Tradescantia virginina - Éphémérine de Virginie
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    Tradescantia virginiana
    Tradescantia virginiana
    Nom commun : Tradescantie de Virginie, Éphémérine, Éphémère de Virginie, Misère, nommée par les anglophones 'Lady's Tears, Spiderwort, Virginia Spiderwort, Spider lily, Indian paint'.
    Nom latin : Tradescantia virginiana L.*, synonymes Tradescantia virginica L., Tradescantia barbata Raf.*, Tradescantia brevicaulis Raf., Tradescantia caricifolia Crochet, Tradescantia congesta (Moench) Penny et Loudon*, Tradescantia crinigera Nees, Tradescantia divaricata Raf., Tradescantia elata Lodd., Tradescantia flexuosa Raf., Tradescantia levigata Raf., Tradescantia lyonii Steud. ex Schltdl., Tradescantia pilosissima Fraser et Schult. & Schult.f., Tradescantia pumila Raf., Tradescantia rupestris Raf., Tradescantia speciosa Salisb., Ephemerum congestum Moench, Knowlesia spicata (Knowles et Westc.) Hassk., Leiandra divaricata (Raf.) Raf., et 12 autres consultable sur autres The Plant list.
    famille : Commelinaceae, Sous famille Commelinoideae, Tribu Tradescantieae.
    catégorie : vivace herbacée comestible.
    port: touffe compacte, dressée, arrondie.
    feuillage : comestible, selon climat semi-persistant à caduc. Feuilles simples, alternes, étroites, arquées à leur extrémité.
    floraison : abondante, mais éphémère s'ouvrant le matin et se fanant au cours de l'après-midi, du milieu de l'été jusqu'au début de l'automne et plus selon climat, nectarifère et pollinifère, visitée entre autres par les abeilles, les bourdons et les papillons.
    Sur une longue tige cylindrique, entre deux longues bractées foliaires, bouquet d'une trentaine de fleurs hermaphrodites à trois pétales, dans un court calice à trois sépales lancéolés, six étamines épaisses, velues.
    couleur : bleu à bleu mauve, rose ou blanc selon variétés et cultivars, 6 étamines violettes aux anthères d'un jaune vif.
    croissance : moyenne.
    fruits : des petites graines grisâtres cabossées à récolter entre courant août et octobre, voir photo graines de celle de l'Ohio.
    hauteur : 0.40 à 0.75 m.
    plantation : au jardin, au printemps ou à l'automne selon climat. Compter 6 plants au m².
    multiplication : par division des touffes ou par semis au printemps.
    sol : de préférence frais à humide et riche en matière organique, acide ou neutre, mais il faut savoir qu'il se satisfait de pratiquement tous les types de sols.
    emplacement : légèrement ensoleillé ou mi-ombragé, à l'abri des vents forts.
    zone : 4-10, U-K Hardiness H4, USDA Zones 4a-9b. Une fois installée, tolère des périodes de sécheresse.
    origine : la Virginie dans les prairies, berges des cours d'eau, broussailles, bois clairs et bords de route et le long de la côte est des États-Unis, du Maryland, au sud-est de la Pennsylvanie, New-Jersey, Suffolk, Connecticut, Massachusetts, sud-est du Vermont et l'ouest du Maine et dans l'état de New-York et le Delaware, l'Iowa, Minnesota, Missouri, Arkansas, sporadiquement au Mississippi, Alabama, Tennessee, Kentucky, le sud de l'Ohio et le sud de l'Illinois, introduite au Canada dans la province de l'Ontario; consulter la carte de Amérique du Nord.
    entretien : si nécessaire, prévoir un anneau de soutien et un bon paillage maintenir une certaine humidité au pied. Il peut être avantageux de pincer en début de croissance et de rabattre un peu en fin de floraison. Supprimer à fur et à mesure les fleurs fanées.
    maladies et ravageurs : peut être sujette aux taches foliaires (leaf spot) et à la rouille Phragmidium mucronatum (rust) , et subir les assauts des pucerons (aphids), les escargots (snails) et les limaces (slugs) et la nuit, les grignotages des charançons, l'otiorhynque de la vigne Otiorhynchus sulcatus (vine weevil). Dédaignée par les cervidés.
    NB : son nom Tradescantia lui a été donné en l'honneur du jardinier, pépiniériste, botaniste kentois John Tradescant le Jeune (1608-1662) qui seconde son père John Tradescant l'Ancien jardinier en chef du roi Charles I d'Angleterre, pour le compte duquel, il effectue en 1637, un séjour en Virginie pour y collecter plus de 200 nouvelles espèces américaines. On lui doit l'introduction du Liriodendron tulipifera et celle du Taxodium distichum, que l'on retrouve dans un catalogue Musaeum Tradescantianum publié en 1656 et son nom spécifique virginiana pour nous préciser son origine.
    Elle a sa place au jardin dans les bordures, les massifs et mixed-borders ou encore tout simplement dans des potées pour les balcons, patios et terrasses.
    Ce genre comprenait 246 noms d'espèces référencés après la révision en 2012, seulement 75 noms ont été retenus et 159 autres comme étant juste des synonymes et 12 autres sont encore non résolus.
    Propriétés et utilisations :
    Autrefois, localement et surtout en période de famine, la cueillette s'effectue tôt le matin et le tout est conservé au frais jusqu'à l'utilisation dans la journée, les jeunes feuilles étaient consommées en salade ou associées à d'autres légumes verts pour confectionner tartes, quiches, soupes et ragoûts, bouillies, cuites comme des épinards ou sautés à la poêle avec de l'ail ; il en va de même pour les boutons floraux.
    Les tiges au goût d'asperge ont une sève mucilagineuse qui les rend visqueuses, un peu comme les gombos. Il est conseillé de les consommer lorsqu'elles sont jeunes ou juste la partie supérieure qui est moins fibreuse. Elles sont également consommées l'hiver après lactofermentation comme le chou et d'autres légumes.
    Les fleurs ayant une saveur plus fade ne servent que comme garniture, elles tachent les doigts ou tout autre support en violet foncé, gare aux vêtements, c'est ce qui lui a valu le nom d'Indian paint.
    Dans les pharmacopées traditionnelles amérindiennes et celle des Cherokee les racines prescritent sous forme de tisane ou de thé sont réputées être laxatives et calmer les troubles digestifs et rénaux. Associée à 7 autres plantes, elle donne une boisson galactogène, emménagogue et soigne d'autres troubles féminins.
    Racines, feuilles et tiges étaient écrasées pour confectionner une pâte utilisée en cataplasme pour calmer les piqûres d'insectes, les irritations, diverses démangeaisons, les hémorroïdes et traiter les plaies.
    L'herboristerie nord-américaine lui attribue de nombreuses propriétés antidiarrhéique, analgésique, anthelminthique, astringent, dépuratif, sudorifique, émétique, emménagogue, expectorant, sédatif et tonique.

    Parmi les différents cultivars, citons :

    • Tradescantia 'Carmin Glow', plus ou moins 45 cm. Des fleurs d'un rose carmin soutenu, des étamines quasiment de la même couleur.
      Tradescantia x andersoniana
      Tradescantia x andersoniana
    • Tradescantia 'Domaine de Courson', 50 cm, des fleurs blanches lavées au centre de rose mauve, bouquet d'étamines dans un rose flashi ou violine.
    • Tradescantia x andersoniana 'Bleu Mauresque', 40 cm, une floraison dans un violet mauve proche du lavande, bouquet d'étamines idem.
    • Tradescantia x andersoniana 'Gitane', de petite taille, 30 cm, une floraison dans un bleu électrique (#2c75ff).
    • Tradescantia x andersoniana 'Innocence', 50 cm, des fleurs dans un blanc pur, bouquet d'étamines mauve pâle.
    • Tradescantia x andersoniana 'Isis' 40 cm, floraison dans un bleu mauve.
    • Tradescantia x andersoniana 'Pauline', 35 cm, floraison dans un rose mauve légèrement lavé d'un ton plus foncé au centre.
    • Tradescantia x andersoniana 'Zwanenburg Blue', une obtention néerlandaise qui porte le nom d'une commune proche d'Amsterdam, 35 cm, floraison bleu soutenu légèrement violacé et des étamines de la même couleur.
    • Tradescantia x andersoniana 'Blue Stone', 40 cm, une floraison dans un mauve lavande soutenu.
    • Tradescantia x andersoniana 'Karminglut' (surabondance de carmin), une floraison d'un rose carminé légèrement violacé, rose héliotrope.

    Dans l'abécédaire, consulter les quatre autres espèces de Tradescantia présentes dans l'Encyclopédie.

    Quelques autres espèces :

    • Tradescantia fluminensis Vell., Éphémère de Rio, au port rampant des fleurs blanches, se distingue par un feuillage au revers pourpré.

    • Tradescantia fluminensis 'Albovittata' synonyme de , Tradescantia albiflora 'Albovittata', 'Aurea' et 'Variegata' au feuillage diversement panaché, 'Quadricolor' au feuillage panaché de crème, de rose et de vert clair, zone 10.

    • Tradescantia occidentalis (Britton) Smyth, Tradescantia laramiensis Goodd., Tradescantia ramifera Lunell, Tradescantia vaginata Bush, et 3 sous la forme Tradescantia occidentalis var., Western Spiderwort, que l'on rencontre à l'ouest des États-Unis ainsi qu'au Canada, dans les provinces de l'Alberta, du Manitoba et du Saskatchewan.
      Une floraison légèrement parfumée dans un violet soutenu, violet plus clair, mauve ou rose elle peut être confondue avec la virginienne, c'est une espèce menacée dans son habitat.

    • Tradescantia ohiensis Raf., synonymes Tradescantia canaliculata Raf., Tradescantia foliosa Small, Tradescantia incarnata Small, Tradescantia reflexa Raf., endémique à l'Ohio où elle est nommée 'Ohio spiderwort, Bluejacket, Smooth spiderwort', la Tradescantie de l'Ohio ou l'éphémère de l'Ohio. Des fleurs d'un clair améthyste plus foncé vers la marge ondulée et plissée, découvrir les 3 photos de Peganum ©.

    • Tradescantia spathacea Swartz, autrefois nommée Rhoeo discolor (L'Hèr.) Hance., au feuillage vert au revers violet, floraison blanche.

    Annotations :
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnaeus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'une flora lapponica et son herbier, le plus riche de son époque contenant 7000 plantes, est conservé au musée national d'histoire naturelle de Stockholm.
    Il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année, à partir de 1741, la médecine, puis la botanique jusqu'en 1772. En 1738, il fonde l'Académie des sciences de Suède.
    Auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et 'Species plantarum', consultable en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto, chargement lent.

    *Loudon, jardinier paysagiste et architecte écossais John Claudius Loudon (1783-1843), un fort célèbre journaliste horticole (Gardener's Magazine), façonnant le goût des jardins, parcs puis de l'architecture des banlieues de l'ère victorienne. Auteur de 'An Encyclopaedia of Gardening' (1822) et 'Arboretum et Fruticetum Britannicum' édité en 1838, avec son épouse Jane C. Webb Loudon (1807-1858), 'Loudon's encyclopaedia of plants; comprising the specific character, description, culture, history, application in the arts, and every other desirable particular respecting all the plants indigenous to, cultivated in, or introduced into Britain' - Londres 1866.

    *Raf., abréviation botanique pour l'excentrique naturaliste, linguiste et archéologue autodidacte français Constantine Samuel Rafinesque-Schmaltz (1783-1840) qui dès 1802, séjourne et travaille en Amérique, auteur de nombreux canulars. En 1841, Nutall lui dédie un genre de chicorée Rafinesquia (Asteraceae).
    natacha mauric © 22/01/2000 ® Jardin! L'Encyclopédie
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