Syringa vulgaris - Lilas commun
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    Nom commun : Lilas commun, nommé par les anglophones 'Common lilac' mais plus fréquemment 'French Lilac, Lilac', en allemand 'Lilac', en arabe 'Arijwani', en danois 'lilla', en italien 'Lilaco', en espagnol, néerlandais, suédois 'Lila', en norvégien 'sSyrin', en russe 'Siren'.
    Nom latin : Syringa vulgaris  L.*, synonymes retenus Syringa alba  (Weston) A.Dietr. ex Dippel, Syringa albiflora  Opiz, Syringa amoena  K.Koch, Syringa bicolor  K.Koch, Syringa caerulea  Jonst., Syringa carlsruhensis  K.Koch, Syringa cordifolia  Stokes, Syringa marliensis  K.Koch, Syringa nigricans  K.Koch, Syringa notgeri  K.Koch, Syringa philemon  K.Koch, Syringa rhodopea  Velen., Syringa versaliensis  K.Koch, Syringa virginalis  K.Koch, Lilac caerulea(Jonst.) Lunell, Lilac vulgaris  (L.) Lam., Liliacum album  (Weston) Renault, Liliacum vulgare  (L.) Renault et 15 autres sous la forme var. et f, consulter The Plantlist.
    famille : Oleaceae.
    catégorie : arbuste ou petit arbre drageonnant à l'écorce gris verdâtre pourvue de lenticelles, les jeunes rameaux sont glabres terminés par deux bourgeons opposés. Sa durée de vie oscille entre 30 et 40 ans.
    port : dressé assez rigide, légèrement évasé à cime irrégulière.
    feuillage : caduc, vert moyen à vert sombre brillant. Sur un long pétiole, feuilles (5 à 10 cm) opposées, ovales à la base cordiforme effilé en pointe.
    floraison : au printemps fin avril, première quinzaine de mai, parfumée, nectarifère visitées par les abeilles et les papillons.
    En cime, sur le bois de l'année précédente thyrses pyramidales dressées de petites fleurs (+ ou -1cm) sessiles, hermaphrodites tubulaires à 4 lobes retroussés, 2 étamines et deux carpelles.
    couleur : divers tons de mauve, bleu violet à violet, blanc, blanc-crème, jaune pâle, divers tons de rose et rouge pourpré à magenta, selon le cultivar.
    fruits : capsules ligneuses déhiscentes ovoïdes (1.5 cm) à deux valves pointues, qui parviennent à maturité à la fin de l'automne- début de l'hiver.
    croissance : moyenne
    hauteur : 2-6 m, pour un étalement de 2 à 3m.
    plantation : de préférence à l'automne en prenant soin de supprimer les boutons floraux la 1ère année.
    multiplication : semis, marcottage, par bouturage de tiges aoûtées, par greffage ou prélèvement de drageons.
    sol : ordinaire, profond, riche, frais bien drainé, même calcaire mais il ne se développe pas très bien dans des sols acides.
    emplacement : soleil, mi-ombre, une situation trop ombragée diminue la floraison.
    zone : 3/4-9.
    origine : aux confins du sud-est de l'Europe balkanique et du Proche-Orient.
    entretien : enlever les rejets (si on veut garder un aspect rigoureusement propre, les rejets mettant de nombreuses années avant de fleurir) et supprimer le bois mort, juste supprimer après la floraison les thyrses afin de supprimer la fructification pour favoriser le développement ou simplement cueillir de grandes brassées afin de le maintenir en forme et seulement tous les 3 ou 4 ans effectuer une taille de mise en forme et d'éclaircissement après la floraison en supprimant depuis la base et au centre de l'arbuste quelques anciennes branches.
    Sur les vieux sujets ou les arbustes clairsemés rabattre assez courts ou recéper carrément mais là il faudra patienter quelques années avant de le voir à nouveau en fleurs.
    A savoir une taille trop tardive supprimera la floraison au printemps suivant, d'autre part comme vous avez pu le remarquer il drageonne beaucoup.
    Pour les bouquets, veiller à fendre les tiges sur quelques centimètres dans le sens de la longueur et écraser le bas des tiges avec un marteau pour qu'ils fanent moins rapidement.
    maladies et ravageurs : en situation trop ombragée, il peut être sujet à l'oïdium, la bactériose du lilas Pseudomonas syringae provoque un dessèchement intempestif du feuillage, des lésions noires et un avortement de la floraison, il est alors recommandé de supprimer et brûler les parties atteintes, en prenant soin de nettoyer entre chaque coupe votre sécateur puis il est recommandé d'effectuer un traitement à la bouillie bordelaise renouvelable durant l'hiver et au printemps lors du débourrement.
    Les galeries présentes sur le feuillage ou l'enroulement des feuilles sont dues aux larves d'un papillon appelé mineuse ou fausse-teigne du lilas Gracillaria syringella, pour éviter son développement il est recommandé de toujours ramasser le feuillage et de le brûler régulièrement, la ponte à lieu sur le revers des feuilles.
    Les découpes du feuillage sont du à un petit charançon Otiorrhynchus ligustici dont les larves s'attaquent aux racines.
    NB : son nom Syringa qui lui a été donné par Linné, vient du latin, il désigne une seringue, mot venant du grec 'syrigx, syrinx' qui désigne un roseau biseauté ou une flûte de berger, d'ailleurs avec ses jeunes tiges on confectionne des flûtes de Pan, les syrinx et son nom spécifique vulgaris signifie commun, vulgaire.
    Autrefois en Turquie, les grosses branches évidées de leur moëlle servaient à confectionner des tuyaux de pipe car le bois du lilas est aussi dur que celui du buis, un bois gris veiné de lie de vin, un seul défaut il sèche difficilement.
    Ce nom commun de lilas vient de l'altération d'un mot d'origine arabo-persane 'lilâk ou lilac' qui désigne des plantes à fleurs bleues, mot qui serait issu de 'nilak' qui signifie bleuté.
    C'est Pierre Belon qui le découvrit dans les jardins de Constantinople lors de son séjour vers 1548, c'est le botaniste flamand Ogier Ghiselin de Busbecq (1522-1592), ambassadeur du roi des Romains Ferdinand I er (1503 -1564), qui l'introduit de Perse en Europe dans le courant de 1562 via l'Italie dans le Piémont à Porte près de Turin.
    Dioscoride* relate que quelques années plus tard Matthiole* cultive un spécimen dans son jardin de Padoue rapporté d'Afrique par un dénommé Cordus. Le lilas est considéré comme naturalisé en Europe au cours de l'année 1592.
    En France dans nos jardins dés 1562 il est en vogue dans le courant du 19 ème siècle pour décorer l'intérieur des demeures, de tout temps comme d'autres fleurs immaculées, le lilas blanc est le symbole de la jeunesse, de la pureté de l'innocence et dans le langage des fleurs il symbolise l'amour fraternel et les premiers amours, la pureté des sentiments mais il est aussi l'emblème de l'abandon, offrir un seul rameau est signe de rupture. On rapport que "dans certains pays, les amants, pour quitter leur maîtresse, lui offrent une branche de Lilas en lui disant : "Je te laisse là...." Formule galante, s'il en fut jamais", dans Flore des dames et des demoiselles édité en 1820 par la librairie Marcilly ainé.
    Ce genre comprend une trentaine d'espèces d'arbustes ou petits arbres dont deux sont originaires de l'Europe et le reste du Proche-Orient et de l'Asie.
    Le lilas est idéale pour être utilisé en sujet isolé sur une pelouse en association avec d'autres espèces pour composer des haies libres dans des massifs arbustifs en lui conservant un port buissonnant ou en le menant en tige surtout en veillant à le mettre sous le vent près des zones de passages, pas trop loin des ouvertures pour profiter de son parfum.
    Vous pouvez en découvrir la Collection Nationale de Syringa horticoles et botaniques à la pépinière départementale du Val-de-Marne (1973) située Rue du Chant de l’Alouette à Mandres-les-Roses 94520, elle abrite la plus grande de France et l’une des plus importantes d’Europe constituée de 650 variétés de lilas et 16 espèces botaniques, découvrir la pépinière.
    Propriétés et utilisations :
    Dans d'anciennes pharmacopées, son amer feuillage était réputé avoir des propriétés astringentes et toniques, prescrit pour traiter les flatulences, les fièvres intermittentes, testé sans succès en 1822 par les médecins de Bordeaux.
    Des fleurs est extraite une huile essentielle à l'odeur fort suave.
    Parmi les nombreux cultivars citons :
    Ceux à fleurs simples sont issues de croisements entre Syringa giraldii Lemoine et Syringa vulgaris Syringa  'Andenken an Ludwig Späth' commercialisé sous le nom de 'Souvenir de Louis Spaeth', de 2,5 à 4 m pour un étalement d'environ 3 m, à denses thyrses assez étroits à fleurs parfumées simples violet profond dans le courant du mois de mai.
    - Syringa vulgaris 'Azurea Plena', une obtention de Lemoine présentée en 1878, une variété à petites fleurs pleines microscopiques.
    - Syringa vulgaris 'Charles Joly' obtention de 1896 dédié au président de la SNHF, aux thyrses irrégulières parfumées à fleurs doubles d'un violet pourpre à lie de vin.
    - Syringa vulgaris ‘Belle De Nancy’ une ancienne obtention aux longues et étroites thyrses de fleurs doubles violine après éclosion rose.
    - Syringa vulgaris 'Léon Mathieu', très florifère à thyrses simples lilas assez clair.
    - Syringa vulgaris 'Michel Buchner' une ancienne obtention parfumée de 1884, aux longues thyrses à fleurs doubles lilas assez clair virant à pleine éclosion au lilas rose.
    - Syringa vulgaris 'Mme Lemoine', une obtention de 1890 que Victor Lemoine* dédia à son épouse, c'est la première à thyrses à fleurs doubles blanches et parfumées.
    - Syringa vulgaris 'Princesse Clémentine', aux thyrses doubles d'un blanc verdâtre à floraison précoce.
    - Syringa vulgaris 'Victor Lemoine', une obtention de 1906 aux thyrses doubles assez étroit mais compact les boutons sont d'un lilas rose à l'épanouissement violet pâle.
    - Syringa vulgaris 'Katherine Havemeyer', aux thyrses de fleurs doubles aux boutons pourprés après éclosion rose-mauve.
    - Syringa vulgaris 'Prince Wolkonsky', une obtention de Claude Bellion 1976, environ 3m de haut, aux thyrses à fleurs doubles parfumées rouge pourpré.
    - Syringa hyacinthiflora 'plena', une obtention de Victor Lemoine en 1878, un hybride entre Syringa oblala et la variété de Syringa vulgaris à petites fleurs pleines microscopiques, appelée Syringa azurea plena aux thyrses lavande aux boutons rose mauve soutenu, toujours commercialisé, un spécimen à l' Arnold Arboretum (1872) à Boston.
    - Syringa Lemoinei 'Flore plena', une obtention de Victor Lemoine qu'il présente à l'Exposition universelle de Paris de 1878, c'est la première variété d'une longue série qui va s'enrichir d'année en année. Relaté dans le Bulletin de la Société centrale d'horticulture de Nancy, novembre 1907

    Chansons :
    Il a inspiré de nombreux compositeurs et poètes.
    Quand les lilas refleuriront (1890)

    Quand les lilas refleuriront,
    Au vent les capuchons de laine,
    Robes rouges nous remettrons.
    Quand les lilas refleuriront,
    Sur le tapis vert de la plaine
    Nous reviendrons danser en rond...
    Quand les lilas refleuriront,
    Allez dire au printemps qu'il vienne.

    Quand les lilas refleuriront,
    Les filles, près de la fontaine,
    De leurs amoureux jaseront.
    Quand les lilas refleuriront,
    Personne alors qui ne comprenne
    Les doux mots qu'elles parleront...
    Quand les lilas refleuriront,
    Allez dire au printemps qu'il vienne.

    Quand les lilas refleuriront,
    Nous redescendrons dans la plaine,
    Cloches, sonnez vos carillons.
    Quand les lilas refleuriront,
    Les papillons qui se promènent
    Dans l'air avec des moucherons
    Comme nous danserons en rond...
    Allez dire au printemps qu'il vienne.

    Quand les lilas refleuriront,
    Parfumant l'air de leur haleine,
    Combien d'amoureux mentiront.
    Quand les lilas refleuriront,
    Pour tous ces baisers qui s'égrènent
    Que de blessures saigneront...
    Allez dire au printemps qu'il vienne
    1890 - Paroles du poète et chansonnier Georges Auriol (1863 -1938).
    Musique du compositeur Désiré Dihau (1833-1909), interprétée en 1928 par Fred Gouin, en 2012 par Marie Laforêt, Jack Lantier en 1972 ou 74, YouTube.

    Un slow-fox chanté : Quand refleuriront les lilas blancs (1929)

    Quand refleuriront les lilas blancs
    Printemps printemps c'est toi
    Qu'on guette dans les bois
    Vont s'en aller par deux
    C'est toi qui feras se pâmer tendrement
    Celle que j'aime éperdument
    Printemps j'attends pour la tenir dans mes bras
    La complicité des lilas

    Quand refleuriront les lilas blancs
    On se redira des mots troublants
    Les femmes conquises
    Feront sous l'emprise
    Du printemps qui grise
    Des bêtises

    Quand refleuriront les lilas blancs
    On écoutera tous les serments
    Car l'amour en fête
    Tournera les têtes
    Quand refleuriront les lilas blancs

    Le doux parfum des fleurs
    Embaumera nos cours
    Et nous serons ravis
    Par la chanson des nids
    J'aurai sa jeunesse et mes plus beaux baisers
    Sur sa bouche iront se poser
    Un brin de lilas rappelant ce beau jour
    Sera notre gage d'amour

    Quand refleuriront les lilas blancs
    On se redira des mots troublants
    Les femmes conquises
    Feront sous l'emprise
    Du printemps qui grise
    Des bêtises

    Quand refleuriront les lilas blancs
    On écoutera de faux serments
    Sans qu'on se souvienne
    Des amours anciennes
    Quand refleuriront les lilas blancs.
    1929 (Wenn der weisse Fileder wieder blüht). Paroles de Léo Lelièvre, Henri Varna et Fernand Rouvray.
    Musique de Franz Doelle (1883-1965) interprétée en 1928 par Fred Gouin, écouter le 33 Tours à la Bnf-Gallica.

    Annotations :
    *Dioscoride, Dioscoride d'Anazarbe le persan, médecin d'origine grec (Ier siècle avant J.-C.), qui fut le plus grand pharmacologue de l'Antiquité qui influença avec ses écrits la pharmacopée phamacopée durant plusieurs siècles. De materia medica, écrit vers l'an 64, il y décrit des centaines de plantes en indiquant leurs propriétés pharmacologiques.
    *Lemoine, Victor Lemoine (1823-1911), un célèbre horticulteur nancéien fondateur de la Maison Lemoine en 1848, qui fut dés 1870 l'un des premiers à s'intéresser aux lilas cherchant à obtenir des lilas à fleurs doubles à partir de semis d'un lilas aux fleurs bizarrement emboitées découvert chez un pépiniériste liégeois, les premières obtentions furent commercialisées six ans après, à sa mort relayé dans ses travaux par son fils Emile (1862-1942) et petits-fils jusqu'en 1968, qui sont à l'origine de plus de 214 nouvelles variétés à fleurs simples ou doubles dont la majorité sont encore cultivées de nos jours, on leur doit aussi parmi de nombreuses espèces des centaines de nouveaux fuchsia, begonia et pelargonium.
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède. Auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et de 'Species plantarum'.
    *Matthiole, médecin botaniste siennois Pietro Andrea Matthioli (1501-1577), resté célèbre pour ses Commentaires sur l'œuvre de Dioscoride, œuvre qui durant 15 siècles fut une des principales références médicinales, des commentaires sur leurs propriétés et vertus médicinales des plantes, illustrés de 500 gravures sur bois - 'Commentarii in sex libros Pedacii Dioscoridis de Materia medica', éd - 1544 et 1560 rééditées, traduites et enrichies au cours de ces années de plus de 1200 plantes, exemplaire en allemand. Durant la moitié du 16ème siècle, ce fut l'ouvrage de référence pour l'Europe.
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