Hebe andersonii - Hébé d'Anderson, Véronique arbustive
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    Hebe x andersonii
    Nom commun : Hébé d'Anderson, Véronique arbustive, nommée par les anglophones Anderson's hebe.
    Nom latin : Hebe x andersonii(Hérincq) Cockayne* (1929), et juste un synonyme de Veronica × andersonii Hérincq (1851), dans certaines flores, Hebe andersonii (Lindl.* & Paxton*) Cockayne.
    famille : Plantaginaceae et non plus Scrophulariaceae.
    port : arrondi ou étalé.
    catégorie : arbuste.
    feuillage : persistant, épais, brillant. Des feuilles opposées, obovales-lancéolées.
    floraison : longue de la fin du printemps à la fin de l'été, de mai-juin à septembre-octobre, selon climat et selon la variété elle s'échelonne sur 9 à 15 semaines et elle est nectarifère, pollinifère, visitée par les abeilles, les colibris, les passereaux nectariniidés, certaines espèces de papillons et d'autres pollinisateurs comme les coléoptères.
    De longues inflorescences en épis de 10 cm, de petites fleurs hermaphrodites, étoilées à corolle tubulaire à 4 lobes obtus légèrement inégaux, 2 étamines saillantes, un court style courbe.
    couleur : violet, violet-rose, mauve, bleu, blanc et divers tons de rose.
    croissance : rapide.
    hauteur : 0.30 à 1.20 m et plus selon la variété.
    plantation : au printemps.
    multiplication : par bouturage de tiges aoûtées.
    sol : riche en humus, frais, mais drainé, légèrement acide, même légèrement calcaire.
    emplacement : soleil, mi-ombre, à l'abri des vents froids.
    zone : 8a-10b, U-K hardiness H4, USDA zone 9a-11, parfaitement adaptée aux embruns.
    origine: un hybride néozélandais qui est issu de croisements entre Veronica stricta, endémique à la Nouvelle-Zélande aux longs épis et étroits épis bicolores, blanc et mauve avec une autre néozélandaise, endémique au sud-ouest de l'île du nord, la Veronica speciosa, aux larges épis framboisés. Pour certains producteurs, il serait issu de l'Hebe salicifolia* aux longs et fins épis blancs d'une vingtaine de centimètres avec l'Hebe speciosa.
    entretien : les deux premières années, veiller à l'arroser régulièrement, supprimer les inflorescences fanées pour favoriser la floraison, prévoir un bon paillis pour l'hiver et un apport d'engrais organique selon la nature du sol.
    Elle supporte très bien les tailles sévères, elle s'effectue après la floraison ou à la fin de l'hiver en supprimant ainsi les parties abîmées par le froid.
    maladies et ravageurs : sensible au mildiou (downy mildews) et peut être sujet aux pucerons (aphids). Selon le pays, c'est une des plantes hôtes de la bactérie Xylella fastidiosa*. La bactériose a été signalée à plus endroits en Corse, dans le Var, dans les Alpes-Maritimes à l'été 2019 puis, en septembre 2020, en Occitanie, non présente au Royaume-Uni. Consulter sa situation en Europe sur gouv.fr.
    NB : son nom Veronica (1754) vient du latin 'vera' vraie, véritable, authentique et du latin 'icona' (du grec 'eikon') qui désigne une icône, donc une icône authentique. C'est aussi le prénom d'une sainte chrétienne qui posa un linge pour éponger la sueur sur le visage du Christ portant sa croix durant la montée vers le Golgotha pour y être crucifié. Ce linge en aurait conservé l'empreinte ou la forme de visage qui aurait été trouvée dans les Veronica.
    Cette véronique arbustive était autrefois rattachée aux Veronica un genre qui comprenait 240 espèces, dont 80 présentes en Europe et 64 originaires de Nouvelle-Zélande.
    Le nom de Hebe vient du grec, il désigne la jeunesse. Dans la mythologie grecque, Hebe était la fille de Zeus et d'Héra, épouse d'Hercule, déesse de la jeunesse au service des dieux de l'Olympe, et son nom spécifique andersonii lui a été donné en l'honneur de l'avocat horticulteur écossais, Isaac Anderson-Henry (1800-1884) qui, à partir de quelques graines l'introduit dans les jardins anglais puis, dans ceux du reste de l'Europe.
    Hebe andersonii 'Lady Ann'
    Lorsqu'il se retire du barreau, il s'installe comme horticulteur dans sa propriété au centre de l'Écosse (Woodend, dans le comté de Perth). Il est un spécialiste de l'hybridation des espèces.

    Le genre des Hebe regroupait 91 espèces de vivaces arbustifs ou d'arbustes à feuilles persistantes, certaines à larges feuilles, d'autres à plus petites et étroites feuilles et d'autres encore, avec un feuillage vert foncé et d'autres, tirant sur le bleu-gris. Après la révision de mars 2012, 13 espèces ont été retenues, toutes les autres n'ont pas encore été résolus depuis.
    Elles sont majoritairement originaires de Nouvelle-Zélande (80 référencées dans la flore) et de l'Australie et deux espèces présentes en Amérique du Sud, à hautes altitudes, dans les prairies alpines et les hêtraies (Hebe vernicosa) où la couverture neigeuse demeure entre 4 et 6 mois et l'une des deux, présente jusqu'aux îles Malouines sur les versants rocheux et dans les landes.
    Leur fructification est sous la forme d'une capsule déhiscente de + ou - 2 mm demeurant longtemps en place, mais libérant rapidement des petites graines ovoïdes appréciées par les oiseaux. La plupart de ces espèces, ont une maturation rapide des graines, en une quinzaine de jours. Dans leur habitat, il a été constaté que la plupart d'entre elles ont un pourcentage faible de production de bonnes graines, soit à cause du climat, soit à cause des dégâts causés par les insectes avant que leur maturation ne s'achève.

    Ces véroniques arbustives avec leur longue floraison estivale, selon leur taille, ont leur place dans les bordures, plates-bandes, massifs et mixed-borders et mêmes pour certaines dans les haies basses ou simplement, dans des potées pour fleurir longuement balcons, patios et terrasses.

    Parmi les nombreux cultivars, citons :

    • Hebe andersonii 'Lady Ann', 40 à 60 cm de haut feuillage panaché vert émeraude irrégulièrement marginé de crème, les nouvelles feuilles sont framboisées, idem lorsque le temps se rafraichit. Une floraison dans les mêmes tons de rose foncé. Voir photo ci-dessus.

    • Hebe andersonii 'Nichola Blush', 1 m à 1.50 m et plus, avec une croissance assez lente. Une floraison courant mai-juin et selon climat jusqu'en septembre-octobre. Des boutons floraux dans un rose soutenu s'entr'ouvrant depuis la base de l'épi dans des tons de blanc, blanc lavé de rose et rose à gorge blanche et un feuillage vert qui s'empourpre durant l"hiver. Photo haut de page.

    • Hebe andersonii 'Variegata', 60 à 90 cm, avec un feuillage panaché de crème, des feuilles au limbe vert franc largement marginé de blanc crème. Une floraison rose mauve à violet mauve assez pâle. Photo ci-dessous.

    • Hebe speciosa 'Alicia Amherst', 1.20 à 1.50 m en tous sens, avec une floraison d'arrière-saison de septembre à novembre en longs épis dans un bleu lavande, voir la dernière photo.


    Dans l'abécédaire, consulter les six autres espèces de véroniques, présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Banks, éminent botaniste, explorateur naturaliste britannique, Sir Joseph Banks (1743-1820), qui participe entre 1768 et 1771, à l'expédition menée par James Cook (1728-1779) sur l'Endeavour à travers le Pacifique, avec la découverte de la Nouvelle-Zélande, expédition dont il fut l'un des rares survivants. Le manuscrit du Journal of H.M.S. Endeavour, 1768-1771, est consultable en ligne NL of Australia.
    Hebe x andersonii 'Variegata'
    Dès son retour à Kew, il est chargé par le roi George III du réaménagement de Kew Gardens. Il est l'instigateur de nombreuses campagnes de collectes de plantes exotiques (ornementales et vivrières) à travers le monde, et, il donnera, à ce jardin botanique, sa notoriété internationale, instaurant la préservation des espèces par des échanges avec d'autres jardins botaniques.
    De 1765 à 1820, Sir Joseph Banks patronne officieusement auprès du gouvernement britannique, l'envoi de naturalistes aux côtés des explorateurs. Conseiller du gouvernement, pour les affaires coloniales de 1780 à 1800, expert en botanique et en questions agricoles pour la Compagnie des Indes.
    Au cours de sa vie, il échange une longue correspondance avec le chirurgien danois Nathaniel Wallich (1786-1854), qui exerce au Bengale, pour le compte de la Compagnie des Indes orientales.
    Dans le courant de 1773, il est nommé président de la Royal Horticultural Society (RHS)*. En 1778, Banks devient le président de la Société Royale (R.S.), et il le reste jusqu'à sa mort en 1820.
    Courant 1784, il s'est opposé à l'acquisition de l'intégralité de la bibliothèque (plus de 3 000 ouvrages) et des collections de Linné, à la demande du médecin-botaniste britannique Sir James Edward Smith (1759-1828), l'un des co-fondateurs de la société linnéenne de Londres, qui en devient le président en 1788.
    Un genre originaire de l'Australie, dans l'ordre des Proteaceae, lui a été dédié ainsi que l'archipel des Banks (archipel de Vanuatu dans le Pacifique) et de nombreuses espèces lui ont été dédiées sous la forme banksii, banksiana, banksianus.

    *Cockayne, abréviation botanique pour le botaniste britannique Leonard C. Cockayne (1855-1934), qui s'installe en Australie en 1877, pour enseigner en Tasmanie. Puis, en Nouvelle-Zélande en 1881 pour y enseigner la botanique et durant ce temps, il s'intéresse à la flore néo-zélandaise. Il est considéré comme l'un des scientifiques néo-zélandais les plus influents.
    En 1892, il fait l'acquisition d'une propriété dans les dunes près de New Brighton, pour y créer un jardin expérimental, avec des plantes exotiques provenant de jardins botaniques du monde entier. Consulter sa biographie.

    *Hebe salicifolia une espèce endémique à l'île du sud et l'île Stewart, où sa floraison a lieu courant janvier-février, pouvant se prolonger jusqu'en avril suivant altitude.

    *Lindl., abréviation botanique pour le botaniste britannique John Lindley (1800-1865) Il fut l'un des premiers à occuper une chaire de botanique à l'université de Londres et de Cambridge. L'assistant de Bank's, nommé en 1822 secrétaire de la Royal Society of Horticultur.
    Spécialiste des orchidées et de leur hybridation, on lui doit les descriptions des 77 espèces découvertes par Thomas L. Mitchell lors de ses 3 expéditions en Australie orientale vers 1838 et par la suite, celles découvertes en Australie occidentale par Drummond et Molloy.
    En 1838, son intervention permis de sauver Kew garden de la destruction.

    *Paxton, abréviation botanique pour le jardinier-architecte anglais Joseph Paxton (1803-1865), qui démarre sa carrière comme jardinier en chef des jardins du duc William Cavendish à Chatsworth. En 1832, il entreprend d'y réaliser Regia Victoria house, une serre avec bassin où il installe le gigantesque nénuphar Victoria regia donné par la RHS* de Kew en 1849, et une autre serre, pour y conserver les régimes de bananes Cavendish, des modèles pour entreprendre à Hyde Park, le célèbre Crystal Palace de la grande exposition de 1851.
    En 1831, il publie le mensuel 'The Register horticulture' et 4 ans initie 'Paxton's Magazine of Botany 'en 5 volumes qui paraît de 1834 à 1838. En 1941, il fonde The Gardeners' Chronicle en collaboration avec d'autres botanistes comme Lindley.

    Hebe speciosa 'Alicia Amherst'
    *RHS., abréviation pour The Royal Horticultural Society, la Société Royale d'Horticulture, fondée à Londres, le 7 mars 1804, elle décerne chaque année à de nouvelles obtentions, "The Award of Garden Merit" (AGM), au cours du Chelsea flower show, qui se déroule 5 jours durant, du 23 au 27 mai à l'hôpital Royal de Chelsea, à Londres. C'est l'une des plus grandes expositions florales au monde.
    Cette distinction, l'AGM, est la référence qui aide, chaque année, les jardiniers britanniques à choisir les meilleures plantes pour leur jardin.
    La RHS à partir de 1869, décerne chaque année, la médaille commémorative Veitch 'en l'honneur de l'horticulteur-explorateur, écossais, James Veitch, qui est octroyée à des jardiniers, des collecteurs, des botanistes ou des scientifiques de toute nationalité, qui ont contribué et marqué leur époque par leurs actions.

    *Xylella, consulter la fiche sur la bactérie Xylella fastidiosa, transmise et véhiculée par des insectes vecteurs, qui s'attaque à un très large spectre de végétaux. Plus de 300 espèces végétales dans 60 familles diffèrentes dont : les vignes, oliviers, lauriers, arbres fruitiers (les prunus), les amandiers, agrumes, caféiers, chênes, luzernes, lavandes, des plantes aromatiques, horticoles, forestières et des sauvages, selon l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire). Voir fiche.
    natacha mauric© 26/01/2000 ® Jardin! L'Encyclopédie
    natacha mauric©26/01/2000 - ® par la Société des Gens de Lettres - ® Jardin ! L'Encyclopédie - Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l'exploitation commerciale sont expressément interdites - ® Jardin ! L'Encyclopédie .




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