Broussonetia papyrifera - Mûrier de Chine, à papier
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    Nom commun : Mûrier de Chine, Mûrier à papier, nommé par les anglophones 'Paper Mulberry', et 'Tapa tree', dans les îes du Pacifique.
    Nom latin : Broussonetia papyrifera L'Héritier* ex Vent., synonymes Broussonetia billardii Carr*, Broussonetia cordata Hort.* ex K.Koch, Broussonetia cucullata Hort.* ex Steud.*, Morus papyrifera L., Papyrius papyrifera (L.) Kuntze, Papyrius japonica Lam. et 13 autres consultables sur The Plant List
    famille : Moraceae.
    catégorie : arbre dioïque à l'écorce gerçurée, rugueuse, marron clair, les jeunes rameaux sont velus, ils contiennent une moelle blanchâtre.
    port : étalé, irrégulier
    feuillage : caduc, vert moyen, pubescent et rugueux sur les deux faces. Grandes feuilles alternes de 7 à 20 cm, polymorphes, soit entières et cordiformes, soit profondément lobées avec 2 ou 3 lobes, surtout sur les jeunes sujets - voir photo ci-contre), nervation palmée, marge irrégulièrement dentée, elles sont pourvues d'un long pétiole.
    floraison : axillaire, unisexuée à la fin du printemps, courant mai-juin. Les mâles en longs chatons cylindriques torsadés à courts pédoncules, les femelles formant des petits capitules à 4 sépales et un pistil.
    couleur : vert pâle pour les chatons.
    fruits : syncarpes (ou soroses) globuleux de 2 à 3 cm environ, hérissés d'un rouge orangé en été, courant juillet, qui sont très convoités par les oiseaux.
    croissance : assez rapide.
    hauteur : 8 à 12 m.
    plantation : printemps ou automne.
    multiplication : par semis à l'automne sous serre chaude, par division des rejets, boutures de racines à l'automne ou printemps.
    sol : tous, supporte des sols très calcaires, sablonneux, adapté à la sécheresse.
    emplacement : soleil ou mi-ombre.
    zone : 7-12, U-K hardiness H5, USDA zones 7a-11, tolère aisément jusqu'à -5 °C.
    origine : Chine, Japon et subspontanée dans les îles du Pacifique Sud, en Polynésie.
    entretien : juste supprimer le bois mort, si une taille est nécessaire, tailler les branches gênantes lorsqu'elles sont fines, les tailles doivent être franches et nettes, entailler l'écorce en bas de coupe ou soutenir les rameaux, car l'écorce se détache en longues bandes laissant apparaître le bois blanc.
    Le Broussonetia n'apprécie pas la taille de ses grosses branches. Ses rejets le rendent parfois envahissant et pour les sujets femelles la fructification collante pose parfois des problèmes.
    Attention aux enfants, ce n'est pas un arbre pour y grimper ou pour y accrocher une balançoire, car son bois est vraiment très cassant.
    maladies et ravageurs : dans l'Hérault, depuis juin 2022, est signalé, sur les communes de Frontignan, Mèze et Sète, la présence d'un coléoptère asiatique, strié comme une guêpe, le longicorne tigre ou perceur chinois Xylotrechus chinensis, en provenance de Chine.
    Cet insecte xylophage dont la larve est un ravageur des mûriers (genre Morus), en particulier du mûrier platane, est reconnu comme un organisme nuisible de quarantaine en France. Sur le territoire national, depuis le 7 avril 2022, toute suspicion doit donc être signalée auprès de la DRAAF/SRAL, ou auprès de FREDON Occitanie fredon@fredon-occitanie.fr, en joignant si possible des photos, consulter sa fiche technique, format Pdf, diffusé par la DRAAF - SRAL Auvergne-Rhône-Alpes.
    NB : le genre Broussonetia a été découvert lors des missions des Jésuites à Pékin et en Mandchourie, à partir de 1687. Charles Louis L'Héritier de Brutelle* le dédie au médecin, naturaliste, montpelliérain Pierre-Marie Auguste Broussonet (1761-1807) qui oeuvre entre autres à Paris, au Jardin du Roi avant de revenir dans sa ville natale enseigner la botanique et y gérer le Jardin botanique.
    Nous lui devons l'introduction du premier Ginkgo biloba ainsi que le premier catalogue sur ce jardin paru sous le titre de 'Elenchus plantarum horti botanici monspeliensis' en 1805.
    Ce genre comprenait 37 noms référencés après révision, seulement 10 ont été retenus avec 24 autres comme synonymes, toutes originaires de l'Asie du Sud-Est, en zone tempérée.
    Broussonetia papyrifera introduit en Europe vers 1750, les sujets femelles plus tardivement.
    Les sujets mâles étaient autrefois fréquemment sélectionnés en milieu urbain comme arbre d'ornement ou d'alignement pour leur ombre dense, leur rusticité, leur adaptation à la pollution atmosphérique et l'absence d'exigence aux niveaux des sols, l'excellente résistance à la sécheresse d'une part et d'autre part, ils peuvent être utilisés sur le littoral, mais pas en première ligne en front de mer.
    Parmi les cultivars, citons :
    - Broussonetia papyrifera "laciniata" aux feuilles finement découpées.
    - Broussonetia papyrifera "macrophylla" à grandes feuilles.
    Propriétés et utilisations :
    En Asie, depuis la nuit des temps, la sous-couche de son écorce est utilisée pour confectionner du papier adapté à la calligraphie et à la peinture ou encore, elle est transformée en fibre textile que l'on trouve encore commercialisée en Polynésie sous le nom de 'tapa'.
    Dans les pharmacopées traditionnelles toutes les parties sont utilisées, l'écorce est réputée être astringente et purgative, le suc laiteux astringent est utilisé pour traiter les affections de la peau (eczéma et abcès), les piqûres et les morsures.
    - Broussonetia kazinoki Sieb., synonymes retenus, Broussonetia sieboldii Blume, Broussonetia monoica Hance, Papyrius karinoki Kuntze, se rencontre en Chine, Corée, Japon et Taïwan à base altitude, arbuste appelé 'Kozo' au port buissonnant de 2 à 4 m de haut, dont l'écorce et les fibres sont utilisées au Japon pour confectionner l'un des papiers traditionnels appelés 'hoshogami', le 'mistumata' lui est obtenu à partir de l'écorce du Edgeworthia chrysantha et le 'gampi', avec le rarissime Diplomorpha sikokiana .
    - Broussonetia kurzii (Hook.f.) Corner, synonyme Allaeanthus kurzii J. D. Hooker, en chinois 'Luo ye hua sang', est présent au nord-est de l'Inde, au Sikkim, au Bhoutan, en Chine au sud du Yunnan, au nord de la Birmanie, au Laos, en Thaïlande et au Vietnam, un arbuste buissonnant de petite taille, ses fleurs et son jeune feuillage riche en protéines, en potassium, calcium et magnésium sont consommés par les humains et les animaux. Dans la pharmacopée traditionnelle son écorce est réputée être hémostatique, ses fruits comestibles ont des propriétés : diurétique, ophtalmique, stimulante, stomachique et tonique, sa racine cuite est galactogogue et sa sève est laxative et sudorifique, elle s'utilise aussi en cataplasme pour soigner les piqûres et réduire les oedèmes.
    Les autres mûriers présents dans l'Encyclopédie :
    - Morus integrifolia Lev. & Vaniot, le Mûrier chinois, consulter sa fiche.
    - Morus kagayamae Koidz., le Mûrier platane, consulter sa fiche.
    - Morus nigra, le Mûrier noir, consulter sa fiche.
    Quelques autres espèces de mûriers :
    - Morus alba L, synonyme Morus tatarica Pall., Mûrier blanc, Mûriers du ver à soie, consulter sa fiche.
    - Morus diabolica Koidz. synonymes Morus mongolica (Bureau) C.K. Schneider, Morus mongolica Schneider var. diabolica Koidz.
    - Morus laevigata Wall. ex Brandis, synonyme Morus macroura  Miq., originaire de l'Asie, région de l'Himalaya.
    - Morus latifolia Poir., synonyme Morus multicaulis Loud., Mûrier à feuilles larges.
    - Morus microphylla Buckley., Mûrier à petites feuilles, nommé Mûrier du Texas, originaire de l'est des États-Unis.
    - Morus rubra L. , synonyme Morus canadensis  Poir., Mûrier rouge, originaire de l'est des États-Unis.
    - Morus serrata Roxb., synonyme Morus pabularia Decne. ex Jacq., originaire de l'Asie, région de l'Himalaya.
    - Morus stylosa  Ser., synonymes Morus japonica Bailey, Morus australisPoir., originaire entre autres de l'Asie, notamment au Japon.
    - Morus tiliaefolia Makino, originaire de Corée.

    Annotations :
    Carr., abréviation botanique pour l'horticulteur, botaniste français Élie-Abel Carrière (1818-1896), jardinier en chef des pépinières du Musée Nationale d'Histoire Naturelle de Paris qui s'intéresse surtout aux arbres fruitiers, également rédacteur de la Revue horticole, on lui doit de nombreux ouvrages d'horticulture et d'arboriculture dont 'Description et classification des variétés de pêchers et de brugnoniers (1867), une Encyclopédie horticole et des ouvrages sur les conifères.
    *Hort., abréviation de la nomenclature botanique qui vient du latin 'hortulanorum' qui signifie des jardiniers, qui désigne un horticulteur inconnu.

    L'Héritier de Brutelle, Charles Louis L'Héritier de Brutelle (1746-1800), magistrat botaniste français, nommé en 1772 procureur du roi à la maîtrise des Eaux et Forêts de Paris, fonction qui lui permet de vivre pleinement sa passion au contact des grands botanistes de son époque. On lui doit la parution en 1784 de 'Stirpes novae aut minus descriptionibus et iconibus illustravit' en 2 volumes, éd. Paris, consultable en ligne à la BNF, sur (Bnf).
    *K.Koch., abréviation botanique pour l'abbé Karl Heinrich Émile Koch (1809-1879), botaniste, dendrologue et collecteur allemand, nommé à Berlin, directeur du Jardin botanique de l'Université Humboldt où il enseigne, il effectue des séjours dans la région du Caucase ainsi qu'en Turquie.
    *Steud., abréviation botanique pour le médecin, botaniste allemand Ernst Gottlieb von Steudel (1783-1856), auteur de nombreux ouvrages, dont 'Nomenclator botanicus' en 2 volumes, édités de 1821 à 1824.
    Deux genres lui ont été dédiés, Steudelia famille des Molluginaceae et Steudelella chez les Poaceae et 47 espèces, sous la forme steudelii, steudeliana, steudelianus, steudelianum.
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broussonetia papyfera, fin avril





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