Lawsonia inermis - Lawsone, Lausone inerme, Henné oriental
Portail de Jardin! L'Encyclopédie


    G.D.Carr © University of Hawaï
    Nom commun : Lawsone inerme, Lausone inerme, Henné oriental, Henné à fleurs jaunâtres, Alcanna, Alhenna, Mindi, Réséda des Antilles, en Malaisie c'est le Henna, Mignonette-tree, Jamaica-mignonette', en Indes 'Mehendi' nommée par les anglophones 'Alcanna, Broad-leaved egyptian privet', en allemand 'Henna' , en arabe Al henna, Al hanna', en espagnols 'Alheña oriental', en italien 'Alcanna', en néerlandais, danois, finois, norvégien et suédois 'Henna', en portugais 'Hena', en russe 'khna', à Mayotte 'Hina.
    Nom latin : Lawsonia inermis  L.*, synonymes retenus après révision en 2003 Lawsonia speciosa  L., Lawsonia spinosa  L., Lawsonia alba  Lam.*, Alcanna spinosa  Gaertn.*, Casearia multiflora  Spreng.*, Rotantha combretoides  Baker
    famille : Lythraceae.
    catégorie : arbuste épineux tinctoriale à l'écorce ridée et grisâtre.
    port : étalé, ramifié, buissonnant.
    feuillage : persistant, glabre vert franc, aromatique, envoûtant pour certains rappelant le parfum d'une rose et pour d'autre tout simplement l'odeur de la sueur.
    Feuilles (2 à 3 cm x 1 cm) simples, opposées, elliptiques pourvues d'un pétiole rougeâtre, aux nervures rougeâtres sur le revers.
    floraison : du printemps à la fin de l'été, nectarifère* visitée par les abeilles, les papillons et les oiseaux nectarivores comme les souimangas.
    Les jeunes feuilles sont d'un rouge cuivré.
    Panicule terminale de nombreuses fleurs axillaires, quadrifides, corolle à 4 pétales onguiculés et 8 étamines saillantes disposées par paire entre les pétales, un style dans un calice à 4 sépales, et les boutons floraux sont globuleux.
    couleur : blanc à blanc rosé ou rouge violacé, calice vert pâle légèrement lavé de rouge en pointe.
    fruits : enchâssées dans le calice, capsules globuleuses à 4 loges surmontées d'une courte pointe, chaque partie contient de nombreuse graines anguleuses.
    croissance : moyennement rapide.
    hauteur : 2/3 à 6/7m dans son milieu naturel.
    plantation : selon climat au printemps ou à l'automne.
    multiplication : par semis à chaud entre 20 et 21°C, compter pour la levée entre, par bouturage courant mars, par marcottage de tiges ou par prélèvement de rejets.
    sol : pas trop riche et bien drainé. Peut se cultiver dans des potées que l'on rentre l'hiver en serre froide à 10 °C.
    emplacement : soleil, mi-ombre quelques heures dans la journée.
    zone de rusticité : 9 - 11, tolère sur de courtes périodes jusqu'à -8°C, une fois installée parfaitement adapté à la sécheresse et aux fortes températures avoisinants les 35 à 45°C. USDA zone 9b-11b.
    origine : Arabie saoudite, Émirats arabes du Moyen et Proche-Orient notamment Yémen, ancienne Perse (Irak, Iran),Afrique du Nord, Egypte, Indes orientales et Bangladesh, Pakistan, et Afghanistan, voir carte Moyen-Orient.
    Ce henné a été introduit en Espagne par les arabes pour être cultivé en Andalousie et de là introduit dans les serres tempérées des jardins botaniques de l'Europe. Présent et commun sur l'île de Mayotte.
    En Afrique avec le changement climatique, il a tendance à remplacer les cultures du coton qui demandent beaucoup trop d'eau.
    entretien : sans.
    Lawsonia inermis
    Jean-Théodore Descourtilz (1798-1855)
    maladies et ravageurs : pas de connu pour l'instant.
    illustration : planche peinte par Jean-Théodore Descourtilz dans Flore médicale des Antilles, ou, Traité des plantes usuelles des colonies Françaises, Anglaises, Espagnoles et Portugaises dédiée et présentée au Roi par Michel Étienne Descourtilz (1777-1838), tome 8 édité par Picard en 1821, consultable en ligne sur archive.org.
    NB : son nom Lawsonia  lui a été donné en souvenir du botaniste pépiniériste écossais Lawson ('Lawson & Son - Edimbourg) où peut être il aurait été introduit en 1854 pour la première fois en Grande-Bretagne comme pour le Cupressus lawsoniana  et son nom spécifique inermis  signifie sans épines ni aiguillons.
    Il aurait sa place dans les jardins méridionaux, dans les massifs arbustifs, sur les talus ou entrer dans la composition de haies vives ou tout simplement dans des potées pour les balcons, patios et terrasses.
    Ce genre comprenait 9 noms d'espèces connues, après révision une seule espèce a été retenue.
    Propriétés et utilisations :
    Le feuillage contient des tanins (entre 5 à 10) et 1% de résine, il est séché puis finement broyé pour obtenir une poudre ultra fine d'un vert tilleul, qui est encore utilisée parfois en parfumerie pour son étonnant parfum.
    Cette substance colorante est appelée lawsone qui donne selon le temps de fixation, une couleur allant de l'orange-rouge cuivré à différentes tonalités d'acajou.
    Les dénominations 'henné neutre' et 'henné noir' sont juste des appellations commerciales pour vous vendre d'autres espèces de plantes ou plus grave des colorants synthétiques comme l'acide picramique ou la para-phénylène diamine pPd ou la para-toluène diamine (pTD) en lieu est place du henné.
    Le henné noir est à base du feuillage de l'indigotier Indigo tinctoria, pour le henné neutre ou henné blond, une poudre d'un vert très clair obtenue à partir du feuillage du Sénné du Sénégal Senna italica synonyme Cassia italica* et Cassia senna qui est cultivé en Afrique pour ses cosses, feuilles, graines et racines à des fins médicinales (laxatif doux, anti-poux) et pour hydrater le cuir chevelu lui redonner de l'épaisseur, du volume, de la brillance avec une teinte un peu jaune cuivré, il est d'ailleurs utilisé associé avec du jus de citron pour donner aux cheveux clairs des tons de blond doré à blond vénitien.
    Traditionnellement elle est depuis des siècles utilisée pour teindre les cheveux, embellir les mains, les ongles et les pieds de divers motifs, son emploi est également rituel, associé aux événements familiaux, aux cérémonies religieuses dont le mariage et dans les rituels magiques. Un ornement qui est délaissé lorsque l'époux ou un proche parent décède.
    Une pâte épaisse est appliquée sur la peau, il ne faut rien toucher pendant environ une heure et demie, jusqu'à ce qu'elle sèche complètement, au Maroc les femmes mettent des gants après sa pose. La couleur s'estompera au fur et à mesure que la peau se détachera naturellement.
    Dans certains pays arabes, la crinière, le dos, les sabots et une partie des membres des chevaux sont teints avec du henné.
    Le henné est utilisé pour fabriquer des teintures pour les textiles, les laines et la maroquinerie, allant du rouge, rose à l'orange et au jaune, des tons que l'on peut varier avec de l'alun ou du sulfate de fer et pour réaliser sur la peau des tatouages éphémères, chez certaines personnes notamment les enfants, la lawsone ( 1-4napthoquinone) est une molécule qui peut provoquer des allergies cutanées, sa teneur varie selon le climat et la nature des sols où il est cultivé.
    Dans les pharmacopées traditionnelles et la médecine ayurvédique ce henné est réputé traiter les problèmes de peau dont l'eczéma suintant, les brûlures et les teignes car il a des propriétés antimycosiques, antiseptiques et astringentes qui ont été prouvées scientifiquement.
    Prescrit pour soigner diarrhées, ulcères, entorses et foulures (en cataplasme), pour combattre les calculs rénaux, la transpiration excessive des pieds, calmer les douleurs rhumatismales. Seule la lawsone a des propriétés antibiotique, antibactérienne et fongicide.
    Consulter article dans : Usages médicaux traditionnels et propriétés pharmacologiques de Lawsonia inermis L. , Lythracées par Denis Lemordant et J.P. Forestier dans le Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée Année 1983 30-1 pp. 69-89, consultable en ligne chez Persée.

    Annotations :
    Cassia italica*, est synonyme de Cassia obovata, nom botanique le plus souvent utilisé pour le henné neutre mais ce n'est botaniquement parlant qu'un des synonymes de Senna italica.
    *Gaertn., abréviation botanique pour le médecin-botaniste allemand Carl Friedrich von Gaertner (1772-1850), le précurseur sur l'hybridation des végétaux, ses études et expérimentations pour obtenir de nouvelles espèces végétales, ont largement influencé Gregor Johann Mendel (1822 - 1884), considéré comme le fondateur de la génétique. Les théories de Gaertner étaient en totale opposition avec celles défendues par Carl von Linné.
    *Lam., abréviation botanique pour le naturaliste-biologiste-botaniste français Jean Baptiste Antoine Pierre de Monnet de Lamarck (1744-1829), fondateur de la biologie, il en établi les principes théoriques, voir Philosophie zoologique (1809) où il met en place une nouvelle classification pour les animaux; il est considéré comme le plus grand botaniste de son temps, on lui doit un traité de botanique 'Encyclopédie méthodique' (1783-1793), il y énonce un principe fondamental sur l'évolution des animaux et végétaux qui sous l'influence de diverses conditions induisent des adaptations et modifications. Auteur 'Histoire des mollusques', ouvrage de référence dans la nomenclature des coquillages.
    Lokendra Nath Roychoudhury
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'.
    A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772. En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède.
    Son herbier, le plus riche de son époque ne contenant que 7000 plantes. Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et 'Species plantarum'.
    *nectarifère, il entre dans la composition de miels ayant des propriétés antimicrobiennes, produits en Arabie Saoudite dans la région d'Al-Qassim, en association avec ou non avec Acacia tortilis, Buddleia asiatica, Capparis spinosa, Cucumis melo, Eucalyptus lanceotus, Medicago sativa, Phoenix dactylifera, Prosopis juliflora, Ziziphus spina-christi.
    *C.K.Spreng., abréviation botanique pour le théologien, pasteur luthérien, professeur de botanique allemand Christian Konrad Sprengel (1750-1816), dès 1787, il se consacre entièrement à l'étude de la morphologie et la sexualité des fleurs (plus de 500 espèces), sur le rôle des insectes et celui du vent sur la pollinisation. Il publie le résultat de ses observations dans 'Das Geheimnis der Natur entdeckte im Bau und in der Befruchtung der Blumen - 1793 (Le Mystère de la nature nouvellement révélée dans la structure et la fécondation des fleurs), un ouvrage révolutionnaire négligé par ses congénères botanistes, déçu par ce manque d'intérêt, il ne publiera pas la suite de ses travaux. Enfin, en 1841, le naturaliste Charles Darwin reconnait l'importance de ses travaux qui lui serviront de base.
    Lire 'La sexualité des plantes' par Alec Bristow (éd.1978), éd. en français, Robert Laffont, 1980. 'Les plantes: amours et civilisations végétales par Jean-Marie Pelt, (nouvelle éd. 1980) Arthème Fayard.
    ® par la Société des Gens de Lettres Conformément aux conventions internationales relatives à la propriété intellectuelle, la reproduction électronique avec mise à la disposition du public et/ou l’exploitation commerciale sont expressément interdites.//-->








compteur pour site web gratuit sans pub