Quercus suber  - Chêne liège
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    Carl Bollmann (1905)
    Nom commun: Chêne-liège, la plupart du temps écrit Chêne liège, localement Surrier, Suvrier nommé par les anglophones 'Cork Oak', en allemand 'Korkeiche' , arabe 'Alfalayn albulut', en chinois 'Shuànpí lì', en dannois 'Kork eg', en espagnol 'Alcornoque', en finnois 'Korkkitammi', en italien 'Quercia da sughero', en japonais 'Koruku kashi', en norvégien 'Kork eik', en portugais 'Sobreiro', en russe 'Probkovyy dub', en suédois 'Kork ek'.
    Nom latin : Quercus suber  L.*, Quercus bivonana  Guss., Quercus occidentalis  J.Gay.
    Illustration de Carl Bollmann dans 'Histoire naturelle' - 1905, Amsterdam.
    famille : Fagaceae.
    catégorie : arbre forestier xérophile à l'épaisse écorce grisâtre fortement crevassée. Lorsque cette écorce mâle est retirée, l'écorce restante (écorce femelle) est généralement ocre rouge, jaune ou noirâtre. L’écorçage (levée du liège) s'effectue au printemps durant la phase de croissance sur une courte période de la mi-mai jusqu'au début juin, une fois extraite cette écorce liégeuse, se régénère à nouveau en se crevassant avec les ans.
    Son système racinaire à un pivot principal et des racines secondaires superficielles qui peuvent développer des rejets.
    Un arbre d'une grand longévité pouvant dépasser les 300 ans.
    port : large, étalé, trapu.
    feuillage : persistant, coriace, vert foncé, glabre, luisant sur le dessus, blanchâtre sur le revers et pubescent le long de la nervure médiane, marge lisse ou denté. Feuilles simples ovales (3/6 cm x 2/4cm) effilées en pointe, à court pétiole velu. Bourgeons foliaires pubescents, ovoïdes de couleur pourpre.
    floraison : au printemps courant avril à mai. Les fleurs mâles apétales sont réunies en grappes (± 7cm) dressées puis pendantes et les fleurs femelles solitaires ou par trois sur les nouvelles pousses de l'année. Pollinisation aléatoire effectuée par le vent (anémogamie).
    couleur : jaunâtre virant à l'ocre en fin de floraison.
    fruits : glands oblongs subsessiles enchâssés dans une cupule à longues écailles tomenteuses, sur un court pédoncule tomenteux.
    croissance : lente puis moyenne.
    hauteur : 8 à 15 m étalement identique.
    plantation : automne, hiver ou printemps.
    multiplication : par semis.
    sol : acide, neutre ou alcalin, pauvre ou fertile, avec une préférence pour les sols légers et riches en matière organique. Déteste le calcaire.
    emplacement : soleil, mi-ombre.
    origine : Méditerranée occidentale, présent en Espagne, au sud du Portugal, sud de la France dans le Var, un peu dans les Alpes-Maritimes, les Pyrénées-Orientales et surtout en Corse et quelques suberaies dans les Landes, également en Italie le long de la côte tyrrhénienne, en Sardaigne et en Sicile.
    zone : 8 - 10, tolère jusqu'à - 15°C, le feuillage est abîmé dés -5°C.
    entretien : supporte éventuellement la taille en hiver ou au printemps, mais il n'y a rien d'obligatoire.
    maladies et ravageurs : dans le sud de la France, le tronc subi les attaques des larves d'un petit coléoptère le Bupreste du liège Coroebus undatus .
    NB son nom Quercus  désigne le genre en latin, son nom spécifique suber  désigne le liège, une plantation de chênes-lièges se nomme une suberaie.
    Maintenant il est recherché par les amateurs de bonsaïs, ne fonctionne que sous Windows.
    Ce genre comprend environ 600 espèces d'arbres ou arbustes caducs, persistants ou semi-persistants, originaires principalement des zones tempérées des deux hémisphères et présent en Asie du sud-est, Nouvelle Guinée et au Mexique en zone tropicale et subtropicale.
    Parmi les hybridations naturels, citons :
    - Quercus x celtica  F.M.Vázquez , Coombes, croisement entre Quercus suber  et Quercus lusitanica  Lam., se rencontre au sud-ouest du Portugal dans la région de l'Alentejo (terre au-delà du Tage).
    - Quercus x fontanesii  croisement entre Quercus suber  et Quercus gussonei , se rencontre en Espagne et en France.
    - Quercus x hispanica  une hybridation entre Quercus suber  et le chêne chevelu Quercus cerris  L., dont il existe des cultivars commercialisés.
    - Quercus x morisii  Borzi, une hybridation entre Quercus suber  et Quercus ilex , en catalan 'Surolí de Cal Músic', endémique à l'Espagne, présent dans la région de Massanes province de Gérone (comté de Selva en Catalogne) et dans la province de Ségovie.
    Quercus suber, liège - Quercus x pacensis  F.M Vazquez., issu de croisement naturel entre Quercus suber  et le Chêne portugais Quercus faginea  Lam, endémique au Portugal, présent en Espagne.
    Propriétés et utilisations :
    Son écorce est très épaisse, c'est le liège. Elle fait un très bon support pour les plantes épiphytes comme certaines broméliacées et orchidées. L'exploitation commerciale du chêne-liège pour la fabrication de bouchons a été longtemps pratiquée dans le sud de la France, après un déclin très important des productions au profit d'autres pays du pourtour méditerranéen (Espagne, Portugal, Maroc, Tunisie, Algérie), on voit désormais un retour de cette culture malgré les difficultés dues principalement à la lenteur de la régénération de l'écorce. L'exploitation commerciale ne démarre que quand l'arbre a environ 40-50 ans.
    Le démasclage est une technique particulière, voir vidéo, tournée au Portugal.
    Quand l'écorce a été enlevée (démasclée) il faut ensuite une dizaine d'année pour qu'elle puisse être de nouveau prélevée et ce une dizaine de fois dans la vie d'un arbre.
    Cette écorce, résistante au feu est très riche en tanins et acide gallique, sert au tannage des cuirs.
    Dans l'Antiquité, les différentes techniques de lignes et de filets étaient déjà connues et durant des siècles, les filets de pêche étaient retenus en surface par des flotteurs en liège, les bouchons des lignes en liège aussi ainsi que les bouées; il servait pour obturer les barriques et les amphores, de semelles pour les chaussures. la construction de rûches, revêtement de toiture, de sol et murs (isolation phonique) et semelles de chaussures.
    Son bois imputrescible est abondamment utilisé dans la construction de navires et de maisons.
    Autres espèces présentes dans l'Encyclopédie :
    - Quercus coccifera  L., Chêne kermès, consulter sa fiche.
    - Quercus ilex L., Chêne vert, consulter sa fiche.
    - Quercus myrsinaefolia  Blume ou myrsinifolia , Chêne à feuille de bambou, consulter sa fiche.
    - Quercus pubescens  Willd., Chêne blanc, chêne pubescent, consulter sa fiche.
    - Quercus robur  L., Chêne pédonculé, consulter sa fiche.
    Quelques autres espèces :
    - Quercus acutissima  Carruth. synonyme Quercus serrata Thunb., Chêne du Japon au port arrondi, caduc, feuilles lancéolées finement dentées.
    - Quercus alba  L., Chêne blanc d'Amérique, un caduc, écorce qui s'exfolie, feuilles ovales très dentées rouge pourpre en automne. sol acide ou neutre, zones 3 - 9.
    - Quercus aliena  Blume un caduc, zones 6.
    - Quercus bicolor  Willd., Chêne bicolore, écorce qui s'exfolie, caduc, feuilles lobées orange à rouge en automne, zone 6.
    - Quercus canariensis  Willd., Chêne zen, au port érigé, caduc ou semi-persistant, feuilles lobées jaune en automne, zones 7 - 10.
    - Quercus castaneaefolia C.A. Mey., Chêne à feuille de châtaignier, un caduc, feuilles dentées, zones 6 - 10.
    - Quercus cerris  Blanco, Chêne chevelu, un caduc, feuilles lobées ou dentées jaunes en automne, zones 7 - 10.
    - Quercus chrysolepis  Liebm., zones 7 - 10>.
    - Quercus coccinea  Muenchh., Chêne écarlate, à l'écorce qui s'exfolie, feuilles rouges en automne, zones 2/3 - 9.
    - Quercus dentata  Bartr., Chêne daymio, caduc, feuilles légèrement lobées, à bords ondulés, sol acide ou neutre, zones 7/9.
    - Quercus ellipsoidalis  E.J. Hill un caduc, aux feuilles très lobées, rouge en automne, zones 6 - 9.
    - Quercus falcata  Michx. Chêne rouge falciforme, un caduc, feuilles lobées, sol acide ou neutre, zones 6 - 9.
    - Quercus frainetto  M.Tenore, Chêne de Hongrie, un caduc, feuilles lobées, jaune en automne, zones 6 - 9.
    - Quercus garryana  Dougl.ex Hook. port arrondi, caduc, feuilles lobées, zones 5/6 - 9.
    - Quercus ilicifolia  Wang (chêne des ours) caduc, feuilles lobées, jaune ou rouge en automne, H 5-6 m, zones 6 - 9.
    - Quercus imbricaria  A. Gray ex A.DC. , Chêne à lattes, un caduc, feuilles simples jaune en automne, zone 6.
    - Quercus laurifolia  Michx. caduc, feuilles lobées juvénile bronze, jaune en automne, sol acide ou neutre, zone 6.
    - Quercus libani Oliv., Chêne du Liban, au port arrondi, caduc ou semi-persistant, feuilles dentées, zone 6.
    - Quercus macrocarpa  Michx. Chêne à gros gland, caduc, feuilles lobées, zones 4 - 9.
    - Quercus macrolepis  Kotschy Chêne vilapi, caduc ou semi-persistant, feuilles lobées, zone 6.
    - Quercus marilandica  Muenchh. Chêne noir d'Amérique, caduc, feuilles lobées, rouge ou jaune en automne, H 8-12 m, zone 6.
    Quercus rubra - Quercus mongolica  Fisch.ex Turcz., Chêne de Mongolie, un caduc, feuilles lobées, zones 4 - 9.
    - Quercus nigra  Linn., , Chêne noir au port conique, caduc, feuilles simples ou lobées, zones 6 - 10.
    Quercus palustris  Du Roi, Chêne des marais, port conique, caduc, feuilles lobées, rouge en automne, zones 3 - 10.
    - Quercus petraea  (Mattuschka) Liebl. synonyme Quercus sessiliflora  Salisb., Chêne sessile, caduc, feuilles lobées, H 20-30 m, zone 6.
    - Quercus phellos  L. , Chêne à feuille de saule, un caduc, feuilles étroites simples, jaune en automne, zone 6.
    - Quercus pyrenaica  Willd., Chêne tauzin, au port colonnaire, caduc, feuilles lobées et dentées, zone 6.
    - Quercus rubra  L., Chêne rouge d'Amérique) caduc, feuilles lobées, jaune ou rouge en automne, sol acide ou neutre, zone 6, photo ci-contre.

    Annotations :
    *L., abréviation botanique pour Carl von Linné (1707-1778), auparavant Carl Linnæus, médecin, botaniste-naturaliste suédois à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe latins, désignant le genre suivi du nom de l ’espèce, c'est la base de la taxinomie et de la nomenclature internationale. Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'. A partir de 1741, il enseigna à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772, il est le fondateur de l'Académie des Sciences de Suède.
    Monographie à lire 'Guide illustré des Chênes', par Antoine le Hardÿ de Beaulieu et Thierry Lamant, en 2 volumes. Editions du 8ème, Paris, 2010.
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