Gordonia axillaris - Gordone axillaire, Camélia de Taïwan
Portail de Jardin! L'Encyclopédie


    Gordonia axillaris
    Shiro Kurita ©
    Nom commun : Gordone axillaire, Camélia de Taïwan, Œuf Frit, en chinois 'Dàtôu chà (Thé à grosse tête), en japonais 'Taiwan tsubaki '(Camélia thaï, Camélia de Taïwan, nommée par les anglophones 'Fried Egg Plant' (Oeuf frit, Oeuf au plat).
    Nom latin : Gordonia axillaris  (Roxb. ex Ker Gawl.) Endl.*, synonymes Camellia axillaris  Roxb. ex Ker Gawl., Castanopsis camelliifolia  H. Lév., Gordonia anomala  Spreng., Gordonia axillaris  (Roxb. ex Ker Gawl.) D. Dietr., Gordonia axillaris var. axillaris, Gordonia axillaris var. nantoensis  H.Keng , Gordonia lessertii  Szyszyl., Gordonia shimadae  Ohwi, Gordonia tagawae  Ohwi, Polyspora axillaris  (Roxb. ex Ker Gawl.) Sweet, Polyspora axillaris var. nantoensis  (H.Keng) S.S.Ying, Polyspora shimadae  (Ohwi) Ohwi, Polyspora tagawae  (Ohwi) S.S. Ying, Polyspora tonkinensis  (Pit.) B.M. Barthol. & T.L. Ming , sont non résolus Gordonia tonkinensis  Pit., Polyspora lessertii  Choisy et Sasanqua ochroleuca  Raf.
    famille : Theaceae.
    catégorie : petit arbre au tronc court à ramification base dont l'écorce ocre brun orangé se desquame avec les ans.
    port : étalé, dense, compact, à cime arrondie en forme de dôme, découvrir photo.
    feuilles : persistant, épais, coriace, glabre d'un vert foncé brillant virant au rouge écarlate avant de tomber, nervure médiane fortement marquée et plus claire, marge entière ou denticulée en pointe.
    Longues feuilles oblongues-elliptiques incurvées en cuillère, d'environ 15 cm de long.
    floraison : au coeur de de l'été courant juillet-août jusqu'en automne, nectarifère visitée par les abeilles, certaines espèces de papillons et de passereaux.
    Au Japon en fleurs entre octobre et avril, les fleurs ne brunissent pas en place et se détachent sans perdre auparavant de pétales, elles se posent sur le sol, les bouquets d'étamines faisant face vers le ciel, ressemblant ainsi à un tapis d’œufs au plat, d'où le nom donné par les anglophones de fried eggs.
    Fleurs axillaires subsessiles 10 cm aux pétales imbriqués, ondulés, fripés comme du papier crépon à marge ondulée, gros bouquet d'étamines saillantes aux anthères biloculaires et 4 à 5 styles soudés à la base pourvus de 3 ou 4 stigmates, calice à 6 sépales rosâtres épais et coriaces. Les boutons floraux ressemblent à ceux des camélias.
    couleur : blanc pur, étamines d'un éclatant jaune safran.
    fruits : capsules indéhiscentes à valves contenant 1 graine dans chaque loge; des graines oléagineuses dont on extrait une huile.
    croissance : lente.
    hauteur : dans son milieu naturel entre 3 et 8 m, vers les 10 ans 3m x3m.
    plantation : à l'automne pour lui permettre de s'établir avant l'été. Exposé aux vents, prévoir avant la plantation des piquets.
    multiplication : par semis à chaud entre 20 et 21°C, par bouturage courant mars, par marcottage de tiges compter 2 ans pour l'enracinement.
    sol : acide ou neutre, fertile riche en humus, frais, humide mais bien drainé.
    culture en pot : mélange de terre de bruyère ou terreau de feuilles et de sable rempotage lorsqu'il y a un tapis racinaire autour de la motte.
    emplacement : soleil léger, à l'ombre partielle, tamisée.
    zone de rusticité : 9 - 11, tolère jusqu'à -5 à -7 °C, une fois installée supporte des périodes de sécheresse. USDA zone 9b-11.
    origine : sud de la Chine, présent depuis la province du Yunnan jusqu'au Guangdong, au Vietnam et Taiwan, consulter la carte de la Chine.
    Introduite et largement naturalisé dans les jardins de Nouvelle-Zélande où il fleuri d'avril à septembre. Introduit en France en 1816.
    entretien : arroser régulièrement les deux premières années après la plantation et abondamment en période de sècheresse, chaque année au printemps effectuer un apport de compost ou d'engrais organique et prévoir un bon paillage pour conserver le substrat frais et humide et limiter les mauvaises herbes. En principe il lui faut peu ou pas d'élagage bien qu'il supporte bien la taille, si elle est vraiment nécessaire elle s'effectue au printemps de mars à mai.
    Si vous prévoyez de circuler sous son couvert taillez les branches inférieures.
    maladies et ravageurs : pour l'instant exempt de parasites et de maladies.
    NB : le genre Gordonia, découvert par Ellis a été nommé par Dr Alexandre Garden de Charleston en Caroline du sud, en l'honneur de son ancien maître, le docteur Dr James Gordon, à Aberdeen, médecin et botaniste très ingénieux et habile qui l'a initié à ces études et teinté mon esprit très tôt avec un goût pour elles" mais Ellis a toutefois transféré cet honneur en 1771 à James Gordon, un pépiniériste à Mile End, près de Londres. et son nom spécifique axillaris signifie axillaire, donc en français le Gordone axillaire, ainsi nommé dans Encyclopédie méthodique: Agriculture, Volume 4, Page 593 figure l'exemple Gordonia lasianthus = Gordone à feuilles glabres.
    Relaté dans une correspondance entre Alexander Garden et Ellis page 377 à 379 publié dans 'A selection of the correspondence of Linnæus and other naturalists', by sir James Edward Smith, président de la Linnaean Society volume 1, 1821 consultable en ligne Initialement ce genre était classé dans le genre Camelia avant d'être déplacé chez les Polyspora Ce Gordone est couramment utilisé pour confectionner des haies et comme arbre d'alignement. Il a sa place dans les petits jardins dans les bordures, les massifs et mixed-border, sur les talus ou encore tout simplement dans des potées pour les balcons, patios et terrasses.
    Au nord-est de l'île de Honshü dans la région de Töhoku où a été prise la photo un 29 novembre, il y est fréquemment cultivé dans des potées.
    Ce genre comprenait 184 noms d'espèces connues, après révision en 2012 seulement 62 noms ont été acceptés et retenues et 14 noms non résolus à ce jour 2019. Des espèces persistants, majoritairement originaires de l'Asie du sud-est et de la péninsule Malaise et une seule espèce nord-américaine.
    illustration : du Loblolly-bay, planche de Helen Sharp, Water-color sketches of American plants, especially New England, (1888-1910), contributed by Chicago Botanic Garden, Lenhardt Library, U.S.A, cliquer sur l'illustration pour découvrir d'autres planches d'illustration dont celle de P.J. Redouté* publiée dans The North American sylva, vol 2 (1817-1819).
    Quelques autres espèces :
    - Gordonia anomala  Spreng., aujourd'hui il est donné pour synonyme de Gordonia axillaris  (Roxb. ex Ker Gawl.) Endl., était donné originaire de Singapour, Hong-Kong et l'île malaise de Penang se distingue par ses fleurs blanches ou jaunes. Introduit en France en 1816 en provenance de l'île de Penang, en malais se dit 'Pulau Pinang' retranscrit Pulo Pinong' dans les Annales de la société royale d'agriculture et de botanique de Gand, volume 1.
    Gordonia lasianthus
    Helen Sharp
    - Gordonia lasianthus  (L.) Ellis, synonymes retenus Gordonia pyramidalis  Salisb., Hypericum lasianthus  L. et non résolu Lasianthus pyramidalis  Kuntze, nommé par les anglophones 'Loblolly-bay, Holly-bay, Bay', Gordonia à feuilles glabres, Alcée de Floride, originaire du sud des 2 Carolines et sur une large bande du sud-est des États-Unis dans les plaines côtières, marécageuses dans les pocosins* de pins du sud-est de la Virginie à l'ouest de la Floride du sud-est du Mississippi, sud-est de l'Alabama, ouest de la Floride, sud-est de la Géorgie, sud-ouest du Tennessee et dans les îles Bahamas, voir carte de répartition, arbre de 4 à 24 m, feuilles ovales finement dentelées, floraison blanche parfumée de l'été à septembre-octobre, sur de courtes tiges fleurs blanches parfumées Ø 6 cm, à 5 pétales qui ne fleurissent que durant deux jours, mais attirent de nombreux insectes pollinisateurs, son écorce était utilisée pour le tannage des cuirs, recherché pour sa croissance rapide en sol acide, USDA zone 6-9, tolère aisément entre - 7°C et -11°C.

    Annotations :
    *John Ellis, membre de la Royal Society en 1754, il explore la nature en Floride et en république Dominicaine de 1764 à 1770.
    On lui doit la découverte, la dénomination et la description de nombreuses espèces nord américaines dont la carnivore Dionaea muscipula en 1769.
    Il est l'inventeur d'un nouveau mode pour transporter les plantes, dont les directives sont relatées dans un ouvrage 'Directions for bringing over seeds and plants from East-Indies and other distant countries, in a state of vegetation', publié à Londres en 1771, consultable à la BHlibrary avec la liste des espèces rapportées et leurs observations.
    *Endl., abréviation botanique pour le botaniste taxonomiste autrichien Stephan Ladislaus Endlicher (1804-1849), En 1828 il délaisse la théologie et à partir de cette date jusqu'en 1836 il devient le secrétaire rédacteur en charge des manuscrits à la Bibliothèque impériale de Vienne de l’empereur Ferdinand Ier (dont il sera par la suite le conseiller) qui possède d'importants ouvrages de botanique, durant cettepériode il en profite pour étudier la grammaire chinoise, le japonais, l'allemand ancien, la philologie et la numismatique.
    Il est considéré comme l'érudit de son siècle, nommé en 1836 conservateur du département de botanique du Musée royal d'histoire naturelle; en 1840 il préside à la chaire de botanique de l'Université de Vienne après avoir été nommé l'année précédente à la direction du jardin botanique de l'Université.
    En 1842, il dirige les collections des plantes médicinales de la pharmacognosie autrichienne, en charge des différents herbiers qu'il enrichi avec sa propre collection contenant plus de 30 000 espèces de plantes, à partir de 1844 il est à la direction du musée botanique nouvellement créé, une fonction qu'il exerce jusqu'à sa mort.
    Fondateur en 1835 de la revue autrichienne sur les sciences de la nature 'Annalen des Wiener Museums der Naturgeschichte', cofondateur de l'Académie autrichienne des sciences, auteur de nombreux ouvrages sur les plantes et leur système de classification qui révolutionne les conceptions modernes de la botanique systématique en Autriche qui reste inchangée jusqu'en 1885.
    Il collabore à de nombreuses publications avec d'autres botanistes sur les nouvelles découvertes botaniques notamment sur les espèces du Chili, du Pérou et la région amazonienne du Brésil. Sa 'Flora Brasiliensis' en 15 volumes (Munich et Leipzig, 1840-1906) a été édité après sa mort sous le parrainage des empereurs d'Autriche, du Brésil et du roi de Bavière. Elle est consultable en ligne sur cria.org.br ou feuilletable par volume à la BHLibrary.
    Ses manuscrits et sa correspondance sont conservées au département botanique du Musée royal à Vienne.
    Des botanistes lui ont dédié un genre monotypique Endlichera (Rubiaceae) et un genre largement amazonien Endlicheria (Lauraceae) puis en 2005 un hybride × Endlicherara (Orchidaceae).
    En février 2019, Christa Riedl-Dorn, historienne des sciences du Musée d'histoire naturelle (NHM) de Vienne, lui a consacré un ouvrage intitulé 'Ein uomo universale des 19. Jahrhunderts und sein wissenschaftliches Netzwerk' (Un universel du 19e siècle et son réseau scientifique).
    *pocosins de pins ce terme désigne des terres humides palustres avec des sols acides profonds, composés de sable et de tourbe, parfois appelés tourbières.
    Les Gordonia y poussent sous le couvert de Pins d'étangs (Pinus serotina) de Pins Loblolly (Pinus taeda) et des Pins palustres (Pinus palustris en compagnie du Magnolia virginiana (Sweetbay magnolia).
    *Redouté, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), illustrateur botanique ardennais qui s'installe à Paris comme peintre-décorateur chez son frère ainé, il se rend régulièrement au Jardin du Roi pour y travailler la peinture florale c'est là qu'il rencontre, un magistrat du roi passionné de botanique L'Héritier de Broutelle, qui en fait son assistant, illustrant des ouvrages de botanique, comme l'Encyclopédie botanique de Lamarck. En 1788, il devient le dessinateur de la Reine Marie-Antoinette, puis celui de l'Académie des Sciences et pour finir en 1804 peintre officiel de l'Impératrice Joséphine.
    Le plus connu d'entre eux est son ouvrage sur les Roses en 3 volumes, Paris, Didot, 1817-1824, toujours réédité, des gravures et des lithographies sont à découvrir au Musé communal Pierre Joseph Redouté - 6870 Saint-Hubert.
    ® par la Société des Gens de Lettres Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l’exploitation commerciale sont expressément interdites.//-->





compteur de visite