Euphorbia lathyris  - Euphorbe épurge
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    Nom commun : Euphorbe épurge, Épurge, Euphorbe des jardins*, Euphorbe catapuce, rarement et à tort Euphorbe lathyrienne (on devrait dire Euphorbe lathyre), Catherinette, Chasse-taupe, Herbe aux taupes (Herbe à taupe), Faux câprier, Grande ésule*, Rhubarbe des paysans, Petite Catapuce ou Catapuce mineur, nommée par les anglophones 'Gopher plant', 'Caper Euphorbe', 'Caper spurge', 'Moleplant', 'Paper Spurge', en chinois 'Xu sui zi'.
    Nom latin : Euphorbia lathyris  L.*, synonymes Tithymalus lathyris  (L.) Hill., Galarhoeus lathyris  (L.) Haw., Galarhoeus decussatus  Gray, Euphorbia decussata  Salisb.
    famille : Euphorbiaceae.
    catégorie : bisannuelle monoïque toxique à tige creuse pourprée, une racine pivotante et de fines racines latérales.
    port : érigé, rectiligne, ramifié en partie haute (inflorescence) les pédoncules sont d'un vert violet.
    feuillage : persistant glauque d'un vert bleuté, nervure médiane blanche, les feuilles en cime sont lavées de pourpre. Feuilles lancéolées ( 6-15 cm × ± 2,5 cm ), sessiles, opposées décussées.
    floraison : fin du printemps à l'été ( mai-juillet selon climat ), nectarifère visitée par les fourmis. En ombelles à 3 ou 4 rayons et enchâssées au coeur de deux bractées ovales à lancéolées, cyathe subsessile formé d'une fleur femelle réduite à un ovaire trilobé, trois styles bifides, cernés de fleurs mâles réduites à une étamine.
    couleur : vert jaune à vert vif
    fruits : capsules (1,5 à 2cm) tricoques bivalvées (schizocarpe) déhiscentes, contenant une graine oléagineuse réticulée, pourvue d'un caroncule dans une enveloppe épaisse, rugueuse et brunâtre.
    croissance : rapide.
    hauteur : 0,40 à 1.20 m.
    plantation : à l'automne (de septembre à novembre sous climat doux) ou au printemps courant mars-avril.
    multiplication : semis spontané en place.
    sol : ordinaire, lourd ou caillouteux, frais ou pauvre et sec, tolère le calcaire.
    emplacement : soleil, mi-ombre (soleil une partie de la journée).
    zone : 6 - 9, tolère de basses températures avoisinants les -20°C.
    origine : Europe centrale et méridionales, dans les décombres, les lieux incultes, les cultures, bords de route et les jardins, présente en France et en Corse, en Afrique du Nord, en Chine. Introduite, naturalisée et sous surveillance aux États-Unis et au Canada sur la côte ouest de l'Arizona à la Colombie britannique (région de Vancouver) et sur la côte est de la Géorgie jusqu'en Ontario et au Québec, citée en en Nouvelle-Zélande.
    entretien : juste l'arracher en fin de cycle.
    NB : comme toutes les euphorbes, les tiges et les feuilles coupées exsudeen un suc âcre, épais et laiteux (latex) aux propriétés irritantes, rubéfiantes et vésicantes qui peut chez certaines personnes provoquer des dermites, des allergies de contact, donc attention aux enfants cette sève corrosive peut brûler les muqueuses buccales, et il est recommandé lors des manipulations de porter des gants, et de veiller à rincer les outils après utilisation.
    Son nom Euphorbia  désigne le genre en latin et en grec venant de 'Euphorbos' ou 'Euphorbus', nom d'un médecin-physicien grec qui selon Pline lui aurait été donné par Juba II, Roi de Numidie, (Ier siècle avant JC), après avoir découverte l'épineuse euphorbe cactiforme marocaine Euphorbia resinifera , dont Euphorbus découvre dans sa gomme résine des propriétés éméto-cathartique qui feront que cette succulente sera prescrite durant des siècles pour soigner les morsures, lutter contre les empoisonnements et prescrite comme laxatif; de nos jours toujours utilisée en homéopathie pour traiter les problèmes cutanées, brûlure, eczéma, inflammations, irritations, érysipèle ou zona.
    Son nom spécifique lathyris  vient du grec puis du latin où il désigne les gesses (légumineuses), plus connues sous le nom de pois, comme le pois de senteur, Lathyrus odoratus ou encore le pois chiche, Lathyre (la gesse pois chiche pas celui que l'on consomme Cicer arietinum , c'est aussi le surnom donné au vice Roi de Chypre Ptolémée IX Sôter II, plus connu à son époque sous Ptolémée Lathyre (116-80 av. J.-C.).
    Ce genre comprend selon les avis entre 1700 et 2000 espèces d'annuelles, bisannuelles, vivace herbacées, arbustes, arbres et plantes succulentes, originaires pour un certain nombre des zones tempérées dont une cinquantaine présentes en France, et la plus grande majorité des zones tropicales et subtropicales du globe.
    Dans les jardins frais ou secs, l'épurge est idéale pour être utilisée dans la composition de massifs, mixed-borders en mélange avec des espèces qui rehaussent ses tons de vert acide ou vert bleuté et fréquemment planter pour éloigner les taupes, la deuxième année les toxines sont plus concentrées.
    Propriétés et utilisations :
    Attention aux enfants sa sève laiteuse corrosive peut brûler les muqueuses buccales.
    Les fruits verts peuvent être confondues avec des câpres ce qu'on fait plusieurs personnes en les préparant dans du vinaigre, il s'en est suivi une légère intoxication.
    Tout est dit dans son nom d'épurge (XIII ème) qui vient de espurgier, puis le verbe expurger, des graines est extraite une huile purgative qui bien que contenant substances toxiques (toxalbumines) avait sa place dans les pharmacopées durant des siècles.
    Le nom de catapuce est donné aux préparations ou remèdes que l'on avalait tout rond, faisant certainement allusion à ses graines qui étaient avalées pour purger et faire vomir lors des empoissonnements.
    Deutschlands Flora in Abbildungen
    Délaissée par la majorité des herbivores, il semblerait que les chèvres en consomment sans troubles apparents, mais il n'est pas dit que les toxines ne s'accumulent pas dans leur organisme et présentent dans le lait.
    Pour dissuader les taupes de coloniser le jardin, les anciens faisaient macérer dans de l’eau de jeunes pousses jusqu'à fermentation, compter 1kg pour 10 l d’eau, puis disposer le mélange sur les taupinières et les entrées des galeries afin de les faire fuir définitivement.
    Dans l'abécédaire consulter la liste des autres espèces d'Euphorbia présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Catapuce minor, c'est l'un des noms botaniques donné au ricin Ricinus communis , synonymes Cataputia minor  Ludw. et Cataputia major  Ludw., consulter sa fiche.
    *Euphorbe des jardins, c'est aussi le nom commun de Euphorbia peplus  L.
    *Grande ésule, c'est aussi le nom commun de l'Euphorbe des marais Euphorbia palustris  L., le nom de petite ésule est donné à Euphorbia esula  L. qui est considérée comme une envahissante, dans certaines régions, comme dans la basse vallée de la Saône où elle à tendance à envahir les prairies inondables avec inévitablement un impact néfaste sur la biodiversité et rendant les pâturages inutilisables et le fourrage non commercialisable.
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
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