Prunus laurocerasus  - Laurier amande
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    prunus laurocerasus Nom commun : Laurier-cerise, laurier-amande, Laurier de Trébizonde, Laurine, Laurière, Laurier royal autrefois Laurier à lait et Laurier aux crèmes, nommé par les anglophones 'Cherry laurel' ou 'English laurel'.
    Nom latin : Prunus laurocerasus  L, synonymes Cerasus laurocerasus  Loisel, Laurocerasus officinalis  (L.) M. Roem.
    famille : Rosaceae.
    catégorie : arbuste.
    feuillage : persistant, coriace, aromatique lorsqu'on le froisse, il exhale une odeur d'amande amère, vernissé sur le dessus, revers plus pâle et glauque pourvu à la base de la nervure centrale de 2 à 6 points d'un brun rougeâtre qui sont des glandes pétiolaires et nullement des taches de rouille ou une invasion de cochenilles. Grandes feuilles (15cm x 7 cm) ovales à oblongues, acuminées souvent spiralées à marge irrégulièrement dentelée et pourvues d'un pétiole court.
    port : compact puis arborescent.
    floraison : au printemps (avril-mai), parfumée pouvant être désagréable et écoeurante pour certains nez. Sur de longues denses, grappes axillaires, dressées, minuscules fleurs (+ ou -1cm) hermaphrodites à 5 pétales arrondis, nombreuses étamines et un style.
    couleur : blanc
    fruits : petites drupes (cerises) ovoïdes et aiguës virant progressivement du rouge au noir à maturité, elles sont amères et toxiques, pourvues d'un noyau lisse contenant une amande.
    croissance : moyenne.
    hauteur : 3 à 8 m.
    plantation : automne ou printemps.
    multiplication : bouture en été, semis.
    sol : plutôt frais, drainé, craint le calcaire (utiliser à sa place Prunus lusitanica).
    emplacement : soleil, mi-ombre ou ombre.
    zone : 6 - 10.
    origine : Asie mineure (Turquie - Anatolie, Arménie jusqu'au nord de l'Iran), subspontané au sud-est de l'Europe, en France naturalisé dans le Midi.
    entretien : taille éventuelle au printemps (mars-avril) et en automne (septembre-octobre).
    NB : Utilisé dans les jardins sous climat doux comme arbuste d'ornement en sujet isolé, dans les massifs arbustifs ou en sous-bois claires, il supporte admirablement les tailles fréquentes, pour les haies mono-espèces ou libres , les cultivars comme 'Caucasica' conviennent mieux.
    Son nom spécifique Laurocerasus lui a été donné pour souligner la ressemblance du feuillage avec celui du laurier-sauce, Cerasus est le nom d'une cité antique située sur la côte de l'Anatolie dont il ne subsiste plus qu'une forteresse datant de l'époque byzantine, aujourd'hui appelée Giresun.
    Trébizonde est une colonie grecque établie en Turquie, sur la côte de l'Anatolie au bord de la Mer noire, elle fut au Moyen âge la rivale de Constantinople aujourd'hui nommée Trabzon, au court des siècles s'était un important port commercial reliant l'Europe et la route de la soie.
    Deux petites boutures de ce laurier de Trébizonde furent rapportées en 1558 par Pierre Belon* de Toscane où il avait été étudier les diverses essences acclimatées dans les jardins de cette région.
    Parmi les divers cultivars :
    Consulter la fiche de Prunus laurocerasus  'Caucasica'.
    Maladies et parasites :
    Il peut être sujet à l'oïdium perforant Sphaerotheca pannosa qui provoque sur le revers des feuilles un dépôt blanc, une déformation des jeunes feuilles suivie d'une nécrose avec brunissement et chutes des parties atteintes laissant apparaître des trous.
    Le poinçonnage des feuilles peut être du à l'otiorrhynque Otiorhynchus sulcatus un très petit charançon noir tacheté de jaune qui oeuvre durant la nuit, ce sont les larves qui peuvent produire le plus de dégâts en s'attaquant aux racines provoquant le dessèchements de rameaux.
    Sous climat trop humide, en sol trop acide ou encore lors d'un plantation trop serrée et mal ventilée, il peut être sujet à la criblure Pseudomonas syringae qui provoque l'apparition de taches avec une chlorose autour de cette partie nécrosée entraînant des perforations et un déchiquetage du limbe.
    En atmosphère trop sèche il peut subir des attaques d'araignées rouges Panonychus ulmi qui provoquent un décoloration progressive du feuillage lui donnant au début des reflets cuivrés.
    Un dépérissement progressif avec pourriture du collet et décollement de l'écorce est du à un champignon le pourridié racinaire pour lequel il n'y a pas de traitement possible, il faut déterrer et brûler le sujet. Son apparition aussi peut être provoquée par un excès en eau.
    Un excès de calcaire peut provoquer l'apparition de la chlorose ferrique qui se signale par une décoloration du limbe alors que les nervures restent vertes.
    Pour la criblure due à un champignon le Coryneum beyerinckii  qui perfore le feuillage et sur les rameaux provoque l'exsudation de gomme, consulter la fiche du Prunus laurocerasus 
    Propriétés et utilisations :
    Toutes les parties et le feuillage contient de l'acide cyanhydrique (ou acide prussique) qui est une substance toxique et de glucoside, mais depuis la nuit des temps à dose minime la feuille est utilisée pour parfumer crèmes, sauces, et laitages leur donnant ainsi une saveur d'amande, c'est d'ailleurs pour cela qu'autrefois il était appelé Laurier à lait et Laurier aux crèmes.
    prunus laurocerasus Avec le feuillage frais on obtient une eau distillée qui est utilisée dans les pharmacopées traditionnelles pour ses propriétés antispasmodique et sédative pour traiter spames et toux, elle est aussi utilisée en cuisine pour la préparation des crèmes et des sauces.

    Annotations :
    * Pierre Belon (1517-1567) Apothicaire, médecin et naturaliste manceau au service du Cardinal de Tournon fût mandate en décembre 1546 pour accompagner l'ambassade diligentée par François Ier près du Grand Turc, Soliman le Magnifique traversant ainsi les pays du Levant (Grèce, Égypte, Palestine,..) avant d'atteindre la Turquie, ces visites et découvertes sont relatées dans "Voyage au Levant, les observations de Pierre Belon du Mans : de plusieurs singularités & choses mémorables, trouvées en Grèce, Turquie, Judée, Égypte, Arabie & autres pays étranges" (1553 et largement réédité depuis).
    Il fut un des premiers à vouloir acclimater les essences découvertes dans ces contrées arbousier, chêne vert ou chêne liège, platane, térébinthe.
    natacha mauric©15.05.2000 - 29.08. 2013- Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l'exploitation commerciale sont expressément interdites.
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