsch., nommée Myrtille du Caucase, alpine bearberry, originaire du nord du Caucase et de l'ouest de la Transcaucasie présente au nord de l'Amérique du Nord est prescrites dans les pharmacopées arméniennes, russes et celles de l'Europe centrale pour ses propriétés anti-inflammatoire, antirhumatismale et diurétique.

    Annotations :
    *Charles de l'Écluse, Jules Charles de l'Écluse (1526-1609) médecin flamand, botaniste, mycologue et humaniste de la Renaissance, plus connu sous le nom de Carolus Clusius. En 1587, à Leyde (Pays-Bas), il est le créateur du premier jardin botanique d'Europe et le premier à y introduire la pomme de terre et la tulipe, considéré comme étant le fondateur de l'horticulture.
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'.
    A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772. En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède.
    Son herbier, le plus riche de son époque ne contenant que 7000 plantes. Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et 'Species plantarum', consultable en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto.
    *Pemmican, mot venant de 'pimikan', qui signifie graisse fabriquée dans la langue cree, parlée par les peuples algonquiens de l’Amérique du Nord qui confectionnaient du pemmican, une graisse à base de viande séchée réduite en poudre grossière, traditionnellement avec celle du bison ( également du caribou, du cerf, chevreuil, de l'ours, du buffle ou de la baleine à défaut du boeuf) découpées en fines bandes de chair séchées au vent et au soleil ou devant un feu puis hachées et aromatisées avec fruits séchés, amélanches, busseroles, canneberges et même, des cerises, des astringentes et amères cerises de Virginie (Prunus virginiana), des groseilles, ou des bleuets (myrtilles), puis mélangée en parts égales à du saindoux, de la graisse de phoques.
    Spreng., abréviation botanique pour le médecin botaniste allemand Kurt Polycarp Joachim Sprengel (1766-1833), il enseigne la médecine en 1789, spécialiste de l'histoire de la médecine, auteur de nombreux ouvrages sur cette histoire, il s'intéresse à la classification linéenne. Il est élu membre de l'Académie royale des sciences de Suède en 1810, il échange de septembre 1818 à mai 1819 une correspondance sur des graines et des fougères plantées à Liverpool avec l'éditeur, botaniste anglais William Pamplin (1806-1939) également pépiniériste à Chelsea.
    *Stokes, abréviation botanique pour le médecin-botaniste Jonathan Stokes (1755 – 1831), resté célèbre pour ses travaux et essais cliniques sur l'utilisation de la digitale dans le traitement de l'insuffisance cardiaque.
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