Zantedeschia albo-maculata - Arum maculé de blanc
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    Louis Van Houtte* 1845
    Nom commun : Arum maculé de blanc, Arum panaché, Calla panachée, nommée par les anglophones 'Spotted-leaved arum lily, Spotted Calla Lily, White spotted arum, Yellow arum', autrefois 'Black-throated Richardia'.
    Nom latin : Zantedeschia albo-maculata  (Hook.) Baill.*, synonymes retenus Zantedeschia melanoleuca  (Hook. f.*) Engl.* , Richardia albomaculata  Hook.*, Richardia angustiloba Schott.*, Richardia hastata Hook., Richardia lutwychei N.E.Br., Richardia melanoleuca Hook.f.*, Richardia melanoleuca var. tropicalis N.E.Br. , Zantedeschia albomaculata subsp. albomaculata , Zantedeschia angustiloba (Schott) Engl., Zantedeschia chloroleuca Engl. & Gilg, Zantedeschia hastata (Hook.) Engl., Zantedeschia lutwychei (N.E.Br.) T.Durand & Schinz, Zantedeschia melanoleuca (Hook.f.) Engl., Zantedeschia oculata (Lindl.) Engl. , Zantedeschia tropicalis (N.E.Br.) Letty, Arodes albomaculatum (Hook.) Kuntze, Arodes angustilobum (Schott) Kuntze, Arodes hastatum (Hook.) Kuntze , Arodes melanoleucum (Hook.f.) Kuntze, est illégal Calla oculata Lindl.
    illustration ; dans 'Flore des serres et des jardins de l'Europe' de Louis van Houtte*, vol 13 (1845) contributed by the Missourri Botanical Garden USA, cliquer sur l'illustration pour le grand format.
    famille : Araceae.
    catégorie : vivace rhizomateuse.
    port : touffe compacte, semi-érigée.
    feuillage : persistant hors gel, disparait durant la saison sèche dans son habitat. Sous nos climats en dormance l'hiver. Feuilles plus minces que l'éthiopien hastées plus que sagittées mouchetées de taches blanches.
    floraison : début de l'été, en Afrique de l'est de décembre à février.
    Inflorescence formée d'un spathe pétaloïde en forme de cornet avec au centre un spadice avec à la base des petites fleurs unisexuées.
    couleur : spathe blanc. Sur le spadice, les fleurs femelles sont verdâtre et les fleurs mâles jaunes.
    Voir illustration 5765 de W.H.Fitch dans Curti's botanical magazine vol.95 de 1869.
    fruits : spadice pourvu de baies charnues vertes virant à l'orange à maturité.
    hauteur : 0.30 à 0.45 m.
    plantation : au printemps ou à l'automne selon climat entre 15 à 20cm de profondeur suivant la hauteur du sujet tous les 30 cm, prévoir un bon paillage (écorce de pin) pour conserver le substrat frais. Rajeunir les touffes tous les 3 ou 4 ans.
    multiplication : par division des touffes, prélèvements de rejets ou rhizomes vers la mi-juillet et par semis dès maturité des graines, ou courant févier-mars par semis à l'étouffée à 25°C, les graines sont à peine recouvertes, maintenir le substrat humide, compter pour la levée de 1 à 3 mois puis patienter au moins 3 ans pour la floraison. Lors de la récolte des graines prendre le temps de bien les nettoyer toujours avec des gants car la sève peut irriter la peau et éviter de vous toucher le visage, elle l'est également pour vos yeux.
    sol : riche, frais et humide.
    emplacement : soleil, mi-ombre. Tête au soleil pied à l'ombre.
    entretien : supprimer les fleurs fanées en allant chercher la base de la tige puis tirer d'un coup sec, prévoir des gants.
    zone : 8 - 10 USDA Zone 8a -- 10b.
    origine : zones humides et marécageuses du sud de l'Afrique centrale notamment Angola, République démocratique du Congo, Tanzanie, Malawi, Zambie, Zimbabwe, Swaziland, Lesotho et Afrique du Sud, consulter la carte de l'Afrique.
    Introduit en 1859 depuis le Natal par M. Backhouse deYork.
    entretien : supprimer les fleurs et les feuilles fanées, mettre des gants, après la floraison le maintenir au sec, pour reproduire la sécheresse de son milieu naturel. Pour une culture en pot, n'oubliez pas de l'arroser régulièrement durant la période de croissance, effectuer un apport d'engrais pour plantes à fleurs hors période de floraison.
    En hydroculture, n'oubliez pas de changer régulièrement l'eau de la potée et d'y ajouter du chlore ou de l'eau de Javel pour limiter la prolifération du moustique tigre.
    maladies et parasites : délaissé par les lapins et les cervidés mais convoité par les limaces et les escargots, adoré par les cétoines grises (Oxythyrea funesta*) qui viennent dévorer ses pollens; il peut subir les assauts des pucerons et dans les serres les attaques des thrips du tabac (Thrips debilis) qui provoquent des lésions argentées sur le limbe des feuilles, les parties affectées ont tendance à se chloroser et ces thrips sont vecteurs de plusieurs redoutables virus. Une atmosphère trop chaude et sèche favorise l'apparition des araignées rouges.
    NB : son nom Zantedeschia  lui a été donné par le botaniste allemand Sprengel* en l'honneur du médecin-botaniste italien Giovanni Zantedeschi (1773 - 1846) et son nom spécifique albomaculata  pour nous indiquer qu'il est maculé de blanc et melanolocus signifie noir et blanc.
    C'est lebotaniste allemand Khunth qui en 1818 fonde le genre Richardia qu'il dédie à un botaniste français contemporain Richard Cet arum maculé de blanc est moins florifère que le Zantedeschia aethiopica mais c'est aussi une excellente fleur coupée qui se conserve longtemps, il suffit de recouper le bout de la tige et de changer l'eau tous les 3 jours en mettant peu d'eau dans un grand vase selon la hauteur des tiges.
    L'arum blanc est disponible chez les fleuristes courant juin-juillet, ceux qui sont plus petits et multicolores sont disponibles quasiment toute l’année. Dans le langage des fleurs, il symbolise l'amour charnelle, sa longue floraison l'associe aux cérémonies du mariage et le nombre de fleurs dans un bouquet indique la mesure de ce désir.
    Il a sa place au jardin dans les bordures, les massifs de vivaces, les mixed-borders, dans un bassin ou au bord d'une pièce d'eau où simplement dans des potées pour orner balcons, patios et terrasses.
    Ce genre originaire de l'est de l'Afrique comprenait 48 noms d'espèces connues, après révision il ne comprend plus que 8 espèces de vivaces tubéreuses caduques ou persistantes, toutes redoutant la sécheresse.
    Propriétés toxiques :
    Les feuilles, les fruits et les rhizomes de toutes les espèces sont toxiques pour les hommes et tous les animaux, ils contiennent des cristaux d'oxalate de calcium qui provoquent des dermatites de contact et des alcaloïdes toxiques (aronine, aroine et arodine); l'ingestion provoque des brûlures bucco-pharyngées, une hypersalivation, suivie de troubles digestives, de vomissements et de diarrhées et des troubles cardiaques.
    Autres espèces présentes dans l'Encyclopédie :
    - Zantedeschia aethiopica  Spreng., Zantedeschie, Arum, Calla d'Éthiopie, consulter sa fiche.
    - Zantedeschia rehmanii Engl., Arum de Rehmann, Arum, Calla rose, consulter sa fiche.
    Les autres espèces du genre :
    J.R Guillot, litho de J.L. Goffar, Bruxelles
    - Zantedeschia elliottiana (W.Watson) Engl., après révision synonymes retenus Calla elliottiana (W.Watson) W.Watson, Calla elliottiana H. Knight, Richardia aurata Mottet, Richardia elliottiana W.Watson, Richardia rossii Chalwin, nommé ' Golden arum, Golden calla', ± 40cm de haut en touffe compacte, Ø de 15cm au feuillage maculé de stries, taches blanches et des fleurs au spathe jaune poussin en coeur presque noire, au spadice de la même couleur qui fleurissent de mai à octobre, la base est veinée d'un vert identique au feuillage. La culture de ses gourmands est un peu plus difficile, éviter les sols trop acides, dormance en hiver.
    Initialement connu des amateurs sous Richardia elliottiana on raconte que c'est en 1886, le capitaine anglais Elliott, de Farnborough Park, dans le Hampshire, reçut du Cape de Bonne-Espérance des graines qui lui furent envoyées comme appartenant à un 'Arum à fleurs rouges'. Elles furent semées par son jardinier M. Knight; une seule leva et produisit un Richardia à superbes spathes jaunes, qui causa une véritable sensation lorsqu'il fut apporté en 1880 à l'un des meetings de la Société royale d'horticulture de Londres. La plante produisit des graine, qui germèrent et donnèrent des plantes identiques à la mère. Leur port rappelaitcelui du Richardia africana, ce qui avait fait croire d'abord qu'on avait affaire à une variété à fleurs jaunes de cette espèce. Sur un rhizome aplati et gros partaient des pétioles angainants, dressés, hauts de 70 centimètres à 1 mètre, vert foncé piqueté de blanc, de vert et de brun, surtout vers la base, portant un limbe largement hasté, de texture épaisse, vert foncé finalement maculé de blanc, mais moins que R. albo-maculata. Les spathes, en cornet dressé et de mêmes formes et grandeur que R. africana présentaient une admirable couleur jaune d'oeuf à jaune d'or uniforme, de même que le spadice. Après la floraison qui dure longtemps, cette spathe devient verte et foliacée et persistependant que les graines mûrissent. Puis la végétation cesse graduellement jusqu'à une période de dessication et de repos complet.
    Cette superbe plante fut multipliée après avoir été récompensée à Londres, le 13 mai 1890, d'un certificat de Revue horticole ère classe. Le 7 juillet 1892, une vente aux enchères du stock disponible fut faite par MM. Protheroe et Morris, à Londres. Le premier bulbe atteignit la somme de 16 guinées (380 frs). D'autres suivirent aux prix de 17, 10, 8, 6 guinées. Le total de la vente atteignit 400 livres sterling (10.000fr).
    Depuis, cette fièvre s'est calmée. La plante s'est propagée; ses qualités se sont accentuées; des spécimens de belle culture en ont augmenté les proportions sans en diminuer la beauté, au contraire. On a vu la variété superbe du R. elliottiana, envoyée de Cape-Town par M. Donald Rosssousle nom de Richardia Eliottiana Rossii. Elle portait, sur un feuillageplus abondamment maculé que le type, des spathes jaune d'or avec macule pourpre noir à la gorge. Dans plusieurs présentations faites par MM. Veitch, de Chelsea, à la Société horticole londonienne, on a constaté que les dimensions de la plante et des fleurs pouvaient être fortement augmentées.
    On saura plus tard que les qualificatifs rouge et jaune ont la même dénomination en langue kaffir.
    Revue horticole : journal d'horticulture pratique de 1904n tome 4 page 135 à 137 rédigé par René-Ed. André, contributed by Havard University, library of the Gray Herbarium 23july, 1904 consultable en ligne chez archiv.org.
    Il existe des cv comme 'Black Star', 40cm, au feuillage maculé de blanc, marginé d'un liseré violet, fleur violet aubergine, marron violet veiné de purpurine.
    - Zantedeschia jucunda Letty, pas de synonyme retenu après révision en 2012, espèce menacée en voie de disparition suite à des prélévements excessives à des fins horticoles, aire de répartition limitée aux montagnes de Sekhukhuneland, nommé 'Geel varkoor' en afrikaner (Oreille de cochon jaune), floraison jaune au cours de l'été (décembre à mars) très chauds ponctués d'orages.
    - Zantedeschia odorata P.L.Perry, pas de synonyme retenu après révision en 2012, nommé par les anglophones 'Scented arum'localement en afrikaner 'soetvarkblom' (Doux arum), très rare son aire de répartition est restreinte en Afrique du sud au nord de la province du Cape dans le district de Namakwa dansla région des chutes de Nieuwoudtville, 0.70 à 1m de haut à floraison hivernale blanche.
    - Zantedeschia pentlandii (R.Whyte ex W.Watson) Wittm., synonymes retenus Zantedeschia sprengeri (Comes) Burtt Davy, Calla pentlandii (R.Whyte ex W.Watson) auct., Richardia pentlandii R.Whyte ex W.Watson, Richardia sprengeri Comes., nommé 'Mapoch lily', en afrikaner 'Geel varkoor' espèce menacée en voie de disparition suite à des prélévements excessives à des fins horticoles et l'implantation d'exploitations minières au nord du Transvald région du fleuve Limpopo, environ 60 cm de haut, floraison à spathe jaune citron en été de décembre à mars.
    - Zantedeschia valida (Letty) Y.Singh, un seul synonyme retenu Zantedeschia albomaculata subsp. valida Letty, nommé 'Yellow arum', en afrikaner 'Geel varkoor' (Oreille de cochon jaune), son aire de répartition est restreinte au nord-est de l'Afrique du sud, à l'est de l'ancien Transval (Mpumalanga) dans les montagnes de Sekhukhuneland, environ 50 cm de haut, feuilles étroites en forme de fer de lance vert foncé avec des stries blanches de part et d'autre de la nervure médiane qui est d'un vert uni, floraison en été (décembre à mars) d'un beau jaune.

    Dans l'abécédaire consulter la liste des autres espèces bulbeuses et rhizomateuses présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Baill., abréviation botanique pour le botaniste et médecin français Henri Ernest Baillon (1827 - 1895), en 1894 Membre de la Royal Society, auteur de nombreux ouvrages dont le Dictionnaire de botanique, en 4 volumes 1876-1892, édité avec des gravures sur bois réalisées par Auguste Faguet, ainsi que l'Histoire des plantes en 13 volumes, édité de 1867 jusqu'en 1895.
    *Hook., abréviation botanique pour le botaniste écossais William Jackson Hooker (1785-1865), spécialiste des mousses puis tout au long de sa vie des fougères, en 1820 nommé à la chaire de botanique de l'Université de Glasgow, suite à ses travaux scientifiques Guillaume IV lui décerne un titre de noblesse en 1836. En 1841, il occupe la fonction de premier Directeur du Jardin Botanique Royale de Kew, un peu à l'abandon depuis la disparition de son prédécesseur Joseph Banks, un jardin qu'il agrandi, enrichi de plusieurs serres, dont la célèbre Palm House de D. Burton et R.Turner, réalisée entre 1844 et 1848. On lui doit aussi l'ouverture des jardins au public durant les après-midis.
    Auteur de forts nombreux ouvrages et parutions botaniques dont entre autre, la première Flore des îles britanniques "Flora Scotia; or a description of scottish plants arranged both according to the artificial and natural methods" (Volume 2 en 1821).
    The british flora compresing the phaenogamous, or flowering plants and ferns" (2 volumes - Londres éd. Longman, Brown, Green and Longmans 1831 édition revue et corrigée en 1842).
    L'édition d'un guide "Kew Garden or Popular guide to the Botanic garden of Kew".
    "Genera filicum; or Illustrations of the ferns, and other allied genera; from the original coloured drawings of the late Francis Bauer; with additions and descriptive letterpress", by Sir William Jackson Hooker. London, H. G. Bohn, 1842. "Synopsis filicum : or, A synopsis of all known ferns, including the Osmundaceae, Schizaeaceae, Marattiaceae, and Ophioglossaceae (chiefly derived from the Kew herbarium) Accompanied by figures representing the essential characters of each genus" avec son assistant Joseph Gilbert Bakers, responsable de l'Herbier de Kew (éd. Robert Harwicke - 1868).
    *Hook.f., abréviation botanique pour le médecin-botaniste anglais Joseph Dalton Hooker (1817-1911), ami de Charles Darwin qui dès 1839 participe à des expéditions vers l'Antarctique, la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande puis en 1847 il se rend vers les confins de l'Inde. On lui doit de nombreuses flores des pays visités, la plus célèbre réside dans les 7 volumes de 'Flora of British India' (1872-1897) auparavant 'Botany of the Antarctic Voyage Flora Novae Zelandiae' en 2 volumes 1852. En 1847, il devient membre de la Royal Society, à partir de 1855 il est nommé assistant du directeur du Jardin botanique de Kew.
    *Oxythyrea funesta, les larves de cette cétoine grise se nourrissent des racines des plantes, tandis qu'elle dévore surtout sur les fleurs blanches ou jaunes les pollens et les cellules reproductrices des fleurs.
    *Schott., abréviation botanique pour le nom du botaniste autrichien Heinrich Wilhelm Schott 1794-1865), qui séjourne au Brésil de 1817 jusqu'en 1821, il se spécialise alors dans l'étude des Aracées tropicales. En 1845, il est nommé directeur du Jardin impérial du palais de Schönbrunn (Vienne). On lui doit un superbe ouvrage illustré 'Aroideae Maximilianae, éditeur J. Peyritsch-1879, des planches sont à découvrir à l'Institut de botanique de Vienne.
    *Louis Benoît Van Houtte (1810-1876) célèbre horticulteur, collectionneur flamand, on lui doit en collaboration avec Charles Lemaire et M. Scheidweiler une revue horticole 'Flore des serres et des jardins de l'Europe' en 23 volumes qui fut publiée en plusieurs langues (Gand - Belgique de 1845 à 1883). En 1834, il effectue un séjour au Brésil en collaboration avec le Jardin Botanique de Bruxelles. En 1839, en association avec Adolf Papeleu, il installe à Gendtbrugge (région de Gand) ses pépinières avec 50 serres dédiées aux plantes exotiques collectées en Amérique centrale et Amérique du Sud. Il est considéré comme le père de l'horticulture gantoise, en 1840 il y créa une école d'horticulture.
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Zantedeschia albomaculata dans volume 20 Flore des serres et des jardins de l'Europe' de Louis van Houtte





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