Daphniphyllum macropodum - Daphniphylle à grand pied
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    Daphniphyllum macropodum
    Peganum © Flickr Pro
    Nom commun : Daphniphylle* à grand pied, Faux Daphné, en japonais 'Yuzuriha' ( arbre de caille, autrefois 'Yuzuruha') Akatsuki, Kogi (Yogi)', en chinois 'Jiäo ràng mù' (Bois handicapé, croisé), nommée par les anglophones 'False Daphne, Redneck rhododendron'.
    Nom latin : Daphniphyllum macropodum  Miq.* synonymes retenus Daphniphyllum humile  Maxim. ex Franch. & Sav., Daphniphyllum himalayense subsp. macropodum  (Miq.) T.C.Huang, Daphniphyllum himalense subsp. macropodum  (Miq.) T.C. Huang, Daphniphyllum membranaceum  Hayata, Daphniphyllum macropodum var. crassifolium  Hurus., Daphniphyllum macropodum subsp. humile  (Maxim. ex Franch. & Sav.) Hurus., Daphniphyllum macropodum var. humile  (Maxim. ex Franch. & Sav.) K.Rosenthal, Daphniphyllum macropodum var. ihuysii  (Carrière) Nakai, Daphniphyllum macropodum f. intermedium  Hurus., Daphniphyllum macropodum var. variegatum  Bean, Daphniphyllum macropodum var. viridipes  Nakai
    flore de Chine : il n'a que 3 synonymes Daphniphyllum himalense (Bentham) Müller, Daphniphyllum membranaceum Hayata et Argoviensis. subsp. macropodum (Miquel) T. C. Huang.
    famille : Daphniphyllaceae une petite famille composée de juste deux genres*.
    Le genre était autrefois classé dans les Euphorbiacées à cause de la forme des fleurs, initialement Blume l'avait établi dans les Rhamnées.
    illustration : planche botanique chinoise, en haut à droite Daphniphyllum macropodum, en bas à gauche Daphniphyllum hymalayens.
    catégorie : arbuste ou petit arbre primitif fossile dioïque au pied large court à l'écorce lisse d'un blanc grisâtre pourvues de larges lenticelles blanches les rameaux sont d'un vert grisâtre en partie haute.
    port : arrondi, compact, ramification basse évasée, ascendante.
    feuilles : persistant, épais, coriace, vert foncé brillant, revers blanchâtre et glauque, marge ondulée, nervure médiane plus claire, rose rougeeâtre vers la base, épais pétiole de 3 à 4 cm rosâtre à rouge.
    Grandes feuilles oblongues de 15 à 20 cm x 3 à 3,5 cm à 16 à 19 paires de veines latérales.
    Les jeunes feuilles disposées en verticille sont d'un vert acide légèrement cuivrées au pétiole d'un rose fuchsia lorsqu'elles se développent les anciennes se mettent en berne avant de tomber pour laisser la place. Ces feuilles de l'année apparaissent en bouquet dans des bractées foliaires rose fuchsia bordées d'un liseré violet, voir photo.
    floraison : dioïque au printemps courant mai-juin.
    En cime, racèmes de petites fleurs mâles apétales, 8 à 10 étamines et 3 stigmates, pour les fleurs femelles un périanthe à 8 segments.
    couleur : sur les sujets femelles, verdâtres à stigmates roses et sur les mâles rose fuchsia à rose violacé.
    fruits : grappes courtes pendantes de drupes charnues ovoïdes à elliptiques rougeâtres virant au bleu noir brillant à bleu violacé en octobre, demeurant en place l'hiver, elles sont convoitées par les oiseaux. Photo le 3 décembre au Kiba Park de Tokyo.
    croissance : assez lente, une exposition trop ensoleillée ralentira sa croissance (source un pépiniériste britannique).
    hauteur : 3.50m à 6 m peut atteindre dans son milieu naturel 10m, taille adulte vers 25 ans, un exemple de 3.50m vers 10 ans.
    plantation : selon climat au printemps ou à l'automne. Pour augmenter les chances de nouaison, il est recommandé de planter cinq individus ou plus à proximité, puisque seule le plant femelle produira des fruits. Prévoir pour le développement de chaque arbre 6 m.
    multiplication : par semis à chaud entre 20 et 21°C, compter pour la levée entre, le résultat est aléatoire, vous découvrirez si c'est un sujet mâle ou femelle que lorsqu'il fleurira, par bouturage de tiges aoûtées et par marcottage.
    sol : acide, léger, riche en humus, frais mais bien drainé, un sol argileux semble lui convient également.
    culture en pot : elle semble peut indiquée beaucoup d'échec à cause de la qualité du substrat et de celle des arrosages, préfère vivre tranquillement dans le sol, propos recueilli auprès d'un pépiniériste britannique.
    emplacement : mi-ombre, ombre à l'abri des gelées printanières.
    Daphniphyllum macropodum
    Peganum © Flickr pro
    Il a été constaté que ceux qui poussent à l'ombre ont un port plus étalé et ceux qui sont exposés au soleil sont plus trapu et plus dense.
    zone de rusticité : 8b - 9, tolère sur de courtes périodes jusqu'à -5 à -10°C, une fois installée supporte des périodes de sécheresse. USDA zone 8b-9b.
    origine : présent dans l'archipel nippon, au nord de l'île principale de Honshü département côtier d'Hiroshima et ouest de la préfecture de Fukushima, sur l'île de Kyüshü et la plus petite Shikokü, au sud-ouest l'archipel de Nansei, et la septentrionale île d'Hokkaidö, Taïwan et en Corée du sud et en Chine dans les provinces du Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hubei, Hunan, Jiangxi, Séchouan, Yunnan, Zhejiang.
    Consulter la carte de l'Asie.
    entretien : maintenir le sol frais en prévoyant un bon paillage, juste supprimer les rameaux desséchés.
    maladies et ravageurs : rien de signalé pour l'instant. En Chine, ils utilisent les feuilles et les drupes pour préparer un traitement contre les acariens.
    NB : son nom Daphniphyllum  établi par Blume* vient du grec 'daphne' qui désigne le laurier et de 'phyllon' qui désigne une feuille faisant référence à la ressemblance des feuilles avec des feuilles de laurier et son nom spécifique macropodum  vient du grec 'makros' qui signifie grand et de 'podos' qui désigne le pied, donc grand pied.
    Au Japon, ses feuilles sont utilisées pour les décorations du nouvel an et il est planté dans les jardins pour servir de pare-feu pour les autres arbres.
    Ce Daphniphylle à grand pied a sa place dans les jardins en sujet isolé ou dans les massifs arbustifs.
    Ce genre est originaire des zones tempérées et tropicales du sud-est asiatique et de l'Inde, il comprenait 71 noms d'espèces connus après révision seulement 29 noms ont été acceptés, dont 10 sont présents en Chine*, 2 sont endémiques à l'Inde et 2 espèces japonaises qui sont très proches de celui-ci.
    Parmi les hybrides et cultivars, citons :
    - Daphniphyllum macropodum 'Variegated', feuillage vert foncé au limbe irrégulièrement marbré de vert pistache aux nervures tirant sur le jaune verdâtre, pétiole lavé de rose vers la base, photo sur Flickr.
    Propriétés et utilisations :
    Au Japon, nommé en phytothérapie 'Koujoboku' ( (köjöboku), l'écorce en décoction est utilisée en usage externe comme anthelminthique et pour soigner les gonflements.
    Quelques autres espèces :
    - Daphniphyllum calycinum  Benth.*, à 2 synonymes non valides, Daphniphylle à calice persistant est originaire des forêts clairsemées entre 250 et 700 m d'altitude, en Chine dans les provinces du Guangxi, Guangdong avec quelques spécimens dans les îles côtières du Guangdong, au Fujian et Jiangxi, au Vietnam et au Japon. Il était présent en 1905 à Hong Kong sur le Mts Kellett. Arbuste persistant de 1.50 à 4 m, aux feuilles coriaces d'un vert brillant, elliptiques à obovales cunéiformes à la base (12-16 cm x 4 à 9cm), floraison courant avril-juin, drupes ovoïdes de 7mm d'août à novembre.
    Les graines donnent une huile utilisée comme lubrifiante et elle entre dans la composition de savon. Racines, graines et feuilles sont récoltées à l'automne, fraîches ou séchées elles sont utilisées dans la médecine chinoise pour soigner de nombreuses maladies, les alcaloïdes qu'elles contiennent le désoxycalyciphylline B et malgré des constituants qui ont une certaine toxicité hépatique, est le composant principal du médicament chinois breveté 'Fengliao-Changweikang' qui est utilisé en milieu clinique pour traiter efficacement les maladies intestinales ainsi que dans le traitement de l'entérogastrite.
    Dans la pharmacopée traditionnelle réputée et prescrite pour détoxifier, favoriser la circulation sanguine, soigner fièvre, angines, rhumes, rhumatismes et autres douleurs articulaires, en usage externe pour traiter les ecchymoses, les gonflements, les fractures et les morsures de serpent.
    - Daphniphyllum glaucescens  Blume*, pas de synonyme retenu, est endémique à l'Inde entre le Népal avec l'état du Sikkim, zone du plateau triangulaire du Deccan situé à l'est des Ghâts occidentaux.
    - Daphniphyllum hymalayense  (Benth.) Müll. Arg., un seul synonyme retenu Goughia himalayensis  Benth., en népalais nommé 'Lal chandan'*, Daphniphyllum himalayen, endémique à la chaîne de l'Himalaya entre 1000 et 2000 m d'altitude sur les versants ensoleillés et humides, au nord de l'Inde, au Népal et au Sikkim, dans son milieu naturel il peut atteindre 18 m.
    Daphniphyllum macropodum en décembre
    Yasuaki Kobayashi © Flickr
    Son bois veiné de rouge était recherché par les tourneurs et les sculpteurs, aujourd'hui il est un peu tombé en désuétude. La poudre du bois séché est un colorant rouge régulièrement utilisé par les prêtres Brahmanes pour réaliser des marques sur le front.
    - Daphniphyllum teijsmannii Zoll.ex Teijsm. & Binn., synonymes de Daphniphyllum teijsmannii  Zoll.ex Kurz, Daphniphyllum teysmannii  Kurz ex Teijsm, synonymes Daphniphyllum amamiense  Hurus., Daphniphyllum buergeri  Müll. Arg., Daphniphyllum roxburghii  Baill. ex Rosenthal et 8 var., 1 f. et 1 subsp., Daphniphyllum de Teijsmann* originaire des forêts côtières en zone tempérée et subtropicale dans les îles de Honshu, Shikoku, Kyushu, les îles Nansei et en Corée du sud sur l'île de Jeju à l'ouest de la région de Kanto.

    Où les découvrir :
    · Au pays basque espagnol, au jardin botanique d'Iturraran, un spécimen de Daphniphyllum macropodum dans la zone 2* à Zarautz dans la province de Guipuscoa.
    · Au Pays basque, un spécimen mâle de Daphniphyllum hymalayense var. macropodum de 14 m se trouve au Parc Maymou, chemin du Moulin de Habas à Bayonne (64500) uniquement sur RV sauf en hiver.
    · Dans des Landes, au Jardin du Belvédère (1986, 1 hectare), CD 12, Saint-Laurent-de-Gosse (40390).
    · Dans le Loiret, dans la forêt d'Orléans, l'Arboretum des Grandes-Bruyères ( fin 1976 près de 7000 arbres sur 14 hectares), les Grandes-Bruyères - Ingrannes (45450), sur RV.
    · Dans la région Centre-Val de Loire, un spécimen Daphniphyllum teijsmannii est à découvrir à l'Arboretum des Prés-des-Culands (1988), A 10, sortie Meung-sur-Loire, N.152 puis D.3 suivre fléchage Conservatoire nationale d'Ilex, sur RV auprès de M.Pierre Paris à Orléans.
    · Dans la Manche, au jardin la Bizerie (1988, arbres majoritairement de Chine), Saint-Maurice-en-Cotentin (50270), sur RV.
    · Dans les Côtes-d'Armor, Les Jardins de Kerdalo, 17 hectares, initié par le prince Peter Wolkonshy en 1966, inscrits depuis 2005 sur la liste des jardins remarquables à Trédarzec (22220), ouvert à jours et heures variables, tarifs se renseigner sur internet.
    · Au Morbihan, au jardin de Marie Cécile (5000m²- 1982) au nord de Vannes, M. et Mme Le Luherne, 21, rue du Camp de César, Saint Avé (56890).
    · En Rhône-Alpes, dans l'Arboretum du jardin botanique de Lyon ( 1763 , 8 hectares) dans le Parc de la Tête d’or, Lyon (69006). Un spécimen Daphniphyllum humile .
    · Royaume-Uni, au Jardin botanique national du pays de Galles, à Llanarthney, un jardin réputé pour sa Great Glasshouse, la plus grande serre au monde à une travée, qui abrite la plus grande collection de plantes méditerranéennes de l'hémisphère nord.
    · Dans l'État de Washington à Seattle, au jardin botanique de l'Université de Washington.
    · Un spécimen de Daphniphyllum macropodum 'Variegated' se trouve au jardin botanique de Heronswood (1987) à Kingston, état de Washington, horaires et tarifs sur le site.
    · En Corée du sud, sur l'île de Jeju près de Gwangi Oreum à l'Arboretum Halla (1993), un spécimen de Daphniphyllum glaucescens parmi les 1 321 espèces rares en voie de disparition.

    Annotations :
    *Benth., abréviation botanique pour le nom du botaniste britannique George Bentham (1800-1884) qui vécut en Languedoc Roussillon avant d'y devenir propriétaire du Domaine de Restinclières à Prades-le-Lez; il fut à l'origine de la réalisation de nombreuses flores, dont la première concernant les plantes de la région de Hongkong 'Flora Hongkongensis' (1861), et 'Flora Australiensis' (édition en 7vol. de 1863-à 1878).
    En 1826, il fait édité à Paris, le catalogue des plantes indigènes des Pyrénées et du Bas Languedoc, collectées par son père lors de leur séjour à Montauban puis Montpellier.
    *Blume, botaniste germano-hollandais Carl Ludwig Von Blume (1796-1862), il s'intéresse à la flore des Indes orientales néerlandaises et à celle de Java. Abréviation botanique Blume.
    *Chine, Daphniphyllum angustifolium, D. calycinum, D. chartaceum, D. himalense, D. longeracemosum, D. macropodum, D. majus, D. oldhamii, D. paxianum, D. subverticillatum.
    *Daphniphylle, ainsi nommé dans le Dictionnaire classiques des sciences naturelles présentant la définition, l'analyse et l'histoire de tous les êtres qui composent les trois règnes, Tome troisième page 381 par Pierre Auguste Joseph Drapiez - 1838, éditeur Meline, Cans & Compagnie - Bruxelles, consultable en ligne.
    *genres, l'autre genre se nomme Gyrandra, composé juste de 5 espèces.
    *Iturraran, chaque année fin avril s'y déroule la Foire aux plantes de collection.
    *Lal chand, c'est également le nom donné au red sandalwood Pterocarpus santalinus, endémique à l'est de l'Inde dans la partie méridionale de la chaîne montagneuse des Ghats orientaux, une espèce menacée, présente en Andra Pradesh dans le district de Chittoor, dans la forêt de Talakona, classée en 1989 réserve de la biosphère.
    *Miq., abréviation botanique pour le zoologiste-botaniste néerlandais (d'origine allemande) Friedrich Anton Wilhelm Miquel (1811-1871), A partir de 1835, il occupe durant 11 ans la fonction de Directeur du jardin botanique de Rotterdam, 13 ans plus tard de celui d'Utrecht jusqu'en 1871 tout en dirigeant à partir de 1862 le Rijksherbarium de Leyde. Les botanistes et les collecteurs lui adressent pour ses jardins de nouvelles plantes depuis l'Australie et des comptoirs et possessions néerlandaises. On lui doit des monographies sur les Cacteceae 1839, Cycadaceae 1842, Piperaceae, Les Palmiers de l'archipels indien et 'Flora Indiae batavae' 1855-1859 - édit. Amsterdam. Membre de l'Académie royale des sciences de Suède.
    *Teijsmannnii, il est dédié par explorateur et un botaniste suisse Heinrich Zollinger (1818-1859) au botaniste collecteur de plantes l' hollandais Johannes Elias Teijsmann (1809-1882) souvent orthographié Teysmann, directeur des jardins botaniques de Buitenzorg durant plus de 50 ans. Le responsable de la culture systématique de la vanille à Java, introduite en 1846.
    Un petit genre de 5 espèces de palmiers extraordinaires originaires des forêts pluviales de Malaisie lui a été dédié par le botaniste américain Harold Emery Moore (1917-1980) (Johannesteijsmannia altifrons, lanceolata, magnifica, perakensis) et le petit genre de 3 espèces Teysmannia.
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