Iris florentina - Iris florentin, Iris de Florence
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    Iris florentin
    Iris florentina - U. di Catania©
    Nom commun : Iris florentin, Iris de Florence, Iris blanchissant, Iris blanc, dans certaines régions c'est l'Iris des cimetières, dans les îles grecques, il est appelé Lys blanc 'Lefkoí krínoi' ou 'Lefkí írida' 'Iris blanc, en espagnol 'Lirio blanco, Lirio pallido, Lirio comùn', nommé par les anglophones 'German Iris Florentina, Florentine Iris, Flag Iris, White flag iris, Cemetery Iris, Glaive lily, Orrice root, Orris root', en allemand 'Bleiche swertilie', en arabe 'Iiris flurintina', en italien 'Giglio di Firenze (Lys de Florence), Giaggiolo biancastro, Giaggiolo blanco, Orchidea dei poveri'.
    Nom latin : Iris florentina L.*, depuis la révision, c'est un nom nom résolu, ayant pour synonymes, Iris albicans Lange (1861), Iris madonna Sprenger (1892), Iris majoricensis Barceló, Iris officinalis Salisb., Iris × florentina var. pallida Nyman, Iris albicans var. madonna (Sprenger) Dykes, Iris × florentina var. madonna (Dykes) L.H.Bailey, Iris florentina var. albicans (Lange) Baker, Iris × florentina var. illyrica* (Tomm. ex Vis.) Fiori, Iris florentina var. albicans (Lange) Baker, pour certaines flores synonymes de Iris × germanica L., Iris × germanica var. florentina (L.) Dykes, Iris × germanica subsp. albicans (Lange) O.Bolòs & Vigo.
    famille : Iridaceae.
    catégorie : vivace aux rhizomes parfumés et noueux.
    port : touffe dense, dressée, en éventail.
    feuillage : persistant, gris vert à vert bleuté, glauque. Longues et larges feuilles ensiformes, rubanées de 4 cm.
    floraison : au printemps, courant mai-juin, suivant la région, en Grèce, plus précoce en mars-avril, pollinifère, visitée goulûment par la grande abeille charpentière Xylocopa violacea (Violet carpenter bee) qui repart avec les brosses (scopae) de ses pattes postérieures, chargées de pollen et après avoir marqué, chaque fleur butinée avec une substance odorante, pour signaler aux autres butineuses son passage pollinisateur, voir photos © Démons & Merveilles.
    Tige florale entre des bractées écailleuses avec en cime 2 à 3 fleurs hermaphrodites, parfumées à très court pédoncule, formées de tépales spatulés et incurvés. Les tépales inférieurs sont barbus, 3 étamines et 1 long style trifide.
    couleur : blanc pur et jaune foncé pour la gorge et la barbe, aux veinules jaunes à verdâtre en partie basse, donnant à la gorge un ton jaunâtre, souvent les sépales sont irisés de violet, étamines et anthères blanches.
    fruits : des capsules, oblongues, renflées à 3 valves, contenant chacune, de nombreuses graines ovoïdes, d'un rouge écarlate à rouge orangé qui demeurent en place, une bonne partie de l'hiver.
    croissance : moyenne.
    hauteur : 0.40 à 0.90 m pour un étalement d'au moins 0.30 m.
    plantation : à l'automne, octobre-novembre, entre 7 et 12 cm de profondeur, espacé de 5 cm, compter de 6 à 9 plants au m² suivant l'utilisation, et si néssaire, marquer l'emplacement pour ne pas les détruire lors des travaux au printemps.
    multiplication : par semis de graines fraîches, autrement, faire tremper les graines durant 48 h avant de semer puis, patienter au minimum une année, ou après la floraison, par divisions des rhizomes, en prélevant des morceaux muni d'un bourgeon terminal.
    La divisionne s'effectue que tous les 4 ou 5 ans, ou lorsque le centre de la touffe est dépourvu de feuilles, ou lorsque la floraison diminue.
    sol : ordinaire, surtout très bien drainé, il n'aime pas les sols trop lourds, argileux et il supporte bien le calcaire.
    emplacement : soleil, ombre partielle, a besoin d'au moins 6 h d'ensoleillement pour fleurir.
    zone : 4/5-9, U-K hardiness H7, USDA zones 4-10, tolère aisément - 30°C, et une fois installé, adapté à la sécheresse, indice* sécheresse 5 - jusqu'à 5 mois sans eau.
    origine : sud de l'Europe, sur le pourtour méditerranéen, de la péninsule ibérique et présent jusqu'en Grèce et les îles grecques. C'est, au niveau européen, une espèce protégée depuis l'arrêté du 20 janvier 1982.
    entretien : après la plantation, durant les premières semaines, arroser sans excès 1 à 2 fois par semaine. Pour ne pas avoir de fructification, supprimer au fur et à mesure les fleurs fanées, puis les hampes florales et les feuilles abîmées ou desséchées.
    maladies et ravageurs : comme tous les iris, il est visité par les escargots (snails), les limaces (slugs) et les chenilles (caterpillars). Les marbrures sur le feuillage sont dues aux thrips (thunder flies).
    Il est sensible, comme toutes les autres espèces d'Iris, à la pourriture du rhizome de l'iris (iris rhizome rot) et lorsque le temps et trop humide, à l'hétérosporiose de l'iris, qui provoque le brunissement, de la pointe des feuilles et l'apparition de taches rondes ou ovales sur le limbe (leaf spot), qui sont provoquées par un champignon Didymellina macrospora, consulter sa fiche technique sur les symptômes et les dégats, sur ephytia Inrae.
    Il est la plante hôte des pontes et des larves d'un beige rosé, d'un papillon de nuit, Macronoctua onusta (Iris borer), en été, les larves du perceur des Iris, percent des galeries dans les rhizomes et grignotent le feuillage, voir fiche technique sur Iriis phytoprotection.
    NB :son nom Iris vient du grec où il indiquait le genre et désignait l'arc-en-ciel, il aurait été donné par le philosophe grec Théophraste*. Dans la mythologie grecque, Iris, déesse aux ailes irisées, était la messagère des Dieux de l'Olympe, qui secondait Héra et florentina qui fait référence à son origine florentine et son autre nom albicans, un mot latin qui vient de 'albicos' qui signifie blanchir, être blanc, faisant référence à ses poils blanchâtres à reflets argentés.
    Certains botanistes grecs, considèrent qu'il y aurait été introduit comme plante ornementale, depuis l'Arabie saoudite et le Yémen, et naturalisé en Grèce, depuis des siècles.
    En Italie, l'iris florentin est l'Iris pallida, de couleur violet, cette fleur sauvage de couleur violette, nommée depuis des siècles l'Orchidée des pauvres (orchidea dei poveri), est étroitement lié à la Toscaneet à la ville de Florence, connue dans le monde entier sous le nom de Giglio di Firenze (Lys de Florence), que l'on peut admirer de mai jusqu'en juin, teintant les collines toscanes de nombreuses nuances violettes, car il y est abondamment cultivé pour être expédié dans le monde entier et lorsqu'on s'arrête au bord des routes de la campagne toscane, l'air embaume de son intense parfum qui rappelle celui de la violette.
    Il est appelé Iris des cimetères, mais il n'entre pas dans la confection des couronnes, et Pline fait observé que dans quelques lignes, que l'on répandait une eau miellée sur la terre, au moment de cueillir l'iris, comme pour l'apaiser par cette espèce de sacrifice, une superstition qui remonte à l'époque où cl'on supposait que sa dénomination d'iris pouvait avoir pour origine Isis, la protectrice des défunts, et cela pouvait attiser la colère d'Isis ou celle de la Terre.
    En Grèce de tout temps, il était planté dans les jardins autour des maisons dans quasiment tous les villages et surtout près des églises et des monastères, c'est pour cela, certainement qu'il y est nommé Lys blanc (Lefkoí krínoi) et que chaque après-midi, lors du Vendredi Saint, dans chaque paroisse catholique de rite byzantin*, les enfants en décorent avec leurs paniers avant de rejoindre le point de départ du chemin de croix de Lazare et d'entreprendre avec les fidèles et les pèlerins, les 14 stations traditionnelles du Chemin de Croix, et pour les orthodoxes, juste une procession autour de l’église pour commémorer la scène de l’ensevelissement du Christ.
    Cet iris qu'il soit florentin, grec ou blanchâtre, a été primé par la RHS* avec The Award of Garden Merit (AGM).
    Il a sa place dans les pelouses sèches, les jardins de graviers, dans les bordures au bord des allées, le long des façades et des murets, dans les plates-bandes, ou encore, il entre dans la composition de massifs arbustifs ou fleuris, dans les mixed borders, en couvre-sol sur les talus, dans les rocailles et sous le couvert autour du tronc d'un pin.
    Ce genre comprenait 1246 noms d'espèces connus après révision en 2012 seulement 362 noms espèces ont été retenus et 820 synonymes.
    Des espèces de vivaces bulbeuses avec ou sans barbe et des vivaces rhizomateuses, originaires des zones tempérées de l'hémisphère nord.
    Contrairement aux autres iris, il a toujours été le symbole de la ville de Florence qui en 1954 a créé Le Jardin des Iris, proche de la place Michelangelo, où, vous pourrez y admirer entre autre la collection d'iris anciens du Presby Memorial Garden de Montclair (USA) et les variétés ayant été primées au dernier concours international de l'Iris. Primé de nombreuses fois par la RHS* avec The Award of Garden Merit (AGM).

    Propriétés et utilisation :
    Iris albicans
    Iris albicans-Amanda MD © en Grèce
    Le rhizome contient des isoflavones et des huiles essentielles qui depuis des siècles étaient très recherchées en parfumerie pour son odeur proche de celle de la violette, donné par l’irone. Bien que très onéreux, il entre encore en note de coeur dans la composition de certains vrais grands parfums tel que N°5 et le 19 de Chanel lui conférant l'accord vert - floral - boisé raffiné et sensuel. On le retrouve aussi dans 'Boudoir' de Viviane Westwood & Anna Sui, hélas aujourd'hui, dans bien des cas, remplacé par des substances chimiques dangereuses*.
    Son rhizome séché est utilisé dans les pharmacopées traditionnelles pour ses propriétés astringentes, cicatrisantes, diurétiques, expectorantes et sa poudre entre en cosmétologie dans la préparation de poudres et talcs. Il sert aussi à fixer les parfums et il suffit d'ajouter un peu de poudre de rhizomes dans vos pots pourris.
    Autrefois, en cuisine, c'était un condiment pour rehausser le goût de certaines préparations et il entre toujours dans la préparation aromatique du célèbre Dry gin Bombay Sapphire depuis 1761.
    Pline rapporte à son sujet qu'en Grèce était réputée la poix du Mont Ida et la poix de la Piérie, préparées par les fabricants avec du mastic noir qui est semblable au bitume, avec de la racine d'iris et de l'huile, pour poisser les vases où l'on mettait le vin, pour qu'il ne s'aigrisse pas comme lorsqu'ils sont enduits de cire. Et dans l'Antiquité, le parfum d'Iris de Corinthe a longtemps était en vogue.

    Dans l'abécédaire, consulter la liste des autres espèces présentes dans l'Encyclopédie.

    Annotations :
    *Byzantin, lire l'article : Les catholiques de rite byzantin, par l'historien Raymond Janin (1882-1972), Membre de l'Institut français d'études byzantines, consultable en ligne chez Persée©, publié en 1915, dans la Revue des études byzantines, pp. 497-526.

    *Illirica, d'Illyrie, correspond aujourd'hui au nord, nord-ouest de l'Albanie, nord de la Macédoine, au Kosovo, Monténégro et Bosnie-Herzégovine.

    *Indice, indices de résistance à la sécheresse : indice : 1 - jusqu'à 1 mois sans eau, indice : 2 - jusqu'à 2 mois sans eau, indice : 3 - jusqu'à 3 mois sans eau, indice : 4 - jusqu'à 4 mois sans eau, indice : 5 - jusqu'à 5 mois sans eau, indice : 6 - jusqu'à 6 à 7 mois sans eau, correspond à des zones désertiques.

    *L., abréviation botanique pour le botaniste-naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778), avant d'être anobli en 1757 Carl Linnæus, également médecin, à qui l'on doit la classification des végétaux, des minéraux et des animaux et la nomenclature binominale, basée sur la juxtaposition de deux mots en principe en latin, désignant le genre suivi du nom de l'espèce, c'est la base de la taxonomie et de la nomenclature internationale.
    Durant ses études de médecine, il entame la réalisation d'un herbier de la flore de Laponie qui sera suivi d'un ouvrage 'Flora lapponica'., son herbier, le plus riche de son époque contenait 7000 plantes.
    En 1738, il fonde l'Académie des Sciences de Suède et à partir de 1741, il enseigne à l'Université d'Uppsala durant une année la médecine puis la botanique jusqu'en 1772.
    Il est l'auteur de 'Systema naturae, Genera plantarum' et 'Species plantarum', consultable en ligne à la bibliothèque universitaire de Kyoto.

    *substances chimiques dangereuses, prendre le temps de lire 'Parfum de scandale', l'enquête de Greenpeace 2005, sur la composition chimique d'eaux de toilette et eaux de parfum de marques parfois prestigieuses, contenant des phtalates et des muscs de synthèse.
    Télécharger l'enquête en format pdf.

    *RHS., abréviation pour The Royal Horticultural Society, La Société Royale d'Horticulture, fondée à Londres le 7 mars 1804 qui décerne chaque année The Award of Garden Merit (AGM) à de nouvelles obtentions au cours du Chelsea Flower Show qui se déroule 5 jours durant du 23 au 27 mai à l'Hôpital Royal de Chelsea, à Londres. C'est l'une des plus grandes expositions florales au monde.

    *Ten, abréviation botanique pour le botaniste napolitain Michele Tenore (1780-1861), auteur de plusieurs ouvrages sur la flore napolitaine, des cours de botanique, des récits de voyage en Italie et plusieurs catalogues sur les Jardins botaniques royaux de Naples créé en 1807 dont il fut le premier directeur à partir de 1811, et ce, jusqu'en 1860, jardin qui dépende de l' Università degli studi di Napoli " Federico II ", dans ce jardin, vous pouvez y découvrir son buste. Auteur du Catalogus plantarum Horti regii Neapolitani, ad annum en 4 volumes, publié en 1812.

    *Theophraste, philosophe, botaniste et naturaliste grec Théophraste d'Érèse (île de Lesbos), Theophrastus d'Eresus (371 -288 av. J.-C.), élève de Platon, condisciple du philosophe Aristote, il voyage avec celui-ci en Asie Mineure et en Macédoine. Lorsque Aristote enseigne au Lycée, il en devient le disciple et le collaborateur du penseur Aristote (384-322 av. J.-C. ), avant de mourir, il le choisit comme successeur à la tête du Lycée, qu'il dirige durant 35 ans ; connu par ses traités de botanique et les Caractères, le reste de son oeuvre a totalement disparu, elle est juste rapportée par d'autres.
    Lire Théophraste et la théorie aristotélicienne de l'intellect, article consultable chezPersée par le philosophe français Victor Goldschmidt (1914-1981), publié dans la Revue des Études Grecques en 1956, 69-324-325 pp. 195-198.
    natacha mauric © 17.02.2005 ® Jardin! L'Encyclopédie
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