Olea europaea - Olivier, Ampoulaou, Boutaillon
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    Nom commun : Olivier, dans le Midi de la France il est appelé Ampoulaou, Amellau, Boutaillon, Boucellaou, Mouraou qui sont tous des noms de très anciennes variétés, nommé par les anglophones 'Olive tree', en hébreu 'Zayit', en allemand 'Olivenbaum' en arabe 'Zaytun, Zeitoun, en espagnol 'Aceituno, olivo', en italien 'L'olivo o ulivo ', en portugais 'A oliveira'.
    Nom latin : Olea europaea  L.*
    famille : Oleaceae.
    catégorie : arbre fruitier pouvant être centenaire à l'enracinement très ramifié, au tronc tortueux, à l'écorce grise et lisse se fissurant avec l'âge, il émet des souchets (rejets basaux).
    port : érigé, cime arrondie qui en vieillissant prend une forme étalée.
    feuillage : persistant, coriace, glauque, vert grisâtre sur le dessus au revers pubescent d'un gris-argenté. Petites feuilles simples, opposées, ovales-lancéolées à nervure saillante et courtement pétiolées.
    floraison : très courte environ 1 semaine à la fin du printemps (mai-juin), nectarifère visitée par les abeilles. Il n'y a que le nez d'un parfumeur qui sache que cette minuscule floraison sent le jasmin.
    Des milliers de panicules axillaires de petites fleurs hermaphrodites à corolle tubulaire à 4 lobes chargées en pollen pouvant être allergisant*. La pollinisation est effectuée par le vent (anémophile).
    couleur : blanc crème et jaune pour les étamines.
    fruits : drupes charnues oléagineuses ovoïdes d'un vert plus ou moins pruineux virant durant l'hiver au noir violacé avec un noyau dur fusiforme contenant une graine.
    croissance : très lente.
    hauteur : 5 à 10 m.
    plantation : à l'automne ou au printemps en prenant soin de bien choisir son emplacement, patienter environ 7 ans pour qu'il devienne productif et ce durant 150ans.
    multiplication : semis après stratification au printemps, bouturage de souchets, éclatage de souche, greffe en écusson au printemps.
    sol : profond, riche, drainé, plutôt frais mais supporte la sécheresse, acide ou neutre ou alcalin, supporte le calcaire mais cela peut entraîner des carences en fer et en magnésie qui auront une incidence sur la fructification.
    emplacement : soleil.
    zone : 9 - 11. Tolère en hiver jusqu'à -8°C et -12°C, un -15° lui est fatale comme cela a été le cas dans le sud de la France le 29 janvier 1956 anéantissant des milliers d'oliviers.
    origine : Asie Mineure (sud du Caucase et de la Syrie), présent sur le pourtour méditerranéen depuis plus de 20 000 ans (confirmé par des feuilles et pollens fossilisés).
    entretien : suppression du bois mort, des gourmands sur le tronc. Taille de mise forme en fin d'hiver qui consiste à couper les rameaux ayant fructifier, suppression des rejets sur le tronc en été.
    Griffage du sol en surface pour ne pas endommager les radicelles sur un rayon équivalent au rayon de la ramure.
    Effectuer un apport de fumure ou d'engrais au printemps et à l'automne.
    maladies et parasites :
    L'olivier peut être sujet à son principal ennemi la mouche de l'olivier* Bactrocera oleae ou Dacus oleae; à l'oeil de paon Cycloconium oleaginum, à la teigne Prays oleae, à la cochenille noire Saissetia oleae qui peut entraîner la destruction complète de la production et le déssèchement de l'olivier.
    Ainsi qu'à la fumagine, à la chenille de la Pyrale du Jasmin Palpita margaronia unionalis, au xylopga neiroun Phloeotribus scarabaeoides, Thrips Liothrips oleae, au chancre rouge Liothrips oleae, et au fatal pourridié Armillariella mellea.
    En 2015, apparition de la bactérie tueuse d'oliviers Xylella fastidiosa  les recommandations étaient d'arracher et brûler les plantes infectées et la vente de certaines espèces de végétaux* a été interdite à cette époque.
    NB : son nom Olea  désigne le genre en latin, venant du grec 'elaïa' qui désigne l'olivier. Des noyaux trouvés sur des sites de fouilles archéologiques, font que l'on estime sa présence à près de 4000 ans avant notre ère.
    Le plus vieux olivier de France, âgé de 2500 à 2800 ans se trouve dans les Alpes-Maritimes au 184 chemin de Menton à Roquebrune-Cap-Martin, il a reçu le 6 octobre 2016 le label 'Arbre remarquable de France' décerné par l’association A.R.B.R.E.S. Cet ancêtre produit des petites olives noires de la variété 'pichoulina', dans les années 1900 il a été sauvé de l'abattage par Gabriel Hanotaux* qui rachète la parcelle, qui la remet par la suite gracieusement à la ville de Roquebrune.
    Haut de 15 m, il a une circonférence de 23,50 m, composé de plusieurs troncs creusés et soudés, l'ensemble de la frondaison à 18 m d’envergure.
    Ce sont des rameaux d'olivier qui sont brodés en vert et or sur la veste du costume des membres de l'Académie française*, d'où son nom bien que le drap du gilet ou de la veste soit en drap noir ou bleu. C'est l'arrêté du Consulat du 13 mai 1801 qui en a défini l'ensemble.
    Ce genre comprend 40 espèces originaires de l'Europe, de l'Afrique, de l'Australie et des îles du Pacifique et de l'Asie dont 13 espèces de Chine. L'Espagne, l'Italie et la Grèce, sont les trois premiers pays producteurs d'huile d'olive au monde.
    Au point de vue botanique on distingue l'Olivier cultivé Olea europaea var. europaea  du sauvage Oléastre Olea europaea var. sylvestris  un arbrisseau épineux et la variété africaine Olea europaea L. subsp. africana  ( Mill. ) P.S. Green* dont le feuillage dans les pharmacopées traditionnelles est utilisé pour soigner les toux.
    Parmi les cultivars citons :
    - Olea europaea  'Aglandaou' variété autofertile, pour son huile.
    - Olea europaea  'Amellau' variété autofertile, pour olives vertes.
    - Olea europaea  'Cailletier' variété autofertile, pour ses olives noires.
    - Olea europaea  'Frantoio' variété autofertile, pour son huile, un des plus résistants au froid.
    - Olea europaea  'Picholine' variété autofertile, c'est la plus répandue en France, originaire du Gard, elle est surtout connue pour ses olives vertes, mais les vrais amateurs les consomment noires et ils adorent son huile fruitée.
    - Olea europaea  'Verdale de Carpentras', variété cultivée pour son huile.
    Propriétés et utilisations :
    Chez les chrétiens orthodoxes l'huile d'olive est étroitement liée aux sacrements de la confirmation et de la Sainte Onction. Son bois au grain très fin et dur d'un jaune brun, nettement plus foncé vers le coeur est recherché en ébénisterie, en sculpture et pour confectionner divers objets tournés et des ustensiles de cuisine.
    La récolte des olives s'étale de septembre à février selon la variété et le mode d'utilisation.
    L'huile d'olive est une des meilleurs huile de table qui est sous Appellation d'origine contrôlée (A. O. C.) surtout lorsqu'elle est pressée à froid, lorsqu'elle est extrait à d'autres pressions et à une température plus élevée, elle contient alors plus d'acides gras, elle est de moindre qualité.
    Pour les huiles AOC, les olives tombées au sol ne sont pas ramassées, les autres olives sont portées au moulin au maximum 4 jours après la récolte.
    La durée de conservation avant la mise en oeuvre ne peut excéder 6 jours, sous réserve que le délai entre la cueillette et la mise en oeuvre n'excède pas 7 jours (JO - 16 décembre 1999, art.9., page 18729, réglementation pour les huiles d'olive appellation d'origine contrôlée).
    Il faut compter 4 à 5 kilos d'olives pour obtenir 1 litre d'huile et la pression à froid donne 40 à 60% d'huile composée d'acides gras mono-insaturés (dont acide oléique, Oméga 9) et acides gras poly-insaturés (acide linoléique), riche en calcium et vitamines A, B,B1, B2, C,D,E,F et PP sa valeur énergétique est de 9Kcal/g., elle commence à figer en dessous de 14°.
    Cette huile a des propriétés astringente, cholagogue, diurétique, hypoglycémiante, hypotensive et vasodilatatrice.
    Elle fait partie du régime crétois (associée aux céréales, poissons, fruits et légumes) qui est aujourd'hui conseillé pour limiter les maladies cardio-vasculaires (artériosclérose, angines de poitrine), de plus elle abaisse le taux du mauvais cholestérol (LDL), prescrite pour prévenir l'ostéoporose et l'arthrose. Elle aurait une influence sur les cancers du colon.
    Dans les pharmacopées traditionnels l'écorce était prescrite comme febrifuge (contient comme l'olive verte un glucoside l'oleuropéoside), elle était prescrite pour traiter les calculs rénaux, les trouble hépatiques, le transit intestinal (présence d'un anti inflammatoire le bêta-sitostérol) et nos grand-mères frictionnaient au niveau des reins, le dos des enfants qui faisaient pipi avec de l'huile tiède et quelques gouttes pour traiter les maux d'oreilles ou expulser un insecte.
    L'huile d'olive est utilisée dans l'industrie cosmétologique pour l'acide linoléique et la vitamine E qu'elle contient qui évitent le dessèchement de la peau, elle entre dans la composition de crèmes, lotions, huiles de bain, bains moussants, savons et shampoings, dans la confection de masques de beauté.
    Cette huile d'olive, avec de la soude et de l'huile de baies de laurier, entre dans la composition du véritable savon d'Alep et dans celle du savon de Marseille, elle est associée à de la soude, de l'huile de coprah et de l'huile de palme. Deux savon naturels sans colorants, conservateurs chimiques et parfum de synthèse, biodégradables, hypoallergéniques aux propriétés antiseptiques, conseillés au jardin pour lutter contre les pucerons.
    Autrefois elle était utilisée dans les lampes à huile pour l'éclairage.
    Les feuilles contiennent entre autre de l'acide glycolique qui a des propriétés hypotensives, de l'oleuropéoside, un hétéroside qui a des propriétés hypoglycémiantes (diabète) et des alcaloïdes comme la cinchonine et/ou cinchonidine, elles étaient autrefois prescrites en décoction comme anti-fébrifuge.

    Lettre à Alphonse Karr, jardinier à Nice
    .......................
    'Il faut à tout beau soir son Jardin des Olives !
    N’est-il pas, sur le bord du champ que tu cultives,
    Parmi les citronniers, les cyprès et les buis,
    Un maigre champ portant sa maison et son puits ?
    Le figuier, tronc qui vit et qui meurt avec l’homme,
    N’y fait-il pas briller sa figue en pleurs de gomme ?
    N’y pend-il pas aux murs ses rameaux tortueux,
    Comme pour subsister ou crouler avec eux ?
    Vingt ou trente oliviers, à l’ombre diaphane,
    N’y sont-ils pas penchés par la corde de l’âne ?
    Sur l’écorce en lambeaux de leurs troncs écaillés
    N’y voit-on pas courir les lézards éveillés ?
    N’entend-on pas, au creux du sillon qui la brûle,
    La cigale aux cent voix chanter la canicule ?
    Dans le ravin plus vert, sous l’ombre du coteau,
    N’y voit-on pas filtrer goutte à goutte un peu d’eau,
    Où, pourvu que le Ciel avare un jour y pleuve,
    Altéré par ses chants, ton rossignol s’abreuve ?
    N’y voit-on pas du seuil luire entre les rochers
    La plaine aux bleus sillons que fendent les nochers,
    Où la vague à la vague, en jetant son écume,
    Passe dans la lumière et se perd dans la brume ?
    N’en respire-t-on pas, jusque sur la hauteur,
    Comme d’un foin fauché l’enivrante senteur ?
    Le choc de ses flots lourds, quand l’autan les soulève,
    N’y fait-il pas voguer, rouler, trembler en rêve ?
    Le terrible infini qu’on voit à l’horizon
    N’y refoule-t-il pas le cœur à la maison ?
    N’y bénit-on pas Dieu de cet arpent de terre
    Où l’on repose en paix sous l’arbre sédentaire, ... (1858)
    Passages remarqués dans une lettre en vers, qu'écrivait Alphonse de Lamartine à Alphonse Karr, à Nice, ancien collaborateur du Journal des Roses.
    Intégralité de la lettre à l'observatoire de la vie littéraire Paris-Sorbonne (OBVIL).
    Annotations :
    *L. abréviation botanique pour Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, médecin, botaniste-naturaliste suédois à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l’espèce, c'est la base de la taxinomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivie d'un parution 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    *Olea europaea L. subsp. africana  (Mill.) P.S. Green synonyme Olea africana  Mill.
    mouche de l'olivier* 2008, en Languedoc Roussillon pour lutter préventivement contre cette mouche, il est effectué des pulvérisations d'argile, traitement qui est plus coûteux que les autres, mais semble nettement plus efficace et plus sain.
    *colombe un des plus anciens symboles du christianisme, elle symbolise l'Esprit Saint et la Paix, dans la Bible, 'La colombe revint à lui sur le soir; et voici, une feuille d'olivier arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que les eaux avaient diminué sur la terre. (Genèse VIII, 11)
    *espèces de végétaux interdites en octobre 2015 par la Préfecture des Alpes-Maritimes, les10 espèces concernées : érable sycomore, genêt de Ténérife, genêt faux raisin d'ours, romarin, faux genêt d'Espagne, véronique arbustive, lavande dentée et ses hybrides, myrte commun, pelargonium odorant et polygale à feuilles de myrte.
    *Gabriel Hanotaux (1853-1944) Extrait de chronique - 1944 :
    "Cet homme qui écrivit et préfaça tant de livres, n'était pas un livresque; la politique et l'histoire l'avaient élevé très haut et répandu son renom à travers le monde, mais il n’avait rien d’un pontife. Il avait été l’un des ministres et des académiciens les plus jeunes et il restait accueillant aux jeunes. Dans sa 'villula' provençale de Roquebrune, qui dominait "un des plus beaux panoramas du monde", et où il avait découvert que César avait passé, il n’avait pas seulement préservé un magnifique olivier plusieurs fois centenaire, il avait su faire de sa petite maison paysanne le charmant rendez-vous des artistes, des lettrés et des célébrités contemporaines : Rodin, José Maria deux Hérédia, Paul Valéry, le général Weygand, le général Gouraud. Il fut un des causeurs les plus éblouissants de notre époque, un animateur et un de nos travailleurs les plus obstinés. ..." Note biographique de Gustave Dupont-Ferrier dans Chronique p 348 à 350 , Bibliothèque de l'école des chartres, année 1944, volume 105 chez Persée.
    *membres de l'Académie française, les 729 membres sont nommés les immortels.
    Lire notre dossier 'Les arbres, leur pollen et les allergies' et configurer vos alertes polliniques.
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