Nerium oleander  - Laurier rose
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    Nom commun : Laurier rose, Laurose, Nérion, Oléandre, Rosage, nommé par les anglophones 'Oleander', en arabe 'Ed dafla'*, 'Alili' nommé aussi au Maroc 'Asa Musa' (Bâton de Moïse).
    Nom latin : Nerium oleander  L., synonyme Nerium grandiflorum  Desf.
    famille : Apocynaceae
    catégorie : arbuste ou arbrisseau à l'écorce lisse et grisâtre, aux rameaux souples, glabres contenant un suc laiteux.
    port : touffu, dressé, étalé, à ramification très basse, arrondi.
    feuillage : persistant, coriace, vert cendré revers plus clair, nervure centrale claire et fortement marquée. Longues et étroites feuilles (10 à 15cm x + ou - 3cm) opposées ou verticillées par 3, lancéolées-acuminées, presque sessiles.
    floraison : abondante du printemps à automne (mai à octobre selon climat), parfumée pour certaines variétés, parfum plus prononcé la nuit. En partie terminale sur des tiges souples, rougeâtres réunies en corymbes grandes fleurs hermaphrodites en trompette à corolle tubulaire à 5 lobes soudés et étroits à la base, marge ondulée, crenelée ou effranchée et des appendices corollins formant des languettes frangées. Les boutons floraux sont vrillés.
    couleur : rose pour le type pour les variétés rouge, blanc, violet, saumon, fleurs simples ou doubles pouvant être bigarrées.
    fruits : longues gousses (follicules) cylindriques et lisses déhiscentes contenant de nombreuses petites graines pourvues de pappus, ceux à fleurs doubles sont stériles.
    croissance : rapide
    hauteur : 2-6 m.
    plantation : printemps
    multiplication : bouturage au printemps ou été en atmosphère humide ou dans l'eau, semis pour l'espèce ou encore par marcotage.
    sol : indifférent.
    emplacement : soleil.
    emplacement : Afrique du nord au bord des oueds (cours d'eau), Asie (Inde, sud-est de la Chine dans la province du Yunnan), Moyen-Orient ( Palestine, Syrie), naturalisé et spontané sur tout le pourtour du bassin méditerranéen et dans sud de l'Europe.
    entretien : la taille en principe s'effectue après la floraison, pour lui redonner forme et le régénérer par une taille plus ou moins courte à la fin de hiver (à n'effectuer que tous les 2 ou 3 ans) .
    Après plantation veiller à arroser copieusemnt les deux premières années, une fois installé il est parfaitement adapté à la sécheresse s'il est planté en pleine terre.
    zone : 9-11, selon les variétés ou les sous-espèces tolère de -4°C à -15°C , ailleurs le cultiver en pot qui sera durant l'hiver conservé dans une pièce fraîche à environ 16 °C pour respecter sa période de repos.
    Durant la période de croissance (avril à septembre) effectuer un apport d'engrais tous les 15 jours et ce toujours sur un substrat humide.
    NB : Son nom Nerium  vient du latin où il désigne l'espèce vient du grec 'nêris' mot désignant cet arbuste, mot qui serait issu de 'nerion', 'nerón' qui désigne l'eau confirmant ainsi sa prédilection pour les lieux humides et sa présence le long des cours d'eau.
    Nerium  un nom qui pourrait venir aussi de 'Nereus', le dieu de la mer Egée et de la mer Méditerranée, un sage vieil homme qui avait le pouvoir de changer de forme et de prédire l'avenir, mais il avait la particularité de ne jamais aux questions posées, ce sage aurait sauvé de nombreux navires en perdition.
    Son nom spécifique oleander vient de l'italien de 'oleandro' qui vient du latin 'olea' qui désigne l'olivier faisant référence à la ressemblance des feuillages.
    Ce genre ne comprend qu'une ou deux espèces d'arbustes persistants, originaires de l'Afrique du nord, d'Asie Mineure, de l'Asie du sud-ouest et du Moyen-Orient.
    Existe en variété à feuillage panaché de jaune ou de blanc.
    Idéal pour être utilisé dans les jardins au climat doux et dans les jardins en bord de mer en sujet isolé dans les massifs arbustifs, dans la composition de haies ou simplement dans de grandes potées pour orner balcons, terrasses tel que ou élevé en tige.
    Il peut être sujet à la cochenille, aux pucerons oranges et à la fumagine et il peut être l'hôte de la chenille du "Sphinx du Laurier-Rose" Daphnis nerii
    Autres espèces et sous-espèces :
    - Nerium indicum  Mill. , originaire de l'Asie du sud-est (Chine, Japon, Inde, Afghnistan et Pakistan) à la floraison simple parfumée d'un rose soutenu, plus rustique, résistant à -9°C.
    - Nerium mascatense  A.DC. , originaire du Moyen-Orient, sultanat d'Oman en altitude dans les chaînes montagneuses, le long des côtes nord et sud-est.
    - Nerium oleander L. subsp. kurdicum  Rech.f. , originaire du Moyen-Orient (Iraq, Iran).
    Propriétés et utilisations :
    L'eau des cours d'eau où baigneraient ses racines est elle aussi toxique.
    Le laurier-rose est un arbuste dangereux toutes ses parties sont toxiques pouvant en cas d'ingestion provoquer des accidents graves fréquents chez les enfants provoquant rapidement nausées et vomissements , désordres intestinaux, convulsions et des troubles cardiaques pouvant entraîner la mort. Il contient des hétérosides stéroïdiques cardiotoxiques (proche de ceux de la digitale pourpre) dont l'oléandrine (0,1% dans la feuille), l'oleandrigenine, nériine et nérianthine qui ont des propriétés antiparasiticides et raticides, il entre d'ailleurs dans la composition de la mort-au-rat, autrefois les feuille séchées et réduites en poudre étaient utilisées comme raticide, ou encore comme insecticide après macération dans de l'huile.
    Le suc laiteux contenu dans les tiges peut provoquer chez certaines personnes des dermites de contact.
    Il est fortement déconseillé de dormir à l'ombre du laurier-rose cela peut provoquer l'apparition de courbatures, sueurs froides et vertiges. Au Maroc, on lui attribue le pouvoir de détourner le mauvais oeil et de protéger ceux qui en possède un contre les mauvais sorts, et dans le langage des fleurs il est le symbole de la méfiance.
    Poésie :
    Le laurier du Généralife*
    Dans le Généralife , il est un laurier-rose,
    Gai comme la victoire, heureux comme l'amour.
    Un jet d'eau, son voisin, l'enrichit et l'arrose ;
    Une perle reluit dans chaque fleur éclose,
    Et le frais émail vert se rit des feux du jour.

    Il rougit dans l'azur comme une jeune fille ;
    Ses fleurs, qui semblent vivre, ont des teintes de chair.
    On dirait, à le voir sous l'onde qui scintille,
    Une odalisque nue attendant qu'on l'habille,
    Cheveux en pleurs, au bord du bassin au flot clair.

    Ce laurier, je l'aimais d'une amour sans pareille ;
    Chaque soir, près de lui, j'allais me reposer ;
    A l'une de ses fleurs, bouche humide et vermeille,
    Je suspendais ma lèvre, et parfois, ô merveille !
    J'ai cru sentir la fleur me rendre mon baiser
    1831 - Théophile Gautier ( 1811 - 1872)

    Annotations :
    *Desf., abréviation botanique pour le médecin, naturaliste botaniste français René Louiche Desfontaines (1750-1833), il séjourne en Afrique du Nord où il étudie la flore, séjour relaté avec Peyssonnel dans 'Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger', 2 volumes 1838 (téléchargeable en ligne), on lui doit de nombreux ouvrages dont entre autre "Expériences sur la fécondation artificielle des plantes" (1831). Des espèces lui ont été dédiées sous la forme de fontanesiana, fontanenesianus, fontanesii.
    *Ed dafla, d'où dérive son nom en espagnol Adelfa.
    Généralife, Yannat al-Arif, un jardin construit vers la moitié du XIIIe siècle situé à Grenade à proximité de l'Alhambra sur la colline du Soleil (cerro del Sol), le découvrir avec l’Alhambra.
    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'., son herbier, le plus riche de son époque contenait 7000 plantes.
    A partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772. En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et 'Species plantarum', consultable en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto.
    natacha mauric © 15/01/2000 ® Jardin! L'Encyclopédie
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