Nymphaea caerulea  - Lotus bleu d'égypte
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    Nymphaea caerulea
    Nom commun : Lotus Bleu, Lotus d' égypte, nommé par les anglophones 'Blue lotus, Egyptian Lotus, Blue Egyptian water lily, Egyptian Blue Water Lily, Sacred blue lily, Blue Lotus, Blue Lotus of the Nile, Tropical Nymphaea, Blue Water Lily, Blue Waterlily, Tropical Water Lily, Tropical Waterlily', en arabe 'Alluwts almisri, Bashnin azraq'.
    Nom latin : Nymphaea caerulea Savigny* (1798), nommée à tort* en 1989 Nymphaea nouchali var. caerulea (Savigny) Verdc.* (1989), 46 synonymes retenus, dont Nymphaea capensis  Thunb.* (1800), Nymphaea coerulea  Andrews (1801), Nymphaea edgeworthii  Lehm.* (1852), Nymphaea nubica  Lehm. (1853), Nymphaea radiataa  Bercht (1825)., Nymphaea scutifolia  DC.* (1821)
    famille : Nymphaeaceae. Suite à des analyses moléculaires, le genre Nymphaea caerulea a été divisé en 5 sous-espèces qui ont été acceptées.
    catégorie : vivace aquatique hydrogéophyte à rhizomes tubéreux.
    feuillage : flottant, persistant, vert brillant, épais, écussonné avec des tiges charnues et rigides.
    Des feuille de 40 cm, à l'ovale arrondi, irrégulièrement denté, fendue à la base, tachetée de pourpre sur le revers.
    port : étalé.
    floraison : de juin à septembre, parfumée à l'arôme enivrant, nectarifère, visitéeentre autres par les abeilles.
    Des fleurs s'ouvrant le matin avec le soleil vers les 8 heures et se refermant le soir vers les 9 heures durant 3 jours de suite, piégeant ainsi les abeilles d'où son nom de tueur d'abeilles en arabe 'qatal alnahl'.
    Bien au-dessus du niveau de l'eau, fleur de 7 à 15 cm, une vingtaine de pétales étroits, pointus, implantés en spirale, des étamines entre 30 et 190 et à l'extérieure une spirale de sépales qui permet à la fleur de se refermer le soir et se maintiennent fermés après la fanaison protégeant sous l'eau la maturation des graines.
    couleur : bleu tendre, blanc vers le centre, aux étamines jaunes.
    fruits : des baies charnues, mûrissant sous l'eau, les graines comestibles conservent leur propriété germinative durant des siècles.
    croissance : rapide.
    hauteur : immergée entre 25 et 35 cm et plus, envergure 1.60 à 2,40 m.
    plantation : au printemps, dans des pots, planter dans du limon, immersion d'au moins 40 cm.
    multiplication : au printemps par semis, ou division des rhizomes tubéreux (possible aussi en été).
    sol : limon enrichi tous les ans, sol neutre à légèrement acide.
    emplacement : chaud, plein soleil, en eau calme. dans les régions où les températutes estivales avoisinent 35°C, une exposition mi-ombre est souhaitable. Idéal pour les vasques, petits et moyens bassins.
    zone : 9-12, U-K hardiness H ?, USDA zones 10a-12, à l'abri du vent, température minimale 10°C.
    origine : égypte initialement que dans le delta du Nil puis l'est de l'Afrique en Afrique du Sud ain si qu'aux Comores et au sud de la péninsule arabique. Introduit et naturalisé à l'est de l'Australie, en zones côtières au sud-est et au centre du Queensland, ainsi que dans le nord et le centre de la Nouvelle-Galles du Sud). Également dans plusieurs îles du Pacifique Sud, dans les îles Cook, l'archipel des Fidji, en Polynésie française ainsi que dans le Pacifique central, dans l'archipel volcanique d'Hawaï.
    Largement cultivé en Afrique notamment en Afrique du Sud et au nord du Kwazoulou-Natal, au Moyen-Orient ainsi qu'en Asie du Sud-Est, consulter la carte. Naturalisée en Argentine ainsi qu'au sud-est du Brésil.
    entretien : sous climat froid, les enlever, faire hiberné en serre froide ou conserver les rhizomes dans du sable humide Supprimer les feuilles jaunies au fur et à mesure.
    lors d'une culture en petit bassin, effectuer toutes les 2 ou 3 semaines un apport d'engrais pour plantes aquatiques.
    H.S Conard (1905)
    maladies et ravageurs : peut-être sujet aux pucerons, à la galéruque du nénuphar Galerucella nymphaeae, un petit coléoptère dont les larves noires dévorent les feuilles. Il passe tout son cycle de vie au milieu d'une feuille à l'abri de tous les prédateurs.
    Le bord des feuilles est également grignoté par la chenille jaunâtre de la pyrale du nénuphar Nymphula nymphaeata photo.
    Il est sensible à une maladie cryptogamique Ramularia nymphaearum qui provoque des taches foliaires.
    NB : son nom Lotus vient du grec "lotos", désigne des plantes de la famille des légumineuses. Pour Linné et les botanistes, le lotus est le lotier; à ne confondre avec le Lotus sacré Nelumbo nucifera, de l'hindouisme et du bouddhisme.

    Ce genre comprend environ 50 espèces de vivaces aquatiques persistantes ou caduques, rustiques ou tropicales, à floraison diurne ou nocturne, plus ou moins odorant suivant l'espèce dont 7 d'entre elles sont génétiquement des Nymphaea africaines. L'Australie compte 17 espèces indigènes dont 3 nouvelles espèces et 4 espèces naturalisées.
    Ce Lotus bleu, est aussi avec le Nymphaea lotus, le Lotus sacré des égyptiens "sushin", que l'on retrouve stylisé sur les fresques, les chapiteaux des temples, et largement présent dans l'art égyptien et ses fleurs ou les pétales entraient dans le rituel des cérémonies pour orner la chevelure des défunts et parer celle des vivants, présent aussi chez les Assyriens.
    On le trouve cité pour la première fois dans le Livre des Morts* (Livres pour sortir au jour), consulter le fonds de papyri égyptiens du département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, consultable en ligne sur le blog de la BnF-Gallica.
    Le hiéroglyphe du lotus bleu se trouve en bas de page, celui du lotus blanc Nymphaea lotus et lotus rose Nelumbium speciosum sont différents, voir page 141 et page 142.
    Le Nymphéa serait né d'une nymphe morte de jalousie pour Héraclès (récit de Pline*).
    Dans la mythologie grecque et romaine, il est dédié aux divinités protectrices des jeunes filles et déesses des eaux.

    illustration : ci-dessus, planche 8, dans la première monographie sur les Nymphaea du botaniste américain, Henry Shoemaker Conard (1874-1971) "The waterlilies: a monograph of the genus Nymphaea", published in 1905 by the Carnegie Institution of Washington, contributed by University of Toronto (Earth Sciences), Canada. Vous pouvez l'apercevoir au jardin botanique de Genève en Suisse.
    Dans l'abécédaire, consulter les autres espèces de lotus et de nénuphars, présents dans l'Encyclopédie et également, consulter la liste des autres aquatiques ou des semi-aquatiques qui y sont présentées.

    Propriétés et utilisations :
    Apprécier dans les bassins et les étendues d'eau pour les propriétés purificatrices de l'eau et régénérantes de ses racines. L'analyse chimique a prouvé que certains d'entre eux contiennent plus ou moins de la nuciférine et de la nor-nuciférine.
    Les tiges, les rhizomes et les graines sont comestibles, utilisée depuis la nuit des temps pour ses propriétés anaphrodisiaque, calmantes et sédatives (rhizomes et fleurs). Appelé autrefois "L'herbe aux Moines" coupant les élans amoureux.
    Depuis des siècles il a sa place dans les pharmacopées asiatiques ou indiennes pour ses propriétés cardiotoniques et détoxifiantes étant un éminent draineur lympathique. Les racines et les rhizomes utilisés en usage externe sous forme de cataplasme pour traiter les rougeurs et les irritations cutanées dont la couperose ou la rosacée.

    Une autre espèce et hybride spontané :
    • Nymphaea nouchali Burm.f. (1768) pas de synonyme, mais 7 sous-espèces Nymphaea nouchali var. caerulea (Savigny) Verdc., Nymphaea nouchali var. mutandaensis Verdc. (1989) endémique au sud-ouest de l'Ouganda, Nymphaea nouchali var. nouchali présente au nord de l'Australie au et dans le territoire du Nord, Nymphaea nouchali var. ovalifolia (Conard) Verdc., Nymphaea nouchali var. petersiana (Klotzsch) Verdc., Nymphaea nouchali var. zanzibariensis (Casp.) Verdc. Depuis 2017, deux nouvelles sous-espèces ont été retenues Nymphaea nouchali var. versicolor (Sims) Guruge & Yakand. et Nymphaea nouchali var. mutandaensisVerdc, classées dans le sous-genre Nymphaea subg. Brachyceras. Un amalgame qui est critiqué par certains botanistes, rallongeant la longue liste de synonymes.
      L'espèce type est présente en Australie, en Afrique du Sud, dans la province du Cap et se rencontre jusqu'au sud de l'Asie. C'est d'ailleurs, la fleur nationale du de la République populaire du Bangladesh et dans l'Océan Indien, celle du Sri Lanka (ex.Ceylan) qu'elle soit blanche ou bleue, composée de 4 à 5 sépales avec disposées en étoile de 13 à 15 pétales anguleux, enchâssées dans un large calice en forme de coupe de 10 à 15 cm de diamètre, Des feuilles rondes de 20 à 30 cm à marge ondulée s'étalant jusqu'à 1.50 m et qui sont partiellement immergées.

    • Nymphaea × daubenyana W.T.Baxter ex Daubeny (1864), une hybridation spontanée entre l'africain en zone tropicale à saison sèche, Nymphaea micrantha Guill. & Perr. (1831) à petites fleurs blanches et Nymphaea nouchali var. caerulea. Une endémique découverte en 1864 au Tchad, en zone tropicale humide, à fleurs dressées aux étroits pétales d'un blanc irisé de bleu mauve. Introduit en Floride, ainsi qu'en Polynésie française dans l'archipel de la Société ainsi qu'au Sri Lanka. Synonyme ajouté en 2017 au Sri Lanka, Nymphaea × erangae Yakand., Guruge & K.Yakand. (2017). Il peut être observé en Floride dans le petit étang du Fairchild Tropical Botanic Garden de Miami ainsi qu'en Israël, dans les jardins botaniques de Jérusalem (12 ha - + de 6000 espèces), où il est nommé 'nimpat dauben', voir photo.

    Annotations :
    à tort, car en 2012, des tests ADN ont prouvé qu’il était apparentée au Nymphaea gracilis et non au Nymphaea nouchali qui est une espèce indigène à l'Australie et du coup poserait des problèmes au sein des pépinières australiennes car contrairement à l'indigène endémique aux régions tropicales australiennes soumises à la mousson,
    Livre des Morts page 125 cliquer pour grand format
    détail manuscrit de Richard Lepsius - 1842
    *Conard, botansite américain Henry Shoemaker Conard (1874-1971), spécialiste des mousses et des nénuphars, qui dans le Midwest, dans l'état de Iowa fut professeur de botanique au Grinnell College puis chef du département de botanique jusqu'à sa retraite.
    Il travaille sur les mousses au laboratoire de Lakeside et publie en 1938 l'ouvrage de référence sur les mousses de l'Iowa "One hundred Iowa mosses", suivi en 1944 d'un ouvrage de vulgarisation sur ces dernières, intitulé : How to know the mosses (Comment connaître les mousses) et tout au long de sa vie sur une Flore de l'Iowa : (Flore de Grinnell) publiée de 1823 jusqu'en 1964.

    *DC., abréviation botanique pour Augustin Pyramus de Candolle (1778-1841), botaniste et docteur en médecin suisse, qui occupe en 1880, la chaire de botanique à la faculté de médecine de Montpellier. On lui doit une nouvelle classification des espèces expliquées dans 'La théorie élémentaire de la botanique (1813), ainsi que les 7 volumes du 'Prodomus systematis naturalis regni vegetablilis' (1824-1841) où sont décrites 60 000 espèces doublant ainsi les familles.
    Des ouvrages achevés par son frère et son petit-fils avec 80 000 plantes décrites. Auteur de 'Plantarum Succulentarum' (1799) ou l'histoire des plantes grasses et 'la Théorie élémentaire de la botanique' (1813). Il s'intéresse aux propriétés médicinales des plantes.
    En 1884, à Genève, le botaniste-taxonomiste suisse Robert Buser est nommé conservateur de l'herbier De Candolle (Herbier du Prodrome de Candolle) initié par ce dernier en 1824.

    *Lehm., abréviation botanique pour le naturaliste et botaniste allemand Johan Georg Christian Lehmann (1792–1860), professeur et directeur du Jardin botanique de Hambourg de 1818 à 1860.

    *Livre des Morts, nom donné en 1842 par l ’égyptologue allemand Richard Lepsius (1810-1884) dans sa première traduction intitulée ' Das Todtenbuch der Ägypter, nach dem hieroglyphischen Papyrus in Turin : mit einem Vorworte zum ersten Male herausgegeben', ouvrage en allemand consultable en ligne à la Bnf, manuscrit de l'auteur conservé au Museo egizio de Turin, Italie, cliquer sur l'illustration pour découvrir l'intégralité du hiéroglyphe à la Bnf.

    *Nymphaea africaines sept espèces ont été génétiquement identifiées avec précision : Nymphaea lotus , N. petersiana , N. zenkeri , N. nouchali var. caerulea , N. micrantha et Nymphaea guineensis.

    *Savigny, abréviation botanique pour le botaniste, naturaliste et collecteur provinois Marie Jules César Lélorgne de Savigny (1777-1851) qui, initialement se destinait à la prêtrise, se trouve avec sa famille ruiné après la Révolution et dans l'obligation de travailler à l'âge de 16 ans en temps que préparateur en pharmacie et il découvre son intérêt pour les sciences, la suite de sa biographie proposée par les archives départementales de la Seine et Marne, consultable en ligne.

    *Thunb., abréviation botanique pour le botaniste, naturaliste explorateur suédois Carl Peter Thunberg (1743- 1822), à qui l'on doit la publication de Flora japonica en 1784, suivie de Flora capensis (1807-1812); un genre riche de 200 espèces lui a été dédié Thunbergia et 261 espèces et sous-espèces sous la forme thunbergii.

    *Verdc., natacha mauric © 23/06/2001 ® Jardin! L'Encyclopédie
    natacha mauric© 23.06.2001® par la Société des Gens de Lettres - ® Jardin! L'Encyclopédie - Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l'exploitation commerciale sont expressément interdites- ® Jardin! L'Encyclopédie.





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