Cercis siliquastrum  - Arbre de Judée, Gainier, Bouton rouge
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    Cercis siliquastrum
    Nom commun : Arbre de Judée, Gainier, Bouton rouge, Saougras ou Saugras (en occitan), localement zemzarig, nommé par les anglophones 'Judas tree, Love tree'.
    Nom latin : Cercis siliquastrum L.*, The Plant List ne lui accord plus qu'un seul synonyme, Siliquastrum orbicularis Moench* tandis que Powo retient comme synonyme Cercis florida Salisb.* (1796) et d'autres flores Cercis siliquosa St.Lag.
    famille : Cesalpiniaceae. (Légumineuses).
    catégorie : arbre ou arbuste d'une grande longévité, au tronc souvent penché et tortueux, à l'écorce noirâtre et gerçurée. Les rameaux sont en zigzag et les jeunes pousses sont d'un pourpre foncé.
    C'est un arbre qui pratique l'élagage naturel* en jetant ses branches mortes et en se délestant des rameaux morts. Un arbre sur lequel on ne grimpe pas !
    port : étalé, irrégulier.
    feuillage : caduc, d'un bronze cuivré pour les nouvelles, puis d'un vert légèrement bleuâtre, au revers glauque. Des feuilles alternes de 7 à 12 cm, suborbiculaires, cordiformes à la base, avec 7 nervures palmées, arquées et de teinte rougeâtre comme le long pétiole. Elles sont fréquemment repliées.
    floraison : au printemps, courant mars-avril, parfumée, pollinifère et nectarifère, abondamment visitée par les abeilles, les bourdons, les colibris et certaines espèces de papillons.
    Sur le tronc, en partie supérieure, sur les branches et les rameaux de 2 ans, avant la foliaison, des petites fleurs réunies en faisceaux de 4 à 10.
    Des fleurs pédicellées, papilionacées de 2 cm, formées de 5 pétales inégaux, les 3 supérieurs sont plus petits, au centre 10 étamines.
    couleur : rose vif à rose pourpre violacé.
    fruits : en été, courant juillet-août, des gousses de 7 à 10 cm, pendantes, plates, oblongues, rétrécies aux deux extrémités, d'un brun rougeâtre, demeurant sur l'arbre, après la chute du feuillage, contenant des petites graines ovoïdes, aplaties brunes qui sont à l'automne fort convoitées par la mésange bleue et la mésange charbonnière.
    croissance : moyenne, la croissance est assez rapide, les premières années puis, elle ralentit.
    hauteur : 6 à 10 m pour un étalement de 4 m et plus.
    plantation : à l'automne.
    multiplication : par semis, par bouturage de tiges aoûtées, de prélèvement de drageons ou par greffe. Attention à bien choisir son emplacement, car il n'aime pas être transplanté, son enracinement étant pivotant. Première floraison vers les 5 ou 6 ans.
    sol : riche, drainé avec une préférence pour les sols calcaires.
    emplacement : soleil, surtout à l'abri des vents violents et froids, pour préserver sa floraison.
    zone : 7-9, U-K hardiness H5 (-15 à -10), USDA zones 5b-9b. Tolère aisément la pollution atmosphérique ainsi que les embruns en deuxième ligne. Une fois installé, il est parfaitement adapté à la sécheresse, indice 5*, c'est-à-dire plus de 5 mois sans eau.
    origine : Moyen-Orient présent jusqu'en Afghanistan, sud-est de l'Europe jusqu'au sud de la Turquie et en région méditerranéenne depuis la France. Introduit dans les jardins de l'Europe, au cours du 17e siècle, ainsi qu'en Corse et également dans la péninsule ibérique et en Afrique du Nord. Introduction depuis les îles Britanniques jusqu'au nord du Caucase ainsi qu'en Australie.
    entretien : jeune, il a fréquemment tendance à prendre une forme buissonnante. Dans ce cas, faire une sélection d'un ou de plusieurs troncs, avec une taille qui s'effectue après la floraison.
    Il supporte très bien les tailles, mais, il réagit en émettant de nombreux bourgeons qui sont suivis de tiges rectilignes disgracieuses, qui détruisent sa charpente équilibrée, si caractéristique.
    maladies et ravageurs : il peut être sujet au flétrissement verticillien (verticillium wilt) et à la maladie du corail (coral spot) dû à un champignon Nectria cinnabarina, qui développe des pustules roses qui sont visibles sur l'écorce.
    Les toutes nouvelles pousses peuvent subir les assauts des pucerons noirs (aphids), ceux des cochenilles (scale insects) et les piqûres des ciccadelles (leafhoppers).
    NB : son nom Cercis vient du grec 'kerkis', qui désigne l'arbre, mais signifie navette de tisserand, et son nom spécifique siliquastrum, désigne en latin, le piment, venant de 'siliqua' qui signifie silique, faisant référence à la forme des gousses.
    Depuis toujours, il y a eu confusion entre Judée et Judas, et selon les légendes, il serait l'arbre où Judas se pendit, et les fleurs poussant directement sur le tronc seraient les larmes du Christ.
    Cet arbre de Judée a sa place dans les jardins méditerranéens, ceux au climat doux, notamment les jardins en bord de mer, également dans les jardins secs ou ceux en graviers. En sujet isolé d'un ou de plusieurs troncs, loin des pelouses azotées ou introduit dans la composition de massifs arbustifs. Il peut être palissé, le long d'un mur ou conduit sur une treille, une tonnelle ou une pergola comme c'est le cas, pour l'une de ses variétés à fleurs blanches, au jardin de la villa Noailles* à Grasse conçu par le vicomte Charles de Noailles, où chacun peu déambulant à sa guise.
    Mais, dans les Actes des Apôtres Act 1, v16 - 18, on peut lire sans plus de précision :
    " Hommes frères, il fallait que fût accomplie cette écriture que l'Esprit Saint a dite d'avance par la bouche de David, touchant Judas, qui a été le guide de ceux qui ont pris Jésus ; car il était compté parmi nous, et il avait reçu en partage ce service; celui-ci donc s'était acquis un champ avec le salaire de l'iniquité, et, étant tombé la tête en avant, s'est crevé par le milieu, et toutes ses entrailles ont été répandues"

    Ce genre ne comprend que 10 espèces d'arbustes ou arbres caducs, originaires des zones tempérées de l'Amérique du Nord, et du nord-est du Mexique, du sud de l'Europe, du Moyen Orient et de l'est de l'Asie, dont, 5 d'entre elles sont présentes en Chine.

    Propriétés et utilisations :
    Les bourgeons de feuilles ont des propriétés anti-thrombotiques, ils sont utilisés dans les pharmacopées occidentales et asiatiques. Autrefois, les graines étaient réputées astringentes et rafraîchissantes.
    Les Indiens d'Amérique, utilisaient l'écorce et les racines, en décoction, pour traiter nausées, vomissements, dysenteries, les états fébriles et la coqueluche. Son bois est veiné de brun- noir, il a un très beau poli.

    Parmi les variétés et les hybrides, citons :

      Floraison début avril
    • Cercis siliquastrum 'Alba', une variété très ancienne, mais peu répandue à fleurs blanches, sa floraison est un peu plus tardive que les variétés roses, son jeune feuillage est vert très acide, photo bas de page. Vous pouvez en voir, conduit sur une pergola au jardin de la villa Noailles à Grasse. Photo bas de page

    • Cercis siliquastrum 'Rubra' à fleurs d'un rose foncé un peu rougeâtre.
    • Cercis siliquastrum 'Bodnant', une ancienne obtention de 1876 au Pays de Galle du National Trust Garden Bodnant qui a été primé par la RHS* avec The RHS Award of Garden Merit (AGM). Plus ou moins 3 m pour un étalement de 1.50 m adulte à 10 ans. De grandes feuilles de 10 cm d'un vert bleuté, qui jeunes sont bronze. Des fleurs d'un rose soutenu et violacé dans un calice rose vif. Tolère le marin en deuxième ligne
    • Cercis siliquastrum 'Flora-Plena' à fleurs doubles.
    • Cercis siliquastrum 'Fructu-Rubra', offre des gousses rouges.
    • Cercis siliquastrum 'Penduliflora' à grappes pendantes.
    • Cercis siliquastrum 'Sterilis' comme son nom l'indique ne produit pas de gousses.
    • Cercis siliquastrum 'Carnea' d'un rose soutenu.

    Les autres espèces :

    • Cercis canadensis L. consulter sa fiche.

    • Cercis chinensis Bunge, synonymes retenus Cercis chinensis rosea PS Hsu, Cercis pauciflora HL Li, originaire du sud de la Chine où il est nommé 'zi jing', de 2 à 8 m, à l'écorce grisâtre, rose pâle souvent strié de blanc, des feuilles suborbiculaires de 5 à 10 cm, avec une base cordée d'un vert franc, brillant, sur un pétiole légèrement lavé de violet. Sur les vieilles branches et surtout sur le tronc, des racèmes d'une dizaine de fleurs d'un rose foncé. Il est utilisé comme arbre d'alignement dans les villes chinoises.
      Il existe une forme naine Cercis chinensis 'Nana' et une forme 'Alba' à fleurs blanches, zones de rusticité 6-9.
      Dans la pharmacopée chinoise, son écorce est utilisée comme médicament, pour éliminer la chaleur, pour détoxifier et activer le sang, réduire les enflures et soulager la douleur. Elle est aussi réputée pour traiter le post-partum, les plaies et les maux de gorge. Les fleurs sont également utilisées dans les pharmacopées de l'Asie.

    • Cercis chingii Chun, un arbuste originaire du sud de la Chine, souvent à plusieurs troncs au port évasé en éventail et une floraison d'un rose vraiment flashi pour le calice, parfois floraison blanche. Des photos dans flickr.

    • Cercis chuniana F. P. Metcalf, synonyme Cercis likiangensis Chun., endémique aux chaînes montagneuses du sud-est de la Chine notamment dans les monts Nanling. Des feuilles cordiformes d'un vert foncé et des fleurs roses, dans un calice d'un rose magenta soutenu.

    • Cercis gigantea Cheng et Keng f., découvert en 1993, mais pas encore de publication de description, mais pour certains auteurs, il serait un synonyme du Cercis glabra.

    • Cercis glabra Pampan. (1910), 4 synonymes retenus, Cercis funiushanensis S.Y. Wang & TB Chao, Cercis pubescens S.Y. Wang, Cercis yunnanensis Hu & Cheng, nommé en chinois 'Hu bei zi jing', originaire du centre et de l'est de la Chine, dans les forêts de feuillus de la province de l'Hubei dont il porte le nom en chinois 'Hùbei zijing'. Présent dans les provinces du Séchouan et Shaanxi, jusqu'aux provinces côtières du Guangdong et Zhejiang. Un arbre de 10 à 20 m à l'écorce d'un noir grisâtre, au port dressé et évasé. Floraison en mars-avril, en racèmes, d'une douzaine de fleurs, d'un rose magenta violacé.

    • Cercis griffithii Boiss. (1872), endémique à l'Asie centrale, se rencontre en Afghanistan ainsi qu'en Iran. Un port buissonnant avec de longues fleurs en forme de griffe rose violacé, dans un long calice dans un ton de rose beaucoup plus foncé. Des photos dans flickr.

    • Cercis hebecarpa (Bornm.) Ponert (1973), un seul synonyme, Cercis siliquastrum subsp. hebecarpa (Bornm.) Yalt. (1967), floraison dans un rose violacé. Il n'est pas retenu dans la flore de Chine. Planche collectée début mai 1966 au sud-est de la Turquie, vers 1150 m d'altitude dans des éboulis dans une forêt de chênes, dans la région de l'antique ville assyro-chaldéens d'Hessana. Conservée dans l'Herbier de kew.org, cliquer dessus pour agrandir la planche.

    • Cercis occidentalis Torr (1850), synonyme Cercis californica Torr. ex Benth. (1857) et 4 autres synonymes, originaire du sud-ouest des États-Unis, Californie et l'Oregon. Un arbuste caduc d'environ 4 m, fleurs roses pâle à roses, feuillage vert vif.

    • Cercis racemosa Oliv. (1889), pas de synonyme, originaire de l'Asie, présent au centre et au sud de la Chine, 10 m de haut, fleurs rose vif en grappes pendantes de 10 cm avec feuillage pointu et vert foncé au revers velu. Une particularité, l'écorce s'exfolie et porte de fines et étroites gousses en forme d'haricot.

    • Cercis reniformis Engelm. (1850), synonyme Cercis canadensis subsp. texensis (S.Watson) A.E.Murray (1982), pour certaines flores américaines Cercis texensis Sarg., originaire du sud des États-Unis, au Nouveau- Mexique et au Texas, où il est nommé Oklahoma Redbud. Un arbre de 10 à 12 m, au feuillage d'un vert foncé avec un revers pubescent et des fleurs d'un rose violacé, en grappes pendantes, zones de rusticité 5-9.

    • Cercis pubescens S.Y. Wang, originaire du centre de la Chine, province du Hénan, arbre de 6 à 20 m aux feuilles orbiculaires, d'un rouge cuivré pour les jeunes feuilles, floraison d'un rose violet (entre #f98de0 et #f485e7) en mars-avril, dans un calice rose foncé (#d24a74), voir photo de Zhu Xinxin© Université de Xinyang - Hénan. Dans flora of China, il est considéré comme étant synonyme de Cercis glabra Pampan.

    Dans l'abécédaire, consulter l'autre espèce présente dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    élagage naturel, lire l'article à ce sujet dans zoom-nature.

    en mars
    *Indice, indices de résistance à la sécheresse : indice : 1 - jusqu'à 1 mois sans eau, indice : 2 - jusqu'à 2 mois sans eau, indice : 3 - jusqu'à 3 mois sans eau, indice : 4 - jusqu'à 4 mois sans eau, indice : 5 - jusqu'à 5 mois sans eau, indice : 6 - jusqu'à 6 à 7 mois sans eau, correspond à des zones désertiques.

    *L., abréviation botanique officielle pour Carl von Linné auparavant Carl Linnaeus (1707-1778), médecin, botaniste-naturaliste suédois, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'une flora lapponica et son herbier, le plus riche de son époque contenant 7000 plantes, est conservé au Musée national d'histoire naturelle de Stockholm.
    Il enseigne à l'université d'Uppsala, la médecine, durant une année, à partir de 1741, puis la botanique jusqu'en 1772. Il est le fondateur de l'Académie des sciences de Suède.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et de 'Species plantarum', consultables en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto (patienter ! chargement long). Il y présente son système de classification des espèces qui sera la base de la taxinomie et de la nomenclature. Un ouvrage qu'il finançe avec le botaniste néerlandais Johann Frederik Gronovius (1686- 1762) à qui l'on doit la préparation et la publication de Flora virginica (2 tomes publiés de 1739 à 1743) à partir des notes et des spécimens envoyés par le collecteur britannique John Clayton (1694-1773) a qui l'on doit aussi un fabuleux herbier.
    Lire l'éloge de Linné et l'histoire de l'académie, faite par le philosophe, mathématicien et économiste français, Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, publiée par l'academie-sciences.fr, format pdf.

    *Moench., abréviation botanique, pour le botaniste allemand Conrad Moench (1744-1805), durant toute sa vie, il enseigne à l'Université protestante de Marbourg (Hesse- Allemagne), il est en total désaccord avec Linné à propos de la classification des plantes. On lui doit des ouvrages sur la systématique.
    Un petit genre de 3 espèces présentes au sud de l'Europe, lui est dédié, Moenchia (Caryophyllaceae) par un autre opposant à Linné, le médecin botaniste allemand F.K. Medicus (1736-1808), ainsi qu'à une douzaine d'espèces spécifiques sous la forme moenchii, moenchia, moenchiana.

    *RHS, abréviation pour The Royal Horticultural Society, la société royale d'horticulture, fondée à Londres, le 7 mars 1804, elle décerne chaque année à de nouvelles obtentions, "The Award of Garden Merit" (AGM), au cours du Chelsea flower Kewshow, qui se déroule 5 jours durant en mai, à l'hôpital royal de Chelsea*, de Londres. C'est l'une des plus grandes expositions florales au monde.
    Cette distinction, l'AGM, est la référence qui aide, chaque année, les jardiniers britanniques à choisir les meilleures plantes pour leur jardin.
    La RHS à partir de 1869, décerne chaque année, la médaille commémorative Veitch, en l'honneur de l'horticulteur-explorateur, écossais, James Veitch, qui est octroyée à des jardiniers, des collecteurs, des botanistes ou des scientifiques de toute nationalité, qui ont contribué et marqué leur époque par leurs actions.

    *Salisb., abréviation botanique pour le botaniste britannique Richard Anthony Salisbury, né Markham (1761-1829), un homme ayant eu un passé financier peu scrupuleux, un farouche opposant à la nomenclature de Linné, boudé par un bon nombre de ses contemporains, rejeté par ses confrères botanistes, lorsqu'ils découvrirent, qu'il s'était approprié l'oeuvre d'un autre botaniste.

    *Villa Noailles construite de 1922 à 1923 à Hyères (83400 - Var) par l'architecte-designer français Robert Mallet-Stevens (1886-1945) dont vous pouvez consulter la biographie, conservée dans les archives du Patrimoine des Hauts-de-Seine - Sceaux. En 2026, y sont organisées, des visites guidées pour découvrir cette icône de l’architecture moderne du mercredi au dimanche à partir du 18 février jusqu'au 31 mai 2026. Une vidéo sur ce couple avant-gardiste sur YouTube.
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 Cercis siliquastrum alba





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